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Neutralité axiologique

Définitions de « neutralité axiologique »

Wiktionnaire

Locution nominale - français

neutralité axiologique \nø.tʁa.li.te ak.sjo.lɔ.ʒik\ féminin

  1. (Sociologie) Méthodologie du chercheur qui met ses opinions de côté pour être le plus neutre possible.
    • Le second principe réside dans ce qu’il nomme la « neutralité axiologique ». Elle consiste dans le refus de tout jugement de valeur. Elle refuse également l’idée qu’une valeur puisse être supérieure aux autres par un raisonnement scientifique et objectif ou par une conception transcendante de la science. Réfractaire aux jugements de valeur, convictions et opinions personnelles, la recherche scientifique suppose cette neutralité axiologique. — (Laurent Fleury, Max Weber, Presses Universitaires de France, 2016 (première édition 2001), page 27)
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Étymologie de « neutralité axiologique »

 Composé de neutralité et de axiologie, concept développé par Max Weber, qui y consacra une importante étude en 1917 dans son œuvre : Essai sur le sens de la neutralité axiologique dans les sciences sociologiques et économiques.[1]
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Phonétique du mot « neutralité axiologique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
neutralité axiologique nœtralite aksjolɔʒik

Évolution historique de l’usage du mot « neutralité axiologique »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « neutralité axiologique »

  • Il faut croire que la neutralité axiologique gêne quelques universitaires pour qu’ils en soient venus à reprendre des arguments aussi vieux que faux. On sait celui, rebattu par quelques sociologues qui font semblant d’avoir la compétence langagière, consistant à suggérer que Max Weber aurait été mal traduit en français par son premier traducteur. À l’arrière-plan, une dénonciation de l’éditeur ayant inspiré le travail tardif de publication de Max Weber en France : Raymond Aron, un réactionnaire. Peu importe qu’il fut un découvreur incontestable et précoce de la sociologie allemande dans l’entre-deux-guerres. Le Monde diplomatique, Retour sur la neutralité axiologique, par Alain Garrigou (Les blogs du Diplo, 14 juillet 2021)
  • 2Le Luxe de l’indépendance est un ouvrage engagé qui invite à un véritable débat de société, qui « prend position de manière tranchée sur certains enjeux spécifiques ». Ce n’est pas « une somme érudite obéissant à une absolue neutralité axiologique » (p. 11). Il résulte de ce choix méthodologique un livre partagé entre un traitement descriptif et un traitement normatif de la notion d’indépendance. En montrant les liens qui existent entre les contraintes économiques qui pèsent sur le monde du livre, la vie des idées et l’extension du domaine du dicible et du pensable, J. Lefort‑Favreau attire notre attention sur la précarité de la liberté d’expression en contexte capitaliste. Selon lui, « il ne sert à rien de défendre la liberté d’expression et la liberté de création sans garantir l’indépendance et la pérennité des moyens de production » (p. 152). , Incertaine indépendance : entre usages marketing & menaces du marché (Acta Fabula)
  • Max Weber ne justifie pas l’impératif de neutralité axiologique par la République, la laïcité ou la démocratie mais par le respect des étudiants. Si ne pas respecter la neutralité axiologique revient à abandonner le terrain de la science — qui n’a que faire des opinions politiques ou religieuses —, c’est surtout faire violence aux étudiants qui ne peuvent pas répondre dans les cours où ils sont en situation de dominés. Le principe serait-il obsolète ? Le Monde diplomatique, De la neutralité axiologique à l'université, par Alain Garrigou (Les blogs du Diplo, 10 novembre 2020)
  • Parmi ces garanties intellectuelles, il faut faire une place particulière à une notion très présente en sociologie, mais qui concerne l’ensemble des sciences de l’homme et de la société et même les sciences de la nature : la « neutralité axiologique » telle que l’a définie le sociologue allemand Max Weber, c’est-à-dire l’obligation pour l’enseignant-chercheur de s’abstenir d’exprimer des jugements de valeur d’ordre éthique, politique ou religieux dans le contexte de son enseignement ou de sa recherche10. Le terme de « neutralité axiologique » utilisé par son traducteur Julien Freund a été discuté, de même d’ailleurs que la notion elle-même – nous y reviendrons à propos des menaces pesant sur l’autonomie. Cette distinction entre jugements de fait et jugements de valeur sur laquelle repose cette restriction de la liberté d’opinion des enseignants-chercheurs fait également l’objet de controverses, chez les philosophes et les analystes du discours11. Reste que, même s’il peut exister un certain flou sur ses limites, cette règle de base permet d’éviter que les opinions personnelles, les croyances religieuses, les convictions militantes ne viennent interférer dans la mission impartie à ceux auxquels la collectivité confie la production et la transmission des connaissances. Fondapol, Défendre l'autonomie du savoir - Fondapol
  • Cette recherche préalable rencontre alors le motif le plus immédiatement politique de notre travail : le constat d’une impuissance apparente et peut-être même croissante de la critique sociale venue de la théorie et des sciences. Une critique menacée par de nombreux contre-courants conservateurs et réactionnaires à l’heure actuelle au nom d’une « neutralité axiologique » fantasmée et imaginaire ; une critique divisée et fragmentée en objets et en cibles de plus en plus diversifiés (comme en témoignent par exemple les débats déprimants, en France, opposant, en sciences sociales, les approches en termes de classe à celles qui prennent aussi en compte le genre ou la race) ; une critique dont l’arrimage à l’agir politique semble moins fort aujourd’hui qu’il n’a pu l’être à d’autres moments de l’histoire la plus récente, dans les années 1970 par exemple. Si la critique sociale issue des savoirs n’a plus autant d’impact politique, cela tient aussi à un ensemble de facteurs exogènes, bien entendu, mais ce que nous pouvons faire à notre niveau, là où nous sommes déjà impliqués, c’est nous interroger sur sa formulation et sa visée. Notre pari est qu’une critique issue d’une enquête sérieuse sur les possibilités actuelles plutôt que sur la force des dominants et les rapports sociaux de pouvoir (déjà bien documentés grâce à une formidable effort collectif des deux derniers siècles) devait être testée et mise en circulation, qu’elle peut avoir une plus grande efficacité, qu’elle pourrait être capable d’apporter une réponse, ne serait-ce que partielle, au sentiment vécu de clôture du présent ou à ce que certains appellent la « mélancolie de gauche » qui est aussi une mélancolie de la critique. DIACRITIK, Haud Guéguen et Laurent Jeanpierre: « L’horizon d’une fin des possibles pourrait ouvrir, pour certaines fractions sociales de la population, des possibles nouveaux »
  • Cette dernière préférera s’en remettre par la suite à la neutralité axiologique pour prendre ses distances, plus radicalement, avec son mentor : « En développant une sociologie compréhensive des représentations mentales, et en m'astreignant à une stricte "neutralité axiologique" (la suspension des jugements de valeur du chercheur envers ses objets dans le cadre de son travail), je n'ai pu que m'éloigner de la sociologie de mon mentor. » , Sociologie : deux décennies après sa mort, Bourdieu, un maître (in)dépassable ?
  • TRIBUNE - Pour Xavier-Laurent Salvador, maître de conférences à l’université Paris-13, on assiste à un phénomène inquiétant à l’université: récusant la neutralité axiologique, des chercheurs mêlent témoignages personnels et militantisme dans des thèses qu’ils présentent pourtant comme «scientifiques». LEFIGARO, «Le décolonialisme veut faire taire ses adversaires en se déguisant en science»

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