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Citations sur le sans - Page 352
Il y a 26056 citations sur le sans.
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Mon âme ne suivit pas la sienne. Le Ciel ne me trouva point, sans doute, assez rigoureusement puni. Il a voulu que j'aie traîné, depuis, une vie languissante et misérable. Je renonce volontairement à la mener jamais plus heureuse.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Lorsque nous nous vîmes si proche de Paris, c'est-à-dire presque en sûreté, nous prîmes le temps de nous rafraîchir, n'ayant rien mangé depuis notre départ d'Amiens. Quelque passionné que je fusse pour Manon, elle sut me persuader qu'elle ne l'était pas moins pour moi. Nous étions si peu réservés dans nos caresses que nous n'avions pas la patience d'attendre que nous fussions seuls. Nos hôtes et nos postillons nous regardaient avec admiration et je remarquai qu'ils étaient surpris de voir deux enfants de notre âge qui paraissaient s'aimer jusqu'à la fureur. Nos projets de mariage furent oubliés à Saint-Denis. Nous fraudâmes les droits de l'Eglise, et nous nous trouvâmes époux sans y avoir fait réflexion.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Mademoiselle, mademoiselle, lui dit-il, avec un sourire forcé, j'ouvre en effet les yeux, et je vous trouve bien moins novice que je ne me l'étais figuré. Il se retira aussitôt sans jeter les yeux sur elle, en ajoutant, d'une voix plus basse, que les femmes de France ne valaient pas mieux que celles d'Italie.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
J' éprouvai alors qu' on peut aimer l' argent sans être avare .
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Il demeura quelque temps à me considérer sans me répondre. Comme je n'en avais pas à perdre, je repris la parole pour lui dire que j'étais fort touché de ses bontés ; mais que la liberté étant le plus cher de tous les biens, surtout à moi, à qui on la ravissait injustement, j'étais résolu de me la procurer cette nuit même à quelque prix que ce fût ; et de peur qu'il ne lui prît envie d'élever la voix pour appeler au secours, je lui fis voir une honnête raison de silence que je tenais sous mon justaucorps. Un pistolet ! me dit-il. Quoi, mon fils ! vous voulez m'ôter la vie, pour reconnaître la considération que j'ai eue pour vous ?
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Elle pèche sans malice, disais-je en moi même; elle est légère et imprudente, mais elle est droite et sincère. Ajoutez que l'amour suffisait seul pour me fermer les yeux sur toutes ses fautes.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Je sens bien que je n'ai jamais mérité ce prodigieux attachement que vous avez pour moi. Je vous ai causé des chagrins, que vous n'avez pu me pardonnez sans une bonté extrême. J'ai été légère et volage, et même en vous aimant éperdument , comme je l'ai toujours fait, je n'étais qu'une ingrate. Mais vous ne sauriez croire combien je suis changée. Mes larmes, que vous avez vu couler si souvent depuis notre départ de France, n'ont pas eu une seule fois mes malheurs pour objet. J'ai cessé de les sentir aussitôt que vous avez commencé à les partager. Je n'ai pleuré que de tendresse et de compassion pour vous.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Que prétendez-vous donc ? m'écriai-je encore. Je prétends mourir, répondit-elle, si vous ne me rendez votre coeur, sans lequel il est impossible que je vive. Demande donc ma vie, infidèle ! repris-je en versant moi-même des pleurs, que je m'efforçai en vain de retenir. Demande ma vie, qui est l'unique chose qui me reste à te sacrifier ; car mon coeur n'a jamais cessé d'être à toi.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Il se retira aussitôt sans jeter les yeux sur elle, en ajoutant, d'une voix plus basse, que les femmes de France ne valaient pas mieux que celles d'ltalie.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Je fis encore quelques pas vers la porte, en tournant la tête, et tenant les yeux fixés sur elle. Mais il aurait fallu que j'eusse perdu tous sentiments d'humanité pour m'endurcir contre tant de charmes. J'étais si éloigné d'avoir cette force barbare que, passant tout d'un coup à l'extrémité opposée, je retournai vers elle, ou plutôt, je m'y précipitai sans réflexion.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Je demeurai plus de vingt-quatre heures la bouche attachée sur le visage et sur les mains de ma chère Manon. Mon dessein était d'y mourir; mais je fis réflexion, au commencement du second jour, que son corps serait exposé, après mon trépas, à devenir la pâture des bêtes sauvages. Je formai la résolution de l'enterrer et d'attendre la mort sur sa fosse. J'étais déjà si proche de ma fin, par l'affaiblissement que le jeûne et la douleur m'avaient causé, que j'eus besoin de quantité d'efforts pour me tenir debout. Je fus obligé de recourir aux liqueurs que j'avais apportées. Elles me rendirent autant de force qu'il en fallait pour le triste office que j'allais exécuter. Il ne m'était pas difficile d'ouvrir la terre, dans le lieu où je me trouvais. C'était une campagne couverte de sable. Je rompis mon épée, pour m'en servir à creuser, mais j'en tirai moins de secours que de mes mains. J'ouvris une large fosse. J'y plaçai l'idole de mon cœur après avoir pris soin de l'envelopper de tous mes habits, pour empêcher le sable de la toucher. Je ne la mis dans cet état qu'après l'avoir embrassée mille fois, avec toute l'ardeur du plus parfait amour. Je m'assis encore près d'elle. Je la considérai longtemps. Je ne pouvais me résoudre à fermer la fosse. Enfin, mes forces recommençant à s'affaiblir et craignant d'en manquer tout à fait avant la fin de mon entreprise, j'ensevelis pour toujours dans le sein de la terre ce qu'elle avait porté de plus parfait et de plus aimable. Je me couchai ensuite sur la fosse, le visage tourné vers le sable, et fermant les yeux avec le dessein de ne les ouvrir jamais, j'invoquai le secours du Ciel et j'attendis la mort avec impatience. Ce qui vous paraîtra difficile à croire, c'est que, pendant tout l'exercice de ce lugubre ministère, il ne sortit point une larme de mes yeux ni un soupir de ma bouche. La consternation profonde où j'étais et le dessein déterminé de mourir avaient coupé le cours à toutes les expressions du désespoir et de la douleur Aussi, ne demeurai-je pas longtemps dans la posture où j'étais sur la fosse, sans perdre le peu de connaissance et de sentiment qui me restait.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
Comme il n y avait rien, après tout, dans le gros de ma conduite, qui pût me déshonorer absolument, du moins en la mesurant sur celle des jeunes gens d'un certain monde, et qu'une maîtresse ne passe point pour une infamie dans le siècle où nous sommes, non plus qu'un peu d'adresse à s'attirer la fortune du jeu, je fis sincèrement à mon père le détail de la vie que j'avais menée. A chaque faute dont je lui faisais l'aveu, j'avais soin de joindre des exemples célèbres, pour en diminuer la honte. Je vis avec une maîtresse, lui disais-je, sans être lié par les cérémonies du mariage : M. le duc de... en entretient deux, aux yeux de tout Paris ; M. de... en a une depuis dix ans, qu'il aime avec une fidélité qu'il n'a jamais eue pour sa femme ; les deux tiers des honnêtes gens de France se font honneur d'en avoir. J'ai usé de quelque supercherie au jeu : M. le marquis de... et le comte de... n'ont point d'autres revenus ; M. le prince de... et M. le duc de... sont les chefs d'une bande de chevaliers du même Ordre.
Abbé Antoine Prévost — Manon Lescaut -
La vie n'est pas le travail : travailler sans cesse rend fou.
Charles de Gaulle — Les Chênes qu'on abat -
La vie n'est pas le travail : travailler sans cesse rend fou.
Charles de Gaulle — Les Chênes qu'on abat -
Qui n’a pas de gloss préféré ? Qu’il soit pailleté, rose, rouge, avec ou sans goût, ce cosmétique est très populaire. Pour les plus créatives, il est même possible de fabriquer son propre gloss pailleté ! Effectivement, cette TikTokeuse partage sa recette.
Marie France, magazine féminin — La méthode toute SIMPLE pour faire son propre gloss ultra pailleté (façon gloss Kiko) -
Coton ouaté sans manche décoré de l'enseigne de l'école!
TPL Moms — H&M sort une nouvelle collection jeunesse Stranger Things! | TPL Moms -
C'est donc contraint et forcé que le premier magistrat, Emmanuel Joulié, a signé l’arrêté d'autorisation temporaire. Il l'a fait en public, au milieu de la place du village, en présence du collectif Ondes bastidienne et de son avocat, non sans avoir expliqué les raisons qui l’ont obligé à apposer sa signature.
ladepeche.fr — VIDEO. Un maire du Tarn obligé de valider l'implantation d'une antenne 5G à laquelle il s'oppose - ladepeche.fr -
L’accouchement se déroule sans encombre, mais dans les semaines suivantes, la mère, qui se plaint de douleurs et de saignements, retourne à l’hôpital de Remiremont. Les médecins lui diagnostiquent une endométrite, une inflammation de l'endomètre, une muqueuse qui tapisse la cavité de l'utérus, et la laissent rentrer chez elle.
France 3 Grand Est — Un morceau de placenta oublié dans le corps d’une mère : une 11e plainte déposée contre l’hôpital de Remiremont -
En plus du cabinet, le précédent médecin avait aussi fait installer "un studio" au-dessus pour "recevoir des internes du CHU de Nice", précise l'édile. Dans son offre d'emploi, la mairie explique également que le futur médecin bénéficiera "d'un loyer modéré et sans frais d'installation".
BFMTV — Banderole, loyer modéré: la commune de Touët-sur-Var tente de trouver son nouveau médecin généraliste -
Rendre une demeure de caractère plus actuelle sans qu'elle perde de sa superbe ? C'est le défi relevé par les architectes du STUDIO KLEIN dans cette maison en meulière début XXe. Remise en valeur tout à fait étonnante.
Avant-après : modernisée, cette meulière a tout pour plaire ! -
Le programme du RN n’a aucune crédibilité pour devenir demain une alternative viable pour notre pays. Nous devons le démontrer, sans mépris ni surplomb moral vis-à-vis des électeurs qui ont fait le choix de l’extrême droite. C’est impératif pour ne pas faire de sa victoire annoncée une fatalité.
Le Monde.fr — Astrid Panosyan-Bouvet, députée Renaissance : « Nous ne devons avoir ni mépris ni surplomb moral vis-à-vis des électeurs qui ont fait le choix de l’extrême droite » -
Le plat lyophilisé Forclaz riz poulet au curry sans gluten est en vente exclusivement chez Décathlon au prix de 6 €.
I-Trekkings — Test du plat lyophilisé Forclaz riz poulet au curry sans gluten -
Pour garder vos sols propres et votre parquet lustré sans fournir d'efforts, un robot aspirateur devient un allié indispensable. C'est d'autant plus pratique si vous n'avez pas beaucoup de temps à accorder aux tâches ménagères entre le travail, les sorties avec les amis et votre vie de famille. La plupart des modèles sont onéreux, mais pas ce Rowenta X-Plorer Serie 45 qui voit son prix passer de 299,99 euros à 179,99 euros à l'occasion d'une vente flash chez la Fnac et Darty.
Frandroid — Ce robot aspirateur 4-en-1 de Rowenta est à -40 % chez la Fnac et Darty -
En 20 ans d'expertise, il affirme n'avoir jamais rien vu de tel, tant les punaises de lit seraient nombreuses dans cette cellule macabre. Au point de tuer un humain? Pas impossible, répond le spécialiste. Si ces insectes ne sont généralement pas mortels, une exposition massive (vraiment massive) et prolongée peut malgré tout provoquer une anémie mortelle, étant donné que ces bestioles se nourrissent de sang. Sans parler d'une réaction allergique, elle aussi potentiellement très dangereuse.
Slate.fr — Un prisonnier américain aurait été «dévoré vivant» par des punaises de lit | Slate.fr -
Dans cette vie qui vous apparaît quelquefois comme un grand terrain vague sans poteau indicateur, au milieu de toutes les lignes de fuite et les horizons perdus, on aimerait trouver des points de repère, dresser une sorte de cadastre pour n'avoir plus l'impression de naviguer au hasard. Alors, on tisse des liens, on essaye de rendre plus stables des rencontres hasardeuses.
Patrick Modiano — Dans le café de la jeunesse perdue -
Je sais aussi, dit Candide, qu’il faut cultiver notre jardin. — Vous avez raison, dit Pangloss ; car, quand l’homme fut mis dans le jardin d’Éden, il y fut mis ut operaretur eum, pour qu’il travaillât : ce qui prouve que l’homme n’est pas né pour le repos. — Travaillons sans raisonner, dit Martin ; c’est le seul moyen de rendre la vie supportable.
Voltaire — Candide -
Oui, je lis beaucoup, tout le temps, dès le matin en déjeunant, je ne peux pas m’en passer. Je peux dépenser sans compter pour acheter des bouquins. Je voudrais avoir plus de temps, être en retraite, déjà, pour lire davantage.
www.lejdc.fr — Une Vauzellienne dans le jury du Prix du Livre France Inter : "Je lis beaucoup, tout le temps, je ne peux pas m’en passer" - Varennes-Vauzelles (58640) -
Les cheveux tout courts, cela ne paraît forcément trop féminin. La solution – dégrader la coupe en laissant quelques mèches, desquelles adoucir mais aussi texturiser sa crinière. C’est notamment l’idée derrière la coupe pixie pour cheveux fins – préférées des têtes sans volume, comme de celles de 50 et 60 ans dont la masse capillaire s’affine. On dit « oui » à une coupe pixie mais pour quelles raisons et comment l’adopter ? Trouvez la réponse ci-dessous.
Archzine.fr — Ajouter de la texture avec la coupe pixie pour cheveux fins -
Vous en voulez encore ? L’auteur connait son sujet qu’il a tant de fois écrit en Paris sépia. Son inventaire se chauffe au "bois et charbon”, il circule en Solex, sans casque cheveux au vent, il achète les petites culotes de sa femme chez Tati, les petits poids chez Félix Potin, mange au Pied de Cochon et aime poiroter en attendant un taxi Parisien.
France Bleu — Voyage au bout de Paris : “Paris souvenirs” de Marc Lemonier -
Pourquoi a-t-il agi ainsi ? Parce que, alcoolisé, excessivement jaloux, il s’imagine « qu’elle se fait partouzer » chez lui. Il exige qu’elle vienne à son domicile, à 500 m de là, la prend par le bras, la fait monter dans la Mercedes qu’il conduit sans permis.
actu.fr — Loire-Atlantique : en prison après s'être imaginé que son ex « se faisait partouzer » chez lui | L'Écho de la Presqu'île -
Faites l'expérience de vous dire sans cesse : j'étais là, je suis là, je serai toujours là, je suis avec moi jusqu'à la fin des temps, le ciel et la terre passeront, mais ma certitude ne passera pas. Le résultat est terrifiant ou comique. À moins de prendre tout ça à la légère, sur la pointe des pieds, de marcher sur l'eau, de voler. Regardez : j'ai l'air d'un boeuf mais je plane, je suis une mouette, un faucon, un héron. Ma vie est dans les fleurs, les marais, les vignes, les vagues. Je migre, je transmigre, je me réincarne au jugé. On m'enterre, je ressuscité ; on m'incinère, mes atomes persistent et se recomposent plus loin. Dans le monde humain, il m'arrive d'attendre longtemps avant de me reconnaître. J'ai des rêves, des attaques, des pressentiments, je fais des rencontres, je suis bien obligé d'admettre que je suis un autre, et soudain me revoilà,c'est plus fort que moi. Ici, il faut que je me parle doucement à mi-voix, comme quelqu'un qui a peur de réveiller des gens qui dorment et qu'il aime.
Philippe Sollers — Une vie divine -
Le nihiliste, à propos du génie : "Quel- que chose d'autre que lui vivait en lui, passait par lui, allait plus loin que lui, était très différent de lui", etc. Bref, sans cesse : lui n'était pas lui.
Philippe Sollers — Carnet de nuit -
Vous pensez sans doute que l’auteur exagère, vous allez me dire que personne n’a jamais vu des fleuves battre des mains, ni des montagnes crier de joie. Moi, si, mais je me garde bien de le dire. On me trouve assez fou comme ça. L’auteur est déchaîné, il veut que tout exulte et jubile. Il convoque des cors, des harpes, des cithares, des danseuses, des tambours, des cordes, des flûtes, des cymbales, bref « tout ce qui respire ». Qui a enregistré ces fêtes ? Tout n’a-t-il pas disparu ?
Philippe Sollers — Mouvement -
Freud s'est fait euthanasier avec l'accord de sa fille. Il n'en pouvait plus. Tout indique qu'il a quitté sans regret l'océan de la connerie humaine, transformée aujourd'hui en télé-irréalité. Kafka, au comble de la souffrance dit à son médecin : 《 Si vous ne me tuez pas, vous êtes un assassin. 》 La plupart des humains préfèrent la souffrance au néant. En revanche, des clandestins, pour ne pas parler sous la torture, se sont supprimés. Saluons-les.
Philippe Sollers — Centre -
Céline au Panthéon ? On voit bien que la question ne se pose pas et ne se posera jamais . Il y a des écrivains qui font consensus (ce n’est pas pour ça qu’on les lit comme il doivent être lus) et d’autres qui seront toujours l’objet de polémique : Céline est évidemment de ceux-là. Ce n’est pas pour ça qu’on le lit vraiment. L’argument des détracteurs est connu : l’antisémitisme revendiqué de Céline. Il est indéniable et, bien sûr, insoutenable. Mais est-ce une raison pour ne pas lire ? A ce jour, à l’exception de Mea Culpa, les célèbres pamphlets — Bagatelle pour un massacre (1937), L’École des cadavres (1938), Les beaux draps 1941) — ne sont pas réédités [3]. Dans un récent article du N.O., Jacques Drillon rappelait ces mots de Philippe Muray : « Notre époque veut ignorer que l’Histoire était cette somme d’erreurs considérables qui s’appellent la vie, et se berce de l’illusion que l’on peut supprimer l’erreur sans supprimer la vie. » Drillon ajoutait : « Si l’on ne peut pas lire les pamphlets antisémites de Céline, on ne pourra pas démonter son antisémitisme, ni même démontrer que Céline était antisémite. Or il l’était. Donc, trompés, nous mentirons à notre tour. »
Philippe Sollers -
Vous n'êtes en vie que parce que vous résistez sans arrêt au suicide de votre organisme. Familiarisez-vous avec cette vision. Elle change tout.
Philippe Sollers — Une vie divine -
Les vrais problèmes ne sont sans doute pas là où l'on croit... On met tout l'accent sur les problèmes de sexualité et de reproduction, mais on est beaucoup plus discret sur l'hygiène... On dirait que l'hygiène est plus tabou que le sexe... Vous n'avez pas idée à quel point, pour les femmes notamment, la simple propreté, la propreté élémentaire, est une chose récente...
Philippe Sollers — Femmes -
Werth n’en pouvait plus... Tout l’ennuyait, le fatiguait de plus en plus, le dégoûtait... Les demandes des uns, les supplications des autres ; l’atmosphère de malveillance implacable qui entoure la prostitution douce ; la niaiserie dépendante des garçons exigeant sans cesse d’être assistés, maternés, poussés, pistonnés... Pour quelques instants agréables (et encore), quel prix à payer... Téléphones, lettres, démarches, arbitrages... Conseils, indulgence à n’en plus finir, tutelle, pourboires déguisés... A ce jeu de la résignation, Werth était devenu une sorte de saint malgré lui, gardant quand même sa réserve ponctuée de soubresauts rageurs... Il ne vivait pas du tout son homosexualité comme le font la plupart, désormais, de façon triomphante, agressive, militante, dure, prononcée... L’obscénité en vitrine... Boîtes sado-maso, valse du cuir... Torses, poils, muscles, piscines d’argile, mer gluante... Floc-floc des râles et des grognements... La seule chose qui avait toujours fait peur à Werth, c’est que sa mère apprenne ses goûts par la presse... Qu’il y ait comme ça un scandale mettant en cause sa situation, d’ailleurs péniblement acquise, de grand professeur... Déjà, l’hostilité des collègues, l’inlassable calomnie des ratés universitaires... Rien à voir avec le gauchisme viril de Pasolini... Les sous-prolétaires dans le cambouis, sur la plage... Avec le risque d’assassinat au bout, c’est d’ailleurs ce qui a fini par arriver... Non, les Français sont plus réservés, que voulez-vous, ils souffrent de plus en plus, en demi-teintes... Proust dans une boîte de New York ? Charlus et Jupien dans les bains-douches directs de la 72e Rue ? Werth se battait, sans illusions, pour une sorte de sensualité atténuée, une variante d’épicurisme... Bouddhiste, japonisant, légèrement affaissé..
Philippe Sollers — Femmes -
Werth n’en pouvait plus... Tout l’ennuyait, le fatiguait de plus en plus, le dégoûtait... Les demandes des uns, les supplications des autres ; l’atmosphère de malveillance implacable qui entoure la prostitution douce ; la niaiserie dépendante des garçons exigeant sans cesse d’être assistés, maternés, poussés, pistonnés... Pour quelques instants agréables (et encore), quel prix à payer... Téléphones, lettres, démarches, arbitrages... Conseils, indulgence à n’en plus finir, tutelle, pourboires déguisés... A ce jeu de la résignation, Werth était devenu une sorte de saint malgré lui, gardant quand même sa réserve ponctuée de soubresauts rageurs... Il ne vivait pas du tout son homosexualité comme le font la plupart, désormais, de façon triomphante, agressive, militante, dure, prononcée... L’obscénité en vitrine... Boîtes sado-maso, valse du cuir... Torses, poils, muscles, piscines d’argile, mer gluante... Floc-floc des râles et des grognements... La seule chose qui avait toujours fait peur à Werth, c’est que sa mère apprenne ses goûts par la presse... Qu’il y ait comme ça un scandale mettant en cause sa situation, d’ailleurs péniblement acquise, de grand professeur... Déjà, l’hostilité des collègues, l’inlassable calomnie des ratés universitaires... Rien à voir avec le gauchisme viril de Pasolini... Les sous-prolétaires dans le cambouis, sur la plage... Avec le risque d’assassinat au bout, c’est d’ailleurs ce qui a fini par arriver... Non, les Français sont plus réservés, que voulez-vous, ils souffrent de plus en plus, en demi-teintes... Proust dans une boîte de New York ? Charlus et Jupien dans les bains-douches directs de la 72e Rue ? Werth se battait, sans illusions, pour une sorte de sensualité atténuée, une variante d’épicurisme... Bouddhiste, japonisant, légèrement affaissé..
Philippe Sollers — Femmes -
La géographie mentale est sans limites, elle fleurit sans cesse au présent ...
Philippe Sollers — Légende