Le guide essentiel des termes techniques de la langue française

Le guide essentiel des termes techniques de la langue française

Tous ceux qui ont déjà ouvert un manuel de français ont sûrement été confrontés aux multiples termes techniques de la linguistique. Pour les « profanes », ce n’est pas toujours simple de comprendre ces termes techniques utilisés pour l’apprentissage d’une langue ou la compréhension des règles grammaticales de sa propre langue !

Je propose donc dans cet article un petit guide des termes techniques utilisés dans les manuels de français (et d’autres langues). Pour chaque terme, la première partie est une définition « simple » pour que tout le monde puisse comprendre, même les apprenants étrangers. Ensuite il y a une définition beaucoup plus « technique » que j’ai sélectionnée sur le fabuleux site du Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales (CNRTL). Ce site regorge de ressources intéressantes pour les personnes intéressées par la linguistique et le français en général, n’hésitez pas à y jeter un coup d’oeil !

Par ailleurs, si j’ai oublié des termes essentiels n’hésitez pas à me le signaler en commentaire.

 

Termes en A

– Accent

Un accent est un signe sur une voyelle pour une raison phonétique ou orthographique. C’est aussi la manière de prononcer une langue.

-En phonétique c’est « l’augmentation de l’intensité ou élévation de la hauteur de la voix, qui met en relief telle syllabe ou telle articulation d’un mot ou d’un groupe de mots »

-Au niveau de la prononciation, c’est la »manière particulière de placer l’accent et l’ensemble des traits de prononciation qui s’écartent de la prononciation considérée comme normale et révèlent l’appartenance d’une personne à un pays ou une région déterminés.

-Au niveau de l’orthographe, c’est un « signe graphique placé au-dessus des éléments vocaliques de base de la transcription »

Source : CRNTL.

 

– Accord

L’accord est une correspondance établie entre des unités linguistiques liées entre elles syntaxiquement. On accorde par exemple au singulier/pluriel, masculin/féminin. Exemple : Regarde les peintures que j’ai réalisées.

Phénomène d’harmonie phonique et/ou graphique visant à assurer, au niveau du discours, la « conservation de l’information » (a), et secondairement, la cohésion du syntagme (b), de la phrase (c) ou de deux ou plusieurs énoncés successifs (d) : a) les emplettes qu’avec mon amie qui m’accompagnait j’ai faites ce matin au marché (le morph. -es articulé sur le part. passé rappelle que l’information porte sur les emplettes); b) les fleursvertes (les morph. les, -s, -es soulignent la cohésion du syntagme nom.); c) les arbustes grandissent (les morph.les, -s, -ent soulignent la cohésion entre le syntagme nom. et le syntagme verbal); d) j’ai vu nos amis; ils sortaient de leur maison (les morph. -s, -s, -s, -ent soulignent la cohésion entre les 2 phrases).

Source : CRNTL

 

– Adjectif

Mot qui s’ajoute à un nom pour qualifier la personne, l’objet ou la notion que ce nom désigne (adjectif qualificatif) ou pour l’introduire dans le discours (adjectif déterminatif).

Partie du discours, variable en genre et en nombre, se rapportant dans la phrase au substantif.

Mot appartenant à cette partie du discours :

1. L’adjectif est un mot qui donne une qualification au substantif; il en désigne la qualité ou manière d’être. Or comme toute qualité suppose la substance dont elle est qualité, il est évident que tout adjectif suppose un substantif : car il faut être, pour être tel. C.-C. du Marsais, Gramm.1789.
2. L’Adjectif ne désigne ni un être physique, ni un être métaphysique; il exprime seulement la qualité ou la manière d’être du substantif. Gir.1834, p. 239.
3. L’un des éléments les plus essentiels du discours (…). On appelle (…) ce mot adjectif, non pas seulement (…), parce qu’il s’ajoute toujours aux substantifs, mais aussi parce qu’il ajoute à ces substantifs l’idée des qualités ou des manières d’être sous lesquelles ils sont considérés. Besch.1845.
4. Nom que l’on joint à un substantif pour le qualifier ou le déterminer. Littré.
5. L’adjectif est un mot que l’on ajoute au nom pour exprimer les qualités, les diverses manières d’être des personnes ou des choses désignées par ce nom. Noël-Chapsal, 1889, p. 91.
6. Les mots pleins exprimant les attributs abstraits des substances sont appelés adjectifs. Tesn.1959, p. 62.
On distingue l’adjectif pronominal :
Adjectif pronominal. Expression sous laquelle on a désigné (et continue quelquefois à désigner) les adjectifs déterminatifs, par opposition aux adjectifs qualificatifs :
De l’adjectif verbal :
Adjectif verbal. D’une façon générale, participe employé comme adjectif, ne pouvant donc plus se construire avec un complément d’objet, devenu variable en genre et en nombre et fonctionnant comme épithète, apposition ou attribut. Un certain nombre de grammairiens restreignent cette dénomination à la seule forme en -ant employée comme adjectif et prenant les marques du genre et du nombre. L’adjectif verbal, variable en genre et en nombre, se distingue du participe présent et du gérondif, invariables depuis le xviies. (cf. Brunot t. 3 1930, p. 329, no1)

Source : CRNTL.

 

– Adverbe

L’adverbe est un mot invariable qui modifie qualitativement ou quantitativement le sens d’un verbe, d’un adjectif, d’un autre adverbe ou d’un nom, ou bien qui sert à affirmer, à nier ou à interroger. Il est utilisé pour donner du sens ou ajouter des informations dans la phrase.

Partie du discours neutre et invariable qui peut être rapportée à un verbe, à un adjectif, à une préposition ou à un autre adverbe, c’est-à-dire à toute partie du discours (autre que l’article et les déterminatifs) qui se réfère elle-même à un terme lui servant de support. Mot appartenant à cette partie du discours :

1. L’Adverbe sert à modifier, soit un adjectif, soit un verbe, soit un autre Adverbe; c’est-à-dire qu’il marque quelque manière, quelque circonstance de ce qui est exprimé par l’un ou par l’autre … Gir. t. 2 1834, p. 902.
2. Espèce de mot toujours invariable et dont la fonction la plus ordinaire est de modifier le verbe, soit par une idée de degré (…), soit par une idée de manière (…), soit par une idée d’époque ou de temps, soit enfin par une idée de lieu (…). L’adverbe peut aussi modifier un adjectif (…) ou enfin un autre adverbe. Besch.1845.
3. Adverbe. Partie invariable du discours qui modifie les verbes ou les adjectifs. Littré.
4. Adverbe. Partie invariable du discours, qui se joint avec les verbes et avec les adjectifs, et qui les modifie de diverses manières. Ac.1835-1932.
5. L’adverbe est un complément circonstanciel de forme invariable qui sert à exprimer la manière, le temps, le lieu, la quantité, etc. On range aussi parmi les adverbes les mots ou expressions qui indiquent l’affirmation, la négation ou l’interrogation. Gramm. Ac.1932, p. 188.
6. Les mots pleins exprimant les attributs abstraits de procès sont appelés adverbes. (…) les adverbesexpriment les attributs des procès, c’est-à-dire les circonstances dans lesquelles interviennent ces procès.Tesn.1959, p. 62, 74.
7. L’adverbe, qui ne peut, en principe, être incident au substantif mais porte sur l’adjectif et le verbe, c’est-à-dire sur ce qui est déjà incident (ou, mieux, sur une incidence), possède ainsi une incidence externe du deuxième degré : il assigne, en dehors de ce qu’il désigne, le mouvement d’assignation de l’adjectif ou du verbe au substantif. G. Moignet, L’Adverbe dans la locution adverbiale, Cahiers de psychomécanique du langage,1961, no5, p. 18.
Source : CRNTL

– Apposition

Une apposition est un mot ou un groupe de mot ajouté indépendemment du reste de la phrase et qui sert de déterminant d’un nom. Il peut être placé avant ou après ce nom et est parfois isolé entre deux virgules.

Exemples : Un chef mécanicien (« mécanicien » est une apposition). Mon chat, ce gentil petit siamois, est assis sur cette table (exemple d’apposition encadré par des virgules).

Terme simple ou complexe, mis sur le même plan qu’un autre par rapport auquel il joue le rôle de déterminant, sans que la détermination soit exprimée par un procédé grammatical.«  (Mar. Lex. 1951).

5. M. Victor Hugo laisse voir dans tous ses tableaux, lyriques et dramatiques, un système d’alignement et de contrastes uniformes. L’excentricité elle-même prend chez lui des formes symétriques. Il possède à fond et emploie froidement tous les tons de la rime, toutes les ressources de l’antithèse, toutes les tricheries de l’apposition. C’est un compositeur de décadence ou de transition, qui se sert de ses outils avec une dextérité véritablement admirable et curieuse. Baudelaire, Salon,1846, p. 116.
Rem. La déf. de l’apposition, particulièrement délicate en raison de la variété de constructions qu’elle recouvre, est loin d’être la même chez tous les grammairiens ou linguistes.
Procédé de construction syntaxique par lequel un terme est transposé de la fonction d’attribut en fonction de déterminant immédiat (ou quasi immédiat) d’un autre mot avec lequel il a en commun de désigner le même référent : Paris, capitale de la France (transposant Paris est la capitale : cas de déterminant immédiat), la ville de Paris (avec interposition de la prép. de : cas de déterminant quasi immédiat).

Source : CRNTL

 

– Article

Un article est un mot (un déterminant) placé devant le nom afin de préciser le degré de définition de ce mot. L’article donne notamment des informations sur le genre.

Exemples : Le monsieur est là. Un chien.

Mot précédant le substantif (ou l’adjectif antéposé au substantif) et qui en précise le genre, le nombre, la notoriété (article défini, article indéfini), l’extension (article de la généralité), etc.

SYNT. Article masculin, féminin; article défini, indéfini, partitif; article élidé, élision de l’article; article contracté, contraction de l’article.

Source : CRNTL

 

– Attribut

Un attribut est un groupe nominal ou un adjectif qui sert à donner une caractéristique à un sujet ou à un complément d’objet direct par l’intermédiaire d’un verbe.

Fonction grammaticale d’un adjectif ou d’un substantif relié à un substantif par le verbe être ou un verbe équivalent (dit « verbe attributif ») :

12. Malade dans Il est malade, Il devient malade, est un attribut. Il y aussi des attributs de compléments d’objet. Dans Je le crois riche, Riche est l’attribut de le. Ac.1932.
13. … la fonction des adjectifs et des participes (…) apparaît clairement si on dit que l’attribut est le mot qui désigne une caractéristique spécialement et délibérément choisie entre toutes celles qui peuvent permettre de distinguer quelqu’un ou quelque chose. Dagn.1965.
Source : CRNTL

– Auxiliaire (verbe)

Un auxiliaire est un verbe qui se combine à un verbe principal pour constituer un temps composé.

On considère généralement que pour être être rangé dans la catégorie des auxiliaires, un verbe doit pouvoir être conjugué et s’associer à un autre verbe (le verbe lexical ou auxilié) qui prend nécessairement une forme impersonnelle (infinitif, participe, radical) :

Forme verbale auxiliée = verbe auxiliaire conjugué + verbe lexical non conjugué

Source : Wikipedia

Exemples : Il a été, il est allé…

Verbe qui perdant tout ou partie de sa signification sert à former les temps composés des autres verbes (auxiliaire de temps), ou à exprimer diverses nuances du verbe qu’ils introduisent (auxiliaire de mode ou d’aspect) :

8. On appelle verbes auxiliaires, les verbes dont les différens tems servent à composer ceux des autres verbes. Les principaux, et les plus généralement employés, sont sans contredit le verbe être et le verbe avoir; … Destutt de Tracy, Éléments d’idéologie,Gramm., 1803, p. 237.
Verbes semi-auxiliaires. ,,On appelle quelquefois semi-auxiliaires des verbes qui servent habituellement d’antécédents à des infinitifs ou participes pour former avec eux une sorte de locution verbale : faire savoir,entendre dire«  (Mar. Lex. 1961).
Source : CRNTL

Termes en C

– Complément

Un complément est tout mot ou groupe de mot qui dépent d’une autre entité au sein de la phrase et vient la compléter. On distingue plusieurs types de compléments (source : Wikipedia) :

  • le complément du nom ; ex. : L’école de Madeleine est excellente ;
  • le complément du verbe ; ex. : J’ai mangé une pomme ;
  • le complément de l’adverbe ; ex. : Beaucoup de gens ne sont pas venus ;
  • le complément de l’adjectif ; ex. : Je suis fière d’elle ;
  • le complément de la phrase ; ex. : Malheureusement, ils se sont perdus.

Mot ou groupe de mots de nature substantivale mis en relation de subordination immédiate avec une unité signifiante pour en compléter ou en préciser le sens. Complément du nom ou du pronom, de l’adjectif, de l’adverbe, du verbe. Le mot « désirer », employé seul, sans explication, sans complément d’aucune sorte, ne présente pas de sens intelligible (Malègue, Augustin,t. 1, 1933, p. 83):

4. Il y a donc dans toutes les langues, une ou deux exceptées, des prépositions telles que nous les connaissons en français, dont la fonction est d’unir un nom ou un adjectif, à un autre nom qui lui sert de complément. Destutt de Tracy, Éléments d’idéologie,Gramm., 1803, p. 116.

Complément d’objet. Complément dont la fonction est d’indiquer l’objet auquel aboutit l’action exprimée par un verbe transitif :

5. … les divers modes du penser s’expriment par un verbe transitif qui appelle un complément d’objet. Je perçois quelque chose, je désire, je veux quelque chose. C’est l’originalité du penser de se rapporter à un objet; ce rapport hors série nous interdit de transplanter de la physique à la psychologie les catégories qui régissent le rapport d’objet à objet. Ricœur, Philos. de la volonté,1949, p. 42.

Complément direct. Complément relié directement, c’est-à-dire sans préposition, au mot complété. Complément indirect. Complément relié indirectement, c’est-à-dire par l’intermédiaire d’une préposition, au mot complété.

SYNT. Complément d’agent*, d’attribution*, circonstanciel*, déterminatif*, prédicatif*.
Source : CRNTL

– Conjonction

Une conjonction est un mot invariable qui met  en relation deux mots ou groupes de mots au sein d’un énoncé. On distingue la conjonction de coordination et la conjonction de subordination :

conjonction de coordination : joint deux segments qui ont la même fonction et les coordone.

Exemple : Nous irons marcher et après nous irons manger.

conjonction de subordination :  mais, ou, et, donc, or, ni et car. Phrase mnémotechnique pour les retenir : « Mais où est donc Ornicar? »

Exemple : J’irai manger avec toi mais ensuite j’irai au cinéma tout seul.

Mot invariable qui a pour fonction de joindre deux mots, des groupes de mots. Sa phrase pleine, claire, longue pourtant et perpétuellement enchaînée de l’une à l’autre par des conjonctions, n’avait pas encore tout à fait secoué le joug du latinisme (Sainte-Beuve, Port-Royal,t. 2, 1842, p. 547).Adipeuses périodes mal liées entre elles par le fil des conjonctions (Huysmans, À rebours,1884, p. 38):

4. Si Robespierre l’eût emporté? − Si Grouchy fut arrivé à temps sur le terrain de Waterloo? − Si Napoléon avait eu la marine de Louis XVI et quelque Suffren… » Si… toujours si. Cette petite conjonction si est pleine de sens. En elle réside peut-être le secret de la plus intime liaison de notre vie avec l’histoire. Elle communique à l’étude du passé l’anxiété et les ressorts d’attente qui nous définissent le présent. Valéry, Variété IV,1938, p. 135.
Conjonction de coordination. Mot qui joint des mots, des groupes de mots, des propositions et des phrases de même nature et de même fonction. Conjonction de coordination copulative (qui unit), adversative (qui oppose). Ils sont Pollux, Patrocle, Nisus, Eudamidas, Ephestion, Pechméja. Ils ne vivent qu’à la condition d’être adossés à un autre; leur nom est une suite, et ne s’écrit que précédé de la conjonction « et » (Hugo, Les Misérables,t. 1, 1862, p. 785).La loi de la pensée théorique est la conjonction : et… et…; la loi de l’action est la disjonction : ou bien… ou bien… (Ricœur, Philos. de la volonté,1949, p. 158).
Conjonction de subordination. Mot invariable qui introduit une proposition subordonnée en la mettant en dépendance syntaxique par rapport à la proposition dite principale.

Source : CRNTL

 

– Conjugaison

La conjugaison est tout simplement la variation de la forme du verbe en fonction des circonstances (genre, nombre, personne, temps, voix, mode…). Il existe plusieurs temps (présent, passé, futur et leurs déclinaisons).

a) Action de conjuguer. Ces maîtres, charmeurs au point de faire presque regretter le temps des conjugaisons et des dictées (Estaunié, L’Empreinte,1896, p. 82):

Le maître n’expliquait rien, ne commentait pas. Sa mémoire vérifiait, dans les mémoires des élèves, le bon état de syllabes enseignées par séries de déclinaisons, de conjugaisons. Il fut le tortionnaire de la vie. Les apparences du monde disparurent derrière les formes des génitifs douteux, les accusatifs des régimes au verbe introuvable, … Adam, L’enfant d’Austerlitz,1902, p. 179.

b) P. méton. Ensemble des formes, composées de terminaisons et d’auxiliaires que prend un verbe pour exprimer les catégories propres à cette classe de mots. Anton. déclinaison.On appelle ordinairement conjugaisons, les déclinaisons des verbes. C’est, dit-on, parce que plusieurs d’entr’eux se conjuguent les uns comme les autres, sont rangés sous le même joug (Destutt de Tracy, Éléments d’idéologie,Grammaire, 1803, p. 188).Il recopiait à la craie bleue la partie des mots qui changeait suivant les déclinaisons et les conjugaisons et, à la craie rouge, celle qui ne changeait jamais (Camus, La Peste,1947, p. 1241).

Type de paradigme sous lequel on range les différents verbes en les regroupant par classes. C’est lui qui m’a guidé à travers le labyrinthe des sept conjugaisons (Green, Journal,1936, p. 63).

Source : CRNTL

 

 

Termes en D

– Déterminant

Un déterminant est un mot variable qui sert à donner de l’information au nom qu’il précède (préciser le genre, nombre, personne, etc.). Il forme avec le nom un groupe nominal.

Mot (ou groupe de mots) qui, placé à côté d’un autre mot ou groupe de mots (ou déterminé) a pour fonction de le déterminer, c’est-à-dire d’en préciser le genre, le nombre, éventuellement le sens contextuel et par là de limiter son extension. Syntagme déterminant; proposition, unité déterminante (cf. Coyaud, Introd. ét. lang. docum.,1966, p. 21). Emploi subst. masc. Un déterminant (cf. Dictionnaire de Linguistique, Larousse, 1973).

Source : CRNTL

 

 

Termes en G

– Genre

Le genre est un trait grammatical permettant de classer les mots en trois catégories : masculin, féminin et neutre, influençant l’accord.

Catégorie reposant, selon les langues et les systèmes, sur la distinction naturelle entre les sexes ou sur des critères formels. Genre naturel, grammatical; genre animé, inanimé; genre féminin, masculin, neutre; genre épicène; adjectif, substantif des deux genres :

10. L’article − défini et indéfini − est le principal réactif du genre en français. C’est essentiellement par l’article que la conscience du genre entre chez l’enfant, pour qui il ne s’agit pas d’une notion abstraite, mais d’associations mnémoniques. Pendant longtemps il ignore si pied, main est masculin ou féminin, mais ce qu’il sait de bonne heure, c’est qu’on se moque de lui s’il dit la pied ou le main; il a groupé inconsciemment dans sa mémoire les mots à le (et un) et les mots à la (et une). A. Dauzat, Le Genre en fr. mod. ds Ét. de ling. fr., Paris, d’Artrey, 1946, pp. 42-43.

Forme donnée au pronom, adjectif ou participe correspondant au genre du nom représenté, ou avec lequel il s’accorde. Quand un participe s’accorde en genres, en nombres, et en cas, avec le nom auquel il sert d’adjectif, il est tout aussi défini qu’un tems de l’indicatif, et qui s’accorde avec son sujet en nombre et en personne (Destutt deTr., Idéol. 2,1803, p. 196) :

11. Dans beaucoup de langues, il s’opère une fusion complète entre le genre et le nombre, si bien qu’on ne peut distinguer ce qui appartient à l’un ou à l’autre, ni analyser sûrement le conglomérat. Au singulier, d’ailleurs, le nombre n’a généralement pas d’expression, la rencontre n’a lieu qu’au duel et au pluriel. R. de La Granerie, De la Catégorie du Genre, Paris, E. Leroux, 1906, pp. 232-233.
Source : CRNTL

 

– Gérondif

Le gérondif est une forme verbale qui est précédée de la préposition « en » et se finit par « -ant ».

Forme déclinée de l’infinitif, quand il n’est ni sujet ni objet direct. Le gérondif « alligandi », qui donnetout saint Paul (Bloy, Journal,1897, p. 239) :

Je pense aussi, que cela nous conduit à reconnaître que les gérondifs et les supins, dans les langues où on en admet, ne sont que des manières particulières d’employer substantivement ou adverbialement, les participes et les infinitifs passés, présents, et futurs; et que ce sont des locutions qui ne méritaient pas un nom à part. Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 98.

B. − [En fr.] Forme verbale en -ant précédée, dans l’usage actuel, de la préposition en et exprimant une circonstance qui accompagne l’action énoncée par le verbe principal. Avec quelques participes présents et quelques gérondifs (Vigny, Journal poète,1840, p. 1138).Construisant naïvement, pieusement, à coups de gérondifs et d’innombrables incidentes, cette philosophie de carabin de chef-lieu de canton (Bernanos, Gde peur,1931, p. 311).

Rem. L’usage actuel conserve dans la langue littéraire ou dans qq. expr. figées des gérondifs non précédés de en : chemin faisant, tambour battant, ce disant, ce faisant.
Source : CRNTL

– Grammaire

La grammaire est l’étude systématique des éléments constitutifs d’une langue (Maurice Grevisse, Le Bon Usage – Grammaire française, Duculot-Gembloux et Hatier-Paris, 1964).

A. − [La notion de grammaire évoque l’exercice d’une langue et est associée à celle de normes caractérisant diverses manières de parler et d’écrire] ,,Art de parler et d’écrire correctement«  (Ac. 1932); ensemble de règles conventionnelles (variables suivant les époques) qui déterminent un emploi correct (ou bon usage) de la langue parlée et de la langue écrite. Grammaire normative, traditionnelle; discuter un point de grammaire; faute, leçon, règle de grammaire; apprendre, faire de la grammaire. Il n’y avait dans ces lettres ni commencement, ni fin, ni milieu, ni grammaire, ni rien de ce qu’on entend ordinairement par style (Lamart., Raphaël,1849, p. 239).Eh bien, mon cher, le seul tort que j’ai eu, ç’a été de donner à ma femme un professeur de français. Tant qu’elle a martyrisé le dictionnaire et supplicié la grammaire, je l’ai chérie (Maupass., Contes et nouv., t. 1, Découverte, 1884, p. 960) :

1. Grâce aux leçons de ton institutrice (…) tu sais assez de grammaire française pour être mis tout de suite au latin. Je suis bien reconnaissante à cette charmante demoiselle de t’avoir appris les règles des participesA.France, Pt Pierre,1918, p. 234.
Classes de grammaire. Dans l’enseignement secondaire, autrefois, classes (de 6e, 5e, 4e) dont l’apprentissage de la grammaire des langues classiques ou modernes était la matière principale. Les élèves de l’université de France, mis en demeure, au sortir des classes de grammaire, d’opter (…) pour les lettres ou les sciences (A. France, Vie fleur,1922, p. 346).

Savoir sa grammaire. Posséder les règles de l’art de parler et d’écrire correctement. C’est assez singulier qu’aucun de nous ne sache sa grammaire et, pour être écrivain, ne veuille apprendre à écrire (Renard, Journal,1897, p. 429).

Rem. Au Moy. Âge, l’un des sept arts libéraux enseignés dans les facultés. Les sept arts libéraux étaient : la Grammaire, la Rhétorique, la Dialectique, l’Arithmétique, la Géométrie, l’Astronomie et la Musique. Dans les écoles du moyen âge, les trois premiers arts libéraux formaient le Trivium, les quatre derniers, le Quadrivium (Ac. 1878, 1932, s.v. art).

B. − [La notion de grammaire évoque une langue considérée en tant qu’objet d’une étude sc.] .

1. LING. DESCRIPTIVE CLASS. Étude objective et systématique des éléments (phonèmes, morphèmes, mots) et des procédés (de formation, de construction, d’expression) qui constituent et caractérisent le système d’une langue naturelle; en partic., étude de la morphologie et de la syntaxe d’une langue (à l’exclusion de la phonologie, de la lexicologie et de la stylistique). En théorie, il faudrait faire la part égale à la phonologie, au vocabulaire et à la grammaire (Bally, Lang. et vie,1952, p. 62).Indépendamment du dictionnaire et de la grammaire, on peut faire des conventions plus ou moins libérales sur la structure de la phrase par laquelle on définit un nombre au moyen de dix mots (E. Borel, Paradoxes infini,1946, p. 155) :

2. D’autre part, est-il logique d’exclure la lexicologie de la grammaire? À première vue les mots, tels qu’ils sont enregistrés dans le dictionnaire, ne semblent pas donner prise à l’étude grammaticale, qu’on limite généralement aux rapports existants entre les unités. Saussure, Ling. gén.,1916, p. 186.

Grammaire comparée. Comparaison des systèmes grammaticaux de deux ou de plusieurs langues en vue de faire ressortir la parenté ou les affinités de celles-ci. Pour nous faire connaître, pour étudier cette langue [le grec], l’auteur va-t-il s’appuyer sur la grammaire comparée des langues indo-européennes? (L. Febvre, Combats pour hist., Grèce, 1913, p. 166) :

3. Enfin ce qu’il me reste c’est un peu d’allemand, avec lequel je dois à Pâques commencer l’étude d’unegrammaire comparée (non traduite) des langues indo-germaniques, je veux dire du sanscrit, du grec et du latin… Mallarmé, Corresp.,1870, p. 318.
Grammaire générale. Étude d’inspiration philosophique, logique en particulier, qui s’est développée en France auxviiesiècle sous l’influence de Port-Royal, et qui vise à dégager les éléments et les procédés communs à toutes les langues. Les grammaires particulières ne vivent que par la grammaire générale, et la grammaire générale suppose la comparaison des idiomes (Renan, Avenir sc.,1890, p. 142).
Grammaire historique. Étude des variations successives du système grammatical d’une langue au cours de son histoire. Grammaire historique de la langue française. La grammaire traditionnelle du français moderne enseigne que, dans certains cas, le participe présent est variable (…) et que dans d’autres il est invariable (…). Mais la grammaire historique nous montre qu’il ne s’agit pas d’une seule et même forme (Saussure, Ling. gén.,1916p. 136).
Agrégation de grammaire. Dans l’enseignement secondaire, concours de recrutement qui requiert une connaissance approfondie des grammaires grecque, latine et française. Les élèves de la section des lettres [de l’École Normale Supérieure] se préparent aux agrégations des lettres, d’histoire (…), de grammaire et de langues vivantes (Encyclop. éduc.,1960, p. 378).

2. LING. MOD.

a) Grammaire générative, transformationnelle. Mécanisme, constitué par un ensemble de règles, qui permet de produire et de décrire toutes et rien que les phrases grammaticales d’une langue. De même qu’on peut écrire plusieurs grammaires traditionnelles pour une même langue, de même il est facile de voir que les grammaires transformationnelles sont elles aussi probabilistes (Coyaud, Introd. ét. lang. docum.,1966, p. 76).Le mérite essentiel de la grammaire générative a été, au contraire, de montrer les insuffisances de la linguistique distributionnelle et d’offrir une méthode où il fût beaucoup plus facile de détecter les erreurs (J. Stéfanini, Sur la grammaire historique du français ds Lang. fr., no10, 1971, p. 24).

Grammaire formelle. Le but que se propose la linguistique moderne est de construire des grammaires pour des langues naturelles, qui soient entièrement explicitées sous forme d’automate, ou de construction algébrique (M.Gross, A. Lentin, Notions sur les gramm. formelles, Paris, Gauthier-Villars, 1967, p. 185).
Grammaire en chaîne. ,,Une grammaire en chaîne est un exemple de programme d’analyse de toutes les phrases d’une langue donnée; elle fournit une analyse exprimée dans une métalangue abstraite par rapport à la langue objet«  (M. Salkoff, Mathématiques et Sciences humaines, 1971 ds Terminol. ling.).
b) Grammaire des fautes. ,,Méthode dont le but est de décrire sur un corpus, pour une population déterminée, les anomalies de fonctionnement d’un système linguistique«  (Mounin 1974, p. 158).

C. − P. méton. Ouvrage didactique qui décrit les éléments, les procédés d’une langue et qui formule les règles d’un usage correct de celle-ci. Grammaire scolaire. Peux-tu m’écrire le titre de la meilleure grammaire italienne que tu connaisses, dont le texte soit en français? (Valéry, Corresp. [avec Gide], 1893, p. 187).Le dentiste de Salt Lake City, celui qui fit rayer des grammaires américaines l’ignoble expression française : menteur comme un arracheur de dents (Giraudoux, Siegfried et Lim.,1922, p. 189) :

4. Je tiens pour un malheur public qu’il y ait des grammaires françaises. Apprendre dans un livre aux écoliers leur langue natale est quelque chose de monstrueux… A. France, P. Nozière,1899, p. 146.

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Termes en H

– Homonyme

Des homonymes sont mots d’une langue qui ont la même forme orale et/ou écrite mais des sens différents.

Exemples : « le chat qui miaule / le chas de l’aiguille / le shah d’Iran ».

(Mot, signifiant) qui a une prononciation et/ou une graphie identique à celle d’un autre mais un signifié différent. Homonyme homophone, homonyme homographe. Il y avait dans ce système graphique près de cinq cents graphèmes; mais comme la langue abondait en monosyllabes et en homonymes, il fallut avoir recours à d’autres méthodes de représentation pour éviter l’ambiguïté et la confusion (Langage, Alarcos-Llorach, 1968, p. 531) :

Les formes présentant cette relation [d’homonymie] sont dites homonymes. Ex. : coq, coque, coke.L’homonymie peut dépasser le niveau du mot : elle est alors utilisée pour les jeux de mots ou calembours et les rimes : bohémien/beau et mien; d’août/doux (Aragon). Mounin1974.
Jeux d’homonymes. Jeux de mots, calembours basés sur l’homonymie exacte ou approchée de certains mots.Tout en jouant à quelque jeu de devinette ou d’homonymes, nous remontions la rue de Tournon (Gide, Si le grain,1924, p. 355).
P. anal. (Événements, impressions) présentant des concordances, des similitudes. Synon. homologue.Mais Augustin se rendit vite compte de la différence immense entre les émotions ordinaires et leurs homonymes de la musique, et qu’il fallait changer le sens de ce dernier mot : sérénité (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 190).Même en réservant le caractère « interne » des faits psychiques, on peut y reconnaître, comme en physique ou en physiologie, des classes de phénomènes homonymes dont la succession est régulière (Lalande, Raison et normes,1948, p. 80).
B. − (Personne(s)) portant le même nom (qu’une autre, que d’autres) en dehors de tout lien de parenté. Rarement écrivain fut-il, à ses débuts, plus éloigné de lui-même. Il avait choisi son homonyme, Jean-Baptiste Rousseau, pour son maître. Il s’essayait dans les jeux poétiques à la mode (Guéhenno, Jean-Jacques,1948, p. 66).Si les résultats des recherches prouvent que la famille était connue anciennement dans une province, on pourra tenter de la rattacher à une famille homonyme dont la généalogie existe (L’Hist. et ses méth.,1961, p. 735).

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Termes en I

– Impersonnel

Qui exprime une action sans relation avec un sujet déterminé. Tour impersonnel, construction impersonnelle. Des formes impersonnelles comme il m’ennuie de, il me fâche de, etc. se disent encore de nos jours, mais leur emploi est vieilli (Grev.1961, § 606).

1. Mode impersonnel. Mode du verbe (infinitif, participe, gérondif) qui ne comporte pas de flexion indiquant la personne. On appelle quelquefois modes impersonnels (…) les systèmes des formes nominales de la conjugaison, du fait que ces formes sont impropres à exprimer l’idée de la personne : infinitif, gérondif, participe (Mar. Lex.1951, p. 116).
2. Verbe impersonnel et, p. ell., un impersonnel. Verbe qui ne s’emploie qu’à l’infinitif et à la troisième personne du singulier précédé du pronom neutre il, lequel n’a pas de contenu sémantique. Quoi de plus doux à prononcer que notre verbe [sic] impersonnel il y a (Sainte-Beuve, Tabl. poés. fr.,1828, p. 153).Les verbes impersonnels (…) sont ceux qui ne peuvent être employés qu’à la 3epersonne (…) du fait qu’ils ne comportent pas de sujet concevable : il pleut (Mar. Lex.1951, p. 116).
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– Interjection

Une interjection est un mot invariable qui permet à la personne qui parle d’exprimer une émotion spontanée (joie, colère, surprise, tristesse, admiration, douleur, etc.), d’adresser un message ou d’exprimer l’image sonore d’un événement (cri d’animal, explosion, bruit quelconque, etc.)

Mot invariable, autonome, inséré dans le discours pour exprimer, d’une manière vive, une émotion, un sentiment, une sensation, un ordre, un appel, pour décrire un bruit, un cri. Le texte de ce qu’il lisait lui arrachait de temps en temps un grognement, un Hrrr… (…) ou même une interjection : « Salauds! » − « Saloperie! »(Montherl., Célibataires,1934, p. 738).Parfois, lorsqu’un coup plus violent ou plus proche venait d’ébranler la paroi du réduit (…), ils grommelaient une interjection : « Pan! », « Zut! », « Nom de Dieu! » (Romains, Hommes bonne vol.,1938, p. 9).Presque toutes nos interjections sont d’origine française. Il faut excepter cependant baste (de l’italienbasta, 3epers. du sing. de l’indic. présent de bastare, suffire), bravo (italien bravo, brave, adjectif adressé à la personne applaudie) et halte! (de l’allemand halten, s’arrêter) (Grev. 1969, p. 1029):

Il raconte une séance chez le dentiste : « … tout d’un coup, j’ai senti l’outil sur ma dent : alors ououou! et puiscrac! ». Ces deux interjections sont très près des impressions sensorielles qu’elles veulent rendre : elles reproduisent directement pour l’oreille, l’une un cri réflexe produit par la douleur, l’autre le bruit d’un objet qui se casse (la dent)… Bally, Lang. et vie,1952, p. 83.

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Termes en J

– Juxtaposition

La juxtaposition est le fait d’introduire un mot ou un groupe de mot quelconque sans la médiation d’un mot-outil (un mot servant à lier deux unités syntaxiques).

Rapprochement de deux ou plusieurs termes d’où résulte soit un composé improprement dit du type des juxtaposés ou groupes (fr. plus tôt), soit une formule qui suppose un rapport inexprimé entre les termes conjugués : fr. donnant donnant; battu content«  (Mar. Lex. 1951, p. 108). Notre intelligence (…) pense ainsi un mot ou une juxtaposition de mots, rien de plus (Bergson, Évol. créatr.,1907, p. 236).Cette leçon de choses que constituait à mes yeux la juxtaposition des noms (Du Bos, Journal,1925, p. 297).
2. Juxtaposition (de phrases, de propositions). Groupement, liaison syntaxique par simple rapprochement excluant la coordination et la subordination. Synon. asyndète, parataxe.Un style qui (…) procède par juxtaposition et jamais par construction (Thibaudet, Réflex. litt.,1936, p. 115).

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Termes en L

– Locuteur

Personne qui parle, qui produit des énoncés. Anton. scripteur.L’objet du discours et le locuteur (l’objet du discours n’étant que la vision du locuteur) définissent la nature de l’expression (Guiraudds Langage,1968, p. 449).

Locuteur natif. ,,Sujet parlant sa langue maternelle, considéré comme ayant intériorisé les règles de grammaire de sa langue«  (Ling. 1972).
En appos. La communication, (…) la relation, que le langage établit entre les sujets locuteurs (Traité sociol.,1968, p. 256).

 

Source : CRNTL

 

Termes en M

– Mode

Le mode est la manière dont un verbe exprime le fait.  Les modes verbaux représentent la manière dont l’action exprimée par le verbe est conçue et présentée. On distingue les modes personnels (indicatif, impératif, subjonctif, conditionnel) des modes impersonnels (infinitif, participe, gérondif).

Catégorie morphologique du verbe où s’expriment les nuances de la modalité (v. ce mot I B); p.méton.,ensemble des formes correspondant à cette catégorie. Mode indicatif. Pour celui-là, il n’y a point de doute. Tout le monde convient que toutes les fois que ce mode se trouve dans le discours (…), il y a un jugement énoncé (Destutt de Tr.,Idéol. 2,1803, p.48).Je parlais avec Robert de la disparition progressive du subjonctif (…). Ce mode, on le regrettera, un jour, parce que le subjonctif était une nuance et une nuance très nécessaire, mais les langues vont se simplifiant (Green,Journal,1949, p.302):

4. On groupe (…) les temps en modes selon leurs latitudes de substitution dans un même contexte: modespersonnels, variant en personne: indicatif, impératif, subjonctif (et «conditionnel»); modes impersonnels invariables en personne: infinitif, gérondif et participe. H. Bonnard,Code du fr. contemp., Paris, Magnard, 1981, p.206.

Source : CRNTL

 

Termes en P

– Participe

Le participe est un mode du verbe qui lui donne la caractéristique d’un adjectif, il  « participe » ainsi à la fois d’une nature verbale et d’une nature de qualificatif (adjectif).

Adjectif ainsi nommé parce que les grammairiens anciens le considéraient comme participant d’une part de la catégorie des noms en ce qu’il peut comme l’adjectif être fléchi, d’autre part de la catégorie des verbes en ce qu’il peut éventuellement exprimer le temps et la voix et être doué de rection«  (Mar. Lex. 1951).Participe futur. Ils ont fourré des participes, tendu des embûches de pluriels équivoques, dans cette dictée qui arrive à n’avoir plus aucun sens, tant ils ont tortillé et hérissé toutes les phrases (Colette,Cl. école,1900, p.196).Le Français adulte accorde les participes par une sorte de flair qu’il serait bien incapable de justifier (Mounier,Traité caract.,1946, p.646):

1. Comme verbe, le participe admet les compléments d’objet et les compléments circonstanciels; il peut aussi marquer plusieurs nuances temporelles. Comme adjectif, il peut servir d’épithète ou d’attribut et subir les variations en genre et en nombre. Grev.1969, § 766.
En appos. avec valeur d’adj. Proposition participe absolue. Synon. de proposition participiale*.Le participe (présent ou passé) peut s’employer en construction absolue avec un sujet propre: il sert alors à former une proposition participe absolue, qui équivaut à une proposition circonstancielle et qui reste grammaticalement indépendante de la proposition principale (Grev.1969, § 803).
Participe présent. Participe dont la désinence en français est toujours -ant, qui exprime une action simultanée à l’action exprimée soit par le verbe de la principale, soit par le contexte. Participe présent employé comme verbe, employé comme adjectif; participe présent invariable. Nulle distinction, autrefois, entre l’adjectif verbal et le participe présent; mais l’Académie en pose une peu commode à saisir (Flaub.,Bouvard,t.2, 1880, p.15).J’en étais parvenu avec mon institutrice à cet endroit de la grammaire qui était (…) le plus embarrassant et le plus difficile, surtout en ce qui concerne la distinction de l’adjectif verbal et du participe présent (A. France,Pt Pierre,1918, p.231).

Participe passé. Participe de désinence variable selon les verbes qui, employé comme forme verbale, se combine avec les auxiliaires être ou avoir pour former des temps composés ou qui, employé comme adjectif, a la valeur d’un qualificatif et s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il détermine. Participe passé employé comme verbe ou comme adjectif, sans auxiliaire, comme préposition ou adverbe, suivi d’un infinitif; accord du participe passé; participe passé des verbes impersonnels ou pris impersonnellement, des verbes intransitifs, des verbes pronominaux; participe passé passif. Déraciné, ée: participe passé. On dit substantivement au sens figuré, un déraciné (Barrès,Cahiers,t.8, 1910, p.265):

2. … fière de la grammaire qu’elle sait, elle répondit d’abord à toutes les épîtres par d’impertinents petits billets où elle avait soin d’accumuler les participes passés, heureuse de faire montre de son orthographe.Péladan,Vice supr.,1884, p.149.
Source : CRNTL

– Pluriel

Le pluriel exprime le fait que l’écriture du mot implique plusieurs personnes, objets etc. Le pluriel modifie ainsi l’accord, la conjugaison

Qui indique la pluralité. Anton. singulier.Nombre pluriel; adjectif, substantif pluriel; masculin, féminin pluriel. Il eût fait redire mille fois à Omer debout, l’ablatif pluriel de soror, marmor, puer, indoles (Adam, Enf. Aust.,1902, p.179):

1. Je ne me servais guère de la voiture et ne conduisais jamais le cheval. Pourtant, je disais «le nôtre», parce que, depuis l’enfance, mère ne nous apprenait guère les pronoms et les adjectifs que dans cette forme plurielle. Duhamel, Terre promise,1934, p.1133.

P. anal.

Qui peut être analysé à différents niveaux, de plusieurs points de vue. Lecture, écriture, musique plurielle. (Ds Rob.1985).
Société plurielle. Société caractérisée par des individus aux idées politiques différentes. La difficulté d’imaginer la vie de tous les jours dans une société totalitaire pour quelqu’un qui vit dans une société encore plus ou moins «plurielle» m’a toujours frappé (Le Nouvel Observateur,2 janv. 1982, p.65, col. 1).

II. − Subst. masc.

A. − Catégorie grammaticale traduisant par des marques linguistiques la pluralité des êtres ou des choses; nombre pluriel. Mettre un mot au pluriel; verbe à la première personne du pluriel. Joujoux, (avec un x au pluriel, comme bijou, caillou, chou, genou, hibou et pou) (Colette, Cl. école,1900, p.92).Je reste un peu gêné par «jean-foutre», dont je ne sais comment marquer le pluriel; cherche en vain dans Littré ce fort beau vilain mot (Gide, Ainsi soit-il,1951, p.1195):

2. Les femmes les plus timides voulaient se retirer par discrétion et employant le pluriel (…) disaient: «Odette, nous allons vous laisser.» Proust, J. filles en fleurs,1918, p.601.
P. méton. Forme que prend un mot dans cette catégorie. Pluriel irrégulier; le pluriel de «cheval» est «chevaux». Il n’y a qu’une patrie pour chaque homme, et ce nom n’a point de pluriel (Blondel, Action,1893, p.265).Valéry est un nom de famille. C’est un pluriel de Valérius, qui vient, c’est chic, de valere «se bien porter» (ironie) (Valéry, Corresp.[avec Gide], 1905, p.403).

B. − Emploi particulier à cette catégorie. −Vous trouvez que j’ai tort de fréquenter ces gens-là? −Non pas tous, peut-être; mais certains d’entre eux, assurément. Olivier prit pour singulier ce pluriel. Il crut qu’Édouard visait particulièrement Passavant (Gide, Faux-monn.,1925, p.1172):

3. −Je vous assure que ce grenier (…) n’est pas à montrer, en temps ordinaire. Il peut nous arriver, comme aujourd’hui, chère Suzanne, d’y venir avec une personne que nous aimons beaucoup (…). −Vraiment? dit Suzanne. Et je suis cette personne que vous aimez beaucoup? Comme je suis flattée, monseigneur! −Bien! moquez-vous de moi! (…). J’avais pris pourtant la précaution de glisser là un pluriel artificieux. J’ai dit: «Une personne que nous aimons beaucoup.» Reconnaissez, Suzanne, que cela ne ressemble pas encore à une déclaration d’amour. Duhamel, Suzanne,1941, p.134.

En partic.

1. Pluriel emphatique, poétique. Pluriel des substantifs qui se substitue au singulier, dans le style soutenu ou poétique (d’apr. Mar. Lex. 1951).
2. Pluriel de majesté ou augmentatif, pluriel de modestie. Première personne du pluriel substituée à la première personne du singulier pour donner un caractère officiel aux propos que l’on tient, ou pour éviter l’énoncé du moi.Pluriel augmentatif, dit aussi pluriel de majesté (…) par exemple dans un acte public: nous, grand-maître de l’Ordre (…) pluriel de modestie (…) par exemple dans les préfaces: nous avons voulu dans cet ouvrage (d’apr.Mar.Lex.1951).
3. Pluriel de politesse. Deuxième personne du pluriel substituée à la deuxième personne du singulier (d’apr. Phél.Ling. 1976).
C. − Mot qui est au pluriel. Une drôle de langue parlée que celle de Céard. Il affectionne les abstractions et les pluriels. Il met dans la bouche de ses dialogueurs les confiances, les sécurités, etc., etc., des termes de bouquins philosophiques (Goncourt, Journal,1886, p.608).Quoique les vers entre eux ainsi soient reliés J’accepte qu’un pluriel rime à un singulier (Jammes, Géorgiques,chant 1, 1911, p.29).
Source : CRNTL

– Prédéterminant

Déterminant grammatical du substantif dans un groupe nominal, précédant un substantif et un adjectif qualificatif ou un adjectif qualificatif et un substantif. Les prédéterminants extensifs sont ce que la grammaire

traditionnelle appellerait des définis (…). Les prédéterminants intensifs (…) des indéfinis (H.Mitterandds Ét. Ling. appl.t.2 1963, p.132).

Source : CRNTL

 

– Préposition

Une préposition est un mot invariable qui unit des mots ou groupes de mots en les mettant en rapport.

Partie du discours invariable qui, placée devant un élément à valeur nominale (subst. pour Pierre; pron.pour lui; adv. pour aujourd’hui, syntagme inf. pour le retrouver; prop. conj. pour qu’elle retrouve), le lie dans un rapport sémantique donné (approche, éloignement, intériorité, privation…) en le subordonnant à un autre élément de la phrase (subst. le livre de Pierre; adj. capable de réussir; adv. loin de vous; verbe rêver de qqc.) ou à la phrase entière (à vrai dire, il…); mot ou locution qui appartient à cette partie du discours. V. à, après, attendu, avant, avec, chez, contre, dans, de, depuis, derrière, dès, devant, durant, en, entre, envers, excepté, hormis, hors, malgré, moyennant, outre, par, parmi, passé, pendant, plein, pour, près, sans, sauf, selon, sous, suivant, sur, vers, vu.L’anglais, dans le type syntagmatique gooseberry wine «vin de groseilles», gold watch «montre en or», etc., exprime par l’ordre pur et simple des termes des rapports que le français moderne marque par des prépositions(Sauss.1916, p.191).Les prépositions, comme les conjonctions, n’assument pas de fonction. Elles ne jouent dans la phrase qu’un rôle de struments, pour reprendre le mot de Damourette et Pichon (lat. struo. «je construis, j’édifie»), c’est-à-dire qu’elles explicitent le rapport syntaxique de deux termes qui, eux, assument une fonction. Les prépositions se distinguent des conjonctions de coordination. Ces dernières, en effet, unissent des termes ou des groupes parallèles (WagnerPinchon1976, § 511):

. … chaque préposition d’un idiome donné dessine, dans ses emplois divers, une certaine figure où se coordonnent son sens et ses fonctions et qu’il importe de restituer si l’on veut donner de l’ensemble de ses particularités sémantiques et grammaticales une définition cohérente. Cette figure est commandée par le même système sublogique qui gouverne les fonctions casuelles. Il va de soi qu’une description guidée par ce principe doit embrasser, pour prendre sa force démonstrative, la totalité des prépositions et la totalité des relations casuelles d’un état de langue. E.Benveniste, Probl. de ling. gén., 1966, p.132.

Source : CRNTL

 

– Pronom

Étymologiquement, pronom signifie « mis pour le nom » (le préfixe pro- a le sens de à la place de). C’est-à-dire que le pronom remplace un nom, auquel il se rapporte. Le pronom est un mot variable dont le rôle est de se substituer à un élément quelconque (rôle de représentant).

Mot qui a la propriété de remplir dans une phrase les mêmes fonctions que le nom ou le syntagme nominal et qui désigne directement quelqu’un ou quelque chose (déictique) ou représente un segment du discours (anaphorique). Cottard, docile, avait dit à la patronne: «Bouleversez-vous comme ça et vous me ferez demain 39 de fièvre» (…). La médecine, faute de guérir, s’occupe à changer le sens des verbes et des pronoms (Proust,Sodome, 1922, p.900):

. Le danger, avec nous autres hommes, c’est que, lorsque nous croyons analyser notre caractère, nous créons en réalité de toutes pièces un personnage de roman, auquel nous ne donnons pas même nos véritables inclinations. Nous lui choisissons pour nom le pronom singulier de la première personne, et nous croyons à son existence aussi fermement qu’à la nôtre propre. Larbaud,Barnabooth, 1913, p.115.
Pronom démonstratif*, indéfini*, interrogatif*, numéral*, possessif*, relatif*.
Pronom personnel. Pronom qui désigne quelqu’un à la première et à la deuxième personne, ou représente soit quelqu’un soit un segment du discours (quelque chose d’abstrait ou de concret) à la troisième. Pronom (personnel) réfléchi, pronom (personnel) réciproque. Même aux instants de révolte, il employait, vague et prudent, le pronom personnel «on». Nous savions très bien, nous autres, que ce «on» ne voulait et ne pouvait désigner que Sénac(Duhamel,Désert Bièvres, 1937, p.174).
Source : CRNTL

 

– Préfixe

Un préfixe est une racine au début du mot afin d’en changer le sens.

Exemple : « Préhistoire« , « pré » est un préfixe de « histoire » et change son sens.

Affixe placé à l’initiale d’une unité lexicale, précédant le radical (p.ex. défaire) ou un autre préfixe (p.ex.redéfaire) et qui modifie le sens de cette unité en constituant avec elle un nouveau mot appelé dérivé. Préfixe, infixe et suffixe; préfixe d’origine grecque, latine. De votre point de vue, le choix est un pré-choix −je reviens toujours sur ce préfixe (Sartre, Existent., 1946, p.122).L’intensité peut être aussi exprimée par des préfixes itératifs ou fréquentatifs. La langue en a connu toute une série (…): farfouiller, chambouler, tripoter, bistrouiller, tressauter, etc.(P. Guiraud, Le Fr. pop., 1965, p.82).V. affixe ex. 2:

. [Certains sujets atteints du délire de grandeur] n’ont pas la passion de s’approcher activement, par conquête, de l’extrême du possible, et de raccourcir le monde, comme fait la civilisation, par l’aventure. Mais ils sont possédés par la manie de rapprocher toutes choses (au sens rétractif du préfixe) de leur personnalité indécise, mesquine ou pusillanime. Mounier, Traité caract., 1946, p.305.
Source : CRNTL

Termes en R

– Radical

Radical signifie « racine » et en linguistique il représente la plus petite unité lexicale.

Partie essentielle du mot formé sur une racine, qui sert de base pour la construction d’autres mots:

3. Par l’élimination de la désinence on obtient le thème de flexion ou radical, qui est, d’une façon générale, l’élément commun dégagé spontanément de la comparaison d’une série de mots apparentés, fléchis ou non, et qui porte l’idée commune à tous ces mots. Ainsi en français dans la série roulis, rouleau, rouler, roulage, roulement, on perçoit sans peine un radical roul-. Sauss.1916, p. 254.

Source : CRNTL

 

Termes en S

– Subjonctif

Le subjonctif est un mode grammatical exprimant un fait pensé ou imaginé (opinion, fait irréel, incertain ou simplement envisagé), par contraste avec l’indicatif, qui est censé rapporter les faits réels.

Qui appartient à la subordination, qui l’exprime. Conjonction, proposition subjonctive. (Dict. xixeet xxes.).

II. − Mode subjonctif et, p. ell., subjonctif, subst. masc. Mode personnel du verbe exprimant soit une relation de dépendance ou de subordination (proposition conjonctive ou relative) en raison de contraintes syntaxiques, soit l’affectivité (volonté, sentiment) ou la subjectivité (doute, incertitude, potentiel) dans des propositions principales et indépendantes. En français, le subjonctif ne s’oppose pas à l’indicatif comme en latin, à cause de l’existence du « conditionnel » qui assume une partie des fonctions du subjonctif latin (Perrot, Ling., 1953, p. 113).V. mode2ex. 4.

Subjonctif présent. V. présent2I B 2 b.
Subjonctif imparfait. V. imparfait2B.
Subjonctif passé. Subjonctif qui exprime l’antériorité par rapport au temps de la proposition principale, ou qui est la transposition au subjonctif d’un passé composé, ou qui se limite à exprimer l’aspect de l’action accomplie. Pour l’expression de l’antériorité par rapport au présent, la langue se sert du subjonctif passé, pendant du passé composé (Imbs, Temps verbaux, 1960, p. 137).
Subjonctif plus-que-parfait. V. plus-que-parfait B.

Source : CRNTL

 

– Substantif

Le substantif est synonyme de « nom ».

1. Adjectif

a) Vx. Qui exprime la substance, l’existence; qui relève de la catégorie de la substance. La forme substantive ou nominale renferme toujours l’idée d’existence; car, dire qu’une idée a tel nom, est nommée de telle manière, c’est dire implicitement qu’elle est, qu’elle existe (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 67).

Nom substantif (p. oppos. à nom adjectif). Nom signifiant une substance ou un être ayant une existence propre.Quelques grammairiens ont défini le nom substantif, un mot qui signifie une substance (Dem.1802).
Verbe substantif (p. oppos. aux autres verbes (verbes attributifs) exprimant l’accident). Verbe être considéré comme exprimant l’existence d’une substance, indépendamment de tout attribut. L’oreille française (…) [a] exigé mal à propos que la lettre s ne se prononçât point dans le monosyllabe est, troisième personne singulière du verbe substantif (J. de Maistre, Soirées St-Pétersb., t. 1, 1821, p. 125).
b) Qui a rapport au nom. Synon. nominal.Proposition substantive. Les constructions substantives diffèrent des constructions verbales qui sont les plus ordinaires (…). La construction substantive offre le moyen d’exprimer sans verbe, une notion d’existence, ou d’état (…). La construction substantive offre aussi le moyen d’exprimer l’action, indépendamment de toute notion verbale (Dagn.1965).

2. Subst. masc.

a) Vx. Mot désignant une substance, ce qui existe essentiellement (supra 1 a nom substantif). L’infinitif n’est, pour ainsi dire, pas un mode du verbe; c’est un vrai substantif. C’est le nom par lequel on désigne et le verbe lui-même et l’état qu’il exprime (Destutt de Tr., Idéol. 2, 1803, p. 53).L’esprit (…) aboutit (…) à trois espèces de représentations: 1 les qualités, 2 les formes ou essences, 3 les actes. À ces trois manières de voir correspondent trois catégories de mots: les adjectifs, les substantifs et les verbes, qui sont les éléments primordiaux du langage. Adjectifs et substantifs symbolisent donc des états (Bergson, Évol. créatr., 1907, p. 303).

b) Unité du lexique caractérisée par des traits formels (marques du genre et du nombre, combinaison avec des morphèmes spécifiques qui la déterminent en exprimant des modalités particulières: articles, démonstratifs, possessifs, etc.) et correspondant sémantiquement à la constitution d’une classe d’objets. Synon. nom.Substantif masculin, féminin; substantif au singulier. Il n’emploie presque jamais les substantifs convenables; il les remplace par deux ou trois mots omnibus: « Vous voyez ce truc? C’est absolument comme un machin… » Et il s’étonne, si l’on ne comprend pas (Duhamel, Journal Salav., 1927, p. 74):

Maugham raconte que lorsqu’il était jeune il avait écrit un récit sans adjectifs. J’eus la même idée en 1923. Sous l’influence de la Bible, j’écrivis une assez longue histoire où les substantifs disaient ce qu’ils avaient à dire et se tiraient d’affaire comme ils pouvaient sans le secours de mots qui les qualifiassent. J’obtenais ainsi des phrases d’une nudité exemplaire à mes yeux. Green, Journal, 1949, p. 319.
Substantif verbal. Substantif dérivé d’un verbe. Trousse, substantif verbal de trousser (tortiare), est devenu en anglais truss et nous est revenu drosse (terme de marine) (Gourmont,Esthét. lang. fr.,1899,p. 84).
B. − CHIM., adj. [En parlant d’un colorant] Qui peut être fixé directement sur les fibres textiles sans l’intervention d’un mordant (d’apr. Duval 1959).
Source : CRNTL

– Suffixe

Un suffixe est l’inverse du préfixe. Il est ajouté à la racine du mot pour créer un nouveau mot au sens different du radical seul.

Exemple : « rapide » devient « rapidement » avec le suffixe « -ment ».

Affixe placé à la fin d’une unité lexicale, après le radical, et qui modifie le sens de ce radical. Suffixe diminutif, péjoratif; suffixe d’origine populaire; suffixes savants; suffixes adverbiaux, classificateurs, collectifs, nominaux, verbaux. Le suffixe, pris isolément, est inexistant; ce qui lui confère sa place dans la langue, c’est une série de termes usuels tels que chaleur-eux, chanc-eux, etc. (Sauss.1916, p. 176).Le nom de chaque diastase est construit de la façon suivante. Il comprend un radical désignant le corps hydrolysé par la diastase, et le suffixe ase (Camefort, Gama, Sc. nat., 1960, p. 129).

Suffixe dérivationnel. Suffixe servant à former des mots nouveaux à partir des radicaux (d’apr. Ling. 1972). Synon.suffixe de dérivation (Mounin 1974).-age dans l’asphaltage des routes (…) est un suffixe dérivationnel (Ling.1972).

Rem. Le suffixe dérivationnel (ou suffixe proprement dit) remplit trois sortes de fonctions: il peut modifier la classe gramm. du rad. (accident > accidentel); il modifie la catégorie sém. du rad. (bronche > bronchite, notion classificatoire d’inflammation); il particularise le contenu sém. du rad. (maison > maisonnette, ajout du trait de petitesse).
Suffixe flexionnel. Suffixe constituant une marque de genre ou de nombre des noms, de temps, de nombre et de personne des verbes (d’apr. Ling. 1972). Synon. suffixe désinentiel (Ling. 1972), désinence (v. ce mot A 2 a).-essedans duchesse (féminin de duc) est un suffixe flexionnel (Ling.1972).
Vx, rare, empl. adj. Une lettre suffixe. (Ac. 1878).
Source : CRNTL

– Superlatif

Le superlatif exprime la qualité, bonne ou mauvaise, portée au plus haut degré.

1. Ensemble des moyens grammaticaux qui permettent d’exprimer une qualité portée à son degré extrême. Adjectif, adverbe au superlatif; superlatif absolu, relatif; superlatif d’infériorité. (Dict. xixeet xxes.).
2. Terme qui exprime le plus haut degré d’une qualité; p. ext., terme exagéré, hyperbolique. Abuser de superlatifs.Tout fut sensations exquises et poignantes de bonheur dans ce voyage, sur lequel je pourrais écrire vingt pages de superlatifs (Stendhal, H. Brulard, t. 1, 1836, p. 154).Mais avec les saints, on ne sait jamais: avec lui surtout, qui gardera longtemps le goût des superlatifs (Bremond, Hist. sent. relig., t. 3, 1921, p. 429).

B. − Ce qu’il y a d’extrême, le maximum, le sommet. Le superlatif de la poste, c’est l’extra-post; l’extra-post est tenu de faire un mille allemand à l’heure, et il les fait recta (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1847, p. 660).C’était le thème du chauvinisme; et le fameux mot: « Tout homme a deux patries: la sienne et la France », nous paraissait le superlatif de la gloire nationale (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p. 78).

Loc. adv. Au superlatif. Au plus haut degré. Paresseux au superlatif, il n’a rien fait que piqué par les hallebardes de la nécessité (Balzac, Fille Eve, 1839, p. 105).
Source : CRNTL

– Synonyme

Les synonymes sont des mots qui ont le même sens ou un sens similaire.

De forme différente et de même sens (ou de sens voisin) qu’un autre mot. Adjectifs, substantifs, verbes synonymes; mots, termes synonymes; tel mot est synonyme de tel autre; donner tel mot comme synonyme de tel autre. Là sont les racines du langage, et la raison pour laquelle verbe ou parole sont synonymes(Bonald, Législ. primit., t. 1, 1802, p. 253).Ils entendent le principe: Tout est Dieu, dans un sens distributif, et non dans un collectif. Tout n’est point ici synonyme de chaque, pas plus que dans cette phrase: Tous les départements de France forment un espace de tant de lieues carrées (Renan, Avenir sc., 1890, p. 496).

Source : CRNTL

 

Termes en T

– Transitif (verbe)

Un verbe transitif est un verbe accompagné d’un complément d’objet direct ou indirect.

Le chat mange la souris. Paul boit du lait. Il parle à son voisin.

Certains sont accompagnés d’un complément d’objet direct (construit directement, sans préposition) ils sont alors dits transitifs directs. D’autres sont accompagnés d’un complément d’objet indirect (construit indirectement, à l’aide d’une préposition) et ils sont dits transitifs indirects. Exemples :

  • Il évoque son enfance = transitif direct.
  • Il se souvient de son enfance = transitif indirect.

Le verbe transitif peut être utilisé sans complément d’objet quand l’objet est connu par le contexte. On parle alors d’emploi intransitif d’un verbe transitif. Exemples

  • Il fume. (sous-entendu des cigarettes)
  • Il mange (l’objet ingurgité, impliqué par le sens même du verbe, n’est pas précisé)

Source : Wikipedia

 

Termes en V

– Vocabulaire

Le vocabulaire est l’ensemble des mots d’une langue. Il est synonyme de « lexique » (linguistique).

A. − Recueil ou répertoire de mots.

1. Dictionnaire ne comportant que les mots les plus usuels d’une langue. Vocabulaire français-anglais. Nous n’avions d’abord reconnu aucune identité entre leur langage et celui des peuples des îles de la Société et des Amis, dont nous avions les vocabulaires (Voy. La Pérouse, t. 3, 1797, p. 229).

En partic., vieilli. Tout ensemble de mots répertoriés. Je comprends le grec moderne; seulement je le parle mal, mais je l’étudie en ce moment. (…) je me suis fait un vocabulaire des mots que je sais (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 194).

Glossaire. Il faudrait que le traducteur (…) donnât un vocabulaire des termes techniques employés dans l’ouvrage, en expliquant soigneusement la signification de chacun d’eux (Destutt de Tr., Idéol. 3, 1805, p. 31).
Lexique. Ils ont composé, pour leur usage et celui de leurs élèves, un vocabulaire d’une centaine de mots, au moyen duquel ces docteurs irréfragables prononcent des jugemens sans appel (Jouy, Hermite, t. 4, 1813, p. 129).
2. Dictionnaire où ne sont relevés et définis que les mots d’une langue spéciale ou technique. Vocabulaire de la chimie, du cinéma, de la musique; vocabulaires des métiers et des techniques. Le C.I.L.F. [Conseil international de la langue française] a entrepris la rédaction de vocabulaires spécialisés dans les domaines où des ouvrages de ce genre font défaut (Géomorphol.1979).

B. − Ensemble des mots du discours ou de la parole.

1. Ensemble des mots dont dispose une personne. Avoir un vocabulaire étendu, pauvre, réduit, restreint, riche, varié; enrichissement, étendue, pauvreté, variation du vocabulaire; étendre son vocabulaire; changer de vocabulaire. Chaque sujet parlant se constitue son vocabulaire d’un bout à l’autre de sa vie par une série d’emprunts à son entourage. On augmente son vocabulaire, mais on le diminue aussi et on le transforme. C’est un va-et-vient perpétuel de mots qui entrent et qui sortent (Vendryes, Langage, 1921, p. 225).Françoise, à mon contact, avait enrichi son vocabulaire de termes nouveaux (Proust, Prisonn., 1922, p. 365).

En partic. Vocabulaire actif. Vocabulaire utilisé. L’importance et la nature du vocabulaire actif varient selon les individus (D. D. L.1976).Vocabulaire passif. Vocabulaire reconnu et compris, mais qui n’est pas utilisé spontanément. On oppose vocabulaire actif à vocabulaire passif, comme connaissances actives à connaissances passives (D. D. L.1976).

2. Ensemble des mots employés effectivement, par une personne, un auteur, un groupe. Vocabulaire abstrait, concret; vocabulaire exact, imagé; vocabulaire des étudiants; le vocabulaire de Rabelais; faiblesse de vocabulaire; exercices de vocabulaire; utiliser un vocabulaire argotique. Il y avait deux semaines qu’il avait quitté la caserne. Peu à peu il recouvrait ses ongles, une raie, un vocabulaire civil (Martin du G., Devenir, 1909, p. 9).Thérèse ne rencontrait jamais (…) ses beaux-parents; leurs paroles ne l’atteignaient guère; l’idée ne lui venait pas qu’il fût nécessaire d’y répondre. Avaient-ils seulement un vocabulaire commun? Ils donnaient aux mots essentiels un sens différent(Mauriac, Th. Desqueyroux, 1927, p. 235).

[Avec réf. à un critère diachr.] Emploi d’un vocabulaire obsolète, suranné. La représentation de ce qui est ou la construction plastique (le figuratif et l’abstrait, pour employer le vocabulaire actuel) ne peuvent être ni séparés, ni opposés, car ils sont unis par un lien commun (Huyghe, Dialog. avec visible, 1955, p. 89).Quand MmePicard, usant avec tact du vocabulaire à la mode, disait de mon grand-père: « Charles est un être exquis », ou bien « On ne connaît pas les êtres », je me sentais condamné sans recours (Sartre, Mots, 1964, p. 73).
Source : CRNTL

– Voix (active, passive)

Aspect du verbe défini par le rôle qu’on attribue au sujet suivant qu’il accomplit l’action (actif), qu’il la subit (passif), qu’il est intéressé d’une certaine manière (moyen)«  (Mar. Lex. 1951). Si l’on emploie la forme du prédicat dite « voix active », on dira le jardinier ouvre le portail du jardin; si l’on emploie la forme dite « voix passive », l’énoncé deviendra le portail du jardin est ouvert par le jardinier (Martinet1967, p. 127).On dit aussi que les verbes intransitifs sont à la voix active, mais cette notion n’est vraiment utile que lorsqu’on veut opposer l’actif et le passif (Grev.1986741, p. 1162).

Voix active. V. actif ex. 40, 41, 42.Voix moyenne. V. moyen1I A 6 ex. de Guillaume.Voix passive. V. passif C 1 a ex. de Le Bidois.Voix pronominale. ,,Le verbe est à la voix pronominale quand son sujet est en même temps objet«  (D. D. L. 1976).
[En gr.] Les trois voix des verbes grecs: voix active, passive, moyenne. Je n’entendis point les explications de M. Beaussier sur la voix moyenne qui ne répond pas au verbe purement réfléchi, comme on ne le croit que trop communément (A. France, Vie fleur, 1922, p. 387).
[En lat.] Voix déponente. Catégorie de verbes ayant une valeur active mais dont les désinences sont celles du passif. À côté des deux voix caractérisées, active et passive, les verbes déponents (on dit souvent « la voix déponente ») constituent un groupe étrange (J. Collart, Gramm. du lat., 1966, p. 44).

Source : CRNTL

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