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Jugesse

Définitions de « jugesse »

Wiktionnaire

Nom commun - français

jugesse \ʒy.ʒɛs\ féminin (pour un homme, on dit : juge)

  1. (Vieilli) (Rare) Arbitre, toute personne choisie pour prononcer sur un différend, ou au jugement, à l’opinion de laquelle on s’en rapporte sur quelque chose.
    • Alors, je suis obligée, monsieur Henri, en ma qualité de jugesse, de vous donner raison contre ma fille… — (Eugène Sue, La famille Jouffroy, 1857 (1re éd. 1856), page 60)
    • Jugesse, mairesse, notaresse, philosophesse, libraresse, orfèvresse, clergesse (pour désigner une femme savante), administraresse ou administresse, jongleresse, tous ces substantifs et bien d’autres existaient. — (Éliane Viennot, “De nombreuses alternatives existent pour éviter un langage sexiste”, dans Alternatives économiques, 31 janvier 2019 [texte intégral])
  2. (Moyen Âge) (Noblesse) Souveraine de l’un des judicats de Sardaigne, dont Éléonore d’Arborée, Benedetta de Cagliari, Elena de Gallura, Adelasia de Torres et Giovanna Visconti.
    • Carta de logu ou charte locale, écrite en langue sarde : c’est l’ouvrage d’Eléonore, jugesse d’Arborée, laquelle est considérée comme la loi fondamentale de l’île, pour avoir été embrassée de tout le royaume. — (Dominique Albert Azuni, Histoire géographique, politique et naturelle de la Sardaigne, Levrault frères, Paris, 1802, page 185)
    • Lorsque le légat apostolique fera son entrée, le juge ou la jugesse l’accompagneront à pied une centaine de pas. Pour se marier, ils demanderont permission au Saint-Siège. Tout nouveau juge, ou jugesse devra se rendre personnellement à Rome, ou y envoyer une ambassade solennelle, dans les deux mois qui suivront son installation, pour y recevoir un étendart, comme signe de sa dépendance. S’ils meurent sans enfants, le district de Cagliari retournera au Saint-Siège, excepté le tiers des meubles ; le juge et la jugesse pourront disposer de ce tiers. — (Analecta juris pontificii, Librairie de la Propagande, Rome, 1873, page 237)
    • La langue sarde n’a pas hésité à donner en son honneur un féminin au mot de juge. Eléonore prit le titre de juyghissa. Ce féminin a passé dans la langue italienne qui en a fait la guidicessa Elionora. Il faudrait dire en français la jugesse. — (Ludovic Legré, La Sardaigne : impressions de voyage d’un chasseur marseillais, Étienne Jouve, Marseille, 1881, page 228)
    • Déjà, en 1238, il avait repris à l’évêque le comté d’Arezzo, et fait conclure le mariage d’Adelasia, « jugesse » de Torres, avec son fils Enzio, auquel il donna le titre de roi de Sardaigne ; ce fut un des griefs invoqués dans la sentence d’excommunication lancée contre lui. — (Édouard Jordan, Les Origines de la domination angevine en Italie, Paris, 1909, page XCIII)
  3. (Désuet) Épouse d’un juge.
    • Les femmes agissent comme les hommes ; quand elles plaident en divorce, à défaut du juge, elles cherchent à corrompre la jugesse. — (Hubertine Auclert, Les Femmes arabes en Algérie, Société d’éditions littéraires, 1900, page 86-87)
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Étymologie de « jugesse »

(1504) Dérivé de juger, avec le suffixe -esse.
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Phonétique du mot « jugesse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
jugesse ʒyʒɛs

Citations contenant le mot « jugesse »

  • Traiter "l'obésité législative et réglementaire" est un devoir sacré. Mais ça ne servira rapidement à rien si l'on n'empêche pas une bonne fois les jugesses de légiférer. Par curiosité, j'ai ouvert quelques bouquins de droit : les textes de loi n'intéressent visiblement personne. Le seul sujet qui vaille pour "les professionnels de la profession", c'est la jurisprudence. C'est à dire la façon dont une ou plusieurs couches de jugesses ont "tordu" la loi pour la mettre en conformité avec leurs préjugés (sexistes, racistes, politiques, etc. ) La jurisprudence est "justifiée" par la piètre qualité des textes de loi, et c'est ce qu'il faudrait améliorer. La jurisprudence ne devrait être qu'un état provisoire… Si un texte de loi est inapplicable pour cause de flou (ou d'image mentale inadéquate), on peu tconcevoir qu'une jugesse en donne une interprétation, et dépose un texte de loi modifié à l'assemblée --> Si c'est "oui", la loi est modifiée, et la jurisprudence disparait --> Si c'est "non", le jugement est cassé, et la jurisprudence disparait Mais j'aime autant vous dire qu'il y aurait quelques égos froissés… Le Point, Et si le droit s’invitait (vraiment) dans la présidentielle ? - Le Point

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