La langue française

Diglossie

Définitions du mot « diglossie »

Wiktionnaire

Nom commun

diglossie \di.ɡlɔ.si\ féminin

  1. (Linguistique) Cohabitation de deux langues parmi une même population, l’une d’elles étant pressentie comme formelle et l’autre comme inférieure et impropre à certains usages formels.
    • Les études quantitatives sur le bilinguisme inuit […] montrent une nette pénétration de l’anglais aux dépens de l’inuktitut, dans tous les domaines de l’existence. C’est cette pénétration qui a entraîné la disparition presque totale des dialectes inuvialuit du delta et de la côte du Mackenzie, où le conflit linguistique lié à la diglossie a mené à la victoire, définitive semble-t-il, de la langue dominante. — (Louis-Jacque Dorais, La parole inuit, édition Peeters Press, 1996, p. 229)
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Étymologie de « diglossie »

(Siècle à préciser) Dérivé savant du grec ancien δίγλωσσος, díglôssos (« bilingue »).
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Phonétique du mot « diglossie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
diglossie diglɔsi

Évolution historique de l’usage du mot « diglossie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « diglossie »

  • Puisqu’il faut aussi (avant tout ?) mener le combat du français sur le terrain des concepts, je suis d’avis que ce terme méconnu mériterait d’être beaucoup plus largement diffusé. Je dirais même qu’il devrait être systématiquement mis à l’avant-plan dans le discours des défenseurs de la langue française. Car le concept de diglossie permet de mieux qualifier la réalité linguistique québécoise que celui de « bilinguisme ». Infiniment mieux. Le Devoir, Au-delà du bilinguisme, la diglossie | Le Devoir
  • Le plurilinguisme comme espace de tension et réseau de relations entre les langues traverse, ensuite, de manière plus large le monde social : comment une diglossie s’organise-t-elle ? Comment la sociolinguistique contribue-t-elle à donner des repères dans les modalités de mobilisation des langues ? OU encore : quels groupes sociaux réunit une langue ? De ce point de vue, il peut être intéressant de distinguer la langue du dialecte ou du parler, par exemple. , Bilinguisme, plurilinguisme et francophonie : mythes et réalités
  • Dans le cas des littératures en langues autochtones, la diglossie de l’écrivain est à considérer, depuis une perspective postcoloniale, comme un partage assymétrique entre la langue autochtone amérindienne et la langue castillane contrainte, partage qui conduit à l’assimilation de la langue dominée par la dominante ou à une prise de conscience en faveur de la langue dominée et son réinvestissement par l’activité littéraire. On s’interrogera en particulier sur la fonction de la littérature dans la préservation d’une langue et d’une culture plus ou moins en péril, sur le partage entre écriture et oralité dans les pratiques littéraires, sur les genres privilégiés et les modes d’auctorialité spécifiques à ces productions en langues indigènes, mais aussi sur les représentations du monde et les thématiques qu’induisent possiblement le choix de la langue autochtone par rapport à l’espagnol. L’opposition à une forme de stéréotypage de la littérature en langue autochtone est au cœur du travail de certains écrivains contemporains, comme c’est le cas par exemple pour Marisol Ceh Moo, autrice mexicaine de langue maya yucatèque. , Littératures et langues minoritaires en Amérique Latine
  • Mais cette volonté n’est pas anodine, et surtout elle est fondée, car beaucoup d’experts estiment que c’est la diglossie qui règne au Maroc qui empêche l’installation d’un système éducatif performant ; la diglossie est le fait que dans un même territoire deux langues ou variétés linguistiques coexistent. Discovery Morocco, La diglossie marocaine, le vrai problème du système éducatif – Discovery Morocco
  • nécessaire. Une langue qui n’évolue pas se sclérose et… se laisse coloniser. Le Maroc, à l’instar de tous les pays arabes, connaît une situation de diglossie, définie comme étant la coexistence complexe d’une langue standard conventionnelle pour l’usage officiel, administratif, religieux et d’enseignement, et d’une variante dialectale qui découle de la première, consacrée à l’usage familier, de communication orale et artistique. Dans le domaine de la communication, on assiste à une poussée de dialectisation des accroches publicitaires, certes choquantes, mais qui semblent bien "accrocher"  les jeunes et interpeller les autres lettrés. Dans la presse, quelques incursions de ce "secteur informel" ont tenté de concurrencer la presse arabophone conventionnelle, mais sans continuité. Enfin, c’est à l’école que s’invite aujourd’hui le débat, puisqu’on appelle à y introduire l’arabe dialectal. La thèse avancée commence par l’appel à pratiquer le dialecte, langage de la maison et de la vie quotidienne, dans les apprentissages du préscolaire, puis elle en vient à proposer sa codification et son application expérimentale dans des niveaux scolaires supérieurs. L'Economiste, Le dialecte à l’école mettrait-il fin à la diglossie au Maroc?Par Abderrahmane Lahlou | L'Economiste
  • Bien évidemment et je m'appuie sur des données sociolinguistiques de Heinz Kloss sur la théorie de l'élaboration linguistique. Elles montrent comment une langue ne naît pas langue. Au départ, c'est un moyen de communication, souvent un dialecte, et il entre rapidement en conflit s'il y a une langue dominante. Il y a toujours une première phase dans laquelle les locuteurs de ce dialecte réagissent puis une deuxième où ils vont vers la langue dominante qui est celle de la mobilité sociale. Celle de l'évolution. Vient alors un partage que l'on appelle la diglossie qui s'oppose au bilinguisme. On retrouve une langue alta et une langue bassa. Corse Matin, "Normaliser, c'est rendre normal l'usage de la langue corse" | Corse Matin
  • TABOURET-KELLER Andrée : (1982), Entre bilinguisme et diglossie : du malaise des cloisonnements universitaires au malaise social Linguistique (La), vol. 18, n° 1, p. 17-43 , "Bilinguisme/multilinguisme et pédagogie à l'ère du numérique " (Sousse)
  • Il existe néanmoins une différence de statut entre le corse et le breton. La langue corse bénéficie d’un statut spécifique, d’une loi en faveur de la langue et de son enseignement. La langue bretonne, elle, n’existe pas spécifiquement en droit français. Elle est intégrée dans un vaste ensemble aux contours imprécis nommé soit « langues de France » soit « langues régionales ». L’appellation « langues de France » permet à l’État de s’approprier les langues autochtones parlées sur son territoire. Avec cette définition, elles n’appartiennent donc plus aux peuples qui les parlent mais bien à l’État qui peut donc en disposer comme bon lui semble. L’appellation « langues régionales » renvoie, elle, à une politique de hiérarchisation entre les langues, c’est une expression qui exprime une volonté de diglossie organisée entre, d’une part, une langue supérieure (le français) et, d’autre part, des langues inférieures dont le breton fait évidemment partie. Enfin, le nombre particulièrement élevé de « langues de France » listées – au moins 75 selon le rapport de 1999 commandé à Bernard Cerquiglini, l’ancien Délégué général à la langue française et aux langues de France, organisme officiel rattaché au ministère de la culture et de la communication – permet de déplacer le débat du terrain politique (reconnaissance du breton, du corse, du catalan, du basque, de l’alsacien, de l’occitan et du créole) vers un terrain strictement patrimonial. En effet, le breton y apparaît au même plan que le bourguignon-morvandiau, le yiddish ou l’arménien occidental. Tout le monde conviendra ainsi qu’avec 75 langues la France ne peut en reconnaître qu’une : le français. , La langue bretonne est-elle une langue innommable ?
  • Quand on examine attentivement la structure du système d’éducation au Québec, l’obligation qui est faite de suivre des cours d’anglais à chaque année scolaire à tous les niveaux d’éducation, l’absence de « libre-choix », l’offre inexistante de deuxième langue seconde dans le système public régulier, ainsi que le traitement différentiel du système d’éducation de langue anglaise qui n’impose pas de « français intensif » de façon obligatoire, force est de constater qu’il s’agit d’un système d’éducation que l’on pourrait qualifier de «semi-bilingue». Un bilinguisme « asymétrique» de surcroit, où les anglophones subissent moins de contraintes en ce qui a trait à l’apprentissage du français dans leur éducation que les francophones pour l’anglais. «Bilinguisme», ici, étant un mot piégé qui donne l’impression d’une liberté de choix de la langue seconde. Ce qui n’est pas le cas. Le mot approprié est « diglossie », définie comme la coexistence de deux normes linguistiques sur le même territoire.   Le Journal de Montréal, Aller au cégep anglais pour apprendre l'anglais? Vraiment? Entretien avec Frédéric Lacroix. | JDM

Traductions du mot « diglossie »

Langue Traduction
Anglais diglossia
Espagnol diglosia
Italien diglossia
Allemand diglossie
Chinois 消化不良
Arabe ازدواج اللسان
Portugais diglossia
Russe расщепление языка
Japonais ディグロシア
Basque diglosia
Corse diglossia
Source : Google Translate API

Synonymes de « diglossie »

Source : synonymes de diglossie sur lebonsynonyme.fr

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