La langue française

Vous

Définitions du mot « vous »

Trésor de la Langue Française informatisé

VOUS, pron. pers.

I. − Pron. pers. de la 2epers. du plur. ou du sing. (forme de politesse)
A. − Valeurs sém.
1. [Vous, pron. pers. du plur., additionne une 2epers. et une pers. autre que la 1re]
a) [Vous est une somme de 2espers.]
[Chacune des pers. composant le groupe est déterminée individuellement et chacune d'elle est un interlocuteur: vous = tu (vous de politesse) + tu (vous de politesse) + tu (vous de politesse)] Cette population grouillante, crasseuse, prolifique et sordide qui a été maintes fois décrite sur le mode tragique et comique, ô amis Tharaud, qu'attendez-vous pour lui rendre visite? (Morand, New-York, 1930, p. 83):
... quand Laure arriva au premier étage, le petit Raphaël passa la tête par la porte de la chambre d'enfants. − Vous êtes là, dit-elle, stupéfaite qu'on eût laissé les trois petits dans cette maison. Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 200.
[Le groupe, déterminé collectivement, peut toujours inclure une nouvelle pers.; chaque membre du groupe est un interlocuteur possible] Il disait aux paysans: « Vous êtes menacés du retour des dîmes, des privilèges, des droits féodaux. Je viens vous arracher à la glèbe et au servage... » (Bainville, Hist. Fr., t. 2, 1924, p. 146).À la classe ouvrière comme à la classe bourgeoise ils ont dit: organisez-vous, devenez les plus forts, emparez-vous du pouvoir ou efforcez-vous de le garder si vous l'avez déjà (Benda, Trahis. clercs, 1927, p. 142).
[À la limite, vous peut représenter tout le genre humain] Je n'ai pas cessé de tremper dans votre cœur à vous, les hommes (Jouve, Trag., 1922, p. 86).
b) [Vous est une somme de 2e(s)et de 3e(s)pers.; les pers. sont déterminées individuellement et sont toutes concernées par le procès mais elles ne jouent pas nécessairement le rôle d'interlocuteur; il suffit qu'il y en ait une: vous = tu (vous de politesse) + il] Mêlant à la vanité du logicien qui croit avoir pleinement raison le despotisme du maître qui ne souffre pas qu'on lui résiste, il prit le premier la parole, et dit d'un ton brusque: « Je veux que vous croyiez cela, toi et les autres docteurs de l'église » (Thierry, Récits mérov., t. 2, 1840, p. 310).Je veux que vous sachiez, toi, ton fils, ta fille, ton gendre, tes petits- enfants, quel était cet homme qui vivait seul en face de votre groupe serré (Mauriac, Nœud vip., 1932, p. 19).
En partic. [Lorsqu'un homme s'adresse à une femme, vous peut désigner toutes les femmes; lorsqu'une femme s'adresse à un homme, vous peut représenter tous les hommes; on considère un trait de la personnalité de l'interlocuteur pour l'appliquer à tous ceux de son sexe: vous = tu (vous de politesse) + ils/elles (les hommes/les femmes)] Le sentiment est quelque chose qui nous appartient [à nous les femmes] que vous ne comprenez pas bien, vous autres, car il vous obscurcit tandis qu'il nous éclaire (Maupass., Notre cœur, 1890, p. 28 ds Sandf. t. 1 1965,32).
2. [Vous, forme allocutive de politesse, fonctionne comme nom.]
a) [Vous = tu déterminé]
[Vous désigne la pers. à laquelle on s'adresse] « Vous êtes un monstre! » dit-elle à Jacques comme il refermait ses bras autour d'elle (Aragon, Beaux quart., 1936, p. 36).Entrez, dit-elle. Vous êtes mon oncle Van Bergen (Van der Meersch, Empreinte dieu, 1936, p. 9).
[Vous = Dieu] Seigneur, je viens à vous comme un enfant; comme l'enfant que vous voulez que je devienne, comme l'enfant que devient celui qui s'abandonne à vous (Gide, Journal, 1916-19, p. 588).Un mot de sa mère lui revint (...).Oh! mon Dieu, s'il n'y avait pas Vous! Il s'entendit murmurer presque à voix haute: « S'il y a Lui, il est bien caché » (Malègue, Augustin, t. 2, 1933, p. 314).
Rem. Dans les nouv. formules liturg. on emploie de préférence tu*.
[Le passage de tu à vous peut marquer différentes nuances de sentiment, comme l'ironie, la plaisanterie ou le respect] Mais, maman, j'ai peur aussi, moi.Comment? répond madame Lepic, un grand gars comme toi! c'est pour rire. Dépêchez-vous, s'il te plaît! (Renard, Poil Carotte, 1894, p. 2).Ah! tu es sémina... Tiens!... Tiens!... (Un silence). Ainsi vous êtes un sac-au-dos? (Lavedan, Beaux dimanches, 1898, p. 151ds Sandf. t. 1 1965, § 23).
b) [Vous désigne l'auditeur ou le lecteur et équivaut à tu indéterminé] Et c'est d'après cette liaison des angles, que je voudrais comprendre, moi, et que vous devez comprendre, vous, comment les trois angles d'un triangle font toujours ensemble un angle plat (Alain, Propos, 1922, p. 359).Allô, allô, avant de vous donner les résultats définitifs des élections législatives, nous allons vous transmettre les cours de clôture de la bourse de Madrid (Camus, Révolte Asturies, 1936, i, 2, p. 405).
c) [Avec valeur indéf.; on prend à témoin un interlocuteur réel ou fictif qui pourrait bien, à l'occasion, faire l'expérience lui-même de ce dont on lui fait part]
[À la différence de on qui concerne le moi anonyme, vous concerne directement l'interlocuteur, même fictif, pris pour exemple; c'est le vous de généralité, les indices de généralité devant apparaître dans le cont.: prés. de l'ind. ou gnomique, forme impers.] Porter la boutonnière trop jeune vous déconsidère dans la Ville Basse (Morand, New-York, 1930, p. 57).C'est une espèce de poussière. Vous allez et venez sans la voir, vous la respirez, vous la mangez, vous la buvez, et elle est si fine, si ténue qu'elle ne craque même pas sous la dent (Bernanos, Journal curé camp., 1936, p. 1032).
[Vous, par son caractère indéf., peut servir de régime à on] Ce village minuscule, il l'eût accepté: après avoir choisi on se contente du hasard de son existence et on peut l'aimer. Il vous borne comme l'amour (Saint-Exup., Vol nuit, 1931, p. 82).Les livres, c'est comme les amis, on ne les choisit pas librement. Ils s'imposent à vous (Daniel-Rops, Mort, 1934, p. 386).
B. − Fonctionnement synt.
1. [Vous atone, non prédicatif, en fonction de]
a) [suj.] « Vous êtes une mauvaise nature! » s'écrie parfois Madame (Bernanos, Mouchette, 1937, p. 1281).
b) [compl. d'obj. dir.] Je vous aime d'avoir été utile par votre beau livre (Barrès, Cahiers, t. 12, 1919, p. 12).V. rendez-vous.
c) [Vous, compl. d'obj. indir., avec valeur d'indéf.] Il n'y a pour me rappeler un peu à moi que le thé, le thé divin qui donne la fièvre et qui rend la mémoire; le thé qui vous rend de vieilles images pour vous calmer, de belles images pour vous donner la fièvre (Alain-Fournier, Corresp.[avec Rivière], 1905, p. 207).Toute cette vie exotique vous demeure tellement étrangère qu'elle arrive à vous apparaître non plus comme la vie même, mais comme une image, un tableau (Tharaud, Fête arabe, 1912, p. 31).
d) [Vous, compl. d'attrib.] Il vous le rendra. Le joli portefeuille que vous avez là!Prenez-le, je vous le donne en souvenir (Proust, Sodome, 1922, p. 738).V. s'il vous plaît.
e) [Vous, datif éthique ou datif d'intérêt; la pers. désignée par vous est parfaitement déterminée; marquant fictivement le datif, vous se borne à souligner l'intérêt ou l'importance qu'a pour cette pers. l'action exprimée par le verbe: c'est un faux datif d'attribution] Et elle vous lui détacha un coup de sabot si terrible, si terrible, que de Pampérigouste même on en vit la fumée, un tourbillon de fumée blonde où voltigeait une plume d'ibis (A. Daudet, Lettres de mon moulin, Paris, Gallimard, 1984 [1869], p. 80).
2. [Vous tonique, prédicatif]
a) [En fonction d'appos.] Plus tard, avec les cheveux gris, vient l'habitude et avec elle l'indifférence. Alors on ne souffre plus, mais à ce moment, cher ami, croyez-moi, on n'est plus qu'un vieux monsieur. Mais, vous, vous souffrez, n'est-ce pas? (Green, Journal, 1935, p. 24).
b) [En prop. ell.] Puis, après une pause qui sembla trop longue, il ajouta, plus bas: « Et vous non plus! » (Martin du G., Thib., Été 14, 1936, p. 317).
c) [Déterminé par une rel.] Il faisait le tour de ville avec sa cloche: Réveillez-vous, vous qui dormez! Priez pour Jean Clod trépassé (Pourrat, Gaspard, 1931, p. 11).[Déterminé par une appos.] On dirait bien que vous êtes si raisonnables, vous les hommes! (Claudel, Ours et lune, 1919, p. 593).[Déterminé par même(s), seul, autres, tous, toutes, aussi] Vous autres de France, en généreux hurluberlus, vous êtes toujours les premiers à manifester contre toutes les injustices (Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1261).En provoquant en même temps, et d'abord en vous-mêmes, une rénovation de la vie spirituelle et de la vie morale (Maritain, Human. intégr., 1936, p. 132).[Déterminé par un numéral] Restez tranquilles, vous deux! (Salacrou, Terre ronde, 1938, i, 1, p. 134).
d) [Après prép.] Je m'adresse à vous, parce que mon tigre est superbe et japonais (Goncourt, Journal, 1885, p. 410).Enseignez-moi à différer, à reculer jusqu'à Vous mon bonheur (Gide, Porte étr., 1909, p. 583).
e) [Dans diverses loc. ou expr.] De vous à moi. En confidence. « Tout ceci de vous à moi », me dit Bergotte en me quittant devant ma porte (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 572).Chez vous. Là où vous habitez. Votre valet de pied courra chez le grand homme et l'amènera chez vous (About, Nez notaire, 1862, p. 80).Dire vous. Vouvoyer. Pourquoi ne me dis-tu pas tu comme d'habitude? interrompit la jeune Grecque; ai-je donc commis quelque faute? En ce cas il faut me punir, mais non pas me dire vous (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 719).Garde à vous. V. garde1.
II. − Empl. subst.
A. − [Vous de politesse] Donner du vous. Ici le vous s'échange, et la discussion acquiert un ton aigre de part et d'autre. Votre femme veut bien vous affliger du vous, mais elle se blesse de la réciprocité (Balzac, Ptes mis., 1846, p. 39).Passer du tu* au vous.
B. − [La pers. qui est vous] Vous avez tous une âme qui vous cherche, une pensée qui vous comprend, un autre vous qui est associé de souvenir ou d'intérêt ou d'espérance à votre passé, à votre présent ou à votre avenir (Nodier, Trilby, 1822, p. 148).
REM.
Vousaille(s),(Vousaille, Vousailles) pron. pers.,pop. Vous. Gavroche haussa les épaules et répondit:Un môme comme mézig est un orgue, et des orgues comme vousailles sont des mômes (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 184).
Prononc. et Orth.: [vu]. Liaison [vuz-] devant voy. ou h muet: vous êtes jeune [vuzεtjœn]; vous habitez près [vuzabitepʀ ε]. Att. ds Ac. 1694 et dep. 1798. Étymol. et Hist. I. Cas régime A. indir. 1. atone a) représente plusieurs pers. α) précède le verbe 937-952 (Jonas, éd. G. de Poerck, 201: si vos avient qe...); fin xes. précédé du pron. pers., cas régime dir. (Passion, éd. D'Arco Silvio Avalle, 83: Que m'en darez eˑl vos tradrai? 447); id. placé entre le part. passé et le verbe auxil. (ibid., 466: u mont [...] Que Holivet nummat vos ai); β) suit le verbe 2emoit. xes. (St Léger, éd. J. Linskill, 7: Primes didrai vos dels honors; 9); γ) fin xives. explétif (Froissart, Chron., éd. S. Luce et G. Raynaud, II,322, t. 11, p. 23: Ces gens d'armes vous commencerent à reculer ces Flamans); b) représente une seule pers. [plur. de politesse] précède le verbe ca 1100 (Roland, éd. J. Bédier, 198: Jo vos cunquis e Noples e Commibles); 2. tonique a) représente une seule pers. α) ca 1050 associé à la particule ez « voici » pour former la loc. présentative associant l'allocutaire à l'action [datif éthique]; annonce un subst. (St Alexis, éd. Chr. Storey, 182: Est vus l'esample par trestut le païs [graph. est, v. note corresp.]); ca 1100 annonce un pron. qui s'intercale entre les deux élém. de la loc. (Roland, 263: as les vus aquisez; 1187); β) id. suit le verbe placé en tête de prop. (ibid., 204: Nuncerent vos cez paroles meïsme); ca 1179 dans la formule consacrée foi que doi vos (Renart, éd. M. Roques, 2124); γ) ca 1100 précède le verbe; expr. styl. (Roland, 1866: vos ne dei jo faillir); δ) id. après une prép. (ibid., 697: De vos tendrat Espaigne le regnet); b) représente plusieurs pers. fin xes. après une prép. (Passion, 263: per vos et per vostres filz Plorez assaz); ca 1165 a vos meïsme (Benoît de Ste-Maure, Troie, éd. L. Constans, 3425). B. Dir. 1. atone a) représente une pers. ca 1050 (St Alexis, 109: E! chers amis, si pou vus ai oüt; 483); ca 1100 régime d'un inf. régi par un verbe, précède ce verbe (Roland, 476: En Sarraguce vus vendrat aseger; 521); b) représente plusieurs pers. α) ca 1100 (ibid., 1177: Pur Deu vos pri); ca 1100 régime d'inf. régi par un verbe (ibid., 1864); β) ca 1100 pronom. sens réfl. (ibid., 1176: Seignors baruns, el camp vos retenez!); ca 1100 sens réciproque (ibid., 1741: ne vos cuntralïez!); 2. tonique a) plusieurs pers. ca 1100 suit le verbe placé en tête de phrase (ibid., 1133: Asoldrai vos); ca 1100 id. prop. optative (ibid., 1865: Aït vos Deu!); b) une seule pers. ca 1100 (ibid., 206: Loerent vos alques de legerie); ca 1100 prop. optative (ibid., 2004: veied vus Damnedeu!); ca 1100 prop. impér. réfl. (ibid., 1793: Adubez vos). II. Cas sujet 1. atone a) plusieurs pers. 2emoit. xes. (St Léger, 113: vos cio aurez Cum ill edrat por mala fid); ca 1100 (Roland, 336); b) une seule pers.; dans une interr. ca 1100 (ibid., 2000: faites le vos de gred? 2402); 2. tonique a) plusieurs pers. α) fin xes. précède l'impér. (Passion, 410: A sos fidels tot annuncaz Mas vos Petdrun no i oblidez); β) 1225-29 précisé par un numéral cardinal vous doi (Gerbert de Montreuil, Violette, éd. D. L. Buffum, 609); b) une seule pers. α) ca 1100 précède l'impér. (Roland, 508: E vos l'i ameneiz); β) id. dans une exclam. (ibid., 1697: E! reis, amis, que vos ici nen estes); γ) ca 1100 en coord. (ibid., 260: Ne vos ne il n'i porterez les piez; 881: e jo e vos i irum). III. Empl. nom. 1. 1673 cet autre vous-même (Racine, Mithridate, III, 5); 2. 1794 (A. Valcour, Le Vous et le toi, opéra-vaudeville [titre ds Catal. impr. Bibl. nat., s.v. Plancher de Valcour]). Du lat. vos, pron. pers. 2epers. du plur., tonique et atone. Relevé à basse époque au plur. de politesse s'adressant au pape (ves., Sidoine Apollinaire ds Blaise Lat. chrét.). Cet usage s'est développé sur le modèle du nous* de majesté. En a. fr. le vouvoiement est répandu entre personnages bien élevés; en règle gén. on vouvoie ceux auxquels on veut manifester sa déférence ou quelques égards: ses supérieurs, les dames, ses pairs; la politesse médiév. n'ayant cependant rien de figé, le tutoiement reste possible s'adressant à ses supérieurs; il est de règle s'adressant à Dieu; dans une même phrase apparaît chez certains aut. l'alternance du tutoiement et du vouvoiement, v. Moignet, pp. 262-263. Fréq. abs. littér.: 411 759. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 669 714, b) 712 823; xxes.: a) 548 386, b) 467 929. Bbg. Bryan (A.-M.). Le Tu et le vous. Fr. R. 1972, t. 45, pp. 1007-1010. − Bustin-Lekey (Fr.). Tutoiement et vouvoiement chez les lycéens fr. Fr. R. 1973, t. 46, pp. 773-782. − Calvet (L.-J.). À tu et à vous. Fr. Monde. 1976, no118, pp. 14-18. − Geffroy (A.). La Désignation socio-politique. Hist. mod. et contemp. et informat. 1984, no4, pp. 96-118. − Götzfried (L.). Zum gebrauch von tu und vous in der Umgangssprache. Neuphilol. Mitt. 1933, t. 4, pp. 44-46. − Ibrahim (A. H.). Dis-moi vous. Fr. Monde. 1984, no186, pp. 89-91. − Jucquois (G.). Variantes socialectiques du syst. pronom. de la deuxième pers. en fr. contemp. Cah. Inst. Ling. Louvain. 1977, t. 4, pp. 115-118. − Lambert (W.E.), Tucker (G.R.). Tu, vous, usted. Rouley, 1976, 228 p. − Maley (C.A.). Historically speaking, tu or vous Fr. R. 1972, t. 45, pp. 999-1006. − Polge (H.). Le Tu et le vous. Grammatica. Suppl. 1976, t. 12, pp. 13-32. − Schoch (M.). Prob. socioling. des pron. d'allocution: tu et vous. Linguistique Paris. 1978, t. 14, pp. 55-73. − Spitzer (L.). Vous et nous régimes atones de on. Fr. mod. 1940, t. 8, pp. 323-343.

Wiktionnaire

Pronom personnel

vous \vu\ masculin et féminin identiques pluriel

  1. Pronom de la deuxième personne du pluriel sujet, lorsque l’interlocuteur s’adresse à plusieurs autres personnes.
    • Toi et lui, vous êtes mes meilleurs amis.
    • Messieurs les soldats, vous êtes la bravoure incarnée.
  2. Pronom de la deuxième personne du pluriel objet direct ou indirect, ou comme pronom réfléchi.
    • Il vous donnera une lettre.
    • Je suis à vous dans cinq minutes.
    • Nous parlions de vous.
    • Vous vous laverez en rentrant.
  3. Pronom de la deuxième personne du singulier ou du pluriel de politesse.
    • Vous êtes la seule à être la bienvenue ici.
    • Je m’adresse à vous, monsieur, pour cette affaire.
  4. (Familier) Pour intensifier le discours, dans un emploi explétif.
    • En moins de rien, ils vous inventent un prétexte pour justifier leur retard.
    • — Donne-moi le temps de m’habiller, dit-il, et je suis tout à toi. C’est égal, tu as une manière de réveiller ton monde qui est bonne ; comme tu vous remues ! — (Hector Malot, Un mariage sous le Second Empire, 1873)
  5. On, un ou plusieurs humains indéfinis en général ; variante soutenue de tu comme indéfini singulier.
    • Quand vous êtes mécontent(s), vous avez tout intérêt à le faire savoir.
    • Face à ce genre de tueur, vous vous dites que ce sera lui ou vous. (Le narrateur fait part de son vécu)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

VOUS. pronom personnel des deux genres, dit de la seconde personne du pluriel
. Il sert à désigner Ceux, celles à qui l'on parle où à qui l'on écrit. Il s'emploie comme sujet, comme attribut et comme complément avec ou sans préposition.

VOUS, sujet, se place avant le verbe, sauf dans les propositions interrogatives où il le suit. Messieurs, vous êtes les bienvenus ici. Où allez-vous?

VOUS peut être attribut. C'est vous.

VOUS, complément direct ou complément indirect sans préposition, se place avant le verbe, sauf dans les phrases impératives sans négation où il se place après. Il vous aime. D'où vous vient cette crainte? Ménagez-vous. Dites-vous bien cela.

VOUS, complément précédé d'une préposition, se place toujours après le verbe, l'adjectif ou l'adverbe auquel il se rapporte. Nous parlions de vous. Il est très satisfait de vous. Je ne sais rien relativement à vous.

VOUS se répète lorsqu'on veut insister sur la personne, donner plus d'énergie à la phrase. Vous, vous êtes bon. On vous a fait cela, à vous! Il se place par répétition après plusieurs pronoms sujets du verbe dont aucun n'est à la première personne et dont l'un est à la seconde. Toi et lui, vous êtes mes meilleurs amis. Vous et lui, vous m'avez rendu un service signalé. Fam., Vous autres, Vous, de votre côté; Vous, tant que vous êtes de personnes du même rang, du même avis, etc. Nous allons rester ici, vous autres vous rentrerez chez vous. Il vous faut, à vous autres, un plus grand train. Vous-même. Voyez MÊME.

VOUS est quelquefois simplement explétif et alors il est presque toujours familier. Dans sa colère Il vous prit un bâton. En moins de rien, ils vous fabriquent des systèmes.

VOUS s'emploie, par politesse ou par déférence, comme pronom de la seconde personne du singulier, au lieu de Tu, te, toi; ce qui s'y rapporte se met alors au singulier. Vous êtes bien bon. Je vous ai aperçu de loin. Je m'adresse à vous, monsieur, pour cette affaire.

Littré (1872-1877)

VOUS (vou ; l's se lie : vou-z-êtes) pronom pers. plur. de la seconde personne
  • 1Il se dit quand on adresse la parole à plusieurs personnes. Messieurs, je vous adjure… Vous et celui qui vous mène, vous périrez, Fénelon, Tél. I.
  • 2On s'en sert aussi au singulier par civilité, et alors ce qui s'y rapporte se met au singulier. Ils se disent vous l'un à l'autre. Qu'elle me parle de vous, et quoi encore ? de vous, et toujours de vous, Sévigné, 50. Agrippine : Britannicus est mort : je reconnais les coups ; Je connais l'assassin. - Néron : Et qui, madame ? - Agrippine : Vous, Racine, Brit. v, 6. Ce ne fut que longtemps après lui [César] que les hommes s'avisèrent de se faire appeler vous au lieu de tu, comme s'ils étaient doubles, Voltaire, Dict. phil. Quakers. Vous, le frère de la belle Cunégonde ! vous qui fûtes tué par les Bulgares ! vous, le fils de M. le baron ! vous, jésuite au Paraguay ! il faut avouer que le monde est une étrange chose, Voltaire, Candide, 14. Je dois des remerciements à tout le monde et, vous, monsieur, à qui j'en dois le plus, êtes celui à qui j'en fais le moins, Rousseau, Lett. à Davenport, 7 févr. 1767. Et vous êtes un père de famille, vous ? Diderot, Père de famille, III, 10.
  • 3Vous, régime direct ou indirect, se place avant le verbe dont il est le complément. Il vous aime. Il vous fait du bien.

    Cependant, quand il est régime indirect, on peut, pour marquer plus de force, le mettre après le verbe avec à. Je ne sais s'ils me blâment de vous aimer ; mais sûrement ils ne me blâmeront pas d'être dévouée à vous, quand je vous aime, Staël, Corinne, VIII, 1.

    À l'impératif, vous régime se place après le verbe. Soignez-vous. Mais, quand il y a deux verbes de suite à l'impératif, si le second est réfléchi, on peut mettre vous avant le verbe. Aspirez aux clartés qui sont dans la famille, Et vous rendez sensible aux charmantes douceurs…, Molière, F. sav. I, 1.

    Dans les interrogations, vous, sujet, se met après le verbe, et vous, régime, se met avant. Que faites-vous ? D'où venez-vous ? De quoi vous êtes-vous avisé de charger les enfers d'une si dangereuse créature ? Boileau, Les héros de romans.

  • 4Après votre, à vous se met quelquefois pour indiquer d'une façon expressive la possession. Votre régiment à vous, continua M. de Germond, ne sera pas mis en activité de sitôt, Staël, Corinne, VI, 4.
  • 5Vous devant le verbe être exprime quelquefois des liens de parenté ou d'amitié. J'ai bien des raisons, monseigneur, pour bien vivre avec eux ; mais ce qu'ils vous sont en serait une suffisante pour moi, Maintenon, Lettre au Cardin. de Noailles, 24 oct. 1700.
  • 6Dans un sens indéfini. Elle est si belle que vous ne sauriez vous empêcher de l'admirer. Ah ! que pour ses enfants un père a de faiblesse ! Peut-on rien refuser à leurs mots de tendresse ? Et ne se sent-on pas certains mouvements doux, Quand on vient à songer que cela sort de vous ? Molière, Mélic. II, 5. C'était un homme âgé, mais grand, d'une belle figure et de bonne mine, d'une physionomie qui vous rassurait en la voyant, qui vous calmait, qui vous remplissait de confiance, Marivaux, Marianne, 6e part.
  • 7Vous explétif. Plein d'un juste courroux, Il vous prend sa cognée, il vous tranche la bête, La Fontaine, Fabl. VI, 13. Le rustre, en paix chez soi, Vous fait argent de tout, convertit en monnaie Ses chapons, sa poulaille,…, La Fontaine, ib. XI, 3. Il vous eût arrêté le carrosse d'un prince ; Il vous l'eût pris lui-même, Racine, Plaid. I, 5. Le chameau se rengorge, il vous fait le gros dos, Lamotte, Fables, IV, 14. Ils vous créent un monde aussi aisément que l'abbé de l'Attaignant fait une chanson, Voltaire, Lett. Thiriot, 15 sept. 1768. C'est un petit cheval qui, au moindre coup d'éperon, vous court au grand galop, Voltaire, Lett. d'Argental, 5 févr. 1772.

    Vous est aussi explétif dans cette phrase de Mme de Sévigné : Je vous embrasse, très chère petite, et vous baise vos belles joues, Sévigné, à Mme de Grignan, 1 juill. 1671.

  • 8Uni avec même, il marque plus expressément la personne. Vous-mêmes, ou, quand il s'agit d'une seule personne, vous-même. Vous en allez juger vous-même tout à l'heure, Boileau, Héros de romans. Avocat, De votre ton vous-même adoucissez l'éclat, Racine, Plaid. III, 3.

    Vous êtes, vous n'êtes pas vous-même, vous restez, vous ne restez pas fidèle à votre caractère. Je ne vous connais plus ; vous n'êtes plus vous-même, Racine, Andr. III, 1. Mes mânes sont contents ; soyez toujours vous-mêmes, De vos rois, de l'État, défenseurs glorieux, Gilbert, Ode aux officiers, sur la mort de Louis X.

    Vous deux, se dit de deux personnes à qui l'on parle. Ce n'est pas vous [Boissonade] qui succédez à M. Ameilhon, ni Coraï non plus ? il y a en France quelqu'un plus habile que vous deux ? Courier, Lett. II, 67.

    Un autre vous-même, voy. MÊME, n° 12.

  • 9De vous à moi, entre nous et sans que ce que je vous dis aille plus loin.

    De vous à moi, signifie aussi entre nous deux, qui nous connaissons. Hernani : Quoi ! vous portiez la main sur cette jeune fille ! C'était d'un imprudent, seigneur roi de Castille, Et d'un lâche ! - Don Carlos : Seigneur bandit, de vous à moi Pas de reproche ! Hugo, Hernani, II, 3.

  • 10Chez vous, votre maison, votre famille. Je vous prie de faire mes compliments chez vous.
  • 11Pour l'emploi de vous comme pronom réfléchi, voy. SE, REM. 3, 4, 5, 7, 8, 9 et 10.

REMARQUE

1. Quand vous est joint à un sujet de 3e personne, le verbe se met à la seconde personne du pluriel, et on répète vous ; cependant on peut aussi le supprimer. Vous et lui, vous partirez ensemble ; vous et lui, partirez ensemble.

2. Quand il y a plusieurs verbes, les vous qui suivent le premier peuvent être supprimés. Ainsi votre forêt prend un aspect moins rude ; Vous charmez son effroi, peuplez sa solitude, Animez son silence, et goûtez à la fois Les charmes d'un bienfait et le charme des bois, Delille, Jard. II.

3. C'est vers la fin de l'empire romain qu'on a commencé à dire vous au lieu de tu. De là cette forme de langage est devenue générale. Au reste il y avait déjà tendance chez les Latins à dire vos à une seule personne, quand avec cette personne on pouvait joindre par la pensée celles qui l'accompagnaient : Vos, o Calliope, precor, adspirate canenti, Virg. Aen. IX, 525.

HISTORIQUE

XIe s. E dist al rei : or ne vus esmaiez, Ch. de Rol. III.

XIIIe s. Seigneur, fait il, escoutés, je vous loeroie [conseillerais] une chose, se vous vos i accordez, Villehardouin, XXV. Si qu'à Dieu et au siecle la bonté de vous pere [paraisse], Berte, IV.

XVe s. Ces gens d'armes vous commencerent à abatre ces Flamands, Froissart, II, 2, 184. Lettres du roy seellées de son grant seel, données ce dict jour, 7e jour de juillet, ainsi signées : Jean Millet, soubs la congregation de ceux qui avoient esté audit conseil, c'est à sçavoir le duc de Bourgogne, le connestable de France, vous le chancelier d'Acquitaine, le chancellier de Bourgongne et plusieurs autres [en ces lettres, vous le chancelier signifie le chancelier], Monstrelet, t. I, ch. 105, dans LACURNE.

XVIe s. Et à vous rien que vous ne se doit egaler, Desportes, Élégies, I, 17. Si j'avois la force de mesme le couraige, je vous les plumeroys comme ung canart, Rabelais, Garg. I, 42. Elle vous avoit un corset…, Marot, I, 201. Donc puis qu'amour m'a voulu arrester Pour vous servir, plaise vous me traiter, Comme voudriez vous-mesme estre traitée, Si vous estiez par amour arrestée, Marot, I, 351. Vous me povez faire heureux devenir, En vous daignant vous souvenir, Saint-Gelais, 125. Quant au trespas, sça' vous [savez-vous] quand ce sera ? Du Bellay, J. VII, 26, verso. Quelle raison av'ous [avez-vous], quant à ce poinct, De commander qu'on ne vous ayme point ? Du Bellay, J. VII, 30, verso. Pourquoy foulez-vous mon peuple, et froissez la face des pauvres ? Lanoue, 14.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

VOUS. - REM. Ajoutez :

4. Avec un verbe à l'impératif, vous ne se met pas. Cependant Régnier a écrit : Il me dit : vous soyez, monsieur, le bien venu ! Sat. X. Cela n'est plus usité.

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Étymologie de « vous »

Wallon et bourg. vo ; picard, vos ; prov. esp. et port. vos ; ital. voi : du lat. vos ;du grec σφῶε, vous deux ; sanscr. vas.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Du latin vos.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « vous »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
vous vu

Citations contenant le mot « vous »

  • Vous aimerez votre prochain comme vous-même. De Saint Matthieu
  • Vous trouverez en vous le repos. De Saint Thomas
  • Vous êtes empereur, seigneur, et vous pleurez ! De Jean Racine / Bérénice
  • Une prison : regardez-vous vous-même. De Jacques Rigaut / Papiers posthumes
  • Si vous voulez vraiment rêver, réveillez-vous... De Daniel Pennac / Au bonheur des ogres
  • Du moment que vous prouvez, vous mentez. De Gustave Flaubert / Lettre à Louise Colet
  • Quoique vous fassiez, vous ferez mal ! De Sigmund Freud
  • Comment vous qui guérissez les autres ne vous guérissez-vous pas vous-même ? De Esope
  • Si vous épousez une laide, vous serez peiné ; si vous épousez une belle, vous serez berné. De Bion de Boristhène
  • Confessez-vous à vous-même : mourriez-vous s'il vous était défendu d'écrire? De Rainer Maria Rilke / Lettres à un jeune poète
  • Mariez-vous, vous ferez bien ; ne vous mariez pas, vous ferez encore mieux. De Saint Paul / Epîtres aux Corinthiens
  • Vous vivez, vous apprenez. Ou vous ne vivez pas longtemps. De Robert Heinlein / Time enough for love
  • Mais si l'on veut les séparer, Le coudrier meurt promptement, Le chèvrefeuille mêmement. Belle amie, ainsi est de nous ; Ni vous sans moi ni moi sans vous. Marie de France, Lais, Lai du chèvrefeuille
  • Et Phèdre au Labyrinthe avec vous descendue Se serait avec vous retrouvée, ou perdue. Jean Racine, Phèdre, II, 5, Phèdre
  • Soyez vous-même ! dis-je à quelqu'un ; mais il ne le pouvait : il n'était personne. Petrus Augustus De Genestet, Individualités
  • Lorsque vous refusez de vous battre, vous gagnez. De D.J. Schwartz
  • Sur le papier, la voiture électrique est séduisante. Mais dans la pratique, est-elle vraiment la voiture qui vous convient ? C’est la question à laquelle l’application « Mon Test Voiture Électrique » vous aidera à trouver la réponse. Pour en expérimenter les fonctions, n’hésitez pas à participer au co-bêta test en cours sur la plateforme EDF Pulse & You. Futura, La voiture électrique est-elle faite pour vous ?
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Traductions du mot « vous »

Langue Traduction
Anglais you
Espagnol vosotras
Italien voi
Allemand sie
Chinois
Arabe أنتم
Portugais tu
Russe ты
Japonais あなた
Basque zuk
Corse
Source : Google Translate API

Vous

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