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Ottoman, ottomane

Définitions du mot « ottoman, ottomane »

Trésor de la Langue Française informatisé

OTTOMAN, -ANE, adj. et subst.

I. − Adj. et subst.
A. − Adjectif
1. Qui descend d'Osman. Souverain ottoman. La dynastie ottomane (...) doit sa solidité (...) à ce fond de fidélité tartare que rien n'a encore pu ébranler (Renan, Hist. Isr., t.2, 1889, p.71).
2. Empire ottoman. Empire turc constitué par Osman et ses successeurs, qui atteignit son apogée au xviies., puis déclina jusqu'à son démembrement après la Première Guerre mondiale et prit fin avec l'établissement de la république en 1923. Formation, expansion, chute de l'Empire ottoman. L'empire ottoman, ce vieux colosse déjà criblé de blessures, va-t-il enfin achever de périr sous un dernier coup de sabre d'Ibrahim? (Mussetds R. des Deux Mondes, 31 janv. 1833, p.325):
1. ...c'est bien mauvais cette idée d'un partage de l'empire ottoman. Nous aurions la Syrie, mince rivage. L'Allemagne viendrait s'installer dans la vaste plaine d'Alexandrette, infiniment riche. Ce serait son installation dans la Méditerranée, bien redoutable pour nous (...). Non, il faut souhaiter le maintien de l'empire ottoman. Barrès, Cahiers, t.10, 1914, p.282.
3. De l'Empire ottoman.
a) [En parlant d'une pers. ou d'une collectivité] L'année d'après Lépante, la flotte ottomane tenait encore tête à toutes les marines réunies de la chrétienté (Hugo, Rhin, 1842, p.429).Bonaparte était sans nouvelles de l'Europe quand, à son retour de Saint-Jean-d'Acre, il envoya un parlementaire à l'amiral ottoman (A. France, Clio, 1900, p.156).
b) [En parlant d'un inanimé] Des fonds étaient versés à la banque ottomane Pamenyaï-ben-Kaga, maison de toute sécurité (A. Daudet, Port-Tarascon, 1890, p.47).Les Grecs s'étaient révoltés contre la domination ottomane et nous avons peine à comprendre aujourd'hui l'enthousiasme philhellène de la France d'alors (Bainville, Hist. Fr., t.2, 1924, p.159).
En partic. Qui a rapport à la civilisation ottomane. Typogr. Lettres ottomanes. ,,Lettres ornementales de forme particulière; les pleins paraissent concaves et rétrécis dans le milieu; ils sont blancs, mais chargés de billes et d'ornements en ligne`` (Maire, Manuel biblioth., 1896, p.369).
c) Empl. subst., p.ell., rare
Masc. sing. Valeur émise par l'Empire ottoman. Mourgue (...) lisant son journal: Tiens, l'ottoman est en baisse d'un franc (...). MmeVaussard: Monsieur Chapusot, savez-vous si notre oncle a de l'ottoman (Zola, Hérit. Rabourdin, 1874, i, 4, p.147).
Loc., au fém. À l'ottomane. À la mode des Ottomans. Les boyards abandonnaient leur houppelande à l'ottomane pour se mettre à l'occidentale (Tharaud, Jument err., 1933, p.102).
B. − Substantif
1. Celui, celle qui appartient à la dynastie d'Osman. Je voyageais dans l'empire des Ottomans, et je parcourais les provinces qui jadis furent les royaumes d'Égypte et de Syrie (Volney, Ruines, 1791, p.6).
2. Habitant de l'empire ottoman. Synon. Turc:
2. Un coin de Stamboul égaré sur la rive pérote [de Péra, quartier d'Istanbul]. Cela ne ressemble guère à la caricature de ville européenne qui sévit alentour. Plus de beaux messieurs à la mode de Londres, ni de belles dames à la mode de Paris (...). Rien que de grands Ottomans graves, rien que des Musulmanes voilées qui se hâtent. Farrère, Homme qui assass., 1907, p.25.
II. − Subst. fém. Grand siège à pieds, de forme ovale, comportant parfois un dossier enveloppant. J'aime nonchalamment, sur la molle ottomane, M'étendre, demi-nu, quand darde la chaleur (Borel, Rhaps., 1832, p.36).La majesté bourgeoise du salon des Cormon n'exista plus quand il fut blanc et or, meublé d'ottomanes en acajou, et tendu de soie bleue (Balzac, Vieille fille, 1836, p.394).
III. − Subst. masc. Tissu de soie, à trame de coton, à grosses côtes. [Le] veston d'appartement de Grault, son veston de séducteur en ottoman hanneton (Colette, Seconde, 1929, p.200).Les gros-grains et les ottomans (...) caractérisés par les côtes, qui se présentent dans le sens de la largeur (J. Coulon, Technol. gén. modiste, 1951, p.42).La longue femme brune vêtue d'ottoman noir et de diamants (Beauvoir, Mandarins, 1954, p.182).
REM. 1.
Osmanli, subst. masc.a) Membre d'une des tribus turcomanes qui, dirigée par Ertoğrul, père d'Osman, vint s'établir dans la région de Söğüt où le sultan leur assigna un territoire qui fut le noyau du futur Empire ottoman; p.ext., Turc. Synon. Ottoman.La Morée, depuis que les Osmanlis en sont les possesseurs, est réunie sous la domination d'un pacha à trois queues, nommé par la Porte (Pouqueville, Voyage en Morée, t.1, Paris, Gabon, 1805, pp.66-67).Pour le grand public il n'y a de Turc que de Turquie et de langue turque que celle qui est parlée par les Turcs (musulmans) de ce pays, ceux qu'on appelait naguère les Osmanlis ou Ottomans (de Otuman ou Osman). L'abandon de cette dernière désignation proscrite par la nouvelle République met dans l'embarras ceux qui ont le légitime désir de distinguer par un terme approprié cette langue de l'ensemble des parlers apparentés (Lang. Monde1952, p.331).b) Langue turque. Le même suffixe, appliqué d'abord aux emprunts turcs eux-mêmes (...), le fut ensuite à des mots complètement étrangers à l'osmanli (L. Sainéan, Les Éléments orientaux en Roumainds Romania1902, p.82).
2.
Osmanli, -ie, adj.Qui est relatif aux Osmanlis, à l'osmanli. Radical, verbe, élément osmanli; forme osmanlie. Sous le rapport du sens, beaucoup d'emprunts osmanlis ont acquis en roumain une acception figurée, complètement étrangère à l'idiome oriental (L. Sainéan, Les Éléments orientaux en Roumainds Romania1902, p.88).
Prononc. et Orth.: [ɔtɔmɑ ̃], fém. [-an]. Ac. 1835-1935: ottomane. Étymol. et Hist. 1. 1543 subst. «membre de la dynastie fondée par Othman Ier; p.ext. Turc» (A. Geuffroy, Briefve description de la cour du Grand Turc, et ung sommaire du regne des Ottomans, Paris ds Cioranescu 16e); ca 1590 adj. (Montaigne, Essais, II, 21, éd. V.-L. Saulnier, p.677: la race Hottomane); 1672 empire ottoman (Racine, Bajazet, I, 1); 2. 1729 «canapé, lit de repos» (Inventaire gén. des meubles de la Couronne ds Havard: un grand lit de repos en ottomane); 1743 (Godard d'Aucour, Mém. turcs, éd. Uzanne, p.52: Je l'aidai à quitter l'ottomane ou reposoient tant d'appas); 3. ca 1902 velours ottoman «sorte d'étoffe de soie» (Gde Encyclop., t.30, p.204b, s.v. soie); 1910 ottoman (Lar. pour tous). Empr. à l'ar.uṯmānī , adj. dér. de Uṯmān, nom du fondateur de la dynastie ottomane, Osman Ier, 1259-1326, sultan de 1281 à 1326. De la forme Osman, qui représente la prononc. turque de Uṯmān, est dér., au moyen du suff. adj. turc -li, l'adj. osmanli «ottoman», d'où est empr. le fr. osmanli, «id.». Au sens 3, mot att. en angl. en 1883, ottoman ds NED. Fréq. abs. littér.: 137.

Wiktionnaire

Adjectif

ottoman \ɔ.tɔ.mɑ̃\ masculin

  1. Relatif à Osman Ier.
    • Très bientôt, sous le règne de Mehmed II, Constantinople allait tomber aux mains de la dynastie ottomane. — (Alexandra Merie, Le miroir ottoman, 2003)
  2. (Histoire) Relatif à l’empire turc jusqu'en 1918.
    • Le désastre de Mohacz (1526) où mourut le roi Louis II ouvre pour la Hongrie et la Slovaquie la période de domination ottomane qui dure jusqu’au traité de Požarevac (1718). — (Ernest Denis, La Question d’Autriche ; Les Slovaques, Paris, Delagrave, 1917, in-6, page 121)
    • Le monde musulman put alors s’enorgueillir de quatre États célèbres : L’Égypte de Mamelouks, la Turquie ottomane, la Perse séfévide et l’Inde moghole. — (Panayiotis Jerasimof Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction d’Odette Guitard, 1992, page 37)
  3. (Linguistique) Relatif au turc parlé en Turquie, anciennement langue officielle de l’Empire ottoman.
    • Le turc ottoman.
  4. (Arts) Qualifie la production artistique propre à cette dynastie turque.
    • Résistant à la mode du béton armé, Fernand Pouillon, cet architecte atypique, … optait alors pour cette pierre de taille qui participe encore de la beauté d’une architecture grandiose mêlant inspiration ottomane et modernité. — (Armelle Canitrot, Le génie des lieux - Journal La Croix, page 17, 16-17 juillet 2014)

Nom commun

ottoman \ɔ.tɔ.mɑ̃\ masculin

  1. (Linguistique) Langue parlée au Kurdistan, anciennement langue officielle de l’Empire ottoman.
    •  Dans le même temps, on assiste à une fragmentation linguistique. On ne parle plus l’ottoman ou le persan. — (Guillaume Perrier, Syrie-Irak : et si les Kurdes étaient la clef du conflit - Journal Le Point, N°2218 page 140, 12 mars 2015)
  2. Étoffe de soie à trame de coton, et à grosse côtes, utilisée en confection.
    • Seules les femmes riches arboraient pour leur mariage une tenue de soie (ottoman) et le dimanche elles portaient sur l’habit de droguet un tablier de soie long. — (Marguerite Bruneau, Histoire du costume populaire en Normandie, 1986, vol.2, page 78)

Nom commun

ottomane \ɔ.tɔ.man\ féminin

  1. Sorte de grand siège, avec ou sans dossier, où plusieurs personnes peuvent être assises à la fois, à la façon des orientaux.
    • L'heureux Chevalier me releva, et mon pardon fut scellé sur cette même ottomane où vous et moi scellâmes si gaiement et de la même manière notre éternelle rupture. — (Pierre Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, lettre 11, 1782.)
    • Après avoir achevé ce grand ouvrage, je courus avec mes vers chez ma bien-aimée. Je la trouvai seule dans un négligé charmant, assise sur une ottomane. — (Mémoires de Brandes, auteur et comédien allemand, 1823, volume 1, page 264)
    • Sur le premier plan, à gauche de l’acteur, une ottomane placée dans un petit réduit demi-circulaire et orné de tapisseries. — (François Ancelot & ‎Léon Laya, La lionne : comédie en deux actes, mêlée de chant, 1840, page 1)
    • J’aperçu une femme d’environ vingt-deux ans, de moyenne taille, vêtue de blanc, entourée d’un cercle d’hommes, mollement couchée sur une ottomane, et tenant à la main un écran de plumes. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831, chapitre 2)

Forme d’adjectif

ottomane féminin

  1. Féminin singulier de ottoman.

Nom commun

ottomane \ɔ.tɔ.man\ féminin

  1. Sorte de grand siège, avec ou sans dossier, où plusieurs personnes peuvent être assises à la fois, à la façon des orientaux.
    • L'heureux Chevalier me releva, et mon pardon fut scellé sur cette même ottomane où vous et moi scellâmes si gaiement et de la même manière notre éternelle rupture. — (Pierre Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, lettre 11, 1782.)
    • Après avoir achevé ce grand ouvrage, je courus avec mes vers chez ma bien-aimée. Je la trouvai seule dans un négligé charmant, assise sur une ottomane. — (Mémoires de Brandes, auteur et comédien allemand, 1823, volume 1, page 264)
    • Sur le premier plan, à gauche de l’acteur, une ottomane placée dans un petit réduit demi-circulaire et orné de tapisseries. — (François Ancelot & ‎Léon Laya, La lionne : comédie en deux actes, mêlée de chant, 1840, page 1)
    • J’aperçu une femme d’environ vingt-deux ans, de moyenne taille, vêtue de blanc, entourée d’un cercle d’hommes, mollement couchée sur une ottomane, et tenant à la main un écran de plumes. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831, chapitre 2)

Forme d’adjectif

ottomane féminin

  1. Féminin singulier de ottoman.

Nom commun

ottomane \ɔ.tɔ.man\ féminin

  1. Sorte de grand siège, avec ou sans dossier, où plusieurs personnes peuvent être assises à la fois, à la façon des orientaux.
    • L'heureux Chevalier me releva, et mon pardon fut scellé sur cette même ottomane où vous et moi scellâmes si gaiement et de la même manière notre éternelle rupture. — (Pierre Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, lettre 11, 1782.)
    • Après avoir achevé ce grand ouvrage, je courus avec mes vers chez ma bien-aimée. Je la trouvai seule dans un négligé charmant, assise sur une ottomane. — (Mémoires de Brandes, auteur et comédien allemand, 1823, volume 1, page 264)
    • Sur le premier plan, à gauche de l’acteur, une ottomane placée dans un petit réduit demi-circulaire et orné de tapisseries. — (François Ancelot & ‎Léon Laya, La lionne : comédie en deux actes, mêlée de chant, 1840, page 1)
    • J’aperçu une femme d’environ vingt-deux ans, de moyenne taille, vêtue de blanc, entourée d’un cercle d’hommes, mollement couchée sur une ottomane, et tenant à la main un écran de plumes. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831, chapitre 2)

Forme d’adjectif

ottomane féminin

  1. Féminin singulier de ottoman.

Nom commun

ottomane \ɔ.tɔ.man\ féminin

  1. Sorte de grand siège, avec ou sans dossier, où plusieurs personnes peuvent être assises à la fois, à la façon des orientaux.
    • L'heureux Chevalier me releva, et mon pardon fut scellé sur cette même ottomane où vous et moi scellâmes si gaiement et de la même manière notre éternelle rupture. — (Pierre Choderlos de Laclos, Les liaisons dangereuses, lettre 11, 1782.)
    • Après avoir achevé ce grand ouvrage, je courus avec mes vers chez ma bien-aimée. Je la trouvai seule dans un négligé charmant, assise sur une ottomane. — (Mémoires de Brandes, auteur et comédien allemand, 1823, volume 1, page 264)
    • Sur le premier plan, à gauche de l’acteur, une ottomane placée dans un petit réduit demi-circulaire et orné de tapisseries. — (François Ancelot & ‎Léon Laya, La lionne : comédie en deux actes, mêlée de chant, 1840, page 1)
    • J’aperçu une femme d’environ vingt-deux ans, de moyenne taille, vêtue de blanc, entourée d’un cercle d’hommes, mollement couchée sur une ottomane, et tenant à la main un écran de plumes. — (Honoré de Balzac, La Peau de chagrin, 1831, chapitre 2)

Forme d’adjectif

ottomane féminin

  1. Féminin singulier de ottoman.
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Littré (1872-1877)

OTTOMAN (o-tto-man, ma-n') adj.
  • Se dit des Turcs et spécialement de leurs sultans. De l'honneur ottoman ses successeurs jaloux Ont daigné rarement prendre le nom d'époux, Racine, Bajaz. II, 1. Soliman… Nul n'éleva si haut la grandeur ottomane, Racine, ib.

    Porte ottomane, voy. PORTE.

    S. m. pl. Les Ottomans, les Turcs. Rhodes, des Ottomans ce redoutable écueil, Racine, Baj. II, 1.

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Étymologie de « ottoman »

Turc, otsmâniyy, descendant d'Otsman, ou appartenant à Ostman, adjectif formé du nom d'Otsman ou Otman Ier, fondateur de la dynastie qui règne aujourd'hui sur les Turcs ; il monta sur le trône en 1299 et mourut en 1326.

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(XVIe siècle)[1] De l’arabe عُثْمَانِي, ʿuṯmānī (« ottoman »)[1] dérivé de عُثْمَان, ʿuṯmān (« Osman »), fondateur de la dynastie ottomane, sultan de 1281 à 1326. Du turc Osman dérive l’adjectif qui nous donne le synonyme osmanli. La variante désuète othoman est influencée par le grec Οθωμανός, Othomanos.
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Phonétique du mot « ottoman »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
ottoman ɔtɔmɑ̃

Citations contenant le mot « ottoman »

  • Le 25 juillet 2016, le professeur Halil Inalcik connu dans le monde entier pour ses recherches sur l’histoire turco-ottomane, s’est éteint à l’âge de 100 ans. Inalcik dont les œuvres ont été traduites en plusieurs langues, était qualifié de ‘Pôle des Historiens’. , Le 25 juillet dans l’histoire | TRT Français
  • La chronique du couple formé par Soliman le Magnifique et Roxelane n’est plus en odeur de sainteté sur les rives du Bosphore. Le sultan, dont les quarante ans de règne (1520-1566) portèrent l’Empire ottoman à son apogée, forma un duo resté fameux avec une chrétienne sortie du harem dont il fit, à rebours de toutes les traditions, son épouse et sa principale conseillère. Malgré son succès populaire, Le Siècle magnifique, la série turque diffusée à partir de 2011 qui fait la part belle aux deux personnages, a subi les foudres du régime de Recep Tayyip Erdogan. Pensez ! L’un des plus grands sultans y était « représenté comme un obsédé sexuel » et, pire, comme un homme totalement captivé par une femme. Le Monde.fr, « Sexe et pouvoir » : Roxelane, l’esclave chrétienne devenue diplomate de l’Empire ottoman
  • Le secret est une vertu cardinale du pouvoir. Ainsi les détenteurs de l’ordre peuvent-ils exercer le pouvoir sans partage, mais avec l’appui d’un groupe d’initiés. La rétention de l’information participe de l’autocratie. Le cas ottoman est illustratif de cette pratique sous l’empire. France Culture, Immersion dans l'Empire ottoman
  • TV5MONDE : Recep Tayyip Erdoğan souhaite modifier le statut de Sainte-Sophie à Istanbul. Le musée, qu'elle est depuis 1934, redeviendrait ainsi une mosquée. Comment percevez-vous cette volonté ? Y-a-t-il derrière ce projet une forme de nostalgie ottomane ou un agenda religieux ?Jean Marcou : Le problème en réalité n'est pas vraiment nouveau. Sainte-Sophie, devenue mosquée au moment de la conquête ottomane, en 1453, a été transformée en musée par une décision de Mustafa Kemal en 1934. Le conseil d’État turc pourrait annuler cette décision prochainement. Depuis quelques années, on observe une pression religieuse et politique sur le symbole qu'est Sainte-Sophie. Les minarets adjoints à la basilique (après sa transformation en mosquée) sont à nouveaux en fonction pour l’appel à la prière. Des prières y ont été dites, notamment pendant le dernier mois de Ramadan. Mais, autant que des préoccupations religieuses à proprement parler, cette volonté de changer le statut de Sainte-Sophie découle, à mon sens, du contexte politique actuel de restauration symbolique de la puissance turque. Le nationalisme turc sous Mustafa Kemal avait une vision négative de l'héritage ottoman et la jeune République de Turquie estimait que Sainte-Sophie n’était plus le symbole impérial et religieux qu'elle avait pu être. Sa transformation en musée permettait alors de rompre avec ce passé ottoman, tout en pacifiant les relations avec les voisins de la nouvelle Turquie, en particulier la Grèce. Or, dans une démarche, à bien des égards, autant nationaliste que religieuse, Recep Tayyip Erdoğan entend réaffirmer la puissance et l'identité musulmane de la Turquie. La transformation de Sainte-Sophie en musée est ressentie par beaucoup de ceux qui soutiennent aujourd'hui son régime comme une dépossession. Ce monument est, en effet, étroitement associé à la prise de Constantinople, devenue Istanbul, et à l’arrivée du sultan victorieux, Mehmet II Fatih dans la ville, en 1453. Rétablir la prière à Sainte Sophie, c’est ainsi rappeler aux voisins de la Turquie (Grecs, Russes en particulier), mais aussi aux Occidentaux, que l'ancienne basilique byzantine appartient bien aux Turcs. TV5MONDE, En Turquie, le projet "néo-ottoman" du président Erdoğan veut-il effacer l'héritage d'Atatürk ?
  • Le 25 juillet 1518, le sultan ottoman Selim 1er est retourné à la capitale Istanbul 2 ans et 2 mois après son excursion militaire en Égypte. Les terres de l’Empire ottoman ont doublé à la suite de l’excursion militaire d’Égypte qui a été la plus longue de l’histoire ottomane. , Le 25 juillet dans l’histoire | TRT Français
  • Au terme de la prière du vendredi à Sainte-Sophie, le président de la République turque Recep Tayyip Erdogan et le leader du MHP, parti de l’action nationaliste Devlet Bahceli ont visité le mausolée du sultan ottoman Mehmet II le Conquérant. , Erdogan et Bahceli visitent le mausolée du sultan ottoman Mehmet II le Conquérant | TRT Français
  • Sous Mustafa Kemal, le traité de Lausanne était salué comme un événement triplement positif : une victoire diplomatique effaçait l’humiliation du traité de Sèvres qui dépeçait l’empire ; Etat centré sur l’Anatolie, la Turquie était reconnue par le droit international ; un empire décadent rejoignait les oubliettes de l’histoire. Le président turc désormais redéfinit ces trois perspectives : le traité a été imposé par les puissances occidentales ; de 3 millions de km², la Turquie a été réduite à 780 000 km² ; les Turcs ont toujours formé un Etat, sous les Ottomans, Mustafa Kemal et Erdogan. Bien sûr, les frontières nationales de la Turquie restent sacrées, mais le traité qui les a arrêtées ne l’est plus. Au contraire, selon lui, le droit international a privé le pays de ses îles méditerranéennes. Il a dessiné un espace maritime certes grec, mais sur lequel la Turquie réclame la reconnaissance de ses droits historiques. Au-delà de la Méditerranée, les objectifs néo-ottomans de la reconquête n’ont de limite que les avancées des troupes ottomanes à l’époque impériale. Du moins dans l’ordre militaire. Car, dans l’ordre culturel, le soft power de Turkish Airlines et des séries télévisées turques s’étend à l’échelle du globe. Le Monde.fr, « En Méditerranée, Recep Tayyip Erdogan cherche une revanche néo-ottomane »
  • Le concept du café maure trouve ses origines dans des traditions ottomanes de gestion de ces espaces, en tant que lieux de réceptions et de soirées mondaines. Exporté en Tunisie et en Algérie, il a inspiré des propriétaires marocains, qui l’ont façonné à leur manière. , Histoire : Le café maure, une inspiration ottomane pour un espace de détente maghrébin
  • "Le secret ottoman" de Raymond Khoury Atlantico.fr, "Le secret ottoman" de Raymond Khoury : une uchronie à la fois délirante et réaliste | Atlantico.fr
  • En réalité, tout en étant le couronnement symbolique de la vie politique d’Erdoğan, entièrement dirigée vers la réislamisation de la société, cette décision participe de la fuite en avant d’un régime autoritaire en difficulté qui tente de rebâtir un consensus intérieur autour de deux orientations : la restauration de la grandeur ottomane par la remise en cause des frontières, tabou en Turquie depuis Kemal ; l’affirmation d’un leadership turc du monde sunnite renouant avec le califat aboli par Kémal. , 16 juillet 2020 - Sainte-Sophie prise en otage par Erdogan - Herodote.net
  • En 1998, l'ex semi-professionnel de football, on le surnommait alors « Imam Beckenbauer », écopa de quatre mois de prison pour avoir cité un poème nationaliste : « Les minarets seront nos baïonnettes, les coupoles nos casques, les mosquées sont nos casernes, les croyants nos soldats ». C'est de Sainte-Sophie qu'il veut faire aujourd'hui une caserne. Le conseil d'Etat turc est en effet saisi d'une demande de faire à nouveau une mosquée de l'ex-basilique byzantine dont Mustafa Kemal fit en 1934 un « musée offert à l'humanité ». Effacer les traces des réformes libérales d'Atatürk est devenu une obsession pour l'ancien étudiant en histoire religieuse. La Croix estime que le symbole de ce changement de statut ne serait pas seulement religieux mais aussi politique. Le bâtiment ne rappelle-t-il pas aux Turcs « la victoire du sultan Mehmet II sur Constantinople et donc la puissance ottomane à son apogée » ? La puissance ottomane voilà l'autre obsession du fils de garde-côte d'un quartier pauvre d'Istanbul. Ainsi se place-t-il en position de force en Libye : « Nous y sommes pour défendre nos descendants, nos frères anatoliens » prétexte-t-il. Le Monde évoque la parure « néo-ottomane », sans « ancrage dans la réalité », de sa politique étrangère. Sa haine des Kurdes est toujours à vif. Son palais est quatre fois plus grand que le château de Versailles, sa folie répressive et totalitaire est démesurée. Les purges et les arrestations ont repris de plus belle, militaires, professeurs, étudiants, journalistes, députés, personne n'est épargné. La situation est d'autant plus tendue qu'Erdogan voit les sondages faiblir, les maires d'Istanbul et d'Ankara sont plus populaires que lui. Ses résultats économiques déçoivent, sa gestion du coronavirus aussi. Sophie avec lui ne veut plus dire sagesse. Les Echos, Recep Tayyip Erdogan. Querelle byzantine. | Les Echos
  • TV5MONDE : Recep Tayyip Erdoğan souhaite modifier le statut de Sainte-Sophie à Istanbul. Le musée, qu'elle est depuis 1934, redeviendrait ainsi une mosquée. Comment percevez-vous cette volonté ? Y-a-t-il derrière ce projet une forme de nostalgie ottomane ou un agenda religieux ?Jean Marcou : Le problème en réalité n'est pas vraiment nouveau. Sainte-Sophie, devenue mosquée au moment de la conquête ottomane, en 1453, a été transformée en musée par une décision de Mustafa Kemal en 1934. Le conseil d’État turc pourrait annuler cette décision prochainement. Depuis quelques années, on observe une pression religieuse et politique sur le symbole qu'est Sainte-Sophie. Les minarets adjoints à la basilique (après sa transformation en mosquée) sont à nouveaux en fonction pour l’appel à la prière. Des prières y ont été dites, notamment pendant le dernier mois de Ramadan. Mais, autant que des préoccupations religieuses à proprement parler, cette volonté de changer le statut de Sainte-Sophie découle, à mon sens, du contexte politique actuel de restauration symbolique de la puissance turque. Le nationalisme turc sous Mustafa Kemal avait une vision négative de l'héritage ottoman et la jeune République de Turquie estimait que Sainte-Sophie n’était plus le symbole impérial et religieux qu'elle avait pu être. Sa transformation en musée permettait alors de rompre avec ce passé ottoman, tout en pacifiant les relations avec les voisins de la nouvelle Turquie, en particulier la Grèce. Or, dans une démarche, à bien des égards, autant nationaliste que religieuse, Recep Tayyip Erdoğan entend réaffirmer la puissance et l'identité musulmane de la Turquie. La transformation de Sainte-Sophie en musée est ressentie par beaucoup de ceux qui soutiennent aujourd'hui son régime comme une dépossession. Ce monument est, en effet, étroitement associé à la prise de Constantinople, devenue Istanbul, et à l’arrivée du sultan victorieux, Mehmet II Fatih dans la ville, en 1453. Rétablir la prière à Sainte Sophie, c’est ainsi rappeler aux voisins de la Turquie (Grecs, Russes en particulier), mais aussi aux Occidentaux, que l'ancienne basilique byzantine appartient bien aux Turcs. TV5MONDE, En Turquie, le projet "néo-ottoman" du président Erdoğan veut-il effacer l'héritage d'Atatürk ?
  • Emilie pas jolie, ce n’est pas bien de mentir effrontément alors que tout le monde connait la réalité. « le président turc que cela vous plaise ou non est parti[t] en syrie pour protégé[r] ses frontières » franchement je ne savais pas que l’armée syrienne voulait envahir la Turquie à partir de la province syrienne d’Idlib. « pour les arméniens (génocide) aller voir dans les archives et voir qui a fait un génocide au lieu d’écouter tout le monde » ce n’est pas bien de nier un génocide que même les autorités ottomanes en 1919 reconnaissait à demi-mot (commission présidée par Hasan Mazhar Bey). Vous pouvez défendre la politique intérieure et extérieure de la Turquie, mais essayez de le faire intelligemment si vous voulez être prise au sérieux. Un si Proche Orient, Jusqu’où ira l’islamo-nationalisme d’Erdogan? – Un si Proche Orient
  • Cette formation présente des éléments de la musique classique turque de la période ottomane. L’origine de cette musique est liée à la musique classique arabe mais a également été influencée par les styles byzantins et européens. Grâce au soutien des sultans, elle a connu un développement important et elle s’est affinée dès le 16e siècle à Istanbul, en prenant progressivement distance du système persan pour connaître son plus grand essor aux 17e et 18e siècles. A cette époque, elle a pu également exercer une certaine influence sur la musique occidentale par l’intermédiaire des janissaires qui visitèrent la cour de Vienne. Le Courrier des Balkans, Les makam ottomans par Ömer & Ahmet Erdoğdular - Le Courrier des Balkans
  • Dans la Turquie ottomane, le secret est une vertu cardinale du pouvoir. Le sultan règne sans partage, mais avec l’appui d’un groupe d’initiés – parti, clan, confrérie – toujours tenus par le secret. Cette réalité – constante dans l’histoire de la société turque –, le coup d’État raté de l’été 2016 et la mise au ban de Fethullah Gülen n’en constituent qu’un rappel. Comme la francmaçonnerie, la secte des Bektaşîs, dont le lecteur découvrira maints secrets dans ce livre, a eu son heure de gloire auprès des sultans. France Culture, Immersion dans l'Empire ottoman
  • Sous Mustafa Kemal, le traité de Lausanne était salué comme un événement triplement positif : une victoire diplomatique effaçait l’humiliation du traité de Sèvres qui dépeçait l’empire ; Etat centré sur l’Anatolie, la Turquie était reconnue par le droit international ; un empire décadent rejoignait les oubliettes de l’histoire. Le président turc désormais redéfinit ces trois perspectives : le traité a été imposé par les puissances occidentales ; de 3 millions de km², la Turquie a été réduite à 780 000 km² ; les Turcs ont toujours formé un Etat, sous les Ottomans, Mustafa Kemal et Erdogan. Bien sûr, les frontières nationales de la Turquie restent sacrées, mais le traité qui les a arrêtées ne l’est plus. Au contraire, selon lui, le droit international a privé le pays de ses îles méditerranéennes. Il a dessiné un espace maritime certes grec, mais sur lequel la Turquie réclame la reconnaissance de ses droits historiques. Au-delà de la Méditerranée, les objectifs néo-ottomans de la reconquête n’ont de limite que les avancées des troupes ottomanes à l’époque impériale. Du moins dans l’ordre militaire. Car, dans l’ordre culturel, le soft power de Turkish Airlines et des séries télévisées turques s’étend à l’échelle du globe. Le Monde.fr, « En Méditerranée, Recep Tayyip Erdogan cherche une revanche néo-ottomane »

Traductions du mot « ottoman »

Langue Traduction
Anglais ottoman
Espagnol otomano
Italien ottomano
Allemand ottomane
Chinois 奥斯曼帝国
Arabe العثماني
Portugais otomano
Russe тахта
Japonais オスマン帝国
Basque otomandar
Corse ottomanu
Source : Google Translate API

Ottoman

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