La langue française

Anacarde

Sommaire

  • Définitions du mot anacarde
  • Étymologie de « anacarde »
  • Phonétique de « anacarde »
  • Évolution historique de l’usage du mot « anacarde »
  • Citations contenant le mot « anacarde »
  • Traductions du mot « anacarde »
  • Synonymes de « anacarde »

Définitions du mot « anacarde »

Trésor de la Langue Française informatisé

ANACARDE, subst. masc.

BOT. Fruit de l'anacardier d'Occident (contenant une amande comestible employée quelquefois en médecine sous le nom de noix d'anacarde, noix d'acajou ou de cajou, noix de marais, noix des boutiques, etc.) et son pédoncule charnu (pomme d'acajou, salsepareille des pauvres) (cf. Nouv. Lar. ill.) :
1. Tout comme la noix d'acajou, celle d'anacarde a une huile fixe, âcre, corrosive, dans l'enveloppe coriace de la semence. Les Chinois font usage de cette huile comme vernis. Comm.t. 11837.
2. On emploie le fruit connu sous le nom de noix d'acajou ou d'anacarde occidental. Dorvault, L'Officine,1844, p. 126.
Rem. 1. Dans certains dict. (Besch. 1845, Guérin 1892, etc.), le mot semble désigner le fruit lui-même, à l'exclusion du pédoncule. 2. Il est également synon. d'anacardier (arbre) ds Nysten 1814, Nouv. Lar. ill., DG et Rob., et d'anacardier (fruit) ds Lar. 19e; aucun dict. ne donne les 2 mots comme synon. dans les 2 emplois.
Prononc. : [anakaʀd].
Étymol. ET HIST. − xives. « fruit dont l'amande est bonne à manger » (Qualitez des simples medecines, B.N. 1288, fo134 rods Gdf. Compl. : Anacardi chaul); xves. « id. » (Grant herbier, no29 ibid. : Anacardi [anacars], ce sont fruitz d'ung arbre qui croist en Inde. Aucuns dient que ce sont pououx de elefant, mais c'est fault); 1549 « arbre portant ce fruit » (A. Du Moulin, Quint. ess. de tout chos., p. 66 ibid. : Les fruits d'anacardes, poivre noir). Empr. au lat. médiév. anacardus, 1076-87, Constantinus Africanus, Grad., p. 382, 20 ds Mittellat. W. s.v. : anacardi calidi et sicci in quarto gradu. Antérieurement, ixes., anacardium (Antidot. Sangall., p. 79, 31, ibid.). Voir aussi André Bot. 1956, p. 29.
STAT. − Fréq. abs. litt. : 1.
BBG. − Arveiller (R.). Médecine et matière médicale (50 nouvelles datations). R. Ling. rom. 1970, t. 34, no133/134, p. 179. − Bél. 1957. − Boiss.8. − Comm. t. 1 1837. − Dumas 1965 [1873]. − Duval 1959. − Littré-Robin 1865. − Méd. Biol. t. 1 1970. − Nysten 1814-20.

Wiktionnaire

Nom commun

anacarde \a.na.kaʁ.d\ masculin

  1. Fruit de l’anacardier, comprenant la noix de cajou et la pomme de cajou.
    • La production d’anacarde a entraîné des mutations sociales au niveau de certaines zones rurales. — (Oumar Sangaré, La production cotonnière en Haute-Guinée, 2010)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

ANACARDE. n. m.
Fruit de l'anacardier.

Littré (1872-1877)

ANACARDE (a-na-kar-d') s. m.
  • Fruit en forme de cœur dont l'amande est bonne à manger.

HISTORIQUE

XVIe s. Les medicaments septiques, comme moustarde, anacarde, cantharides…, Paré, XXXV, 33.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

* ANACARDE, s. m. anacardium, (Hist. nat.) c’est un fruit, ou plûtôt un noyau applati, de la forme du cœur d’un petit oiseau, noirâtre, brillant, long d’environ un pouce, se terminant par une pointe mousse, attaché à un pédicule ridé qui occupe toute la base. Il renferme sous une double enveloppe fort dure & qui est une espece d’écorce, un noyau blanchâtre, d’un goût doux comme l’amande ou la châtaigne. Entre la duplicature de cette enveloppe est un suc mielleux, acre, & brûlant, placé dans les petits creux d’une certaine substance fongueuse ou diploé. Les anciens Grecs ne le connoissoient pas.

Il faut prendre l’anacarde récent, noir, pesant, contenant un noyau blanc & beaucoup de liqueur fluide. Le R. P. George Camelli, de la Compagnie de Jesus, dans l’index des plantes de l’île de Luzone que Jean Ray a fait imprimer, distingue trois especes d’anacarde : la premiere est la plus petite, appellée ligas ; la seconde ou moyenne, est l’anacarde des boutiques ; & la troisieme se nomme cajou, ou acajou.

Le ligas est un arbre sauvage, de médiocre grandeur, qui vient sur les montagnes, & dont les jeunes pousses répandent quand on les casse, une liqueur laiteuse, qui en tombant sur les mains ou sur le visage, excite d’abord la demangeaison, & peu à peu l’enflûre. Sa feuille est longue d’un empan & davantage ; elle est d’un verd foncé & rude, & a peu de suc ; sa fleur est petite, blanche, découpée en forme d’étoile, & disposée en grappe à l’extrémité des tiges. Son fruit est de la grosseur de celui de l’érable, & d’un rouge safran ; il a le goût acerbe, comme la pomme sauvage ; à son sommet est attaché un noyau noir, luisant, & plus long que les fruits ; son amande mâchée picote & resserre un peu le gosier.

L’anacarde moyen est un grand arbre, beau & droit, haut de soixante & dix piés, épais de seize ou environ, qui aime le bord des fleuves, & qui jette au loin & en tout sens plusieurs branches de couleur cendrée ; son bois est blanchâtre, & couvert d’une écorce cendrée ; sa racine fibreuse, rougeâtre, garnie d’une écorce rousse, sans odeur, mucilagineuse, & d’une saveur un peu salée ; sa feuille grande, quelquefois de trois coudées, longue, ovalaire, attachée aux rameaux par de petites queues, disposée à son extrémité en forme de rose, épaisse, nombreuse, rude, lisse, luisante, verte en dessus, un peu cendrée en dessous, insipide, & sans odeur ; sa fleur petite, ramassée en grape, blanchâtre, de bonne odeur, taillée en étoile, & portée sur de longs pédicules violets qui sortent du tronc. Elle est composée d’un calice verd, pointu, découpé en cinq quartiers, & de cinq pétales jaunes, ovales, pointus, & blanchâtres par leur bord. Entre ces pétales, sont placées autant d’étamines blanchâtres, garnies de sommets partagés en deux, & au milieu un petit style blanchâtre. Quand la fleur est passée, il lui succede un fruit allongé, plus petit qu’un œuf de poule, sans noyau, bon à manger, rougeâtre d’abord, ensuite de couleur de pourpre foncé en dehors, jaunâtre d’abord en dedans, & bientôt après d’un bleu rougeâtre, d’une saveur acerbe, portant à son sommet un noyau en cœur, verd dans le commencement, rougeâtre par la suite, enfin noirâtre. Cet arbre se trouve aux Indes orientales, au Malabar, & dans les îles Philippines.

Les Indiens en font cuire les tendres sommets pour les manger ; les noyaux ou amandes sont bonnes aussi ; elles ont le goût des pistaches & des châtaignes ; on en ôte l’écorce en les mettant sous la cendre chaude.

Le même Camelli dit que la vertu caustique & dangereuse qu’on attribue au noyau, n’est que dans le suc mielleux qui remplit les petits creux de l’écorce. On frotte de ce suc les condylomes, & autres excroissances charnues, les écrouelles, les verrues, & les dartres vives qu’on veut déraciner. Ce suc mielleux est utile pour mondifier les ulceres des bestiaux ; il consume les dents cariées ; on l’employe avec la chaux vive pour marquer les étoffes de soie ; on fait de l’encre avec les fruits verds pilés, & mêlés avec de la lessive & du vinaigre.

L’acajou est un fruit, ou plûtôt un noyau qui a la figure d’un rein, la grosseur d’une châtaigne, l’écorce grise, brune, épaisse d’une ligne, composée comme de deux membranes, & d’une certaine substance qui est entre les deux, fongueuse, & comme un diploé, contenant dans ses cellules un suc mielleux, roussâtre, acre, & si mordicant, qu’en en frottant légerement la peau, on y excite la sensation du feu.

Si quelqu’un mord imprudemment cette écorce, il souffrira une ardeur vive & brûlante à la langue & aux levres. L’amande qui est dessous a aussi la figure d’un rein ; sa substance est blanche ; elle a la consistance & le goût de l’amande douce ; elle est revêtue d’une petite peau jaune qu’il en faut enlever.

L’arbre qui porte ce fruit se trouve aux îles de l’Amérique, au Brésil, & aux Indes ; il s’éleve plus ou moins haut, selon la différence du climat & du terroir. Au Brésil il égale la hauteur des hêtres ; au Malabar & aux îles, il est médiocre : le P. Plumier en donne la description suivante.

L’acajou est de la hauteur de notre pommier, fort branchu, fort touffu, & couvert d’une écorce ridée & cendrée ; sa feuille est arrondie, longue d’environ cinq pouces, large de trois, attachée à une queue courte, lisse, ferme comme du parchemin, d’un verd gai en dessus & en dessous, avec une côte & des nervûres paralleles ; au sommet des rameaux naissent plusieurs pédicules chargés de petites fleurs, rangées en parasol, le calice découpé en cinq quartiers droits, pointus, & en forme de lance ; la fleur est en entonnoir, composée de cinq pétales, longs, pointus, rougeâtres, verdâtres, rabattus en dehors, & plus longs que le calice ; les étamines sont au nombre de dix, déliées, de la longueur des pétales & garnies de petits sommets ; elles entourent le pistil dont l’embryon est arrondi ; le stile est grêle, recourbé, de la longueur des pétales, & le stigmate qui le termine, est pointu ; le fruit est charnu & en forme de poire, plus gros qu’un œuf d’oie, ou du moins de cette grosseur, couvert d’une écorce mince, lisse, luisante, tantôt pourpre, tantôt jaune, tantôt coloré de l’un & de l’autre ; sa substance intérieure est blanche, succulente, douce, mais un peu acerbe. Ce fruit tient à un pédicule long d’un peu plus d’un pouce, & porte à son sommet un noyau : c’est ce noyau par lequel nous avons commencé la description, & qu’on appelle ici noix d’acajou.

Le bois d’acajou coupé, & même sans l’être, répand beaucoup de gomme roussâtre, transparente, & solide ; cette gomme imbibée d’eau se fond comme la gomme arabique, & tient lieu de la meilleure glu. On exprime du fruit un suc, qui fermenté devient vineux & enivre : il excite les urines ; on en retire un esprit ardent fort vif. Plus il est vieux, plus il enivre ; on en fait du vinaigre ; les Indiens préferent l’amande au fruit. Le suc mielleux teint le linge de couleur de fer ; l’huile peint le linge en noir ; le suc est bon pour le feu volage, les dartres, la gale, les vers, &c. Il enleve les taches de rousseur, mais il n’en faut pas user dans le tems des regles ; alors il excite des érésipeles. Les habitans du Brésil comptoient jadis leur âge avec ces noix ; ils en serroient une tous les ans.

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Étymologie de « anacarde »

Du grec kardia « cœur » à cause de la forme de ce fruit.
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Ἀνὰ, selon, et ϰαρδία, cœur (voy. CŒUR).

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Phonétique du mot « anacarde »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
anacarde anakard

Évolution historique de l’usage du mot « anacarde »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « anacarde »

  • Le gouvernement a lancé une campagne médiatique, qui a lieu en ce moment. L'objectif est de mettre en relation des planteurs qui ont des invendus et des coopératives qui respectent le prix au kilo. Ensuite, il y a le grand plan d’aide pour soutenir les acteurs économiques. Le gouvernement a promis 53 millions d’euros à la filière anacarde. Mais Amadou Traoré, président de la coopérative Coop-ca-vica, dans le centre du pays, n’en a pas encore vu la couleur. "Nous entendons par les médias qu'il y a des financements dans le secteur agricole, mais jusqu'à preuve du contraire, nous n'avons reçu aucune aide venant de qui que ce soit." Franceinfo, En Côte d'Ivoire, le coronavirus plonge la filière de la noix de cajou dans la crise
  • Le Programme d’Investissement Agricole de première génération n’a jamais eu le soutien de l’Etat. On n’a donc pas pu réaliser les investissements de base, conditions préalables à l’intervention de l’Etat. La réforme des filières, notamment celles du Café/cacao, du Coton/anacarde et de l’Hévéa/palmier, bien que fondée sur un diagnostic pertinent, peine à donner des résultats au profit des producteurs. Afriksoir, Côte d’Ivoire: Commercialisation de l’anacarde, la grosse arnaque du RHDP ! – Afriksoir
  • Des producteurs d’anacarde de la ville d’Odienné ont organisé une marche pacifique le jeudi 4 juin 2020 en direction de la préfecture pour remettre une motion au préfet pour dénoncer le non-respect du prix indiqué par le gouvernement. « Le prix se négocie entre 200 FCFA et 250 FCFA. Pourtant, en remplissant les bordereaux, ils écrivent 400 FCFA. Depuis trois ans le prix de l’anacarde n’est pas respecté à Odienné. Avec quoi allons-nous payer la scolarité de nos enfants. Que le gouvernement mette fin à ce désordre. Ce n’est pas chez nous seulement mais c’est partout. Ce qu’on dit à la télévision est différent de ce qui se passe sur le terrain », a dénoncé un manifestant qu’Afrik Soir a contacté. Afriksoir, Côte d’Ivoire : Des producteurs d’anacarde marchent sur la préfecture, les explications du député Gnangadjomon Koné – Afriksoir

Traductions du mot « anacarde »

Langue Traduction
Anglais cashew nut
Espagnol anacardo
Italien anacardio
Portugais caju
Source : Google Translate API

Synonymes de « anacarde »

Source : synonymes de anacarde sur lebonsynonyme.fr
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