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« Pour survivre, la langue doit évoluer », les propositions d'Anne Hidalgo sur la langue française

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L’écriture inclusive, la place de l’anglais dans l’administration, la défense des langues régionales… autant de sujets qui concernent la langue française et sur lesquels certains candidats à la présidentielle ont déjà pris position. Dans le cadre de l'élection présidentielle de 2022, nous avons donc contacté les principaux partis afin de les questionner plus en détail sur ces thèmes fondamentaux. Aujourd’hui, Anne Hidalgo (PS) a accepté de nous répondre.

LA LANGUE FRANÇAISE. - Lors du discours au sommet de la francophonie, prononcé par Emmanuel Macron à  Erevan en octobre 2018, notre Président a affirmé que la francophonie devait être un lieu de « reconquête » (elle doit être « féministe » mais aussi ouverte au plurilinguisme). Quel bilan faites-vous de ce quinquennat en la matière ?

Anne HIDALGO. - Le bilan d’Emmanuel Macron n’est malheureusement pas à la hauteur des enjeux de la langue française, par manque de volontarisme. Entre le retard pris par l’ouverture de la Cité de la langue française à Villers-Cotterêts et l’annulation du sommet de la francophonie de 2021, force est de constater que la langue française n’est pas une priorité dans l’agenda présidentiel, contrairement aux promesses faites.

Quelle serait votre stratégie en ce qui concerne la valorisation du français ? 

La voix de la France dans le monde repose aujourd’hui en grande partie sur la diffusion de notre langue. Notre réseau culturel et éducatif dans le monde est particulièrement développé, notamment en Afrique où il est présent dans 46 pays. C’est une force. Plutôt que de se reposer sur cette force, je veux redonner à la langue française et à la diplomatie culturelle une place centrale dans notre stratégie d’influence internationale. Je veux faire du français un espace culturel et politique de pays partageant les valeurs universelles, mais également capitaliser sur les liens économiques tissés avec les pays francophones.

Il faut redonner l’élan nécessaire à cette communauté internationale présente sur tous les continents. Pour cela, le prochain sommet de la francophonie en novembre prochain est un rendez-vous à ne pas manquer. La langue française doit aussi être un enjeu au sein même de la France. A Paris, nous avons organisé en 2019 la première journée dédiée à l’écriture manuscrite : je voudrais généraliser ce projet pour encourager les Français à réinvestir notre langue. 

Et pour ce qui est des langues régionales et de la francophonie, notamment dans les institutions internationales ?

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Je veux préserver la diversité linguistique à l’échelle de notre pays en protégeant les langues régionales. Je suis notamment favorable à leur apprentissage à l'école. Il faut revaloriser la place du français dans les institutions internationales : c’est une autre de mes priorités, en particulier au sein de l’Union européenne. Il ne s’agit pas seulement d’assurer l’influence de la France, mais plus largement de garantir le multilinguisme dans les institutions européennes face à l’hégémonie de l’anglais pour que les nations européennes soient véritablement « unies dans la diversité ». 

Êtes-vous en faveur de l’écriture inclusive ?

Pour survivre, la langue française doit aussi évoluer. Je veux promouvoir une langue française plus inclusive, dans les documents officiels comme dans la vie de tous les jours. 

Quels sont vos engagements ?

Sur le plan international, je donnerai des moyens aux réseaux du Quai d’Orsay, essentiels pour la diffusion de la langue française. Je veux que l’Institut français, les établissements d’enseignement, les Alliances françaises et l’audiovisuel extérieur aient les moyens de mener leurs missions.

Notre langue doit également être le premier outil de la politique d’intégration dans la société française. Je souhaite donc que des cours de français soient organisés gratuitement, pour les nouveaux arrivants comme pour les immigrés déjà installés qui souhaitent améliorer leur maîtrise de la langue.

Il faut aussi faire vivre la langue à l’oral et notamment à l’école. À l’école, trop souvent, l’oral est subalterne. Changeons cela. L’oral ne doit pas être réservé à l’apprentissage des langues étrangères. Il faudra pour cela donner une formation pointue aux enseignants sur les questions d’acquisition du langage, fonder l’évaluation des compétences et savoirs autant sur l’oral que sur l’écrit dans toutes les matières, étendre le recours aux classes inversées et développer à l’école l’apprentissage de la rhétorique comme un savoir et une compétence essentielle.

La publication de cet article a coûté 200 €

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Violaine Epitalon

Violaine Epitalon est journaliste, titulaire d'un Master en lettres classiques et en littérature comparée et spécialisée en linguistique, philosophie antique et anecdotes abracadabrantesques.

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