La langue française

Dail

Sommaire

  • Définitions du mot dail
  • Étymologie de « dail »
  • Phonétique de « dail »
  • Évolution historique de l’usage du mot « dail »
  • Images d'illustration du mot « dail »
  • Traductions du mot « dail »
  • Synonymes de « dail »

Définitions du mot « dail »

Trésor de la Langue Française informatisé

DAIL1, subst. masc.

Région. (Bassin Aquitain, Poitou, Vendée). Faux. C'est un vieux homme (...). Il est courbé comme un dail (Claudel, Tête d'Or,1901, 1repart., p. 176).
Rem. 1. La docum. atteste aussi daille, subst. fém. (cf. Menon, Lecotté, Vill. Fr., 2, 1954, p. 8). 2. Fén. 1970 atteste le dér. dailler, verbe trans. ,,Faucher``.
Prononc. et Orth. Seule transcr. ds Littré et DG : dall' avec [λ] mouillé ds Littré, dày' avec yod ds DG. Var. daille (fém.) ds Lar. 19e-Lar. encyclop., Littré, DG, Guérin 1892, Rob. et Quillet 1965. Étymol. et Hist. 1416 daille « faux » (Document ds Du Cange t. 3, p. 4a); 1473 dail (ibid.). Terme spéc. attesté dans le Piémont, le domaine occitan, en fr.-prov. et dans le sud-ouest du domaine d'oïl (a. prov. dahl fin xiiies. ds Rayn.) d'orig. obscure, peut-être du b. lat. daculum de même sens (seulement attesté ds CGL t. 1, 84, 91) lui-même d'orig. obscure, v. Ern.-Meillet, s.v. falx, REW3no2458 et FEW t. 3, p. 3b. Bbg. Aristide. En lisant Toulet. Figaro (Le) littér. 1967, no1101, p. 28. − Goug. Mots t. 3 1975, p. 198. − Hotier (H.). Le Vocab. du cirque et du music-hall en France. 1973, p. 47 (s.v. daille).Sain. Sources t. 3 1972 [1925], p. 330.

DAIL2, subst. masc.

Vx. Coquillage bivalve. Synon. sc. pholade.J'ai vu à Malte et à Toulon une espèce de moule appelée dail, qui se loge et vit dans l'intérieur des blocs de pierre calcaire qui sont au fond de la mer, (...). Il n'est pas aisé de dire comment ce dail y pénètre, car on ne voit point d'ouvertures à ces rochers que l'on brise à coups de masse pour en tirer ce coquillage, qui est très bon à manger (Bern. de St-P., Harm. nat.,1814, p. 232).
Rem. A disparu des dict. gén. du xxes., à l'exception de Quillet 1965.
Prononc. Cf. dail1. Étymol. et Hist. 1563 daille « pholade » (Palissy, Recepte veritable, p. 116 ds Hug.). Même mot que dail1*, peut-être p. anal. de forme dans une partie de la zone côtière correspondante et moins vraisemblablement du lat. dactylus (FEW t. 2, p. 2b). Fréq. abs. littér. : 6. Bbg. Dauzat Ling. fr. 1946, p. 153.

Wiktionnaire

Nom commun

dail \daj\ masculin ou féminin dans certaines régions.

  1. (Agriculture) Faux à manche court.
    • L’instrument était constitué par un cadre de gros fil d’acier portant les trois ou quatre pues de maintenance de la céréale coupée qui, de cette façon était ramenée à chaque coup de dail, rangée en andain. — (Louis Gaignet, Lexique patois-français et français-patois, 1997)
  2. (Agriculture) Pierre à aiguiser les faux.
  3. (Zoologie) (Pêche) synonyme de pholade commune, mollusque dont la coquille est allongée et recourbée comme une faux.

Nom commun

dail \Prononciation ?\ masculin

  1. (Agriculture) Faux.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

DAIL (dall', ll mouillées) s. m.
  • 1Ancien nom de la faux, encore usité dans certaines provinces. Pierres à faucheur, pierres à affiler et pierres de faux ou dail, Tarif, 18 sept. 1664.
  • 2 Terme de zoologie. Nom de la pholade, sorte de coquillage.

HISTORIQUE

XVe s. Il venoit d'un sien pré avec un dail à son col, Du Cange, dalha. Le suppliant d'une faux ou daille frappa icellui Pierre environ le genoil, Du Cange, ib.

XVIe s. La mort avec son dail l'eust fauché et cerclé de ce monde, Rabelais, IV, Nouveau prol. Les huitres, les moucles, les dailles [pholades], Palissy, 116. Les dailles sont longs comme manche de couteaux, armez de deux coquilles, Palissy, 366.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DAIL. Ajoutez :
3Ancien nom d'une pierre qui sert à aiguiser (voy. DALLE 3 au Supplément).
Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

DAIL, s. m. (Hist. nat.) coquillage du genre des pholades. On en trouve deux especes sur les côtes du Poitou & d’Aunis. Leurs coquilles sont composées de trois pieces, dont deux sont semblables & égales, & situées à-peu-près comme les deux pieces des coquilles bivalves ; la troisieme piece des dails est fort petite en comparaison des deux autres, & posée sur leur sommet. La coquille entiere est de figure oblongue & irréguliere, plus grosse dans le milieu qu’aux extrémités ; la charniere est sur l’un des côtés, plus près de l’une des extrémités que de l’autre ; les deux grandes pieces ne sont pas faites de façon à se joindre exactement par les bords. Ces coquilles sont ordinairement des cannelures qui se croisent & qui sont hérissées de petites pointes.

On trouve ces dails dans une pierre assez molle, que l’on appelle banche dans le pays ; ils sont logés dans des trous dont la profondeur est du double de la longueur de la coquille ; ils ont une direction un peu oblique à l’horison ; leur cavité est à-peu-près semblable à celle d’un cone tronqué ; ils communiquent au-dehors de la pierre par une petite ouverture qui est à leur extrémité la plus étroite. A mesure que le dail prend de l’accroissement, il creuse son trou & descend un peu plus qu’il n’étoit, ce mouvement est très-lent. Il paroît que le dail perce son trou en frottant la pierre avec une partie de son corps qui est près de l’extrémité inférieure de la coquille ; cette partie est faite en forme de losange, & assez grosse à proportion du corps ; quoiqu’elle soit molle, elle peut agir sur la pierre à force de frottement & de tems. On a vû des dails tirés de leurs trous & posés sur la glaise, la creuser assez profondément en peu d’heures, en recourbant & en ouvrant successivement cette partie charnue.

Il y a des dails dans la glaise comme dans la banche ; cette pierre ne forme pas leur loge en entier, le fond en est creusé dans la glaise. Quoique la banche soit une pierre molle, elle est cependant assez dure en comparaison de la glaise, pour qu’on eût lieu de s’étonner que les dails encore jeunes eussent pû la percer ; mais il est à croire que les trous des dails ont été pratiqués d’abord dans de la glaise qui s’est pétrifiée dans la suite ; car on ne trouve point de jeunes dails dans la banche, mais seulement dans la glaise ; d’ailleurs la banche, quoique pierre, a beaucoup de rapport avec la glaise. Au reste les dails pourroient peut-être bien percer la pierre : on en a trouvé de fort petits dans des corps assez durs.

La coquille des dails n’occupe que la moitié inférieure de leur trou ; il y a dans l’autre moitié une partie charnue de figure conique, qui s’étend jusqu’à l’orifice du trou, & rarement au-delà : l’extrémité de cette partie est frangée ; le dedans est creux & partagé en deux tuyaux par une cloison ; l’animal attire l’eau par le moyen de ces tuyaux, & la rejette par jet. Mém. de l’acad. roy. des Scienc. année 1712.

Les dails, dactyli Plinii, ont la propriété d’être lumineux dans les ténebres, sans qu’il y ait d’autre lumiere que celle qu’ils répandent, qui est d’autant plus brillante que le coquillage renferme plus de liqueur : cette lumiere paroît jusques dans la bouche de ceux qui mangent des dails pendant la nuit, sur leurs mains, sur leurs habits, & sur la terre dès que la liqueur de ce coquillage se répand, n’y en eût-il qu’une goutte ; ce qui prouve que cette liqueur a la même propriété que le corps de l’animal. Hist. nat. Plin. lib. IX. cap. lxj.

Ces faits ont été vérifiés nouvellement sur les côtes de Poitou, & se sont trouvés vrais dans tous les détails. On n’a vû sur ces côtes aucune autre espece de coquillage, qui fût comme les dails lumineux dans l’obscurité ; il n’y a même aucun poisson ni aucune sorte de chair d’animaux qui ait cette propriété avant d’être pourris, tandis que les dails n’en répandent jamais plus que lorsqu’ils sont plus frais, & ils ne jettent plus aucune lumiere lorsqu’ils sont corrompus à un certain point. L’animal dépouillé de la coquille est lumineux dans toutes les parties de son corps, tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; car si on le coupe, il sort de la lumiere du dedans comme du dehors. Ces coquillages en se desséchant perdent la propriété d’être lumineux. Si on les humecte, il reparoît une nouvelle lumiere, mais elle est beaucoup plus foible que la premiere ; de même celle que jette la liqueur qui sort de ce coquillage s’étend peu-à-peu à mesure que cette liqueur s’évapore. Cependant on peut la faire reparoître par le moyen de l’eau, par exemple, lorsqu’on a vû cette lumiere s’éteindre sur un corps étranger qui avoit été mouillé de la liqueur du coquillage, on fait reparoître la même lumiere en trempant ce corps dans l’eau. Mém. de l’acad. roy. des Scienc. année 1723. (I)

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Étymologie de « dail »

Voir daille.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Génev. daille, faux ; provenç. dalh, dayll ; catal. dalla ; espagn. dalle ; du germanique : island. deila ; danois, deele ; allem. theilen, partager, séparer.

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Phonétique du mot « dail »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dail dɛl

Évolution historique de l’usage du mot « dail »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Images d'illustration du mot « dail »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « dail »

Langue Traduction
Anglais dail
Espagnol dail
Italien dail
Allemand tag
Chinois dail
Arabe اليوم
Portugais dia
Russe нижняя палата парламента ирландии
Japonais しずく
Basque dail
Corse dail
Source : Google Translate API

Synonymes de « dail »

Source : synonymes de dail sur lebonsynonyme.fr
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