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Lemme

Variantes Singulier Pluriel
Masculin lemme lemmes

Définitions de « lemme »

Trésor de la Langue Française informatisé

LEMME, subst. masc.

A. − LOG. Majeure d'un syllogisme. Il est plus facile à ce dernier [Arnauld] de railler le thomisme de Nicole que de lui opposer une doctrine positive, nettement distincte et du thomisme et du jansénisme. En quelques « lemmes » dédaigneux, cassants, le docteur a bientôt balayé les échafaudages de Nicole (Bremond, Hist. sent. relig., t. 4, 1920, p. 451).
P. anal. Proposition dont la démonstration est préalable à une proposition subséquente.
LOG. L'auteur semble ignorer ce lemme de Spinoza : « Le cercle est une chose, l'idée du cercle est une autre chose, qui n'a pas de centre ni de périphérie » (Benda, Fr. byz.,1945, p. 113).
MATH. Des géomètres (...) ont déduit des milliers de théorèmes, de propositions, de lemmes, de corollaires sur le mouvement appliqué aux choses, ont révélé les lois du mouvement céleste (Balzac, Théor. démarche,1833, p. 614):
Les géomètres s'arrêtent quelquefois dans la suite de leurs raisonnements; ils interrompent la chaîne de leurs déductions et de leurs théorèmes, pour se résumer dans ce qu'ils appellent une scholie, ou pour démontrer une proposition intermédiaire qui leur est indispensable, et qu'ils nomment un lemme. P. Leroux, Humanité, t. 1, 1840, p. X.
B. − LEXICOGR. Forme graphique choisie conventionnellement comme adresse dans un lexique. Pour l'inventaire des éléments d'un lexique, les lexèmes sont ordinairement rangés dans l'ordre alphabétique des lemmes (Ch. Muller, La Lemmatisation, essai d'analyse mathématique ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 12, 1 1974, p. 193).
REM. 1.
Lemmatique, adj.,math. Qui est relatif au lemme. (Ds Littré, Lar. Lang. fr. et Lexis 1975).
2.
Lemmatisation, subst. fém.,lexicogr. ,,Opération consistant à regrouper les formes occurrentes d'un texte ou d'une liste sous des adresses lexicales`` (Mounin 1974). Une lemmatisation artisanale ayant pour base un listage de toutes les occurrences des mots rencontrés (G. Roques et N. Mussods Ét. de synt. du Moy. Fr., Paris, Klincksieck, 1978, p. 191).
3.
Lemmatiser, verbe trans.,lexicogr. Regrouper des formes sous les lemmes correspondants. Le vocabulaire de notre auteur entièrement lemmatisé (G. Roques et N. Mussods Ét. de synt. du Moy. Fr., Paris, Klincksieck, 1978, p. 191).
Prononc. et Orth. : [lεm]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1629 math. « proposition préliminaire » (Albert Girard, Invent. nouv. en l'algèbre ds DG); 1769 « majeure d'un syllogisme » (Diderot, Opin. des anc. phil. ds Littré); 1974 ling. (Ch. Muller, loc. cit.). Empr. au lat.lemma « sujet, matière d'un écrit; titre d'un chapitre, d'une épigramme; majeure (d'un syllogisme) », lui-même du gr. λ η ̃ μ μ α littéralement « ce que l'on prend, gain, profit » d'où en log. « une des prémisses d'un syllogisme »; cf. angl. lemma terme de math. attesté dès 1570 ds NED et terme de ling. (1972 ds NED Suppl.2, s.v. lemmatization) et ital. lemma, terme de ling. 1962, Springh. Fréq. abs. littér. : 11. Bbg. Brackenier (R.). Index et concordances d'aut. fr. Trav. Ling. Gand. 1972, no3, p. 17 (s.v. lemmatisation). - Jourjon (A.). Rem. lexicogr. R. Philol. fr. 1929, t. 41, p. 143.

Wiktionnaire

Nom commun 2 - français

lemme \lɛm\ féminin

  1. (Botanique) Glumelle inférieure dans l’épillet des poacées (ou graminées).
    • Glume des épillets médians atteignant à peine l’extrémité membraneuse de la lemme de la 2ème fleur (sauf sur certains cultivars). — (Philippe Jauzein, Flore des champs cultivés, Editions Quae, 1995, page 751)
    • Une fleur complète comprend les glumelles (lemme et paléole) et la fleur proprement dite, constituée des lodicules, des étamines et du pistil: cette architecture de base se trouve souvent modifiée par réduction numérique des pièces florales. — (Pierre Poilecot, Les Poaceae du Niger, dans Boissiera: mémoires de botanique systématique, vol. 56, publié par le Conservatoire et Jardin Botaniques de Genève, Editions CIRAD, 2009, page 61)
    • Chez l’orge vêtue, la lemme et la paléole adhèrent au grain lors du battage, tandis que chez l’orge nue, le grain s’en libère. — (Ressources végétales de l’Afrique tropicale, vol. 1 : Céréales et légumes secs, édition scientifique par Martin Brink & ‎Getachew Melese Belay, traduction par M. Chauvet & J. S. Siesmonsa, Fondation PROTA/Backhuys Publishers/CTA, Wagenningen (Pays-Bas), 2006, page 94)

Nom commun 1 - français

lemme \lɛm\ masculin

  1. (Mathématiques) Proposition dont la démonstration est nécessaire pour une autre proposition qui doit la suivre.
    • […], Pappus a réservé une place importante à l’exposé des démonstrations des théorèmes auxiliaires (les « lemmes ») relatifs aux Coniques d’Apollonios. Pour les Livres I-III (aucun lemme ne se rapporte au Livre IV), on compte 35 propositions élémentaires qui, pour une bonne part, relèvent de la géométrie du triangle. — (Apollonius de Perge, Coniques, dans Scienta Graeco-Arabica, tome 1.1 : livre I, Berlin : chez Walter de Gruyter, 2008, p. XXXVIII)
  2. (Mathématiques) Appellation, figée par l'usage, donnée à certains résultats.
    • Les matrices des représentations irréductibles d’un groupe satisfont à deux propriétés qu’on appelle respectivement premier et second lemmes de Schur. — (Louis Marchildon, Mécanique quantique, De Boeck Supérieur, 2000, page 271)
    • La preuve est très semblable à celle du lemme de Hotelling. Soit x*, un panier qui minimise le coût de production de y aux prix w*. Définissons la fonction […]. — (Hal R. Varian, Analyse microéconomique, traduit de l’anglais par Jean-Marie Hommet, révision scientifique par Bernard Thiry, De Boeck Supérieur, 2008, page 77)
  3. (Logique) Proposition que l’on prend pour accordée.
    • Montrer ensuite que cette théorie T’ admet un modèle, dans la construction duquel, les témoins de Henkin jouent un rôle primordial. Pour cela nous avons besoin de quelques lemmes préparatoires. — (Jacques Duparc, La logique pas à pas : spécialement conçu pour les buses en maths et les manchots de la logique, Presses polytechniques & universitaires romandes, 2015, page 476)
  4. (Lexicographie) Forme canonique, considérée par convention comme non fléchie, d’un nom, d’un adjectif, d’un verbe, d’un pronom, présentée comme entrée principale, dans un dictionnaire.
    • Les mots en caractères gras dans la première colonne, rangés alphabétiquement, sont des lemmes, sortes d’équivalents des articles d’un dictionnaire permettant de rassembler sous une adresse unique les différentes formes morphologiques (classées dans l’ordre alphabétique): les formes d’un verbe sous l’infinitif correspondant, les noms pluriels sous leur forme singulière, les adjectifs féminins sous leur forme masculine. — (Frédéric Eigeldinger, Théophile Gautier : table de concordances rythmique et syntaxique d’Émaux et Camées, Georg Olms Verlag, 1995, p.11)
    • Quant aux lemmes, la présence du nom propre, et par conséquent sa fonction, devient plus importante : sur un total de 2 239 lemmes comptabilisés, 74 font partie de la catégorie des noms propres, ce qui correspond à 3,305 % des lemmes repérés dans le recueil. — (Flaviano Pisanelli, Le Occasioni d’Eugenio Montale : Pour une poétique du « lieu » et de l’absence, dans In poesis nomine : Onomastique et toponymie dans Le Occasioni d’Eugenio Montale et Trasumanar e organizzar de Pier Paolo Pasolini, ELLUG/Université Stendhal de Grenoble, 2007, page 34)

Nom commun - ancien français

lemme \Prononciation ?\ féminin

  1. Variante de lame.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

LEMME. n. m.
T. de Mathématiques. Proposition dont la démonstration est nécessaire pour une autre proposition qui doit la suivre. En termes de Logique, il se dit plus généralement d'une Proposition que l'on prend pour accordée.

Littré (1872-1877)

LEMME (lè-m') s. m.
  • 1Dans la dialectique grecque, proposition mise en avant. Le lemme, le prolemme et l'épiphore sont les trois parties de l'argument, Diderot, Opin. des anc. phil. (stoïcisme).
  • 2 Terme de mathématique. Proposition qui prépare la démonstration d'une autre. La marche de Spinosa est plus géométrique que celle de tous les philosophes de l'antiquité, c'est le premier athée qui ait procédé par lemmes et théorèmes, Voltaire, les Systèmes, note k.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

LEMME, s. m. en Mathématique, est une proposition préliminaire qu’on démontre pour préparer à une démonstration suivante, & qu’on place avant les théorèmes pour rendre la démonstration moins embarrassée, ou avant les problèmes, afin que la solution en devienne plus courte & plus aisée. Ainsi, lorsqu’il s’agit de prouver qu’une pyramide est le tiers d’un prisme ou d’un parallélépipede de même base & de même hauteur ; comme la démonstration ordinaire en est difficile, on peut commencer par ce lemme qui se prouve par la théorie des progressions ; savoir, que la somme de la suite des quarrés naturels 0, 1, 4, 9, 16, 25, 36, &c. est toujours le tiers du produit du dernier terme par le nombre des termes.

Ainsi un lemme est une proposition préparatoire, pour en prouver une autre qui appartient directement à la matiere qu’on traite ; car ce qui caractérise le lemme, c’est que la proposition qu’on y démontre n’a pas un rapport immédiat & direct au sujet qu’on traite actuellement ; par exemple, si pour démontrer une proposition de Méchanique, on a besoin d’une proposition de Géométrie qui ne soit pas assez connue pour qu’on la suppose, alors on met cette proposition de Géométrie en lemme, au-devant du théorème de Méchanique qu’on vouloit prouver. De même, si dans un traité de Géométrie on étoit arrivé à la théorie des solides, & que pour démontrer quelque proposition de cette théorie, on eût besoin d’une proposition particuliere sur quelque propriété des lignes ou des surfaces qui n’eût pas été démontrée auparavant, on mettroit cette proposition en lemme avant celle qu’on auroit à démontrer. (O)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « lemme »

Λῆμμα, prise, et, par suite, proposition que l'on prend d'avance, de λαμϐάνειν, λαϐεῖν.

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(Nom commun 1) (1629)[1] Du latin lemma (« proposition auxiliaire »)[1], lui-même issu du grec ancien λῆμμα, lemma (« gain, profit, base d’un syllogisme »)[1].
(Nom commun 2) (Date à préciser) Du grec ancien λέμμα, lémma (« pelure, enveloppe »)[2].
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Phonétique du mot « lemme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
lemme lɛm

Citations contenant le mot « lemme »

  • Tout autre est la logique du lemme, qui n’a rien d’irrationnel, mais procède essentiellement selon un geste destiné à faire le vide, non à faire le tri. Ni affirmation ni négation, ni être ni néant, ni chose existante ni chose inexistante… Le Monde.fr, « Logos et lemme », de Tokuryu Yamauchi : la chronique « philosophie » de Roger-Pol Droit

Traductions du mot « lemme »

Langue Traduction
Anglais lemma
Espagnol lema
Italien lemma
Allemand lemma
Chinois 引理
Arabe ليما
Portugais lema
Russe лемма
Japonais 補題
Basque lema
Corse lemma
Source : Google Translate API

Synonymes de « lemme »

Source : synonymes de lemme sur lebonsynonyme.fr

Lemme

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