La langue française

Indigo

Sommaire

  • Définitions du mot indigo
  • Étymologie de « indigo »
  • Phonétique de « indigo »
  • Citations contenant le mot « indigo »
  • Images d'illustration du mot « indigo »
  • Traductions du mot « indigo »
  • Synonymes de « indigo »

Définitions du mot « indigo »

Trésor de la Langue Française informatisé

INDIGO, subst. masc. et adj.

I. − Subst. masc.
A. − Matière colorante bleue violacée, extraite par fermentation ou ébullition des feuilles et des tiges de l'indigotier ou fabriquée par synthèse. Colle, marchand, pain, tablette, teinture d'indigo; courtier en indigo. Il [un train] emportait un certain nombre de voyageurs (...) et des négociants en opium et en indigo (Verne, Tour monde,1873, p. 46).
P. ell. (Bleu d')indigo. La couleur bleue de l'indigo. Le ciel tourna, devint bleu d'indigo (Montherl., Songe,1922, p. 165).
P. ext. Tout bleu ressemblant à celui de l'indigo :
À quelques centaines de mètres, une barque blanche, incroyablement lumineuse, glissait sur l'indigo de la mer. Martin du G., Thib., Cah. gr., 1922, p. 645.
OPT. Une des couleurs fondamentales du spectre solaire. Il [Newton] y a donc introduit arbitrairement, sous le nom d'indigo, une septième couleur, qui n'est cependant qu'une nuance du bleu (Ch. Blanc, Gramm. arts dessin,1876, p. 361).
B. − Plante fournissant l'indigo. Synon. indigotier.Culture de l'indigo. Le coton, l'indigo, les cannes à sucre, le café, naissent sans culture sous les pas de l'habitant qui les dédaigne (Voy. La Pérouse, t. 2, 1797, p. 354).− Et mes quatre cent mille plants d'indigo au Limbé! ajoutait un planteur (Hugo, Bug-Jargal,1826, p. 73).
II. − Emploi adj. invar. Qui a la couleur bleue de l'indigo. Ciel, mer, robe, ton indigo. Il s'arrange un cabinet de travail orange avec des baguettes et des plinthes indigo (Lemaitre, Contemp.,1885, p. 326).
REM. 1.
Indican, subst. masc.,,Glucoside extrait des feuilles de l'indigotier [infra dér.]. L'indican, corps amorphe, soluble dans l'eau et l'alcool, contient le principe colorant de l'indigo`` (Rob.; ds Nouv. Lar. univ.).
2.
Indigomanie, subst. fém.,hapax. Manie de l'indigo. L'indigomanie, qui a fait tant de ravages dans les rangs de ces peintres, semble avoir définitivement échoué sur un ancien élève de Bonnat, sur M. Caillebotte (Huysmans, Art mod.,1883, p. 109).
2.
Indigoteur, subst. masc.,hapax, péj. Fabricant d'indigo. Ce n'était pas un cotonnier, mais un indigoteur (Flaub., Corresp.,1853, p. 354).
Prononc. et Orth. : [ε ̃digo]. Att. ds Ac. dep. 1740. Étymol. et Hist. 1544 indico (J. Fonteneau, La Cosmographie, p. 379 ds Arv., p. 272 : En ces terres [de la côte occidentale de l'Inde] y a forces gynjambre et sandart, laquabre, indico et mirabolanes); 1578 indigo (doc. ds G. Fagniez, L'économie sociale de la France sous Henri IV, p. 378 d'apr. M. Höfler ds Cah. Lexicol. t. VI, 1965, p. 93 : les teinturiers de drap usent pour le present plus que la moitié de l'anil de Barbarie et de l'indigo de Port-Ingade). Prob. empr., en raison de la localisation géogr. des 1resattest. et malgré l'écart chronol., au port. indigo (cité comme mot port. en 1695 dans le traité lat. de Rumphius, v. Dalg.) : Fonteneau, dans le même passage que celui cité supra 1544, souligne en effet la puissance et le rôle commercial des Portugais aux Indes (v. Arv., loc. cit.). L'ital. indaco, très anciennement attesté (vénit. indego en 1246; ital. indaco en 1334 d'apr. Batt.; v. aussi Dalg.) est à l'orig. des deux formes éphémères indaco (1556) et indacum (1575) citées ds Arv., pp. 272-273. Ces mots sont issus du lat. indicum « indigo » (Pline), neutre substantivé de l'adj. indicus « indien ». Fréq. abs. littér. : 126.
DÉR. 1.
Indigoterie, subst. fém.a) Terre sur laquelle on cultive les indigotiers. Tous les possesseurs d'indigoteries font de mauvaises affaires (Gobineau, Corresp. [avec Tocqueville], 1856, p. 255).b) Usine dans laquelle on prépare l'indigo. Dans nos îles, on appelle indigoterie, toute plantation où l'on cultive l'indigotier. On donne aussi ce nom aux cuves de maçonnerie destinées à la fabrication de l'indigo (...). Chaque indigoterie est composée de trois cuves (Nouv. dict. d'hist. naturelle, Paris, Deterville, t. 16, 1817, p. 161).[ε ̃digɔtʀi]. Att. ds Ac. dep. 1798. 1reattest. 1657 Indigotterie (lettre du 15 janv. ds Du Tertre, Hist. gen. des Antilles, I, p. 515 d'apr. Arv., p. 279); de indigo, suff. -terie (-erie*).
2.
Indigotier, subst. masc.a) Arbuste des pays chauds de la famille des légumineuses papilionacées des feuilles duquel on extrait l'indigo. Indigotier franc, indigotier des Indes. Autour d'eux verdoient des cotonniers, des indigotiers (Du Camp, Nil,1854, p. 88).b) Fabricant d'indigo. (Dict. xixeet xxes.). c) Ouvrier travaillant dans une indigoterie. (Dict. xixeet xxes.). J'ai eu à Saint-Domingue un nègre indigotier qui, avant de couler sa cuve en goûtoit toujours l'eau (...) mon indigotier tiroit le meilleur parti de la même herbe (Nouv. dict. d'hist. naturelle,t. 16, Paris, Deterville,1817,p. 165).[ε ̃digɔtje]. Att. ds Ac. dep. 1835. 1resattest. a) 1718 « plante des pays tropicaux dont les feuilles fournissent l'indigo » (Hist. de l'Acad. royale des Sciences, année 1718, Bot. ds Arv., p. 279), b) 1722 « fabricant d'indigo » (Labat, Nouveau Voyage aux Isles de l'Amerique, I, p. 286, ibid., p. 280); de indigo, suff. -tier (-ier*).
3.
Indigotine, subst. fém.Principe colorant de l'indigo. On obtient facilement de l'indigotine à peu près pure et sous forme de cristaux en sublimant l'indigo du commerce (A. Wurtz, Dict. chim., t. 2, 1ervol., 1873, p. 100).[ε ̃digɔtin]. 1reattest. 1828 (Doin, Dict. teint.); de indigo, suff. -tine (-ine*).
BBG. Arv. 1963, pp. 272-280. - Boulan 1934, p. 76.

Wiktionnaire

Nom commun

indigo \ɛ̃.di.ɡo\ masculin

  1. (Chimie) Substance colorante bleue que l’on extrait de l’indigotier ou que l’on fabrique par synthèse industrielle.
    • Ma dernière expédition a eu lieu dans les îles de la Malaisie où j’ai pu échanger le produit de l’opium contre mon indigo, première qualité. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • L’acide azotique […] décolore l’indigo et colore en rouge orangé la brucine et la morphine. — (Cousin & Serres, Chimie, physique, mécanique et métallurgie dentaires, 1911)
  2. (Botanique) Plante qui fournit l’indigo, plus généralement, appelée indigotier.
    • Le résidu de la plante qui a fourni l’indigo se nomme bagasse d’indigo ; il forme un bon engrais lorsqu'on lui a donné le temps de vieillir. Edouard Adolphe Duchesne, Répertoire des plantes utiles et des plantes vénéneuses du globe,paris : chez Jules Renouard, 1836, p. 272
  3. Couleur bleu foncé violacé. #791CF8
    • L’indigo est une des sept couleurs primitives.

Adjectif

indigo \ɛ̃.di.ɡo\ invariable

  1. De couleur bleu foncé violacé. #791CF8 Voir la note sur les accords grammaticaux des noms de couleurs employés comme noms ou adjectifs.
    • De même que les personnes, il est des nuances sympathiques ou antipathiques. Par de fréquentes observations et d'incontestables expériences, la science a démontré que le bleu porte au recueillement, à la mélancolie, à la tristesse, tandis que le rouge et le jaune produisent l'excitation, la gaieté.
      Ainsi, au retour de la campagne, une jeune femme en entrant dans un appartement que son mari - croyant lui être agréable - avait fait tendre d'une belle étoffe bleu indigo, devient d'une tristesse insurmontable. La tenture enlevée, la gaieté revint.
      — (Fulbert-Dumonteil, La mode illustrée, p. 135)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

INDIGO. n. m.
Matière colorante, d'origine végétale, qui sert à teindre en bleu. Le bleu que donne l'indigo est le plus beau et le plus solide. Tablettes d'indigo. Teindre en indigo. Il se dit, par extension, des Plantes que fournissent l'indigo et qu'on nomme plus ordinairement Indigotiers. La culture de l'indigo. Il se dit encore de Toute couleur semblable à celle de l'indigo. L'indigo est une des sept couleurs primitives.

Littré (1872-1877)

INDIGO (in-di-go) s. m.
  • 1Matière colorante qui sert à teindre en bleu, et que l'on retire des feuilles et des tiges des indigotiers. Les teinturiers ne sauraient faire le bleu sans indigo : les anciens le tiraient de l'Inde orientale ; il a été transplanté, dans les temps modernes, en Amérique ; sa culture, essayée successivement en différents endroits, paraît fixée à la Caroline, à la Géorgie, à la Floride, à la Louisiane, à Saint-Domingue et au Mexique, Raynal, Hist. phil. VI, 17. Ce dernier accident trop ordinaire a fait dire que les cultivateurs d'indigo se couchaient riches et se levaient ruinés, Raynal, ib. VI, 17.
  • 2La plante même qui fournit l'indigo, dont il y a plusieurs espèces appartenant toutes au genre indigofera (légumineuses). La culture de l'indigo.
  • 3 Par extension, toute couleur semblable à celle de l'indigo ; c'est un bleu intermédiaire entre le bleu pur et le violet.

    Nom d'une des sept couleurs du spectre solaire.

  • 4Indigo bâtard, un des noms vulgaires de l'amorphe fruticuleuse (légumineuses), dite aussi faux indigo.

    Faux indigo, nom de plusieurs espèces du genre galega (légumineuses).

  • 5Pourpre d'indigo, voy. INDIGOCARMINE.

HISTORIQUE

XIIIe s. Il y a en ceste province de Gazurat moult de poivre, et de gingembre et d'inde, Marc Pol, p. 660.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

INDIGO, autrement appellé INDE, s. m. (Botan. & Comm.) substance de couleur bleue servant aux Teinturiers & aux Peintres en détrempe, provenant d’une plante nommée indigo par les François, & anillo par les Espagnols.

Cette plante est très-commune aux Antilles, à S. Domingue, dans presque tous les pays chauds de l’Amérique, & dans plusieurs endroits des Indes orientales, d’où elle paroît avoir pris le nom qu’elle porte. Voyez Indigotier.

La graine de l’indigo après avoir été semée dans un bon terrain, bien nettoyé de toute herbe étrangere, produit une espece d’arbuste, haut d’environ deux piés & quelquefois plus, divisé en plusieurs tiges & branches chargées de petites feuilles ovales, d’un verd foncé par-dessus, & d’une nuance beaucoup plus pâle en-dessous.

Aux fleurs qui sont d’une couleur rougeâtre & très-petites, succedent des siliques d’une ligne de grosseur, longues d’environ un pouce & recourbées en croissant, renfermant des semences brunes.

L’indigo est mis au rang des plantes vulnéraires détersives, en latin emerus americanus siliqua incurvâ.

Cette plante étant sortie de terre, peut être coupée au bout de deux mois pour en faire usage ; mais il faut prévenir le tems où elle commence d’entrer en fleur ; six semaines après cette premiere récolte, les jets sont devenus assez forts pour en faire une seconde, & si le tems le permet, l’on peut ainsi continuer les coupes, de six semaines en six semaines, jusqu’à ce que la plante dégénere ; ce qui n’arrive ordinairement qu’à la fin de la seconde année ; alors on est contraint d’arracher les souches, & de semer de nouvelles graines, observant toûjours de ne pas le faire pendant un tems de sécheresse.

Les chenilles font de grands dégats dans les champs d’indigo ; cela oblige souvent les habitans de couper la plante avant sa parfaite maturité. Mais quoique ces insectes soient répandus en grand nombre parmi les branches & les feuilles, on ne laisse pas de transporter le tout dans les cuves destinées aux opérations dont on parlera ci après ; & la teinture qu’on en retire n’en est pas ordinairement moins belle. On peut même croire au contraire, que la partie extractive de la plante ayant été digérée par les chenilles, en devient plus parfaite ; c’est ce que l’on remarque dans les especes de mouches nommées cochenilles, qui tirent leur subsistance du fruit de la raquete, dont la substance rouge, après avoir été digérée par ces insectes, acquiert beaucoup de fixité & devient une marchandise précieuse pour la teinture en écarlate.

Avant de parler de la façon dont on fabrique l’indigo, il est à propos de détailler les instrumens & ustensiles nécessaires à ce travail.

L’eau claire étant essentielle pour les opérations des indigoteries, on a grande attention de les établir aux environs de quelque ruisseau d’eau courante ; l’attirail de ces laboratoires consiste principalement dans trois grandes cuves en forme de bacs ou bassins de figure à-peu-près quarrée ; ces cuves sont construites de bonne mâçonnerie en bain de mortier, bien enduite de ciment, plus élevées les unes que les autres, & disposées par degrés ; de façon que la plus haute de ces cuves qu’on nomme la trempoire, puisse aisément se vuider par des robinets dans celle de dessous, nommée la batterie, & celle-ci dans le repassoir ou cuve inférieure. Voyez Planc. d’Agriculture, une Indigoterie.

Les proportions de la trempoire sont à-peu-près dix-huit à vingt piés de longueur, sur quatorze à quinze de largeur, & trois & demi à quatre piés de profondeur ; la batterie doit avoir un peu plus que la moitié de la capacité de la trempoire ; quant au reposoir, il ne contient au plus qu’un tiers de la batterie, ses bords étant beaucoup moins élevés.

A peu de distance de ces bacs est un hangard ouvert de tous côtés, sous lequel on expose l’indigo, pour le faire sécher à l’abri du soleil & de la pluie, le mettant pour cet effet dans des caissons de bois, especes d’augets, longs de 3 piés, sur environ 20 pouces de large, & 3 ou 4 de profondeur.

Il faut avoir dans une indigoterie plusieurs sceaux de bois, percés de trous de tarriere, & attachés à de longues & fortes perches ; on les emploie pour battre & agiter la teinture, après l’avoir fait passer de la trempoire dans la batterie.

On doit aussi se précautionner d’un nombre suffisant de sacs de grosse toile, longs d’un pié & demi, & terminés en pointe comme des capuchons de moine ; ce sont des especes de chausses servant à faire égoutter l’indigo, avant de le mettre dans les caissons.

Le principal artiste, ou l’indigotier (ainsi qu’on le nomme aux îles) a encore soin de se pourvoir d’une petite tasse d’argent, bien polie, dont il se sert à faire des essais sur la teinture, comme on le dira en son lieu.

Procédé pour faire l’indigo selon l’usage pratiqué aux îles de l’Amérique. La plante ayant acquis son degré de maturité, on la coupe assez près de terre avec des couteaux courbés en serpettes ; on en fait quelquefois des bottes, mais la meilleure façon est de la mettre dans des sacs, afin de la transporter plus sûrement sans en perdre ; on en remplit totalement le trempoire, dans laquelle on fait entrer une suffisante quantité d’eau pour submerger toute la plante, qui surnageroit & s’éleveroit au-dessus des bords de la cuve, si on n’avoit pas soin de l’assujettir, en la chargeant par-dessus avec des morceaux de bois ; le tout ainsi disposé, on laisse macérer les substances, en attendant l’effet de la fermentation, plus ou moins prompte selon la température de l’air ; mais il est fort rare en ces climats que cela passe 24 heures.

Alors la plante s’échauffe considérablement par l’action de l’eau, aidée de la chaleur de l’air ; les principes s’atténuent, & les sels par leur développement favorisent l’extraction de la partie colorante dont l’eau se charge, acquérant une belle couleur bleue foncée, tirant un peu sur le violet ; lorsqu’elle est parvenue au point desiré par l’artiste, on ouvre les robinets par où cette eau ainsi colorée coule dans la batterie ; on nettoie aussitôt la trempoire, afin de lui faire recevoir de nouvelles plantes, & par ce moyen le travail se continue sans interruption.

L’eau qui a passé de la trempoire dans la batterie, se trouve donc impregnée du sel essentiel de la plante, & d’une huile tenue, intimement liée par la fermentation à une terre très-subtile, dont l’aggrégation constitue la fécule ou substance bleue que l’on cherche.

Il s’agit maintenant de séparer cette fécule d’avec le sel ; c’est ce que doit opérer le travail qui se fait dans la batterie.

On agite donc violemment la teinture contenue dans cette cuve, en y plongeant & retirant alternativement les sceaux percés dont on a déja parlé.

C’est ici où la science de l’indigotier peut se trouver en défaut, pour peu qu’il manque d’attention ; car s’il cesse trop tôt de faire agir les sceaux, il perd beaucoup de la partie colorante qui n’a pas encore été séparée du sel ; & si au contraire il continue de faire battre la teinture après l’exacte séparation, les parties se raprochent, forment une nouvelle combinaison, & le sel, par sa réaction sur l’huile tenue & la terre subtile, excite une seconde fermentation, qui altére la teinture, & en noircit la couleur ; c’est ce que les fabricans appellent indigo brûlé.

Pour prévenir ces accidens, l’indigotier observe soigneusement les différens phénomenes qui se passent dans le travail de la batterie, & afin de s’assurer du point exact de séparation, il prend de tems en tems, avec une tasse d’argent bien propre, un peu de la teinture ; il la regarde attentivement, & s’il s’apperçoit que les molécules colorées se rassemblent en se séparant du reste de la liqueur, il fait promptement cesser le mouvement des sceaux, pour donner le tems à la fécule bleue de se précipiter au fond de la cuve, où on la laisse se rasseoir jusqu’à ce que l’eau soit totalement déféquée & éclaircie ; alors on débouche successivement des trous percés à différentes hauteurs, par lesquels cette eau étant regardée comme inutile, se répand en dehors des cuves.

La fécule bleue qui est restée au fond de la batterie, ayant acquis la consistance d’une boue liquide, on ouvre les robinets, & on la fait passer dans le reposoir ; c’est dans cette derniere cuve qu’elle se repose & se dégage encore de beaucoup d’eau superflue ; on la met ensuite égoutter dans les sacs en forme de chausses, & quand il ne filtre plus d’eau au-travers de la toile, cette matiere, devenue plus épaisse, est vuidée dans les caissons qu’on a eu soin de disposer par rangs sous le hangard, en les élevant sur des planches à quelque distance de terre.

L’indigo ayant achevé de perdre son humidité dans les caissons, est brisé par morceaux, & lorsqu’il est suffisamment sec, on l’enferme dans des tonneaux, pour le livrer aux marchands.

Il résulte des opérations dont on vient de parler, que l’indigo en masse n’est autre chose qu’une simple fécule précipitée & dégagée du sel qui la tenoit suspendue & errante dans l’eau des cuves ; ainsi la définition qu’en donne le P. Labat, dans son voyage aux îles de l’Amérique, n’est pas exacte, lorsqu’il dit, page 178 du premier volume, que l’indigo est composé du sel & de la substance de la plante. Ce n’est pas la seule faute à reprendre dans cet auteur.

La mauvaise odeur qui s’exhale des cuves, lorsqu’elles sont mises en action, fait périr beaucoup d’ouvriers ; c’est une des principales causes de la diminution des indigoteries dans les îles françoises ; peut-être seroit-il possible de remédier à ce danger, en administrant à propos le sel essentiel de la plante que l’eau entraîne avec elle, & que l’on néglige, faute d’en connoître les propriétés ; c’est aux medecins qui sont dans le pays, à faire sur cela les observations qu’ils croiront nécessaires. On peut aisément retirer ce sel au moyen de la crystallisation, ou par évaporation de l’eau jusqu’à siccité, s’il n’est pas de nature à crystalliser.

Les Teinturiers emploient l’indigo avec différentes drogues, pour teindre en bleu les étoffes de soie & de laine.

Voici la préparation de l’indigo pour la teinture des toiles aux Indes orientales.

L’ouvrier ayant réduit en poudre une certaine quantité d’indigo, la met dans un grand vase de terre qu’il remplit d’eau froide ; il y joint une quantité proportionnée de chaux, réduite pareillement en poussiere ; ensuite il flaire l’indigo, pour connoître s’il ne sent point l’aigre ; & en ce cas-là, il ajoute encore de la chaux, pour lui faire perdre cette odeur. Prenant alors une suffisante quantité de graines de tavaréi, il les fait bouillir dans un sceau d’eau pendant vingt quatre heures : il verse après cela le tout, eau & graine, dans le vase de l’indigo préparé. Cette teinture se garde pendant trois jours, & l’on a soin de l’agiter quatre ou cinq fois par jour avec un bâton de bambou.

Le bleu étant ainsi préparé, on y trempe la toile enduite de cire, après l’avoir pliée en double, ensorte que le dessus de la toile soit en dehors, & que l’envers soit en dedans. On la laisse tremper environ deux heures dans la préparation d’indigo ; puis on la retire teinte en bleu aux endroits convenables. On voit par là que les teintures indiennes méritent autant le nom de teintes, que celui de toiles peintes.

La longueur & la multiplicité des opérations pour teindre en bleu, fait naître naturellement un doute ; savoir, si l’on n’auroit pas plutôt fait de peindre avec un pinceau les fleurs en bleu, sur-tout quand il y en a peu de cette couleur dans un dessein. Les Indiens conviennent que cela se pourroit, mais ils disent que ce bleu ainsi peint ne tiendroit pas, & qu’après deux ou trois lessives, il disparoîtroit.

La ténacité & l’adhérence de la couleur bleue, doit être attribuée à la graine de tavaréi, qui croît aux Indes orientales. Elle est d’un brun clair, olivâtre, un peu amere, cylindrique, de la grosseur d’une ligne, & difficile à rompre avec la dent.

De quelque maniere que l’indigo soit préparé, on ne s’en sert en Medecine, ni pour l’extérieur, ni pour l’intérieur ; on prétend même qu’en Saxe il est défendu de l’employer intérieurement : cependant je n’oserois décider que ce fût un poison ; c’est assez de savoir que c’est une drogue lucrative, dont toutes les nations se disputent le commerce. Il semble que les indigos des îles françoises conservent encore l’avantage du bon marché, ruineux pour les indigos des colonies angloises, qui sont néanmoins mieux préparés.

Le bon indigo, non falsifié avec de l’ardoise pilée ou du sable, brûle entierement, lorsqu’on le met sur une pelle rouge. Il est léger, flottant sur l’eau ; & si on le rompt par morceaux, l’intérieur doit être net, d’un beau bleu, très-foncé, tirant sur le violet, & paroissant cuivré, si on le frotte avec un corps poli, ou le dessus de l’ongle.

Celui qu’on nomme guatimalo est fort estimé ; il se fabrique aux environs de Guatimala, ville de la nouvelle Espagne.

On fait encore beaucoup de cas de l’indigo sarquisse, qui se tire d’un village de même nom, situé dans les Indes orientales.

Le prix de cette marchandise varie beaucoup ; on l’a vu plusieurs fois monter d’un écu à 7 liv. 10 s. & même fort au-dessus d’une pistole la livre. (M. L. R.)

Indigo batard, (Botan.) plante extrèmement répandue dans les îles de l’Amérique, ressemblant beaucoup au véritable indigo ; elle donne aussi par la fermentation une couleur bleue, estimée plus parfaite & très-supérieure en beauté, mais en si petite quantité, que les habitans la négligent & la regardent comme la mauvaise herbe du pays.

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Étymologie de « indigo »

(Date à préciser) Du portugais índigo.
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Indigo est né d'une mauvaise prononciation de l'espagnol indico qui signifie indigo, et qui vient du latin indicum, indien, bleu indien, de India, Inde. L'indigo se disait inde (de indĭcum) dans l'ancienne langue ; l'accentuation latine y est bien conservée.

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Phonétique du mot « indigo »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
indigo ɛ̃digo

Citations contenant le mot « indigo »

  • Le Rapport sur le marché Teintures indigo a également fourni des données sur l’impact du COVID 19 sur le marché mondial. Le monde fait face à une crise mondiale de la santé sans précédent dans les 75 dernières années. Elle a touché tous les segments de la population et est particulièrement préjudiciable aux membres des groupes sociaux dans les situations les plus vulnérables. Ainsi, l’économie mondiale a beaucoup de prétention face à cette pandémie. Le Rapport comprend des données complètes sur l’impact du COVID 19 sur le marché Teintures indigo pour aider les utilisateurs à prendre des décisions à grande échelle. Instant Interview, Impact du marché Teintures indigo mondial de Covid-19 (2020 à 2027) | Jacquard Products, DyStar, Sam Vegetable Colours Pvt, Kirpal Export Overseas, TaiFeng Chemiacl Industrial – Instant Interview

Images d'illustration du mot « indigo »

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Traductions du mot « indigo »

Langue Traduction
Anglais indigo
Espagnol índigo
Italien indaco
Allemand indigo
Chinois 靛青
Arabe النيلي
Portugais índigo
Russe индиго
Japonais インジゴ
Basque indigo
Corse indigo
Source : Google Translate API

Synonymes de « indigo »

Source : synonymes de indigo sur lebonsynonyme.fr
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