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Atomisme

Sommaire

  • Définitions du mot atomisme
  • Étymologie de « atomisme »
  • Phonétique de « atomisme »
  • Évolution historique de l’usage du mot « atomisme »
  • Citations contenant le mot « atomisme »
  • Traductions du mot « atomisme »
  • Synonymes de « atomisme »

Définitions du mot « atomisme »

Trésor de la Langue Française informatisé

ATOMISME, subst. masc.

A.− Doctrine philosophique d'après laquelle la matière est formée d'atomes (cf. atome A). Atomisme mécaniste, dynamique :
1. Newton et ses disciples ont méconnu le rôle de la forme d'une façon aussi frappante que les atomistes antiques, ils ont donné à la physique − la physique dite des forces centrales − l'ambition très dangereuse de découvrir la formule simple, analogue à la formule de l'attraction newtonienne, d'où se déduiraient tous les mouvements des molécules, assimilées aux planètes et aux corps célestes. Cette mécanique, à notre point de vue, a le défaut de l'atomisme antique; elle conduit au matérialisme, sous une forme plus ou moins dissimulée. Ruyer, Esquisse d'une philos. de la struct.,1930, p. 23.
PHYS., CHIM. ,,Théorie physique fondée sur la notion d'atome et, d'une manière générale, conception de la matière qui comporte l'hypothèse de particules distinctes, par opposition à la conception continue de la matière`` (Musset-Lloret 1964). Synon. théorie atomique, atomistique.
B.− P. anal. Caractère atomiste, caractère de ce qui a une constitution atomique (cf. atomique C) :
2. Ces notions au contraire prennent leur sens plein si l'on distingue le sentir de la qualité : alors l'association ou plutôt l'« affinité » au sens kantien est le phénomène central de la vie perceptive, puisqu'elle est la constitution, sans modèle idéal, d'un ensemble significatif, et la distinction de la vie perceptive et du concept, de la passivité et de la spontanéité n'est plus effacée par l'analyse réflexive, puisque l'atomisme de la sensation ne nous oblige plus à chercher dans une activité de liaison le principe de toute coordination. Merleau-Ponty, Phénoménologie de la perception,1945, p. 65.
PSYCHOL. Atomisme psychologique ou atomisme mental. ,,Nom donné par ses adversaires (W. James, Bergson...) à la conception associationniste de la vie de l'esprit, d'après laquelle les états de conscience complexes se résoudraient en des agrégats d'états élémentaires, comme les corps en molécules et les molécules en atomes`` (Foulq.-St-Jean 1962).
PRONONC. : [atɔmism̥].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1751 (Encyclop.). Dér. de atome* étymol. 1; suff. -isme*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 34.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Battro 1966. − Bouillet 1859. − Duval 1959. − Feugère (F.). Diderot écrivain publ. Déf. Lang. fr. 1970, no54, p. 12. − Foi t. 1 1968. − Foulq.-St-Jean 1962. − Franck 1875. − Julia 1964. − Lal. 1968. − Littré-Robin 1865. − Méd. Biol. t. 1 1970. − Miq. 1967 (s.v. atome). − Musset-Lloret 1964. − Piéron 1963.

Wiktionnaire

Nom commun

atomisme \a.tɔ.mism\ masculin

  1. (Philosophie) Doctrine philosophique, forgée par Démocrite et Épicure, qui explique que l’univers est discontinu et composé de matière (atomes) et de vide.
    • Théoriquement l’atomisme lucrècien pouvait se passer du clinamen. Mais le clinamen montrait à livre ouvert que la question du statut de l'esprit et de la pensée se posait dans la théorie atomiste et n'était pas aisée à résoudre. — (Michèle Porte , Mémoire de la Science, vol. 2, ENS Éditions, 1987, page 245)
    • L’atomisme implique l’indéterminisme : au niveau microscopique, tous les êtres composées résultent de hasards créateurs. — (Robert Redeker, Les épicuriens, professeurs de liberté, dans Marianne du 5 au 11 février 2011, page 72)
  2. (Chimie) Théorie chimique concernant les atomes.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

ATOMISME (a-to-mi-sm') s. m.
  • Système philosophique dans lequel on explique la formation de l'univers par le moyen des atomes. Il ne faut pas confondre ce système, purement hypothétique, avec la théorie atomique des chimistes.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

ATOMISME, Physique corpusculaire très-ancienne. Strabon, en parlant de l’érudition des Phéniciens, dit (l. XVI. p. 521. édit. Genev. Voyez aussi Sextus Emp. adv. Math. pag. 367. édit. Gén.) « S’il en faut croire Posidonius, le dogme des atomes est ancien, & vient d’un Sidonien nommé Moschus, qui a vécu avant la guerre de Troie ». Pythagore paroît avoir appris cette doctrine en Orient ; & Ecphantus, célebre Pythagoricien, a témoigné (apud Stobœum) que les unités dont Pythagore disoit que tout est composé, n’étoient que des atomes ; ce qu’Aristote assûre aussi en divers endroits. Empedocle, Pythagoricien, disoit de même que la nature de tous les corps ne venoit que du mêlange & de la séparation des particules ; & quoiqu’il admît les quatre élémens, il prétendoit que ces élémens étoient eux-mêmes composés d’atomes ou de corpuscules. Ce n’est donc pas sans raison que Lucrece loue si fort Empedocle, puisque sa physique est, à plusieurs égards, la même que celle d’Epicure. Pour Anaxagore, quoiqu’il fût aussi atomiste, il avoit un sentiment particulier, qui est que chaque chose étoit composée des atomes de son espece ; les os, d’atomes d’os ; les corps rouges, d’atomes rouges, &c.

La doctrine des atomes n’a été proprement réduite en système que par Leucippe & Démocrite : avant ces deux philosophes, elle n’avoit passé que pour une partie du système philosophique qui servoit à expliquer les phénomenes des corps. Ils allerent plus loin, & firent de ce dogme le fondement d’un système entier de philosophie. C’est ce qui a fait que Diogene Laerce, & plusieurs autres auteurs, les en ont regardés comme les inventeurs. On associe ordinairement ensemble les noms de ces deux philosophes. « Leucippe, dit Aristote dans sa métaphysique, Leucippe, & son compagnon Démocrite, disent que les principes de toutes choses sont le plein & le vuide (le corps & l’espace), dont l’un est quelque chose, & l’autre n’est rien ; & que les causes de la variété des autres êtres sont ces trois choses, la figure, la disposition, & la situation ». Il n’y a point de meilleur moyen pour se faire une idée complette de l’atomisme, que de lire le fameux poëme de Lucrece : voici en peu de mots le fond de ce système, tel que nous le trouvons dans ce poëte Latin, & dans divers endroits de Cicéron où il en est parlé.

Le monde est nouveau, & tout est plein des preuves de sa nouveauté : mais la matiere dont il est composé est éternelle. Il y a toûjours eu une quantité immense, & réellement infinie, d’atomes ou corpuscules durs, crochus, quarrés, oblongs, & de toutes figures ; tous indivisibles, tous en mouvement, & faisant effort pour avancer ; tous descendant, & traversant le vuide : s’ils avoient toûjours continué leur route de la sorte, il n’y auroit jamais eû d’assemblages, & le monde ne seroit pas : mais quelques-uns allant un peu de côté, cette légere déclinaison en serra & accrocha plusieurs ensemble ; delà se sont formées diverses masses ; un ciel, un soleil, une terre, un homme, une intelligence, & une sorte de liberté. Rien n’a été fait avec dessein : il faut bien se garder de croire que les jambes de l’homme ayent été faites dans l’intention de porter le corps d’une place à une autre ; que les doigts ayent été pourvûs d’articulations, pour mieux saisir ce qui nous seroit nécessaire, que la bouche ait été garnie de dents pour broyer les alimens ; ni que les yeux ayent été adroitement suspendus sur des muscles souples & mobiles, pour pouvoir se tourner avec agilité, & pour voir de toutes parts en un instant. Non, ce n’est point une intelligence qui a disposé ces parties afin qu’elles pussent nous servir : mais nous faisons usage de ce que nous trouvons capable de nous rendre service.

Neve putes oculorum clara, creata
Ut videant : sed quod natum est, id procreat usum.

Le tout s’est fait par hasard, le tout se continue, & les especes se perpétuent les mêmes par hasard : le tout se dissoudra un jour par hasard : tout le système se réduit là. (Hist. au ciel, tom. II. page 211. 212.) Il seroit superflu de s’arrêter à la réfutation de cet amas d’absurdités ; ou s’il étoit nécessaire de les combattre, on peut consulter l’anti-Lucrece du cardinal de Polignac.

L’ancien atomisme étoit un pur athéisme : mais on auroit tort de faire rejaillir cette accusation sur la philosophie corpusculaire en général. L’exemple de Démocrite, de Leucippe, & d’Epicure, tous trois aussi grands athées qu’atomistes, a fait croire à bien des gens que dès que l’on admettoit les corpuscules, on rejettoit la doctrine qui établit des êtres immatériels, comme la divinité & les ames humaines. Néanmoins, non-seulement la Pneumatologie n’est pas incompatible avec la doctrine des atomes, mais même elles ont beaucoup de liaison ensemble : aussi les mêmes principes de Philosophie qui avoient conduit les anciens à reconnoître les atomes, les conduisirent aussi à croire qu’il y a des choses immatérielles ; & les mêmes maximes qui leur persuaderent que les formes corporelles ne sont pas des entités distinctes de la substance des corps, leur persuaderent aussi que les ames ne sont ni engendrées avec le corps, ni anéanties avec sa mort. Ceux qui souhaitent des preuves plus détaillées là-dessus, les trouveront dans le système intellectuel de Cudworth, & dans l’extrait de M. le Clerc. Bibl. chois. tom. I. art. 3. Voyez aussi Corpusculaire. Cet article est tiré de M. Formey. (X)

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Étymologie de « atomisme »

Dérivé de atome, avec le suffixe -isme.
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Phonétique du mot « atomisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
atomisme atomism

Évolution historique de l’usage du mot « atomisme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « atomisme »

  • L'atomisme ne commence pas avec Epicure. Le présocratique Leucippe, au Vème siècle avant J.-C., considérait déjà l'univers comme étant un agencement d'atomes, et son élève Démocrite reprit à son compte ce que l'on peut appeler l'atomisme. Un siècle plus tard, Epicure reprend le flambeau, suivi à sa suite de Lucrèce... France Culture, La bombe atomiste - Ép. 3/4 - Epicure... de rappel
  • Rien ne peut déterminer à l’avance les résultats du prochain tirage : c’est ce qui rend la mise si incertaine. Mais cet aléa du tirage au sort prouve en même temps qu’il existe bien du hasard. Reprenant l’atomisme d’Épicure, Lucrèce pense également que le monde ne saurait exister sans hasard. Pour que le cosmos, univers harmonieux et nécessaire, se constitue, il faut que les atomes se rencontrent. Or une telle rencontre serait impossible si les atomes ne faisaient que chuter verticalement, sans jamais dévier de leur trajectoire. À ce mouvement prédéterminé s’ajoute donc le « clinamen », une déclinaison imprévisible dans leur course. , Pourquoi jouons-nous au loto ? | Philosophie Magazine
  • L’atomisme, fondé au Ve siècle par Leucippe et Démocrite, prône une tout autre version de l’infini cosmique. Il soutient que l’univers est construit à partir de deux éléments primordiaux : les atomes et le vide. Indivisibles et insécables (atomos signifie « qui ne peut être divisé »), les atomes existent de toute éternité, ne différant que par leur taille et leur forme. Ils sont en nombre infini. Tous les corps résultent de la coalescence d’atomes en mouvement; le nombre de combinaisons étant infini, il en découle que les corps célestes sont eux-mêmes en nombre infini : c’est la thèse de la pluralité des mondes. La formation des mondes se produit dans un réceptacle sans bornes : le vide (kenon). Cet « espace » n’a d’autre propriété que d’être infini, de sorte que la matière n’influe pas sur lui : il est absolu, donné a priori. LUMINESCIENCES : le blog de Jean-Pierre LUMINET, astrophysicien, Hommage à Giordano Bruno : l'ivresse de l'infini, par Jean-Pierre Luminet
  • L’idée moderne selon laquelle la nature est discrète trouve son origine dans l’atomisme grec ancien. Leucippe, Démocrite et Épicure soutenaient tous que la nature était composée de ce qu’ils appelaient ἄτομος (átomos) ou individus indivisibles. Pour eux, la nature était la totalité des atomes discrets en mouvement. Il n’y avait pas de dieu créateur, pas d’immortalité de l’âme et rien de statique (à l’exception de la nature interne immuable des atomes eux-mêmes). La nature était la matière atomique en mouvement et la composition complexe, ni plus, ni moins. Actualité Houssenia Writing, Est-ce que la nature est discrète ou continue ? L'origine de l'erreur atomiste - Actualité Houssenia Writing
  • Avec Rouan, ce ne sont plus des taches ou des coups de pinceaux, mais des ciseaux, des fils, un tissu de couleurs dont le raccord passe par des plis, des superpositions, des entrelacs, etc. Voici que l’ontologie bascule dans le virtuel, une ontologie du virtuel quand l’être se prolonge bien au-delà de sa présence matérielle ou de ce que l’atomisme avait pensé en en restant aux corps, aux éléments. Ce sont des images qui nous font découvrir une autre logique, plus incorporelle que celle de l’atome : celle des franges, des marges, des interstices ou encore des champs. DIACRITIK, Ridley Scott par Jean-Clet Martin : « Demain, c’est ici et maintenant » (Philosophie du monstrueux)
  • Il est vrai que les opposants à l’atomisme épicurien, à savoir les stoïciens et néoplatoniciens (dont la sous-catégorie des chrétiens) ont remporté la bataille de l’influence en disqualifiant puis éliminant l’épicurisme. Mais cette victoire est non seulement temporaire et illusoire, elle est aussi cruelle pour l’humanité, car c’est en se fondant sur la peur que les dualismes philosophiques et surtout religieux proposèrent ensuite leur anxiolytique aux humains. Nous voyons où cela nous a menés. , Sur De la nature de Lucrèce - La Revue des Ressources
  • Par sa critique de l’atomisme et de la liberté négative, Taylor se rattache au courant « communautarien » — même si l’étiquette, réductrice, n’est pas reprise à son compte par l’auteur. Pour Charles Taylor comme pour Michael Sandel ou Michael Walzer, les libéraux (comme John Rawls) présentent en effet le sujet comme un être désincarné et désengagé, capable de choisir souverainement les fins et les valeurs qui orientent ses choix. Or les sujets ne sont pas libres de remettre en cause toute forme de conviction ou de participation à des communautés morales, sociales et politiques ; ils n’ont jamais immédiatement accès à un moi rationnel et libre. Sur le plan normatif, cette critique conduit à une remise en cause du libéralisme politique : associé à la neutralité de l’État et à la valorisation de la tolérance, l’individualisme engendre l’affaiblissement du lien social et le déclin de l’esprit civique. Il faut en conclure que l’État ne peut ni ne doit être neutre à l’égard des conceptions du Bien ou des figures de la vie bonne. La neutralité, comme l’autonomie, sont illusoires [16]. , Charles Taylor, philosophe de la culture - La Vie des idées
  • L'atomisme ou la naissance de la théorie atomique : Leucippe et Démocrite Futura, Introduction à la chimie : atomes et molécules au fil de l'histoire | Dossier

Traductions du mot « atomisme »

Langue Traduction
Anglais atomism
Espagnol atomismo
Italien atomismo
Allemand atomismus
Chinois 原子论
Arabe الذرية
Portugais atomismo
Russe атомизм
Japonais アトミズム
Basque atomism
Corse atomisimu
Source : Google Translate API

Synonymes de « atomisme »

Source : synonymes de atomisme sur lebonsynonyme.fr
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