La langue française

Antistrophe

Sommaire

  • Définitions du mot antistrophe
  • Étymologie de « antistrophe »
  • Phonétique de « antistrophe »
  • Évolution historique de l’usage du mot « antistrophe »
  • Citations contenant le mot « antistrophe »
  • Traductions du mot « antistrophe »
  • Synonymes de « antistrophe »

Définitions du mot « antistrophe »

Trésor de la Langue Française informatisé

ANTISTROPHE, subst. fém.

I.− ART CHORAL
A.− [Dans un chant lyrique gr. ou lat. formé de groupes de deux ou de trois couplets] Deuxième couplet répondant au premier appelé strophe, dont il reproduit le rythme et la mélodie (avant, éventuellement, un troisième appelé épode) :
1. Parfois, entendant son mari lire à mi-voix une épode, à quart de voix une antistrophe, par haine des bourgeois et de la poésie, leur expression, les bas tombant sur les chevilles, elle enfilait, devant la cuisinière, un grand verre de vin blanc. Giraudoux, Siegfried et le Limousin,1922, p. 230.
En partic. Mouvement de danse du Chœur, retournant, en sens inverse, à la place d'où il était parti pour exécuter le mouvement de danse de la strophe :
2. Tu as perdu tes chœurs sérieux, Melpomène, la strophe et l'antistrophe ne se tournent plus tour à tour. Adieu le haut cothurne d'or et les manteaux traînants, l'hymne sacrée qui passait par bouffées dans les terreurs tragiques, et le vers simple qui glaçait la peau! Flaubert, La Tentation de saint Antoine,1849, p. 477.
P. anal. Couplet de même définition dans certains poèmes lyriques de poètes français tels que Ronsard (Odes) ou Leconte de Lisle (Poèmes antiques).
B.− P. ext., iron. Argumentation inverse dans un dialogue :
3. C'était, chaque jour, une continuation de la farce crapuleuse aux deux fenêtres, un dialogue nouveau, avec la strophe et l'antistrophe du théâtre antique, enfin et surtout les interpellations aux passants, joyeux d'être associés à une tentative d'assassinat qui ne les exposait à aucun danger. Bloy, La Femme pauvre,1897, p. 260.
II.− RHÉT., GRAMM.
A.− Figure par laquelle on répète le même mot, la même phrase, ou le même membre de phrase, en en inversant éventuellement l'ordre. Synon. épiphore, conversion (dans la rhét. lat.).Le fils du père ou le père du fils.
B.− Sorte d'anagramme, volontaire ou non, par laquelle on obtient un sens nouveau en permutant deux lettres, deux syllabes de deux mots ou de deux groupes de mots qui se suivent dans la même phrase. Un sot pâle, un pot sale. Synon. contrepèterie :
4. Un journal du petit format rapporte que, dans une scène de jalousie, l'actrice chargée du rôle de jeune première s'écrie en tombant à genoux et en tendant la main vers son amant : Un mou de veau, et je suis sauvée! (Un mot de vous) Inutile d'ajouter que cette antistrophe n'aida que médiocrement au pathétique de la situation. Lar. 19e,1866.
DÉR.
Antistrophique, adj.,litt. et mus. gr. Relatif à l'antistrophe; qui contient une ou plusieurs antistrophes. (1910, J. Combarieu, La Mus., p. 151; cf. aussi T. Reinach, La Mus. gr., 1926, p. 110; suff. -ique*).
PRONONC. : [ɑ ̃tistʀ ɔf].
ÉTYMOL. ET HIST. − 1. 1532 subst. masc. « contrepèterie » (Rabelais, Pantagruel, éd. V. L. Saulnier, Paris, 1959, p. 93 : Car il disoit qu'il n'y avoit que ung antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle à la fesse), noté comme subst. fém. dep. Cotgr. 1611; 2. 1550 rhét. anc. « seconde strophe des stances chantées par le chœur chez les Grecs » (Quintil Horatian, p. 203 ds Hug.); noté comme n'étant d'aucun usage dans la poésie française par Ac. 1762; 3. 1690 rhét. (Fur. : Antistrophe. subst. fém. Figure grammaticale, qui se dit quand de deux termes ou choses conjointes et dependantes l'une de l'autre, on fait la conversion, ou le renversement reciproque : comme, le serviteur du maître, ou le maître du serviteur); p. ext. « épiphore, répétition de un ou plusieurs mots à la fin de chaque membre d'une période » dep. Littré; 4. 1690 danse (Fur. : Antistrophe, chez les Poëtes Lyriques, étoit une espece de danse en usage chez les Anciens, qui portoient leurs pas tantôt à droite, tantôt à gauche, par des retours ou conversions redoublées), attest. isolée, voir antistrophique. Empr. au gr. α ̓ ν τ ι σ τ ρ ο φ η ́ « antistrophe [opposé à strophe en poésie] » (Denys d'Halicarnasse, Comp., 19 ds Bailly) et « inversion » (Hérodien, 607, 21, ibid.).
STAT. − Fréq. abs. littér. : 43.
BBG. − Bach.-Dez. 1882. − Bouillet 1859. − Dem. 1802. − Gramm. t. 1 1789. − Mar. Lex. 1933. − Mar. Lex. 1961 [1951]. − Springh. 1962.

Wiktionnaire

Nom commun

antistrophe \ɑ̃.ti.stʁɔf\ féminin

  1. (Prosodie grecque) Seconde stance d’un chœur lyrique, semblable pour la mesure et le nombre des vers à la première, qu’on nommait « strophe ».
    • Dans les pièces dramatiques le chœur chantait l’antistrophe en marchant sur le théâtre de gauche à droite, après qu’il avait chanté la strophe en tournant de droite à gauche.
    • Comme ils passaient devant la cuisine, leur parvint la voix de la petite Belle en train de raconter tranquillement quelqu'une de ses merveilleuses découvertes quotidiennes, interrompue de temps en temps, en guise d'antistrophe, par une exclamation avinée de Rachel. — (William Faulkner, Sartoris, trad. René-Noël Raimbault & Henri Delgove, éd. Gallimard, 1937, rééd. Folio, p. 243)
  2. (Rhétorique) (Grammaire) (Vieilli) Renversement de deux termes.
    • Il n’y a qu’une antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle à la fesse. — (François Rabelais, Pantagruel chapitre XII)

Nom commun

antistrophe \Prononciation ?\

  1. Antistrophe.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ANTISTROPHE. n. f.
T. de Prosodie grecque. La seconde stance d'un chœur lyrique, semblable pour la mesure et le nombre des vers à la première, qu'on nommait Strophe. Dans les pièces dramatiques le chœur chantait l'antistrophe en marchant sur le théâtre de gauche à droite, après qu'il avait chanté la strophe en tournant de droite à gauche.

Littré (1872-1877)

ANTISTROPHE (an-ti-stro-f') s. f.
  • 1Division particulière dans la poésie lyrique des Grecs, et la contre-partie de la strophe.
  • 2L'antistrophe était aussi une sorte de répétition plus souvent nommée épiphore.
  • 3Figure de pensée, nommée chez nous rétorsion, ou, de son nom grec, antimétathèse.
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Étymologie de « antistrophe »

Du latin antistrophe → voir anti- et strophe.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Du latin antistrophe.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Ἀντιστροπὴ, de ἀντὶ, à l'opposite (voy. ANTI). et strophe.

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Phonétique du mot « antistrophe »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
antistrophe ɑ̃tistrɔf

Évolution historique de l’usage du mot « antistrophe »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « antistrophe »

  • Il n'y a qu'une antistrophe entre femme folle à la messe et femme molle à la fesse. De François Rabelais / Vie inestimable du grand Gargantua
  • Appelée antistrophe ou équivoque au XVIe siècle, la contrepèterie est un jeu de mots, une figure de style qui consiste à permuter des lettres ou des syllabes dans une phrase, afin d’obtenir un nouveau sens comique. On a coutume d’attribuer la première contrepèterie à Rabelais (1494-1553), qui en 1532 dans le chapitre XVI de « Pantagruel » écrit ceci : « […] Panurge disoit qu’il n’y avoit qu’un antistrophe entre femme folle à la messe, & femme molle à la fesse. » TV5MONDE - Langue Française, Les contrepèteries | TV5MONDE - Langue Française
  • Ce titre a d’abord l’ambition d’intriguer. Il a d’ailleurs failli s’appeler « éloge de la fatigue », ce qui aurait été une erreur puisqu’il ne s’agit pas d’un éloge. Dans la forme antique, une ode comportait trois parties : une strophe, une antistrophe et une épode. Mon livre inclut une sorte d’antistrophe dans laquelle je dénonce les « mauvaises fatigues ». VousNousIls, Eric Fiat : "Je rêve d’un monde où l’on puisse avouer son épuisement" - VousNousIls
  • « Bien sûr, il y a un peu de provocation, mais au-delà, ce culte du dépassement, de la performance et de la rapidité abîme pas mal d’êtres humains aujourd’hui. Il ne s’agit donc pas uniquement d’un éloge mais d’une ode, avec strophe, antistrophe et épode, où je développe ce que sont les bonnes fatigues, les mauvaises et enfin les intermédiaires contre lesquelles je ne propose pas de lutter mais d’écouter les belles leçons qu’elles peuvent nous enseigner. » www.lepopulaire.fr, Comment vivre avec la fatigue : une conférence-débat d'Eric Fiat à Limoges - Limoges (87000)

Traductions du mot « antistrophe »

Langue Traduction
Italien antistrofe
Source : Google Translate API

Synonymes de « antistrophe »

Source : synonymes de antistrophe sur lebonsynonyme.fr
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