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Colchique

Définitions de « colchique »

Trésor de la Langue Française informatisé

COLCHIQUE, subst. masc. et adj.

Plante vivace (Liliacées) à racine bulbeuse, à feuilles radicales longues et étroites, d'un vert luisant, apparaissant avec les graines plusieurs mois après la floraison, à fleur mauve, solitaire, en forme d'urne, découpée de 6 pointes, apparaissant sur une tige très courte à l'automne dans les prés humides. Dit aussi flamme nue, lis vert, narcisse d'automne, safran bâtard / des prés, veilleuse / veillotte. Les pelouses (...) couvertes de colchiques violettes, en forme d'un petit cœur éclaté (A. de Noailles, La Nouvelle espérance,1903, p. 295).Les petites flammes roses des colchiques diaphanes (R. Rolland, Jean-Christophe, L'Adolescent, 1905, p. 319):
Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s'empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là Violâtres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne ... Apollinaire, Alcools,Les Colchiques, 1913, p. 60.
Rem. 1. Certains aut. attribuent à ce mot le genre fém. 2. S'emploie adj. La racine du colchique d'automne [utilisée] pour la préparation du vinaigre et du miel colchiques (J.-B. Kapeler, J.-B. Caventou, Manuel des pharmaciens et des droguistes, t. 1, 1821, p. 209).
[P. réf. à la couleur du colchique] Un soir couleur de colchique (Morand, Champions du monde, 1930, p. 41); ses yeux (...) tout agrandis sous ses paupières de colchique (Giono, Le Chant du monde,1934, p. 224).
Rem. Il existe un homon. adj. ethnique, de même origine. Relatif à Colchos, à la Colchide. Jason partant pour la plage colchique (Hugo, L'Âne, 1880, p. 308).
Prononc. et Orth. : [kɔlʃik]. Ds Ac. 1762-1932. Étymol. et Hist. 1545 colchicum, colchicon (G. Guéroult, Hist. plantes, 249 et 310 ds Quem.) − 1616 (Dalechamps ds Fr. mod., t. 14, p. 283); 1628 colchique (d'apr. Bl.-W.5, sans réf.); 1680 (Rich. qui donne le mot fém.). Empr. au m. fr. colchicum empr. au gr. κ ο λ χ ι κ ο ́ ν proprement « herbe de Colchide », pays de l'empoisonneuse Médée, le colchique étant vénéneux. [La date 1611 (Cotgr.) pour la 1reattest. de la forme colchique fournie par Lar. Lang. fr. n'a pu être vérifiée, le mot n'y figure pas comme vedette autonome]. Fréq. abs. littér. : 19. Bbg. Millepierres (F.). N. de fleurs. Vie Lang. 1961, p. 286.

Wiktionnaire

Adjectif - français

colchique \kɔl.ʃik\ masculin et féminin identiques

  1. (Médecine, Pharmacie) (Désuet) Qualifiait une préparation officinale à base de colchique.
    • La teinture hydragogue de Minet, l’oxymel colchique, joint à de doux fondans, furent employés inutilement. Il est vrai qu'elle désenfloit pour quelques jours, & que ces remèdes poussoient prodigieusement par les urines; […]. — (« Observations sur la connoissance du pouls dans les grossesses, qui peut servir à distinguer les mâles, & les femelles, avant l'accouchement », par M. de la Brousse, dans le Journal de médecine, chirurgie, pharmacie, tome 36, Paris : chez Vincent, août 1771, p. 141)
    • Les formules de préparation du vinaigre colchique données par les auteurs sont très variables, soit pour les doses , soit pour le choix à faire des bulbes frais ou secs. — (Eugène Soubeiran, « Considérations pharmacologiques sur la colchique », inclus dans l'article « Colchique », dans Dictionnaire de médecine: ou, Répertoire général des sciences médicales, 2e éd., tome 8 (Cig-Con), Paris : chez Béchet jeune, 1834, p.368)
    • On donne, par exemple, 20 gouttes de teinture colchique, matin et soir ; 1 gramme de teinture renferme au moins 50 gouttes. — (Traité de médecine, publié sous la direction de MM. Charcot, Bouchard & Brisseau, tome 1, Paris : chez G. Masson, 1891, p. 495)

Nom commun - français

colchique \kɔl.ʃik\ masculin ou féminin (l’usage hésite)[1]

  1. (Botanique) Plante bulbeuse qui croît dans les prés humides, également cultivée dans les jardins. Le colchique est un violent poison, surtout pour le chien, d’où une ancienne appellation de tue-chien.
    • Enfin, au déclin de l’été, Mme Saint-Alban, pareille à quelque Pomone de Bohême, traînant des guirlandes de vigne rouge et des bouquets de colchiques, s’en vint, agitée, et versa dans l’oreille de ma mère quelques mots que je n’entendis pas. — (Colette, La maison de Claudine, Hachette, 1922, coll. Livre de Poche, 1960, page 111.)
    • Colchiques dans les prés fleurissent, fleurissent
      colchiques dans les prés, c’est la fin de l'été …
      — (Chanson de Francine Cockenpot)
    • Les préparations faites avec les semences de colchique sont les plus actives. — (François Arnaud, Thérapeutique, pharmacologie et matière médicale, 1930)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COLCHIQUE. n. m.
T. de Botanique. Plante bulbeuse qui croît dans les prés humides et qu'on cultive dans les jardins. Le colchique est un violent poison, surtout pour le chien.

Littré (1872-1877)

COLCHIQUE (kol-chi-k') s. m.
  • Terme de botanique. Plante bulbeuse cultivée à cause de la beauté de ses fleurs et de ses propriétés médicinales, dite aussi tue-chien, veillotte, lis vert, chiennée, safran des prés (colchicum autumnale, L.).
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

COLCHIQUE, adj. (Hist. nat. bot.) colchicum, genre de plante à fleur liliacée, monopétale, sortant de la racine sous la forme d’un petit tuyau, qui s’évase peu-à-peu & se divise en six parties. Le pistil sort du fond de la fleur, se termine en petits filamens, & devient dans la suite un fruit oblong, triangulaire, & partagé en trois loges dans lesquelles il y a des semences arrondies. Ajoûtez aux caracteres de ce genre, qu’il y a deux racines tuberculeuses, dont l’une est charnue & l’autre fibreuse ; elles sont toutes les deux enveloppées par une membrane. Tournefort, inst. rei herb. Voyez Plante. (I)

Colchique, (Mat. med.) Tous les Medecins s’accordent assez unanimement à regarder toutes les parties du colchique comme un poison. On doit remédier aux accidens qu’il cause à ceux qui en ont avalé, d’abord par les émétiques, si on est appellé d’assez bonne heure, & ensuite par les adoucissans, comme les mucilages, les émulsions, les huileux, le lait, &c. donnés tant en lavement que par la bouche.

Le bulbe ou la racine de colchique appliquée extérieurement, peut avoir quelqu’utilité, à titre de caustique, contre les poreaux, les verrues, certaines dartres, &c. Sa décoction fait mourir les morpions, selon Jean Bauhin.

Le célebre Wedelius rapporte une vertu bien plus excellente de cette racine, dans une dissertation faite exprès sous ce titre, experimentum curiosum de colchico veneno, & alexipharmaco simplici & composito, dont M. Geoffroy a donné un extrait assez étendu dans sa mat. med. Wedelius raconte qu’il a toûjours porté depuis l’année 1668 jusqu’en 1718, de même que plusieurs autres personnes, cette racine en amulete pendue à son cou avec un heureux succès, non-seulement dans la peste, mais encore dans toutes sortes de maladies épidémiques ; & qu’il avoit trouvé ce secret dans une dissertation sur la peste universelle qui avoit régné en 1637, qui lui étoit tombée par hasard entre les mains, lorsqu’il étoit chargé (en 1668), dans une ville de la basse Silésie où régnoit une dyssenterie cruelle, de quatre cents malades attaqués de symptomes de malignité.

Wedelius & ses compagnons attacherent à leur cou une racine de colchique en amulete, & aucun d’eux ne fut attaqué de la dyssenterie pestilentielle dont nous venons de parler. Cet auteur confirme l’efficacité de son remede par plusieurs observations qu’il rapporte, & entr’autres par l’histoire de deux medecins qui ayant été appellés à Hambourg pendant la peste qui y régnoit, partirent pour cette ville après s’être mis sous la protection de Dieu, & s’être munis de cet amulete. Ces deux medecins réussirent très-bien ; & la peste étant cessée, ils s’en retournerent l’un & l’autre en bonne santé. Enfin Wedelius, après avoir éprouvé pendant cinquante ans son remede, qu’il distribuoit sous le nom d’arcanum duplicatum catholicum, n’a pas hésité à le rendre public, comme étant un alexipharmaque contre la peste, les fievres ardentes, les fievres malignes, la petite vérole, la rougeole, le pourpre, la dyssenterie, &c.

Il faut observer que Wedelius ordonnoit, outre ce remede, une diete exacte ; qu’il recommandoit d’éviter tout ce qui est nuisible, & de garder la modération dans les six choses que l’on appelle non-naturelles ; ce que bien des gens regarderoient aujourd’hui comme une aussi bonne recette contre les maladies épidémiques, que l’arcanum duplicatum catholicum Wedelii. M. Geoffroy finit cet extrait par l’explication très-judicieuse que Quirinus Rivinus a donnée de l’opération de cet amulete, qu’il croit être fort propre à encourager le peuple, & à l’empêcher de craindre la contagion : car il y a long-tems que l’on a observé que dans les maladies épidémiques, un des plus souverains alexipharmaques étoit le courage ou l’insensibilité. (b)

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Étymologie de « colchique »

Colchicum, de ϰολχιϰόν, ainsi dit de la Colchide, patrie de l'empoisonneuse Médée.

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(XVIIe siècle) Du latin colchicum (« herbe de Colchide »), la Colchide est le pays de l’empoisonneuse Médée, le colchique étant vénéneux.
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Phonétique du mot « colchique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
colchique kɔlʃik

Évolution historique de l’usage du mot « colchique »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « colchique »

  • Le pré est vénéneux mais joli en automne Les vaches y paissant Lentement s'empoisonnent Le colchique couleur de cerne et de lilas Y fleurit tes yeux sont comme cette fleur-là Violâtres comme leur cerne et comme cet automne Et ma vie pour tes yeux lentement s'empoisonne. Guillaume Apollinaire de Kostrowitzky, dit Guillaume Apollinaire, Alcools, les Colchiques , Gallimard
  • Gare au colchique ! Un cas d'intoxication mortelle vient d'être signalé en Alsace. Les autorités sanitaires et les centres antipoison du Grand Est appellent à la vigilance. France Bleu, Intoxication mortelle dans le Grand Est après une confusion entre colchique et ail des ours
  • Plutôt que de parler d’annulation en avril dernier, Poésie en arrosoir avait annoncé un report afin «de ne pas lâcher le rêve, ne pas l’abandonner et nourrir l’espoir de se retrouver», explique le festival. «La poésie est donc bien vivante. Elle a cette année un parfum de moisson, de vendange et de colchique, Val-de-Ruz: la 18e édition raccourcie de Poésie en...
  • Enfin, concernant la confusion entre colchique et ail des ours, l’Anses a rapporté le 4 mai 2020 un cas d’intoxication mortelle. Le décès est survenu en région Grand Est suite à la consommation de colchique cuisiné en pesto et confondu avec de l’ail des ours au moment de sa cueillette. Réalités Biomédicales, Mort après avoir consommé une plante toxique de son jardin – Réalités Biomédicales
  • Un Alsacien d’une cinquantaine d’années est décédé après avoir été gravement intoxiqué à la suite d’une confusion entre deux plantes cueillies en forêt : il a consommé de la colchique en pensant qu’il s’agissait d’ail des ours Selon le Dr  Christine Tournoud du centre antipoison Est basé à Nancy, l’amertume permet de distinguer la colchique et l’ail des ours. Si la plante est amère, il s’agit de colchique. , Faits-divers - Justice | Mort d’un quinquagénaire qui avait confondu ail des ours et colchique
  • Attention si vous cueillez des plantes sauvages, toutes ne sont pas bonnes à consommer. La confusion entre le colchique, toxique et l'ail des ours a provoqué en Alsace plusieurs cas d'intoxication. France Bleu, Confusion entre l'ail des ours et le colchique : plusieurs cas d'intoxication en Alsace
  • D’après l’ARS, en avril 2019, 20 cas d’exposition au colchique ont été signalés aux centres antipoison, c’est-à-dire deux fois plus que les années précédentes. Récemment, deux cas d’intoxications alimentaires graves ont été observés dans la région Grand Est, Santé sur le net, Ail des ours et colchique : Intoxications graves induit par la confusion
  • Quand la comptine populaire évoque des colchiques dans les prés, Le Coin nature présente aujourd'hui le colchique d'automne (photo Jean-Manule Torrès). Et pour cause, le rose violet clair de la fleur couvre en ce moment quelques massifs, prairies ou sous-bois. ladepeche.fr, Colchique d'automne : couleur et fraîcheur - ladepeche.fr
  • Crocus et Colchique ont un air famille, mais l'un -le crocus-est charmant au jardin tant que l'autre -le colchique- est extrêmement toxique. Le maître jardinier de France Info nous dit tout sur ces deux plantes bulbeuses. Franceinfo, Crocus et colchique : l'un est gentil et l'autre pas !

Traductions du mot « colchique »

Langue Traduction
Anglais colchicum
Espagnol colchicum
Italien colchicum
Allemand colchicum
Chinois 秋水仙属
Arabe كولشيكوم
Portugais colchicum
Russe безвременник
Japonais コルチカム
Basque colchicum
Corse colchicum
Source : Google Translate API

Synonymes de « colchique »

Source : synonymes de colchique sur lebonsynonyme.fr

Colchique

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