La langue française

Écuelle

Sommaire

  • Définitions du mot écuelle
  • Étymologie de « écuelle »
  • Phonétique de « écuelle »
  • Évolution historique de l’usage du mot « écuelle »
  • Citations contenant le mot « écuelle »
  • Images d'illustration du mot « écuelle »
  • Traductions du mot « écuelle »
  • Synonymes de « écuelle »

Définitions du mot « écuelle »

Trésor de la Langue Française informatisé

ÉCUELLE, subst. fém.

A.− Petit récipient rond, creux et très évasé, dans lequel on met et mange de la nourriture, notamment des aliments liquides. Écuelle de bois, de terre; écuelle à oreilles. Une sage lumière tirait de l'ombre les plats du vaisselier, une écuelle d'étain, les flancs polis ou les panneaux des meubles (Pourrat, Gaspard,1931, p. 211).L'on me donnait une écuelle d'eau saumâtre et du grain qu'on jetait devant moi comme on donne aux poules (Camus, Exil et Roy.,1957, p. 1583).
P. méton. Contenu de ce récipient. Écuelle de bouillon, de lait, de soupe; partager son écuelle. Le lendemain Florent et Marguerite la dentellière mangèrent une écuelle de tripes, dont ils avaient grande envie (France, Mir. pie,1912, p. 50).Les mômes ils reluquaient mon écuelle, ils me filaient des regards criminels (Céline, Mort à crédit,1936, p. 268).
Rem. Désignant un récipient utilisé par une personne, le terme est vieilli ou affecté d'une nuance pop., rustique ou péj. Il est usuel quand il désigne un récipient utilisé pour donner à manger aux animaux domestiques (chat, chien). Ils [Chèbe et Delobelle] se regardèrent en dessous, d'un œil mauvais, comme deux chiens qui se rencontrent au bord de la même écuelle (A. Daudet, Fromont jeune, 1874, p. 112). Le pékinois s'était dressé sur ses pattes et flairait l'écuelle (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 226).
Expr., loc. et proverbes
Expr., vx. Archer de l'écuelle. ,,Archer chargé d'arrêter les mendiants et de les mener à l'hôpital`` (Ac. 1835, 1878).
Loc. fig.
Il a bien plu dans son écuelle (vx). ,,Se dit d'une personne à qui il est arrivé beaucoup de bien`` (Ac. 1835, 1878).
Il n'y a dans cette maison, ni pot au feu ni écuelles lavées (vx). ,,Se dit d'une maison en désordre où tout manque pour la cuisine, où il n'y a rien à manger`` (Ac. 1835, 1878).
Mettre tout par écuelles (vx). Préparer un bon repas à quelqu'un, lui faire bon accueil. Synon. Mettre les petits plats dans les grands.Un charmant avoué qui met tout par écuelles pour nous recevoir (Sand, Corresp.,t. 4, 1812-76, p. 234).Barberousse, qu'on hébergea un hiver entier en Provence, mettant tout par les écuelles pour le mieux recevoir (La Varende, Tourville,1943, p. 101).Rogner l'écuelle à qqn (vx). ,,Lui retrancher de sa subsistance, de son revenu`` (Ac. 1835-1878). Manger à la même écuelle. ,,Avoir des profits communs`` (Ac. 1932).
Proverbes, vx
Ils se raccommoderont à l'écuelle, comme les gueux. ,,Ils se réconcilieront en buvant ensemble`` (Ac. 1835, 1878). Qui s'attend à l'écuelle d'autrui a souvent mal dîné. ,,Quand on compte sur autrui, on est souvent trompé dans ses espérances`` (Ac. 1835, 1878).
B.− [P. anal. de forme]
1. ARCHIT. ,,Calotte formée par le parement interne d'un voussoir de voûte sphérique`` (Barb.-Cad. 1971).
Rem. Attesté notamment ds DG, Rob., Lar. Lang. fr.
2. BOT. Écuelle d'eau. L'Écuelle d'eau (Hydrocotyle vulgaris) est une plante amphibie, tantôt aquatique, flottant les feuilles émergées, tantôt développée au bord des eaux, sur le sol humide (Plantefol, Bot. et biol. végét.,t. 2, 1931, p. 409).
Rem. Attesté notamment ds Littré, DG, Rob. et Lar. Lang. fr.
3. MAR. Écuelle de cabestan. ,,Plaque de fer concave, dans laquelle est fixé le dé sur lequel tourne le pivot d'un cabestan`` (Gruss 1952). Synon. saucier.
Rem. Attesté notamment ds Littré, DG, Rob. et Lar. Lang. fr.
Prononc. et Orth. : [ekɥ εl]. Littré ainsi que Ac. 1932 insistent sur le fait qu'on ne prononce qu'une seule syll. pour -cuelle. Enq. : /ekɥel/. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1119 escüele (Philippe de Thaon, Comput, 2651 ds T.-L.). Du lat. vulg. scūtĕlla, altération, sous l'influence de scūtum « écu », du lat. class. scūtĕlla « petite coupe ». Fréq. abs. littér. : 224. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 169, b) 539; xxes. : a) 233, b) 378.
DÉR.
Écuellée, subst. fém.Le contenu d'une écuelle. Une grande écuellée; une écuellée d'eau, de soupe; offrir, donner une écuellée (de qqc.); boire une écuellée (de qqc.). [Elle] s'empressa d'aller puiser dans un grand chaudron une écuellée de lait de chèvre, épais comme du fromage et doux comme du miel (About, Grèce,1854, p. 452).Après avoir avalé une pleine écuellée de soupe (Renard, Journal,1904, p. 879). [ekɥ εle] ou p. harmonis. vocalique [ekɥele] (cf. Pt Rob.). Ds Ac. 1694-1932. Ac. 1694 admet également la var. esculée. 1reattest. xiiies. une escüelee de feves (Sermens poitevins, 75 ds T.-L.); de écuelle, suff. -ée*. Fréq. abs. littér. : 17.
BBG. − Gottsch. Redens. 1930, p. 80, 228; pp. 231-232. − Vincent (A.). Les N. d'objets creux comme n. de lieux. In : [Mél. Dauzat (A.)]. Paris, 1951, pp. 391-392.

Wiktionnaire

Nom commun

écuelle \e.kɥɛl\ féminin

  1. Récipient creux en métal, en bois ou en argile, qui sert à mettre du bouillon, du potage, de la nourriture.
    • Il mangeait une maigre et puante pitance, faite de créton et d’eau sale qu’on lui apportait le matin, dans une écuelle de grès ébréché. — (Octave Mirbeau, « La Mort du chien » dans Lettres de ma chaumière, 1886)
    • Sa sœur, mère Jeanne, pendant qu'il mangeait, lui prenait souvent dans son écuelle le meilleur de son repas, le morceau de viande, la tranche de lard, le cœur de chou, pour le donner à quelqu'un de ses enfants. — (Victor Hugo, Les Misérables, I, 2, 6 ; 1862)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ÉCUELLE. n. f.
Vase creux en métal, en bois ou en terre, qui sert le plus communément à mettre du bouillon, du potage, une portion de nourriture. Écuelle couverte. Écuelle à oreilles. Fig., Manger à la même écuelle, Avoir des profits communs. En termes de Botanique, Écuelle-d'eau, Plante de la famille des Ombellifères qui croît dans les marécages et dont les feuilles forment godet.

Littré (1872-1877)

ÉCUELLE (é-kuè-l' ; kuè est diphthongue et ne fait qu'une syllabe) s. f.
  • 1Vase creux contenant la portion ordinaire d'une seule personne. Écuelle de bois, de terre, d'argent. Il faut, perdant le jour, esprit, sens et vigueur, Mourir comme Enguerrand ou comme Jacques Cœur, Et descendre là-bas où, sans choix de personnes, Les écuelles de bois s'égalent aux couronnes, Régnier, Sat. XVI. Diogène n'avait pour tout meuble qu'un bâton, une besace et une écuelle ; encore, ayant aperçu un jeune enfant qui buvait dans le creux de sa main : il m'apprend, dit-il, que je conserve encore du superflu, et il cassa son écuelle, Rollin, Hist. anc. liv. XXVI, 1re part. ch. II, art. 6. Mon cher maître, répondit Cacambo, Cunégonde lave les écuelles sur le bord de la Propontide, chez un prince qui a très peu d'écuelles, Voltaire, Cand. 27.

    Prendre l'écuelle aux dents, se mettre à manger. Au fond d'un antre sauvage Un satyre et ses enfants Allaient manger leur potage Et prendre l'écuelle aux dents, La Fontaine, Fabl. V, 7.

    Ils se raccommoderont à l'écuelle comme des gueux, c'est-à-dire en mangeant ensemble.

    Verser son écuelle, faire mal ses affaires.

    Manger à la même écuelle, manger ensemble ; et, fig. avoir des affaires, des projets communs.

    Il a plu dans son écuelle, il lui est venu beaucoup de bien.

    Rogner l'écuelle à quelqu'un, lui retrancher de sa subsistance, de son revenu.

    Cela est propre comme une écuelle à chat, se dit de quelque chose de sale. D'autres, vu que le chat est un animal qui lèche les plats comme si on les lavait, attribuent à cette locution un sens opposé et la disent de quelque chose de propre, de net.

    Mettre tout par écuelles, ne rien épargner pour faire grand'chère à quelqu'un. Et notre pédant commença incontinent de mettre tout par écuelles, chargeant la table d'une honnête collation, Francion, liv. IV, p. 151.

    On dit dans un sens analogue : tout va par écuelles. Comment ! vous vous plaignez que tout va par écuelle ? Legrand, Roi de Cocagne, I, 3.

    Anciennement. Archer de l'écuelle, archer chargé d'arrêter les mendiants [les mendiants portaient écuelle].

    Au moyen âge, dans les dîners, même les plus grands, la part de chaque convive se servait dans des écuelles.

  • 2Le contenu d'une écuelle. J'ai vu mille pauvres recevoir mille écuelles de soupe à la porte de Marmoutiers, Courier, I, 183.
  • 3Écuelle d'eau, plante ombellifère qui croît dans les marécages (hydrocotyle vulgaris), dite aussi herbe aux Patagons.
  • 4 Terme de marine. Plaque de fer creuse sur laquelle s'appuie et tourne le pivot du cabestan d'un navire. On dit aussi chaudron ou saucier.
  • 5 Terme de zoologie. Disque que les deux nageoires ventrales forment en se réunissant, chez certains poissons.

PROVERBES

Il n'y a dans cette maison ni pot au feu, ni écuelles lavées, c'est une maison où tout manque pour la cuisine.

J'aime mieux mon écuelle vide que rien dedans, c'est-à-dire j'aime mieux n'avoir rien que d'avoir quelque chose en apparence et rien en réalité.

Qui s'attend à l'écuelle d'autrui a souvent mal dîné, c'est-à-dire celui qui fait trop de fonds sur autrui est souvent déçu.

HISTORIQUE

XIIe s. Hom d'Aroaise ne vaut une cinele ; Trop par sont bon por vuidier escuele, Raoul de C. 48.

XIIIe s. À tart manjue qui à autrui escuele s'atent, Leroux de Lincy, Prov. t. II, 195. Et doit, por grace deservir, Devant le compaignon servir, Qui doit mengier en s'escuele, la Rose, 13605. Et si [la femme de Rutebeuf] n'est pas gente ne bele, Cinquante anz a en s'escuele, S'est maigre et seche, Rutebeuf, 6.

XIVe s. Lesquelx jouerent ensemble toute nuit à croix et à pille, et entre deux escuelles, et à autres jeux, Du Cange, escuallium.

XVe s. Avant que je fisse ce marché, il ne me demeureroit plat d'argent ni escuelle à vendre ou à engager, Froissart, III, IV, 25. Il y eut jusques à huyt cent chevaliers seans à table, et si n'y eut celuy qui n'eust une dame ou une pucelle à son costé ou à son escuelle, Perceforest, t. I, f° 21. Ainsi aura chascun une mienne niepce à son escuelle, ib. f° 125. Vint Lizane sa damoiselle qui apportoit l'escuelle du premier mets, ib. f° 91. Lors vindrent les servans et servirent du dernier mets, qui estoit de chevrots de presse confitz en espices, et c'estoit le souverain mets que on servist adonc, et en avoit à chascune escuelle le quartier d'ung, ib. f° 130. En grant escuelle peut l'en faire mauvaise part, Leroux de Lincy, Prov. t. II, p. 196. Qui est loing de son escuelle est près de son domaige, ib. p. 391.

XVIe s. Bassins, plats, plats-escueles, assietes, escueles-à-oreille, salieres, cueillers…, De Serres, 881.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

ÉCUELLE.

Ajoutez : 6° Nom donné aux intervalles qui séparent les filets d'un pas de vis, Manuel du tourneur, Roret.

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Étymologie de « écuelle »

Wallon, hièle ; namur. sicuale, chuèle ; provenç. escudella ; espagn. escudilla ; portug. escudela ; ital. scodella ; du latin scutella, diminutif de scuta, écuelle. Dans l'ancienne versification, cuel, dans escuele, faisait deux syllabes.

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(Siècle à préciser) Du latin scutella (« écuelle »). Escuele au XIIe siècle, → voir écu.
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Phonétique du mot « écuelle »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
écuelle ekyɛl

Évolution historique de l’usage du mot « écuelle »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « écuelle »

  • Au chaudron des douleurs, chacun porte son écuelle. De Proverbe français
  • Qui est loin de son écuelle est près de son dommage. De Proverbe gallica
  • Le chef exécutif de l’Ancien Testament ne donne pas la recette du premier plat cuisiné qui passera à la postérité, mais la Genèse nous apprend qu’il s’agit d’une soupe de lentilles. Et que celle-ci est à l’origine d’une longue querelle entre les jumeaux Jacob et Esaü, le premier, fils chéri de sa maman, extorquant au second son droit d’aînesse en échange d’une écuelle bien garnie. Affamé, Esaü, le chouchou de son papa, renonça sans faire d’histoires à son privilège: «Alors Jacob donna à Esaü du pain et du potage de lentilles.» Les ennuis commencèrent. Plus tard, Dieu créa les notaires, et les problèmes de succession se réglèrent autrement. Le Figaro.fr, La lentille verte du Puy par François Gagnaire
  • Côté gameplay, si la session n’a pas mis en avant un pan linéaire, préférant frapper tous azimuts pour illustrer ce que Biomutant aura dans le ventre, il est facile de constater que le titre se repaît dans l’écuelle des tendances des mondes ouverts tout en proposant un système de combat dynamique avec variations selon les équipements, pouvoirs et mutations de son avatar. Un avatar qui sera d’ailleurs customisable d’entrée de jeu avec l’existence de six tribus différentes et qui pourra, comme déjà annoncé par le passé, chevaucher des véhicules allant de l’animal à de drôles de machines. Gamelove, Biomutant - Experiment 101 propose un charmant et ambitieux tour du propriétaire en gameplay | Gamelove

Images d'illustration du mot « écuelle »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « écuelle »

Langue Traduction
Anglais bowl
Espagnol cuenco
Italien ciotola
Allemand schüssel
Chinois
Arabe عاء
Portugais tigela
Russe миска
Japonais 丼鉢
Basque katilu
Corse arcu
Source : Google Translate API

Synonymes de « écuelle »

Source : synonymes de écuelle sur lebonsynonyme.fr
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