Dévotement : définition de dévotement


Dévotement : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

DÉVOTEMENT, adv.

A.− De manière dévote :
On le voyait tous les matins, dans une certaine chapelle de religieuses où il servait très dévotement la messe de l'aumônier. Green, Journal,1932, p. 82.
B.− P. ext. Avec un respect des usages et un dévouement quasi religieux. Quenu, (...) une longue cuiller à la main, arrosait dévotement les ventres dorés des oies rondes et des grandes dindes (Zola, Ventre Paris,1873, p. 643).
Prononc. et Orth. : [devɔtmɑ ̃]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1180 (Marie de France, Les Lais, Eliduc, éd. J. Rychner, 821). Dér. de dévot*; suff. -(e)ment2*. Fréq. abs. littér. : 103.

Dévotement : définition du Wiktionnaire

Adverbe

dévotement \de.vɔt.mɑ̃\ invariable

  1. D’une manière dévote.
    • Richard et Wilfrid suivirent Cédric le Saxon dans la chambre mortuaire, et, imitant leur guide, qui, d’un air solennel, leur désignait la bière d’Athelsthane, ils se signèrent dévotement, et murmurèrent une courte prière pour le salut du trépassé. — (Walter Scott, Ivanhoé, ch. XLII, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • On choisissait les temps d’orage ; et, pour ces parties hasardeuses, on s’embarquait le matin, une heure avant l’aube. En montant dans la barque, ces enfants croyaient se précipiter dans les plus grands dangers, c’était là le beau côté de leur action ; et, suivant l’exemple de leurs pères, ils récitaient dévotement un Ave Maria. — (Stendhal, La Chartreuse de Parme, 1838)
    • C’était réglé d’avance, toutes les femmes qui n’étaient pas mariées et qui voyaient des hommes allaient en enfer.(…) Ce serait stupide de se gêner, si les prêtres disaient des bêtises. Pourtant, elle baisait dévotement la médaille, toute tiède de sa peau, comme une conjuration contre la mort, dont l’idée l’emplissait d’une horreur froide. — (Zola, Nana, 1880)
    • Quand l’abbé fut tout près, le sautériau ôta son bonnet et se signa dévotement. — (Charles Deulin, Manneken-Pis)
  2. (Ironique)
    • Il soupa, lui tout seul, devant elle, Et fort dévotement il mangea deux perdrix. — (Molière, Tartuffe I, 4.)
    • …, tandis que les théologiens ferraillent dans l’obscurité, et se damnent dévotement par charité. — (Frédéric II & Voltaire, L’anti-Machiavel - 1739 - (édition de 1947))
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Dévotement : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DÉVOTEMENT. adv.
D'une manière dévote. Prier Dieu dévotement. Entendre dévotement la messe.

Dévotement : définition du Littré (1872-1877)

DÉVOTEMENT (dé-vo-te-man) adv.
  • D'une manière dévote. Entendre dévotement la messe. Il soupa, lui tout seul, devant elle, Et fort dévotement il mangea deux perdrix, Molière, Tart. I, 5.

HISTORIQUE

XIIIe s. Et puis rechurent corpus Domini cascun endroit soi au plus devotement que il pot, H. de Valenciennes, VI. Le servise de sainte Esglise escoute devotement et de cuer et de bouche, Joinville, 300.

XVIe s. Il pria Dieu devotement, D'Aubigné, Vie, LV. Remerciant Dieu devotement, Amyot, Cam. 55.

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Étymologie de « dévotement »

Étymologie de dévotement - Littré

Dévote, et le suffixe ment ; provenç. devotament, devotamen ; espagn. devotamente ; ital. divotamente.

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Étymologie de dévotement - Wiktionnaire

Dérivé de dévot, par son féminin dévote, avec le suffixe -ment. (XIIe siècle) devotement.
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Phonétique du mot « dévotement »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dévotement devɔtœmɑ̃ play_arrow

Évolution historique de l’usage du mot « dévotement »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dévotement »

  • De lisser dévotement la statue de Molière, qui n'aurait jamais été farceur, cocu, impie ; qui n'aurait jamais brossé de portraits à charge. Pas un mot non plus sur le fait que l'on n'ait aucun document signé de la main de Molière, pas même une dédicace, une annotation ou une correspondance publiée par un tiers. Le grand absent de cette édition est Pierre Corneille. Or il est difficile aujourd'hui de ne pas s'interroger sur la nature exacte de ses relations avec Molière, alors que bon nombre d'éléments attestent une évidente collaboration entre eux. Au moins, la précédente édition de la Pléiade recensait-elle les connexions entre Molière et Corneille, ne serait-ce que stylistiques.  LExpress.fr, "Molière était le bouffon du roi" - L'Express
  • Ainsi, lorsque ces derniers s’apprêtaient, en 1807, à faire main basse sur le petit village, on raconte qu‘un artilleur espagnol, après avoir invoqué dévotement la Croix de Parra, chargea son canon et fit feu sur l’infanterie de la marine anglaise qui débarquait sur la plage. Les pertes furent énormes et l’ennemi dut battre en retraite. La croix devint ainsi de plus en plus célèbre, de sorte que tous les dignitaires qui venaient se prosterner devant la relique en profitaient pour lui arracher un petit bout de bois, à ses extrémités, qu’ils conservaient comme un talisman pour ses protéger du mauvais sort. Petit à petit, la croix perdit sa taille initiale. Elle mesurait, au départ, sept pieds de hauteur mais aujourd’hui elle fait moins d’un mètre. Pour la protéger, on plaça, à ses extrémités, des plaquettes d’argent.    Le Journal de Montréal, Une croix « magique » qui ne suscite aucune polémique | JDM
  • Le pape a répondu alors par la longue formule consacrée en latin, langue de l'Eglise: «En l'honneur de la Sainte Trinité, par l'exaltation de la foi catholique et l'accroissement de la vie chrétienne, avec l'autorité de Notre Seigneur Jésus Christ, des saints apôtres Pierre et Paul, après avoir longuement réfléchi, invoqué plusieurs fois l'aide de Dieu et écouté l'avis de beaucoup de nos frères dans l'épiscopat, nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints et établissons que dans toute l'Eglise ils soient dévotement honorés parmi les saints», a dit solennellement le pape argentin. , Vatican: Le pape François fait saints Jean XXIII et Jean Paul II
  • Il faudra attendre la seconde République pour assister à nouveau à des concerts en plein air. Après les journées révolutionnaires de février 1848, le ministre de l’Intérieur, Jules Senard, autorise les rassemblements en plein air. Une fanfare peut désormais jouer un morceau de musique, sans être obligée de défiler. C’est l’origine des concerts de rue, concours de musique et bientôt des kiosques à musique. Sous l’Ancien régime, des kiosques existaient dans les grandes propriétés. Il s’agissait de lieux de repos, comme certains parcs étaient munis d’une scène pour offrir des spectacles. Ce qui deviendra le kiosque à musique apparaît au XVIIIe siècle : un pavillon extérieur, en pierre ou en bois recouvert, selon la mode de l’époque, d’une toiture d’aspect chinois. Le XIXe siècle adoptera pour un usage public le pavillon de jardin en utilisant d’abord le bois puis le métal pour sa construction. Parfois, des chaises sont placées autour du kiosque et, comme dans les parcs, elles sont payantes. Mais, le spectacle est gratuit pour tous ceux qui restent debout. Le spectacle en plein air est forcément plus populaire que la salle de spectacle où, des loges au poulailler, la hiérarchie sociale est nettement marquée. De nombreux spectacles sont programmés et dès le début des années 1850 apparaissent les premiers kiosques à musique. Ils offrent une scène aux musiciens qui sont ainsi visibles du public. Des concerts sont donnés dans ces kiosques qui se multiplient dans la seconde moitié du XIXe siècle et au début du XXe. On va retrouver cette construction dans toutes les agglomérations. Elle va faire partie de l’aménagement des villes et des parcs et s’imposer dans le mobilier urbain. Quelques kiosques ont été édifiés par souscription des riverains. C’est le cas du quartier la Bordigue, à Sète. En 1894, les habitants s’estiment abandonnés et lancent un appel : « Notre quartier est complètement délaissé (…). Il faut que le quartier se relève et pour cela il importe d’amener des distractions. Pourquoi les musiques ne joueraient-elles pas deux ou trois fois par semaine dans notre quartier ? (…) Il faut édifier un kiosque pour la musique, si nous voulons que notre quartier occupe le rang qui lui est dû. » Et de lancer un appel à la générosité des habitants. Généralement, les kiosques étaient édifiés par les municipalités mais certains l’ont été par des mécènes. La musique en plein air touche également un public qui ne va pas aux spectacles. Et l’on trouve plusieurs sortes de musique, depuis la fanfare militaire qui a été la première à utiliser les kiosques, jusqu’aux véritables concerts donnés par les orchestres ou orphéons. Après-midi ou soirées musicales connaissent un très vaste succès. Le kiosque s’impose comme un lieu de vie et donne accès à la musique à des populations qui en étaient exclues et contribue à la démocratisation des loisirs. À Marseille, « durant l’été, une partie de la population se porte au quinconce des allées, où ont lieu les concerts populaires, donnés par l’association des artistes musiciens du Grand-Théâtre. Le tableau est charmant. Autour du kiosque des musiciens, magnifiquement éclairé par ses globes d’opale et sous le feuillage épais des grands arbres se pressent de claires et jolies toilettes, des beautés piquantes, de riches familles, des dilettanti passionnés, des officiers de la garnison, des galantins et jusqu’à des cocottes à la mode. Tout ce monde vient s’asseoir sur des chaises de paille et se régaler dévotement des morceaux de Bach, de Donizetti, de Verdi, de Gounod, etc. Un silence religieux se fait même en dehors des barrières où grouille le populaire. Dans l’intervalle des morceaux et durant l’entracte, les chaises se rapprochent et on reprend les causeries ou les médisances interrompues. Les jeunes gens viennent rôder autour des familles et regarder les jeunes filles qui sourient derrière leurs éventails. Ces petits manèges amoureux se terminent bien souvent par des mariages dans le cours de l’année. On ne saurait croire, en effet, le nombre de mariages qui s’ébauchent tous les étés aux concerts populaires » (3). L’époque connaît un grand développement de la musique. Les fanfares, comme les kiosques représentent ce grand mouvement de démocratisation de la musique qui est né avec la Révolution. On évalue à 4 000 le nombre de kiosques construits entre 1850 et 1914. Après la seconde guerre mondiale, les kiosques, victimes de la concurrence de la radio et du phonographe, tombent en disgrâce et beaucoup disparaîtront pour laisser place à un parking. www.lamarseillaise.fr, [Mémoria] Le charmant tableau des kiosques à musique
  • Le monde politique rassemblé s’incline profondément devant ce souvenir inégalable. C’est Charles de Gaulle en majesté, face à un peuple de fidèles, commémoré, glorifié, exalté par des dirigeants politiques à la mémoire opportunément lacunaire. Emmanuel Macron est dans son rôle comme président en exercice, lointain et très indirect successeur de l’homme du 18 juin. Mais comment ne pas sourire de la réconciliation posthume du Parti communiste (PCF) avec le général de Gaulle que le parti traitait de factieux et d’apprenti dictateur durant les années 60 ? Comment ne pas se rappeler que le Parti socialiste (PS) l’a combattu de toutes ses forces, dès la fondation du RPF en 1947 et jusqu’à sa mort, non sans quelques raisons ? Comment oublier que les centristes en ont fait autant, avec bien entendu plus de nuances, on ne se refait pas, mais aussi avec grande constance de 1947 à 1969 ? Comment omettre que libéraux, modérés et indépendants se sont largement construits contre lui ? Et surtout, comment ne pas se frotter les yeux lorsque Marine Le Pen se rend pieusement, dévotement en pèlerinage à l’île de Sein, haut lieu du gaullisme historique, pour rendre hommage à celui que l’extrême droite n’a cessé d’insulter, d’accabler et même de tenter d’assassiner ? La fille de Jean-Marie Le Pen a, certes, un culot d’enfer et une conception toute personnelle de la vérité mais là, elle se surpasse. Toute sa famille politique rêvait de précipiter le général de Gaulle dans la tombe et maintenant qu’il s’y trouve, elle lui rend une sorte d’allégeance posthume. L’histoire et la politique vivent décidément dans deux univers fort éloignés l’un de l’autre. Libération.fr, L’instrumentalisation du mythe gaullien - Libération
  • Il en découle que la science doit aller se rhabiller et l’Algérie renoncer à compter sur son système de santé, les mesures barrières, la discipline sociale et la chloroquine, et attendre dévotement d’en être délivrée par Dieu. Oumma, Coronavirus : maladie humaine ou fléau divin ?

Traductions du mot « dévotement »

Langue Traduction
Corse devutamente
Basque debozio
Japonais 熱心に
Russe набожно
Portugais devotamente
Arabe بتفان
Chinois 虔诚地
Allemand fromm
Italien devotamente
Espagnol devotamente
Anglais devoutly
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Synonymes de « dévotement »

Source : synonymes de dévotement sur lebonsynonyme.fr


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