La langue française

Fourbisseur

Définitions du mot « fourbisseur »

Trésor de la Langue Française informatisé

FOURBISSEUR, subst. masc.

Vx, TECHNOL. Artisan qui fourbissait, montait et réparait les armes blanches. Boutique des fourbisseurs. Acheter une épée chez un fourbisseur (Ac.1798, 1835et 1932).
Loc. proverbiale. Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur. ,,Se disputer une chose qui n'est ni à l'un ni à l'autre de ceux qui la contestent`` (Ac.).
Prononc. et Orth. : [fuʀbisœ:ʀ]. Ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1remoitié du xiiies. forbeor « celui qui polit et monte les armes blanches » (Continuation de Perceval, éd. W. Roach, t. 1, 19277 [var. du ms. E]); seconde moitié du xiiies. forbisseor (ibid. [var. du ms. Q]). Dér. du rad. du part. prés. de fourbir*; suff. -eur2*. Fréq. abs. littér. : 2. Bbg. Lew. 1960, p. 137, 210.

Wiktionnaire

Nom commun

fourbisseur \fuʁ.bi.sœʁ\ masculin (pour une femme on dit : fourbisseuse)

  1. Celui qui assure le nettoyage des pièces et des objets d’une maison.
  2. (Rare) (Armement) Personne dont la tâche est de fourbir, de monter ou de réparer des armes blanches pour les rendre plus brillantes.
    • La chair du faon est bonne à manger, celle de la biche et du daguet n'est pas absolument mauvaise, mais celle des cerfs a toujours un goût désagréable et fort : ce que cet animal fournit de plus utile, c'est son bois et sa peau ; on la prépare, et elle fait un cuir souple et très durable : le bois s'emploie par les couteliers, les fourbisseurs, etc. et l’on en tire par la chimie, des esprits alcalis volatils, dont la médecine fait un fréquent usage. — (Georges-Louis Leclerc de Buffon, Histoire naturelle des animaux, « Le Cerf », in Œuvres, Bibliothèque de la Pléiade, 2007, page 729.)
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Littré (1872-1877)

FOURBISSEUR (four-bi-seur) s. m.
  • Artisan qui fourbit et qui monte les sabres, les épées.

    Fig. Se battre de l'épée qui est chez le fourbisseur, se disputer une chose qui n'est ni à l'un ni à l'autre de ceux qui contestent.

HISTORIQUE

XVe s. Quiconque vouldra estre armurier ou brigandinier, fourbisseur et garnisseur d'espées et de harnois, Ordonn. de Charles VIII, sans date.

XVIe s. Les armes pendues ès boutiques des armeuriers et fourbisseurs, Amyot, Pélop. 23. Teste à teste comme deux fourbisseurs, Cotgrave

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

FOURBISSEUR, s. m. celui qui fourbit ; il ne se dit plus que de l’artisan qui fourbit & éclaircit les épées, qui les monte & qui les vend. Voyez Fourbir.

Les outils & instrumens dont se servent les maitres fourbisseurs, sont divers marteaux, toutes sortes de limes, des tenailles de fer, des cisailles, des rapes, des bigornes, des étaux, soit à main soit à établi ; un tas, des grateaux, des brunissoirs, des forets avec la palette & leur archet, quantité de différens mandrins, comme ceux qu’ils nomment mandrin de plaque, mandrin de garde, mandrin de corps, mandrin de branche, & mandrin debout ; une pointe, des pinces rondes, quarrées & pointues ; une chasse-poignée, une boule au chasse-pommeau ; des filieres à tirer l’or, l’argent, le cuivre : grand nombre de ciselets, entr’autres, des gouges, des feuilles, des rosettes, des perloirs, des frisoirs, des masques, des matoirs, des pointes, des grattoirs, des couteaux à refendre, des filieres, & quelques-autres qui servent à damasquiner & ciseler en relief les gardes, plaques, & pommeaux d’épée ; enfin divers burins & instrumens de bois sans nom, pour soûtenir le corps de la garde en la montant. Voyez une grande partie de ces outils, Pl. du Fourbisseur.

Les maîtres de cette communauté sont qualifiés, maîtres jurés Fourbisseurs & Garnisseurs d’épées & autres bâtons au fait d’armes, de la ville de Paris.

Ils ont droit de fourbir, monter, garnir, & vendre des épées, des lances, des dagues, des hallebardes, des épieux, des masses, des pertuisannes, des haches, & les armes qu’on a inventées de nouveau, & dont on se sert en la place des anciennes.

Quatre jurés, dont deux sont élus tous les ans, veillent à l’observation des réglemens, & doivent faire les visites deux fois le mois ; ils donnent le chef-d’œuvre aux aspirans à la maitrise, & appellent quatre bacheliers de ceux qui sont les derniers sortis de jurande, pour juger si le chef-d’œuvre est recevable.

Pour être reçû au chef-d’œuvre, il faut avoir fait apprentissage de cinq ans chez les maîtres de Paris. Les apprentis des autres villes y peuvent néanmoins être reçûs, en justifiant de trois années de leur apprentissage, & en le continuant encore trois autres à Paris.

Les fils de maîtres, même des maîtres de lettres, ne sont point tenus au chef-d’œuvre.

Les veuves joüissent de tous les priviléges de leurs maris, à la reserve du droit de faire des apprentis : elles peuvent cependant achever celui qui est commencé.

Aucune marchandise foraine ne peut être achetée par les maîtres, qu’elle n’ait été visitée des Jurés ; & même après la visite, elle est sujette au lottissage.

Les maîtres Fourbisseurs peuvent seuls dorer, argenter, & ciseler les montures & garnitures d’epées & autres armes ; comme aussi y faire & mettre des fourreaux.

Le bois qui sert à la monture des fourreaux se tire de Villers-Cotterets ; on n’y employe guere que du hêtre qu’on achette en feuilles de quatre pouces de large, & de deux ou trois lignes d’épaisseur ; & qu’après avoir dressé avec des rapes, on coupe le long d’une regle avec un couteau, pour les réduire & partager en une largeur convenable à la lame qui doit y être enfermée : ces feuilles de hêtre se vendent ordinairement au cent.

On n’employe point d’autre moule pour faire ces fourreaux, que la lame même de l’épée, sur laquelle on place d’abord le bois, qu’on couvre ensuite de toile, & enfin d’un cuir bien passé qu’on coud par-dessus, après avoir collé le tout ensemble. On met un bout de métal à la pointe & un crochet au haut.

Il y a des maîtres Fourbisseurs qui ne s’appliquent qu’à la fabrique des fourreaux ; d’autres qui ne font que des montures ; & d’autres qui montent les épées, c’est-à-dire qui y mettent la garde & la poignée.

Les Fourbisseurs de Paris ne forgent point les lames qu’ils montent ; ils les tirent d’Allemagne, de Franche-Comté, de S. Etienne en Forez ; ces dernieres ne servent que pour les troupes ; celles d’Allemagne sont les plus fines & les plus estimées, celles de Franche-Comté tiennent le milieu : elles se vendent toutes au cent, à la grosse, à la douzaine, & à la piece. Voy. les dict. de Chambers, de Trévoux, & du Comm.

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Étymologie de « fourbisseur »

Fourbir. L'ancienne langue disait forbeur.

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Mot composé de fourbir, fourbis, fourbisse et -eur.
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Phonétique du mot « fourbisseur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
fourbisseur furbisœr

Évolution historique de l’usage du mot « fourbisseur »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « fourbisseur »

  • Le temps, justement, semble aussi s’être arrêté dans l’armurerie, où le fourbisseur de sabre, le maréchal des logis Sylvain Pintus, est chargé de l’entretien et de la réparation des 6 500 armes blanches dispersées dans les unités, et qui atterrissent dans son atelier après une chute de cheval, un accident, ou pour effacer les effets des intempéries, des traces d’usure et remplacer des pièces fatiguées. Mais ici aussi, peut-être même davantage encore que dans les autres ateliers d’artisans de la Garde républicaine, « tout est criblé de symboles », tout ce qui peut être récupéré, refondu et réemployé l’est, et la majeure partie de l’outillage date du début du XIXe siècle. www.paris-normandie.fr, Entrez dans les coulisses des ateliers de la Garde républicaine avec l’exposition « Collection d’art », à Rouen
  • Quand on entre chez lui, dans le tranquille bourg de La Trinité-sur-Mer (Morbihan), cette confidence a de quoi interloquer. On pourrait légitimement le penser passionné du grand bleu jusqu’à la folie. Le domaine de Michel Trenit plonge les visiteurs dans un océan chaotique d’objets liés ou consacrés (de près ou de loin) à la mer. Casques de scaphandrier, maquettes de bateau, lampes à pétrole, épées, bouées, outils de mesure, filets… Le « fourbisseur », comme il s’appelle lui-même, a accumulé des centaines de pièces maritimes en tout genre. Un trésor touffu qu’il expose et vend aux particuliers depuis maintenant 32 ans. Du bibelot sans grande valeur - si ce n’est sentimentale - aux raretés à cinq chiffres, le garage et le sous-sol de sa maison débordent de pépites. À tel point qu’il a ouvert récemment un second showroom, moins bordélique, dans un local à deux pas de sa maison bric-à-brac. S’il est autodidacte, il arrive à l’antiquaire de faire de menues restaurations sur ses trouvailles. En cette belle matinée, il profite justement du soleil pour vernir un caillebotis de bateau, devant son « atelier-musée ». Le Telegramme, Michel Trenit. Chercheur de trésors de mer - LeTelegramme Soir

Traductions du mot « fourbisseur »

Langue Traduction
Anglais furnisher
Espagnol proveedor de muebles
Italien fornitore
Allemand einrichter
Chinois 家具师
Arabe مؤثث
Portugais fornecedor
Russe поставщик мебели
Japonais 家具
Basque furnisher
Corse furnitore
Source : Google Translate API

Synonymes de « fourbisseur »

Source : synonymes de fourbisseur sur lebonsynonyme.fr

Fourbisseur

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