Trait : définition de trait


Trait : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TRAIT, subst. masc.

A. − Action de tirer quelque chose.
1.
a)
α) Action de tirer un attelage, une voiture hippomobile. Sa manie de n'employer pour le trait que des chevaux entiers (Jammes, Mém., 1921, p. 239).On pouvait réaliser (...), pour le trait lourd, l'attelage en flèche (trois ou quatre chevaux de front), ou en file par un; et, pour le trait léger, l'attelage à quatre (deux paires placées l'une derrière l'autre) (P. Rousseau, Hist. transp., 1961, p. 169).
Animal, bête de trait; cheval de trait (anton. cheval de selle*). Voyez le chien, que l'homme appelle son ami! (...) Que n'en a-t-on pas fait? Chien courant, chien d'arrêt, Chien gardeur de moutons, chien portier, chien de trait (Pommier, Colifichets, 1860, p. 98).Nous étions forcés de mettre en réquisition les voitures, les chevaux de selle et de trait (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 3).
β) Vx. Trait de corde. [Dans l'estrapade, corresp. à corde II B] Fait de monter et de laisser retomber plusieurs fois le patient (d'apr. Ac. 1798). On lui donna dix traits de corde, mais il persévéra dans son dire qu'il était injustement accusé (Tharaud, Chron. frères enn., 1929, p. 247).
b) P. méton.
α) Corde, lanière, pièce de harnais servant à tirer une voiture attelée. Une paire de traits (Ac.). D'un revers, en me relevant, je fendis la figure d'un gueux de charretier en train de couper les traits pour se sauver (Erckm.-Chatr., Hist. paysan, t. 2, 1870, p. 187).Un accident survient, il [le cocher] casse un trait (Lorrain, Sens et souv., 1895, p. 172).
β) CHASSE. Longe à laquelle est attaché un limier. Laisser aller un limier de la longueur du trait; (r)accourcir, allonger le trait. Javert, en se préoccupant trop de mettre les limiers de meute sur la voie, alarma la bête en lui donnant vent du trait et la fit partir (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 570).La rumeur d'une forêt familière (...) ne couvre pas (...) l'aigre sifflement d'un limier qui raidit son trait (Genevoix, Dern. harde, 1938, p. 174).Lancer à trait de limier. ,,Suivre une bête avec le limier, jusqu'à ce qu'elle soit debout`` (Baudr. Chasses 1834). [Le suj. désigne le limier] Bander sur le trait. Faire effort pour s'avancer du côté du gibier (d'apr. Baudr. Chasses 1834).
c) Spécialement
NAV. FLUVIALE, vx. Trait de bateaux. Ensemble des bateaux attachés les uns aux autres pour remonter une rivière (d'apr. Ac. 1798-1878).
MINES. ,,Le charbon tel qu'il sort de la mine`` (Duval 1959); ,,cordée d'extraction`` (Lexis 1975). La demande de puissance d'une machine d'extraction (...) au cours même du trait, (...) présente, pendant la période de démarrage, une valeur considérable (Haton de La Goupillière, Exploitation mines, 1905, p. 100).P. méton. Personnel à l'intérieur d'une houillère (d'apr. Littré). [Les mineurs travaillent] de l'aube au soir, ou du crépuscule au matin, suivant qu'ils appartiennent à tel ou tel trait (La Petite lune, 1878-79, no46, p. 3).
TECHNOL., COMM., vx. Poussée qui fait bouger le fléau ou le plateau d'une balance. Aux marchandises qui sont en grand volume et d'un grand poids, le trait doit être plus fort (Ac.).
2. Loc. adv.
a) D'un trait, d'un seul trait, tout d'un trait. Sans interruption. Synon. (tout) d'une traite (v. traite2), d'un (seul) coup*.Dormir d'un trait; avaler, boire qqc., vider son verre d'un trait. Elle dormait à poings fermés, onze heures, tout d'un trait (Rolland, J.-Chr., Nouv. journée, 1912, p. 1567).D'un seul trait aujourd'hui j'ai relu presque toutes Les Nourritures Terrestres (Rivière, Corresp.[avec Alain-Fournier], 1907, p. 20).
Parcourir (tout) d'un trait. V. parcourir II B 1 ex. de A. Daudet.
b) À longs traits. À longues gorgées. Ne te souviens-tu pas d'avoir un jour, dans tes réflexions lugubres, porté la main, creusée au fond, sur ta figure maladive mouillée par ce qui tombait des yeux; laquelle main ensuite se dirigeait fatalement vers la bouche, qui puisait à longs traits, dans cette coupe (...) (Lautréam., Chants Maldoror, 1869, p. 128).P. métaph. Mademoiselle Armande savourait cette lettre à longs traits, comme le devait une fille sage (Balzac, Cabinet ant., 1839, p. 82).
[P. méton.] Quantité bue en une seule fois. Elle mangea donc et but un long trait d'eau fraîche (Gautier, Rom. momie, 1858, p. 249).
c) Spécialement
INDUSTR. TEXT. Fil de métal très fin destiné à la passementerie (d'apr. Boudet-Gomond 1981). On appelle trait le fil métallique fin destiné à la passementerie (Gasnier, Dépôts métall., 1927, p. 334).
PLAIN CHANT. Psaume entier ou versets de psaume chanté(s) sans reprises, à la place de l'alléluia, entre le graduel et l'évangile, aux messes des défunts, et des dimanches et féries pénitentielles (d'apr. Foi t. 1 1968). La Grand'Messe (...) comprend aussi les parties propres à chaque office: Introït, Graduel, Alleluia (ou Trait), Offertoire, Communion (Potiron, Mus. église, 1945, p. 10).
B. − Ligne.
1.
a) Ligne tracée sur une surface, notamment sur du papier, à l'aide d'un instrument. Trait(s) de burin, de crayon, de diamant, d'encre, de sang; trait bleu, noir, rouge; trait fin, continu, lumineux; tirer, tracer un trait (sur qqc.). Une ligne noire, mince et nette comme le trait tracé à la règle sur un plan d'architecte se dessina (Gautier, Rom. momie, 1858, p. 171):
Si l'on fixait un stylet enregistreur sur la main d'un homme, l'épaisseur du trait, les déviations, les tremblements et les crochets dessineraient les orages intérieurs, et les moindres vicissitudes de l'équilibre vivant et pensant. Alain, Propos, 1921, p. 306.
Loc. verb. et adv.
(Barrer, supprimer) d'un/par un trait de plume. Au fig. V. plume1II A 3.
Tirer un trait (sur qqc.). V. tirer I C 1.
P. anal. Trait de feu, de lumière; trait enflammé. Dans le ciel où croulait une avalanche de nuages ronds, le moulin de la prison se profilait, étonnamment précis encore. Son aile unique barrait d'un trait appuyé l'étroite balafre rouge du couchant (Vercel, Cap. Conan, 1934, p. 233).
Trait de lumière (au fig.). Éclaircissement, compréhension subite de quelque chose. Ce discours fut pour Charles un trait de lumière: il eut comme une révélation, et vit, dans ce voyage, le moyen d'arriver à la fortune et à une place brillante s'il pouvait plaire à Pauline et l'intéresser (Balzac, Annette, 1824, p. 87).
Spécialement
HÉRALD. ,,Rangée horizontale d'un échiqueté`` (Thiébaud Blason 1982). Synon. tire1.Champagne. Pièce formée par un trait qui coupe la base de l'écu et qui occupe le quart environ de la surface de l'écu (L'Hist. et ses méth., 1961, p. 758).
MAR., vieilli. Navire à traits carrés. Bâtiment dont les voiles principales sont quadrangulaires (du nom « trait carré » donné par les charpentiers des galères à l'équerre qu'ils traçaient sur le plancher de la salle des gabarits pour dessiner les pièces de charpente de l'étrave et de l'étambot) (d'apr. Jal1).
b) Signe graphique. Cet immonde Bonaparte Qui maintenant porte à son cou, En gros traits, sur une pancarte, L'arrêt qui le sacre filou! (Glatigny, Fer rouge, 1870, p. 61).
LING., ÉCRITURE. Trait oblique
Signe de ponctuation, représenté par une ou deux barres obliques, marquant une rupture, une articulation dans le texte, par exemple pour indiquer que le texte cité va à la ligne (d'apr. Dupr. 1980). Les traits obliques // entourent la transcription d'un sème (Dupr.1980,s.v. assise rem. 7).[Pour indiquer parfois une pause] Les écrivains se contenteraient de placer (...) des traits obliques aux pauses (Dupr.,1980,s.v. vers libre rem. 2).[Pour indiquer une césure] On peut l'indiquer [la césure] par un trait léger ondé vertical ou par un trait oblique (Dupr.,1980,s.v. césure rem. 4).[Pour indiquer une coupe rythmique] On remarque le passage d'une mesure à la suivante: (...) Graphiquement, au moyen de traits verticaux ou obliques appelés barres de scansion (Dupr.,1980,s.v. coupe rythmique).
[Dans le structuralisme notamment] Marque de relation (souvent à valeur antithétique). Vickery écrit (...): Le trait oblique représente la « relation »particulièrement celle d'influence ou effet. Ainsi par exemple: 6s/4f est « salinité en relation avec irrigation » (Coyaud, Introd. ét. lang. docum., 1966, p. 56).[Parfois dans une coupe rythmique] Les séries alternées sont marquées sur le plan sonore par un changement de ton; sur le plan graphique, on pourrait mettre un trait oblique. Ex.: Corneille, le Cid, 1, 6 deviendrait: « Père/maîtresse; honneur/amour » (Dupr.1980, s.v. sériation rem. 1).[Dans la double lecture pour opérer une distinction de sens] Double lecture (...) On emploie aussi le trait oblique. L'image sexuelle est à la fois abritée et découverte par l'écriture qui la restitue dans le secret sexuel/textuel de sa totalité (R. Jean,Les signes de l'Éros,ds Cl. Simon, Entretiens, p. 129, ds Dupr. 1980, s.v. double lecture).
Rem. ,,Il n'est pas rare de voir le trait oblique confondu avec le trait d'union, en dépit du fait que sa valeur d'emploi est inverse. C'est que le trait oblique n'est pas encore très usité. Ex.: la dialectique violence-tendresse chez Thériault`` (Dupr. 1980, s.v. trait oblique rem. 3).
TÉLÉCOMM. Signe de l'alphabet morse, représentant le son long, en marque de tiret. Anton. point (v. point1I B 2 f).V. alphabet ex. 7.
Trait d'union. V. trait d'union.
c) Trait de repère. Marque de repère. En regard de la division [d'un cercle astronomique], sont disposés deux traits de repère fixes, situés sensiblement aux extrémités d'un même diamètre (Danjon, Cosmogr., 1948, p. 19).
2. En partic.
a) Ligne, contour d'un dessin, d'un tableau. Je pris un crayon et traçai quelques traits sur l'estampe (Musset, Confess. enf. s., 1836, p. 312).Ces petits nuages circonscrits d'un trait épais qui sortent de la bouche des personnages sur les dessins des comics (Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 121).
b) P. méton., gén. au sing., BEAUX-ARTS. Manière de dessiner. (Peindre) à grands traits. Cet Étranger [le héros d'Albert Camus] a l'acuité vigoureuse du trait, la richesse de palette d'un grand peintre (Sarraute, Ère soupçon, 1956, p. 19).
Dessin, gravure, cliché au trait. Dessin, gravure, cliché exécuté(e) uniquement au tracé de ligne, p. oppos. à lavis (de teinte) (dessin), à similigravure (reprogr.). Aimeriez-vous des vues de Naples au simple trait? (Stendhal, Corresp., t. 3, 1832, p. 67).La Toscane est un pays sec, de lumière dure et glacée, très acide de couleur, où les collines et les arbres et les maisons se dessinent comme au trait sur une vitre (Faure, Espr. formes, 1927, p. 81).
Bois de trait. Procédé de gravure représentant les contours du dessin, p. oppos. à bois de teinte* (reproduisant un dessin en demi-teintes au pinceau). Gravure en bois de trait. [Chez Doré] le bois de trait ou de fac-similé cède la place au bois de teinte ou d'interprétation (Dacier1944, p. 126).
Faux(-)trait. Tracé d'un faux décalque (d'apr. Bég. Dessin 1978). Faux trait: trait d'un dessin que l'on a corrigé, tout en le laissant subsister (Hugues, Expr. atelier, s.d.).
Trait de force. Renforcement du contour à un endroit pour rehausser un relief ou une lumière (d'apr. Bég. Dessin 1978). [La répartition des grandes masses sombres et claires] s'opère (...) par courts accents (...): légers éclairs ou traits de force (Tintoret, le Gréco) (Arts et litt., 1935, p. 30-9).
c) CHARPENT., MENUIS., BÂT. Profil de tracé d'une pièce d'ouvrage. Art du trait. Il avait résolu d'étudier le trait, c'est-à-dire le dessin linéaire applicable à l'architecture, à la charpenterie et à la menuiserie (Sand, Compagn. Tour de Fr., 1840, p. 25).
Trait de Jupiter. Assemblage en forme de zigzag destiné à rallonger le bois. On assemble [les bois] en trait de Jupiter (Haton de La Goupillière, Exploitation mines, 1905, p. 719).
Trait (de scie). Marque de repère; entaille dans une coupe de bois, de pierre servant à guider la scie. Le chêne, scié à deux traits seulement (Pesquidoux, Livre raison, 1928, p. 51).
3.
a) Gén. au plur. Ligne caractéristique du visage. Presque partout nous avons trouvé des figures que le pinceau européen n'a jamais tracées (...); des traits d'une finesse et d'une pureté si exquises (Lamart., Voy. Orient, t. 2, 1835, p. 217).Je levais un instant les yeux vers le beau profil de ma mère; ses traits étaient naturellement graves et doux (Gide, Si le grain, 1924, p. 455).
SYNT. Traits fins, épais, délicats, charmants, hideux, réguliers, irréguliers, menus, rudes, saillants, accusés, effacés, flétris, décomposés, calmes, altérés, bouleversés, crispés, creusés, tirés; les traits de la figure, du visage de qqn; expression, altération des traits; beauté, douceur, harmonie, noblesse, pureté des traits; les traits se contractent, se détendent, expriment (un sentiment); qqc. (est) imprimé sur les traits de qqn; se peindre sur les traits de qqn; lire sur les traits de qqn; qqc. (un sentiment), la joie illumine les traits de qqn; contempler, distinguer les traits de qqn.
b) Au sing., plus rare. Sur chaque trait rieur, interrogatif et gêné du visage d'Albertine, je pouvais épeler ces questions (Proust, Guermantes 2, 1921, p. 351).
Trait pour trait. Exactement. V. pour I A 2 b ex. de Nodier.
C. − Signe distinctif.
1. Particularité remarquable de quelqu'un ou de quelque chose. C'était, non plus avec des membres de sa famille, mais avec certains écrivains de son temps que d'autres traits de son élocution lui étaient communs (Proust, J. filles en fleurs, 1918, p. 555).Je vois par quels traits un écrivain authentique se distinguerait de moi (J. Bousquet, Trad. du sil., 1936, p. 131).
SYNT. Trait(s) caractéristique(s), distinctif(s), dominant(s), essentiel(s), majeur(s), particulier(s), commun(s), semblable(s); traits fondamentaux, frappants, généraux, principaux, saillants, constants; traits individuels, culturels; traits de race, de ressemblance; traits d'un caractère, d'une époque.
LING. Unité pertinente, minimale ou non, permettant de distinguer un composant phonique, syntaxique ou sémantique. Trait distinctif d'un phonème. Traits lexicaux, phonologiques (Ling. 1972). Chaque mot du lexique peut être représenté par une matrice composée d'une série de traits, c'est-à-dire de renseignements donnant la description de ce mot. Chaque mot possède des traits phonologiques, des traits syntaxiques et des traits sémantiques. Les traits phonologiques nous renseignent sur les consonnes et les voyelles qui forment le mot (voisée, nasale, etc.). Les traits syntaxiques précisent de quelle catégorie il fait partie (N, V, etc.) et dans quel contexte il peut se trouver (devant un V, etc.). Les traits sémantiques indiquent s'il est animé ou non, concret ou abstrait, etc. (Fr. auj.,1972,no19, p. 62).Trait pertinent*.
Loc. verb. Avoir trait à (qqc. ou qqn). Se rapporter à. Synon. ressortir à, concerner, intéresser, relever de, avoir rapport à, dépendre de.Ici, intercaler quelque chose sur les passages ayant trait à Anne (Du Bos, Journal, 1924, p. 38).
2. Acte ou parole remarquable. Trait de caractère, d'éloquence, de génie, d'audace, de bonté, de courage, de dévouement, de vertu; trait d'histoire. Et, avec tout cela, des traits de désintéressement, des mouvements d'honneur, devant lesquels on reste indécis, ne sachant s'il faut louer ou blâmer (Montherl., Célibataires, 1934, p. 757).
Absol., vieilli. Fait saillant, anecdote. Citer un trait, le trait de qqn; cent, mille traits pareils, semblables. Dans chaque anecdote pouvant servir à porter la lumière dans quelque coin du cœur humain, il retenait toujours ce qu'il appelait le trait, c'est-à-dire le mot ou l'action qui révèle la passion (Mérimée, Portr. hist. et littér., 1870, p. 180).
En partic. Trait (d'esprit). Expression vive, spirituelle. Elle avait de ces traits, de ces reparties soudaines, et dans l'esprit, un tour singulier à dire les choses les plus communes (Bourges, Crépusc. dieux, 1884, p. 63).Le grand poète, si connu, si familier en ses préparations, étonne toujours par le trait sublime, qui n'existe jamais qu'un moment par la voix, et ne laisse point de sillage (Alain, Propos, 1921, p. 263).V. esprit 2eSection I D 2 b ex. de Alain.
Loc. verb. Avoir du trait. Avoir de la repartie, de l'esprit. À gauche se déploie il Duomo, « cette montagne d'or changée en marbre! » a dit François II, qui avait du trait (Balzac, Œuvres div., t. 3, 1840, p. 378).Saint-Simon savait peindre l'espèce humaine; bien d'autres ont eu du trait (Chardonne, Ciel, 1959, p. 165).
3. ,,Suite de notes rapides qu'on exécute sur un instrument ou avec la voix`` (Rougnon 1935). Trait brillant. Je voulais désarticuler, précisément, ce Rigodon, pour y introduire des symétries de son à l'envers, pour développer des cadences dont le départ serait donné par tel trait de trompette, repris, imité, déformé de toutes les façons possibles (Schaeffer, Rech. mus. concr., 1952, p. 38).
D. −
1.
a)
α) Projectile lancé à la main ou à l'aide d'une arme bandée (flèche, carreau). Arme de trait; décocher, lancer un trait. Esclaves solides, à l'épreuve de la crainte, ils savaient rester impassibles, les jours de bataille, sous les traits lancés, du haut des navires ennemis, par des archers placés dans les châteaux d'avant et d'arrière (Mille, Barnavaux, 1908, p. 300).
P. métaph. [P. allus. hist.: simulant une fuite, les Parthes décochaient une flèche par-dessus l'épaule] Le trait du Parthe. Mot lancé, en partant, qui porte. Synon. la flèche du Parthe (v. flèche1I A 2).La lettre de M. Zurlinden est tout simplement le dernier trait du Parthe Félix Faure (Clemenceau, Vers réparation, 1899, p. 206).
Loc. [P. compar., pour marquer une grande vitesse]
Plus vite qu'un trait d'arbalète* ou comme un trait d'arbalète*.
Comme un trait. Très vite. Partir comme un trait. Elle entra comme un trait, non sans bredouiller, très vite (Farrère, Homme qui assass., 1907, p. 216).
β) HIST. DE L'ARM. Gens, hommes de trait. Archers, arbalétriers. Si l'un d'entre eux avait affaire pour garder son honneur ou ses pays, terres et seigneuries, chacun des autres serait tenu de lui fournir cinq cents hommes d'armes ou de trait (Barante, Hist. ducs Bourg., t. 4, 1821-24, p. 400).
b) P. méton. Portée d'un tel projectile. À deux traits d'arc. Les deux armées dormirent à un trait d'arbalète l'une de l'autre (A. France, J. d'Arc, t. 2, 1908, p. 27).
c) P. métaph. ou au fig., littér. Ce qui frappe, blesse, cause une vive impression. Traits de l'amour; traits de feu; traits enflammés; décocher, lancer un trait. Darder un trait, des traits (à qqn). V. darder I A 1 b ex. de Sainte-Beuve et Faral.
Loc. verb., arg., vieilli. Faire des traits à (sa femme, à son mari). Être infidèle. Synon. tromper.Que prenne garde à moi la femme qui voudrait tromper son époux, et que se garde aussi l'époux qui ferait des traits à sa femme! (Crémieux, Orphée, 1858, i, p. 4).C'est-il qu'elle découcherait?... C'est-il qu'elle m'f'rait des traits? Non mais... (Benjamin, Gaspard, 1915, p. 151).
2. En partic.
a) JEUX (dames, échecs). Avoir le trait. Jouer le premier coup (d'apr. Ac. 1935). Donner le trait. Donner l'avantage de jouer le premier (d'apr. Ac. 1935). Donner deux traits (Ac. 1935).
b) Vx ou région. (Canada). Avoir le trait sur (qqn). L'emporter sur (quelqu'un). C'est égal, Provençal m'a parlé le premier. J'ai le trait sur lui. À c't'heure, je chasserai tant que je voudrai (Guèvremont, Survenant, 1945, p. 18).
Prononc. et Orth.: [tʀ ε]. Homon. très. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. A. 1. a) Ca 1160 « acte, action, tour (ici, en parlant de l'amour) » (Eneas, éd. J.-J. Salverda de Grave, 8003: Ne te di ge les traiz d'amer [gloss.: trait de caractère, particularité]; 8071: Tu ses des traiz, de sa nature); b) ca 1280 avec adj. (Adenet Le Roi, Cleomades, éd. A. Henry, 11518: vilain trait); c) ca 1280 (Gérard D'Amiens, Escanor, 4518 ds T.-L.: trait de vilonie; 18359: Or est il li pluz fox du mont, Qui li veut jouer de tel trait); d) 1580 en partic. un beau trait (dans un texte) (H. Estienne, Deux dialogues du nouv. langage fr. italianizé, II, 154 ds Quem. DDL t. 25); e) 1587 jouer un trait à qqn « jouer un tour à quelqu'un » (Cholières, Apresdisnees, fo174 rods Gdf. Compl.); f) 1635 trait d'esprit (Corneille, Place Royale, p. 257); g) 1737 trait de caractère (Marivaux, Vie de Marianne, 7epart., p. 324); 2. a) ca 1160 trait d'une arbaleste « trajectoire, portée d'une flèche tirée par une arbalète » (Eneas, 7287); b) α) ca 1340 « tir, action de lancer (des projectiles) » (Batard de Bouillon, 3022 ds T.-L.); β) 1417-22 gens de trait qualifiant les archers et arbalétriers (à côté des gens d'armes) (Cl. de Fauquemberge, Journal, éd. A. Tuetey et H. Lacaille, p. 156); c) fin xves. « flèche » (Ol. de La Marche, Mémoires, éd. H. Beaune et J. d'Arbaumont, t. 2, p. 232), très empl. au xviies. à propos de l'amour dans le lang. précieux; d) α) 1640 viste comme un trait d'arbaleste « très rapidement » (Oudin Curiositez); β) 1668 comme un trait (La Fontaine, Fables ds Œuvres, éd. H. Régnier, t. 2, p. 34); 3. 1170-80 tret au jeu d'échecs « coup » (Mort Aymeri de Narbonne, éd. J. Couraye du Parc, 2205); d'où 1690 jeux donner le trait « donner le droit de jouer le premier » (Fur.); cf. dès 1655 « donner la première impulsion à (quelque chose) » (Molière, L'Étourdi, IV, 1); 4. a) α) ca 1200 « action de tirer quelque chose » (Escoufle, 6933 ds T.-L.: a un seul trait); β) xiiies. spéc. le trait des chevaulx (Geste de Monglane ds Romania t. 2, p. 7); γ) 1549 cheval de tret (Est., s.v. cheval); b) α) mil. xiiies. « attache du harnais » (Jehan de Tuim, Hystore de Julius Cesar, éd. F. Settegast, p. 8, 14); β) ca 1250 « corde ou lanière de cuir avec laquelle les chevaux tirent une voiture » (Gautier le Leu, Soh is, 112 ds Ch. H. Livingston, Le Jongleur Gautier le Leu, Havard Studies in Romance languages, vol. 24, p. 144); γ) 1377 vén. « longe du limier » (Gace de La Buigne, Roman des deduis, éd. Å. Blomqvist, 7964); δ) 1376 « corde » (Modus et Ratio, éd. G. Tilander, t. 1, p. 283); c) 1690 trait de bateaux (Fur.). B. 1. a) Ca 1160 (boire) a grant trait (Eneas, 3549); b) 1176 tret « ce qu'on avale d'une seule haleine » (Chrétien de Troyes, Cligès, éd. A. Micha, 3274: De la poison un grand tret boit); 2. a) 1176-81 (faire qqc.) a tret « doucement, lentement » (Id., Chevalier Lion, éd. M. Roques, 472) − Stoer, Dict. fr.-all.-lat., 1628 d'apr. FEW t. 13, 1, p. 149; b) ca 1245 « durée, longueur de temps » (Philippe Mousket, Chron., éd. de Reiffenberg, 5851); 3. a) ca 1270 (filer la laine) a granz trais « avec des gestes rapides » (Rutebœuf, Vie Sainte Elysabel, 1707, éd. E. Faral et J. Bastin, t. 2, p. 152); b) 1384 [éd. 1541] (d'un oiseau) voler a longs traictz (Jean de Brie, Bon Berger, éd. Lacroix, p. 51); c) 1530 d'ung mesme trayct (Palsgr., p. 830); d) 1672 sentir (la douleur) à longs traits (Mmede Sévigné, Corresp., éd. R. Duchêne, t. 1, p. 447). C. 1. a) Ca 1225 « forme du visage, tracé du visage » (Durmart le Gallois, éd. J. Gildea, 114: En la semblance de son vis Estoit fiers et antres hardis [lire: an très d'apr. T.-L.]), attest. isolée; puis 1538 le traict du visage (Est., s.v. duco); b) fin xiiie-déb. xives. [date ms.] « ligne, dessin (d'une partie du visage) » (Raoul de Houdenc, Meraugis, éd. M. Friedwagner, 58, var.: Sourcilz ot a delie tret); 2. a) 1remoit. xiiies. trais « action de tracer une ligne » (Villart de Honnecourt, Album, éd. H. R. Hahnloser, p. 11, 2b); b) déb. xvies. spéc. (Jean D'Auton, Chron., éd. R. de Maulde la Claviere, t. 1, p. 117: le trect de leur dorée plume [des historiographes]); c) 1539 traicts des lettres « tracé » (Est.); d) 1606 (Nicot, s.v. traict: Ores une ligne ou tirée d'un peinctre ou d'un escrivain, Selon ce on dit, Voilà un beau traict et un traict hardy), lang. class.; e) 1671 n'avoir qu'un trait de plume « écrire d'un premier jet, sans recherche de style » (Mmede Sévigné, op. cit., p. 355); cf. ca 1675 écrire d'un trait de plume « id. » (Retz, IV, 227 ds Littré); f) 1671 traits de plume ou de pinceau, les premiers traits d'une peinture (Pomey); g) 1671 trait pour trait « exactement » (Th. Corn., Comt. d'Orgueil, II, 7 ds Littré); h) 1690 (Fur.: Un financier peut estre ruiné par un trait de plume d'un Surintendant); i) av. 1788 peindre, dessiner à grands traits « esquisser » (Fér. Crit. qui cite Moreau); j) 1746 subst. arts le trait (Batteux, Beaux-Arts, p. 248); 3. a) 1398 « tracé des opérations nécessaires pour tailler la pierre et le bois et pour appareiller les matériaux d'une construction » (doc. ds Les Ducs de Bourgogne, éd. de Laborde, 2epart., t. 3, no5854, p. 165); b) 1508 trait de Sye « chaque coupe qui est faite avec la scie dans un morceau de bois ou un bloc de pierre » (Comptes de dépenses de la construction du château de Gaillon, éd. A. Deville, p. 55); c) 1676 (Félibien: Sçavoir le trait et coupe des pierres; c'est sçavoir l'art de tracer les pierres pour estre taillées et coupées hors de leurs angles quarrez); d) 1690 (Fur.: Les Ouvriers appellent trait d'equerre ou trait quarré les pièces de bois ou de pierre taillées en angles droits); e) déb. xviies. (d'un navire) a trait carré (Aubigné, Hist. univ., II, 301 ds Gdf. Compl.); 4. 1581 blason « rangée de petits carreaux dans une pièce d'armoiries échiquetée » (De Bara, Le Blason des armoieries); 5. a) 1606 donner le trait « faire pencher la balance en faveur de, décider de (quelque chose) » (v. Hug.); cf. xvies. dial. de Mézières « supplément de poids qui fait trébucher la balance » (d'apr. FEW t. 13, 2, p. 150a); b) 1640 « id. » (Oudin Ital.-Fr.); 6. 1579 avoir trait à « avoir un rapport avec [cf. a. fr. traire à « ressembler »] » (Lett. miss. de Henri IV, t. 1, p. 234 ds Gdf. Compl.: Lois qui ont traict et suite à la conscience), attest. isolée, att. dans la lexicogr. dep. Trév. 1752 (d'abord avec réf. à la lang. jur.); 7. a) α) 1713 « la marque, l'élément caractéristique de » (Fénelon, Traité de l'existence de Dieu, p. 108: voilà le trait de la divinité même); β) 1724 (Marivaux, Spectateur fr., p. 226: Et certainement c'est ce qu'on peut regarder comme le trait du plus grand maître); b) α) 1939 phonol. trait pertinent (v. pertinent); β) 1962 (Pottier, p. 121: on se voit obligé à chaque instant d'augmenter le nombre des traits pertinents différenciateurs; p. 241: traits pertinents sémantiques). Du lat. tractus (de tractum, supin de trahere « tirer », v. traire), « action de lancer un projectile, de tirer, de traîner », « trajectoire d'un objet lancé », « espace déterminé, région », « action de durer, période de temps », « action de tracer une ligne » et au fig. « cours, façon dont se déroule (un discours) », « succession, série (de causes) »; le développement des sens du fr. s'est réalisé en interaction avec les sens de traire* très fréq. en a. m. fr. (v. FEW t. 13, 2, pp. 148-150, s.v. tractus et pp. 177-187, s.v. trahere). Fréq. abs. littér.: 9 062. Fréq. rel. littér.: xixes.: a) 14 646, b) 10 105; xxes.: a) 11 061, b) 13 975. Bbg. Nies (F.). Textarten-Appellative. Z. rom. Philol. 1982, t. 98, p. 329.

Trait : définition du Wiktionnaire

Nom commun

trait \tʁɛ\ masculin

  1. (Vieilli) Action de tirer une voiture par des animaux.
    • Des bêtes de trait.
  2. (Par extension) (Vieilli) Ce qui sert à tirer une voiture, des cordes, des lanières de cuir, des chaines avec lesquelles on attelle le cheval.
    • Un trait venait de se briser par suite du mouvement impétueux que, sur l’ordre de son maître, un jeune postillon avait imprimé à quatre des plus vigoureux chevaux du relais. — (Honoré de Balzac, La Femme de trente ans, Paris, 1832)
  3. (Par analogie) (Chasse) Longe à laquelle est attaché le limier qu’on mène au bois.
    • Ce chien tire sur le trait.
  4. (Sport) Action de tirer à l’arc.
  5. (Par extension) (Sport) Ce qu’on tire avec un arc, une arbalète, etc., et des javelots qu’on lance avec la main.
    • Voyez comme il s’élève lourdement à peine a-t-il fait dix pas depuis qu’il a quitté la terre, et il n’est qu’à une demi-portée de trait. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • Le sifflement des traits et des projectiles, de l’un et de l’autre côté, n’était interrompu que par les cris qui s’élevaient, lorsque quelque perte notable était subie par l’un des deux partis. — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • Les meurtrières pratiquées dans les merlons de pierre restaient démasquées dans leur partie inférieure et permettaient aux arbalétriers postés au dedans du parapet sur ce chemin de ronde de lancer des traits sur les assaillants. — (Eugène Viollet-le-Duc, La Cité de Carcassonne, 1888)
  6. (Figuré) Les attaques de la raillerie, de la médisance, de la calomnie, etc.
    • Ses professeurs déclaraient qu’elle était une enfant terrible. Son seul crime était de voir trop clair et de révéler, d’une façon trop vive, les ridicules qu’elle découvrait. Pas une ne sait comme elle lancer le trait juste à l’endroit sensible. — (Germaine Acremant, Ces dames aux chapeaux verts, Plon, 1922, collection Le Livre de Poche, page 16.)
    • Accompagnez vos traits d’humour ou d’ironie d'une binette (smiley) : ":—)", qui indiquera au lecteur que vous plaisantez ou que vous désirez qu'on ne prenne pas mal votre boutade, votre allusion, etc. — (Patrick Rebollar, Les salons littéraires sont dans l'internet, Presses universitaires de France, 2002, page 176)
  7. Ce qui emporte l’équilibre de la balance et la fait trébucher.
    • Aux marchandises qui sont en grand volume et d’un grand poids, le trait doit être plus fort.
  8. Action d’avaler un liquide.
    • Eh bien ! à votre santé, belle Bertha ! continua l’archer. Et il but le vin d’un seul trait. — (Alexandre Dumas, Othon l’archer, 1839)
    • M. Paul avait la joie forte et même un peu rude, et il buvait à longs traits, le brave homme ! — (Anatole France, Le crime de Sylvestre Bonnard, Calmann-Lévy ; éd. Le Livre de Poche, 1967, p. 230.)
    • La porte d’une écurie voisine s’ouvrait ; un cheval allait à la fontaine d’un pas tranquille, qui résonnait dans les granges ; nous l’entendions flairer l’eau, boire à larges traits et s’ébrouer. — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 24)
    • Les pêcheurs se versaient du soju à ras bord dans des bols en maillechort qu'ils vidaient d'un trait. — (Hwang Sok-yong, L'étoile du chien qui attend son repas, traduit du coréen par Jeong Eun-Ji et Jacques Batilliot, Paris : Serge Safran éditeur, 2016)
  9. Action de tirer ou de tracer une ligne.
    • En fait de dossier, elle lui demanda de compléter une modeste fiche cartonnée, en assez médiocre état pour avoir déjà servi à deux autres patients dont les noms étaient masqués au correcteur liquide, leur adresse et les interventions subies rayées d'un trait de crayon. — (Jean-Yves Cendrey, Honecker 21, Éditions Actes sud, 2009, page 163)
    • Rayer une chose d’un trait de plume.
  10. (Par extension) Ligne.
    • Ce maître d’écriture fait de beaux traits.
    • Cette lettre est formée de deux traits.
    • Passez un trait sur cette ligne pour l’effacer.
  11. (En particulier) Tracé continu qui compose un sinogramme.
    • Les kanji sont classés dans les dictionnaires selon leur clef, et sous une même clef ils sont rangés en fonction du nombre de traits supplémentaires. — (Reïko Shimamori, Grammaire japonaise systématique, Paris, Jean Maisonneuve, mars 2000, 2e édition, page xii)
  12. (En particulier) Lignes d’un dessin qui n’est pas ombré.
    • Dessin au trait, au simple trait.
    • Il s’est contenté d’en faire le trait.
  13. Fine ligne de drogue en poudre destinée à être inhalée.
    • J’ai dégueulé mes douze cafés dans les toilettes de Madone International puis je me suis tapé un trait pour me remettre d’aplomb. — (Frédéric Beigbeder, 99 francs, Gallimard, 2000, collection Folio, page 37.)
  14. (Arts) Lignes qu’on trace pour servir de marque.
    • Trait de niveau.
    • Trait de repère.
  15. (Peinture) Lignes au moyen desquelles on imite la forme d’un objet.
    • Dans les contours que trace un artiste habile, le trait doit être léger.
  16. Tracé des opérations nécessaires pour tailler et pour appareiller les matériaux d’une construction.
    • L’art du trait.
    • Le maçon, le charpentier, le menuisier doivent connaître, apprendre le trait.
    • Le trait de cet escalier, de cette voûte est beau, hardi.
  17. (En particulier) Marque que l’on fait sur l’endroit du bois ou de la pierre qu’on veut scier.
    • Le trait de la scie,
  18. Entaille que fait la scie à mesure qu’elle avance.
    • Cette voie de bois a été coupée à trois traits.
  19. (Au pluriel) Lignes du visage.
    • C’était à cette époque une femme de cinquante-deux à cinquante-trois ans à peu près, qui conservait, grâce à son embonpoint plein de fraîcheur, les traits de sa première beauté. — (Alexandre Dumas, La Reine Margot, 1845, volume I, chapitre VI)
    • Sa figure intelligente, dont les traits et le teint trahissaient une assez forte proportion de sang soudanais, […], prenait par moments une expression de grande affabilité. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, p. 67)
    • Insensiblement la sombre humeur qu’on voyait sur leurs traits s’atténuait, s’effaçait. De menaçants, ils devenaient gouailleurs, puis doucereux, entreprenants. — (Francis Carco, Images cachées, Éditions Albin Michel, Paris, 1928)
    • Elle avait de quoi les séduire, ainsi costumée en sultane, un petit fez rouge sur la tête, ou en duchesse emperruquée, toute de blanc vêtue avec son joli visage aux traits fins, ses grands yeux sombres et ses faux grains de beauté. — (Christopher Lee, Le Seigneur du désordre : autobiographie, Camion noir, 2013, chap. 6)
  20. (Figuré) Ce qui distingue, ce qui caractérise une personne, une chose.
    • Les traits de ressemblance que ce grand homme eut avec les héros de l’antiquité.
    • C’est là le trait caractéristique de cette époque.
  21. Action significative, révélatrice d’un caractère, d’un sentiment, etc.
    • Voilà un trait d’habile homme.
    • Un trait de courage, de clémence, de générosité.
    • Un trait généreux.
    • Un trait de perfidie, de cruauté.
  22. (Désuet) Action qui marque une intention favorable ou nuisible à quelqu’un.
    • Ce trait a bien prouvé votre affection pour nous.
    • Un ami devait-il s’attendre à un pareil trait ?
    • Le trait est perfide.
  23. Fait historique notable, caractéristique, un évènement remarquable.
    • Tite-Live rapporte un trait semblable.
    • On lui racontait les beaux traits de notre histoire.
  24. Beau passage d’un discours, ce qu’il y a de plus saillant, de plus brillant dans un discours.
    • Il y a de beaux traits dans ce discours.
    • Trait d’éloquence.
  25. Pensée vive, brillante, imprévue.
    • Cet ouvrage est plein de traits, pétille de traits.
    • Des traits d’esprit.
    • Un trait plaisant.
    • Un trait sublime, touchant.
  26. (Musique) Passage rapide et d’une seule venue.
    • Il y a dans ce morceau des traits hardis, brillants, etc.
  27. (Religion) Certains versets que l’on chante à la messe entre le graduel et l’évangile.
  28. Rapport d’une chose à une autre : avoir trait à.
    • Cette affaire n’a pas de trait, n’a aucun trait à l’autre.
    • Cela a trait à ce que je vous disais.
    • Il a relevé avec soin tout ce qui a trait à cet évènement.
  29. (Jeu d’échecs) (Jeu de dames) Avantage de jouer le premier.
    • Les Blancs, ayant le trait, jouèrent au 70e coup 4-27 ?, auquel les Noirs répondirent aussi fautivement (17-22 ?) […]. — (J. F. Moser, L’Effort, n°160, page 12, 1975)
  30. (Géologie) Couleur de la poudre d’un minéral.
  31. (Pêche) Espace parcouru par le filet en une fois.
    • La mer ?… On ne la voit pas tellement. C’est l’usine — tout se passe à l’intérieur — faut couper le poisson en filets, le congeler… c’est l’usine, quoi ! Le pont, c’est seulement pour mouiller le chalut, le virer après chaque trait, ramender si on a déchiré… casser la glace. — (Pierre Schoendoerffer, Le Crabe-tambour, 1976, p. 160)
    • On se raconte des pêches miraculeuses de harengs : 40 tonnes en un seul trait (espace parcouru en traînant un filet) de dix minutes. — (Jacky Durand, La nuit où le hareng sort, dans Libération du 29 novembre 2010, p. 30-31)
  32. (Programmation informatique) Type abstrait, collection non insatiable de méthodes (sous-classe abstraite) composable dans n’importe quel ordre grâce à un mécanisme de résolution des conflits entre les noms de leurs méthodes (contrairement aux mixins).
  33. Sorte de balancier ressemblant au chadouf et qui servait à puiser l’eau dans les ardoisières en Anjou.
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Trait : définition du Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

TRAIRE. (Je trais, tu trais, il trait; nous trayons, vous trayez, ils traient. Je trayais. Je trairai. Je trairais. Trais, trayez. Que je traie. Trayant. Trait. Il n'a pas de passé défini, ni d'imparfait du subjonctif.) v. tr.
Tirer. Il n'est guère usité qu'en parlant de Certaines femelles d'animaux dont on tire le lait. Traire les vaches. Traire une brebis. Traire une chèvre. Traire une ânesse. Il se dit aussi en parlant du Lait qu'on tire. Traire du lait. Le participe passé

TRAIT, AITE, s'emploie adjectivement. La vache est-elle traite? Il se dit aussi des Métaux passés par la filière. De l'or trait. De l'argent trait.

Trait : définition du Littré (1872-1877)

TRAIT (trè ; le t ne se lie pas ; au pluriel, l's se lie : des trè-z irréguliers) s. m.

Résumé

  • 1° Action de tirer une voiture, un chariot.
  • 2° Corde ou lanière en cuir par laquelle les chevaux tirent une voiture.
  • 3° Plusieurs bateaux qu'on attache ensemble pour remonter une rivière.
  • 4° Espace que l'on parcourt avec un filet qu'on traîne.
  • 5° Trait de corde, dans le supplice de l'estrapade.
  • 6° Machine pour enlever les eaux et vidanges d'une ardoisière.
  • 7° Ce qui entraîne l'un des bassins de la balance.
  • 8° Dans les houillères, le personnel employé à l'intérieur de la mine.
  • 9° Le trait, fil d'or ou d'argent.
  • 10° Chez les cardeurs, quantité de laine qui s'attache à chaque peigne.
  • 11° Ce qu'on avale de liqueur d'une seule haleine.
  • 12° Toute arme qui est lancée.
  • 13° Ce qui, se mouvant rapidement, est comparé à un trait d'arbalète.
  • 14° Fig. Ce qui frappe, touche l'âme, le cœur.
  • 15° Ligne qu'on trace avec la plume.
  • 16° Écriture.
  • 17° En peinture, ligne par laquelle on imite la forme d'un objet.
  • 18° Particulièrement, les lignes d'un dessin qui n'est pas ombré.
  • 19° Ligne naturelle, colorée, qui se remarque sur certains corps.
  • 20° Tracé des opérations nécessaires pour tailler la pierre et le bois.
  • 21° En termes d'art, certaines lignes destinées à servir de remarque.
  • 22° Dans le jardinage, trait de buis.
  • 23° Dans le blason, rang de carreaux d'un échiquier.
  • 24° Le trait de la scie. Trait de scie.
  • 25° Linéaments du visage.
  • 26° Un faux trait dans les yeux.
  • 27° Action qui marque une intention favorable ou nuisible.
  • 28° Action, acte ayant quelque chose de remarquable.
  • 29° En parlant d'histoire, un fait, un événement remarquable.
  • 30° Ce qui distingue ou caractérise une personne, une chose.
  • 31° Ce qu'il y a de saillant, de frappant, de brillant dans une composition littéraire.
  • 32° Particulièrement, pensée vive, brillante, imprévue.
  • 33° En musique, suite de notes rapides que l'on exécute sur les instruments ou avec la voix.
  • 34° Absolument, trait se dit pour mordant, vivacité de style et de langage.
  • 35° Fig. Parole piquante, railleuse.
  • 36° Particulièrement, attaque de la médisance, de la calomnie, de l'envie.
  • 37° Fig. Rapport d'une chose à une autre.
  • 38° Trait de temps.
  • 39° Dans la liturgie catholique, verset que l'on chante entre le graduel et l'évangile.
  • 40° Aux échecs, l'avantage de jouer le premier.
  • 1Action de tirer une voiture, un chariot. Lorsqu'on veut employer la vache au labourage, il faut avoir attention de l'assortir avec un bœuf de sa taille et de sa force, afin de conserver l'égalité du trait et de maintenir le soc en équilibre, Buffon, Bœuf.

    Fig. Donner le premier trait, commencer, engager une affaire. Je m'en vais là dedans donner le premier trait, Molière, l'Ét. IV, 1.

    Cheval de trait, cheval qui sert au tirage des voitures, par opposition à cheval de monture ou de selle. Les chevaux de trait forment l'une des grandes divisions établies dans les races chevalines, quand on les considère par rapport à leur service.

    On dit de même bêtes de trait.

    D'un trait, sans descendre de cheval. Ferme, d'un trait jusqu'à Séville, Beaumarchais, Mar. de Figaro, III, 3.

    Fig. D'un trait, d'un seul trait, sans intermédiaire, sans relâche. Voilà une infinité de lettres que je vous conjure de distribuer ; je souhaite que les deux qui sont ouvertes vous plaisent ; elles sont écrites d'un trait : vous savez que je ne reprends guère que pour faire plus mal, Sévigné, 3 avr. 1681. Ils iront d'un seul trait du tombeau dans les cieux… Ceux qui, vainqueurs des sens pendant leur courte vie, Ont soumis à l'esprit la matière asservie, Lamartine, Mort de Socr. 351.

  • 2Corde ou lanière en cuir par l'intermédiaire de laquelle les chevaux tirent une voiture. Couper les traits. Ce cheval tire bien, il bande sur les traits. Lierez-vous le rhinocéros aux traits de votre charrue, afin qu'il laboure, et qu'il rompe après vous les mottes de terre ? Sacy, Bible, Job, XXXIX, 10. Les conducteurs de l'artillerie, du train des équipages, avaient, presque tous, dételé leurs chevaux, coupé les traits, abandonnant sur la route, dans les terres, pièces et canons, voitures et blessés, Charras, Waterloo, chap. 12.

    Terme de chasse. Longe à laquelle est attaché le limier qu'on mène au bois. Laisser aller un limier de la longueur du trait.

    Tirer sur le trait, bander sur le trait, se dit du limier, quand il trouve la voie et veut avancer.

    Allonger le trait à un limier, laisser le trait déployé tout de son long.

    Lancer à trait de limier, suivre une bête avec le limier jusqu'à ce qu'elle soit debout.

  • 3Plusieurs bateaux qu'on attache les uns aux autres pour remonter une rivière.
  • 4 Terme de pêche. Espace que l'on parcourt avec un filet que l'on traîne.

    Se dit aussi des ailes des filets en manche.

  • 5Trait de corde, dans le supplice de l'estrapade, se disait de chaque fois qu'on laissait retomber le patient.

    Dans la question, action de resserrer la corde.

  • 6Machine pour enlever les eaux et vidanges d'une ardoisière.
  • 7Ce qui entraîne l'un des bassins de la balance. Le trait est trop juste. Le trait est trop fort. Lorsque les marchandises sont achetées aux compagnies de France et d'Hollande, elles en rendent, à cause du trait, de 2 à 3 pour cent de plus à Livourne, Giraudeau, la Banque rendue facile, p. 123.
  • 8Dans les houillères du Hainaut, le trait, le personnel employé à l'intérieur de la mine. La journée finie, le trait remonte… en hiver le trait remonte de sa fosse, trouve le soleil couché, l'Économiste belge, dans l'Opinion nationale, 4 avril 1868.
  • 9Le trait, fil d'or ou d'argent qui a passé par les vingt-cinq trous du prégaton, et qui est réduit à la grosseur d'une moyenne épingle. Le trait d'argent, pour arriver à sa plus grande finesse, passe par 135 trous de diverses filières, et le trait d'or par 145. Les tireurs de cuivre et traits d'or et d'argent faux seront tenus de filer leurs traits faux sur fil, Ordonn. 5 mai 1824, art. 3.

    Fil d'argent ou de cuivre pur, qui sert pour les ouvrages de passementerie.

  • 10Chez les cardeurs, trait, quantité de laine qui s'attache à chaque peigne.
  • 11Ce qu'on avale de liqueur d'une seule haleine ; action d'avaler d'une seule haleine. Vider son verre d'un seul trait. D'un vin pur et vermeil il fait remplir sa coupe, Il l'avale d'un trait, et chacun l'imitant…, Boileau, Lutr. I.

    Boire à longs traits, lentement, en savourant ce qu'on boit. Ainsi, je me suis contentée de boire à longs traits, dont je me porte à merveille : il n'y a rien de si bon que ces eaux, Sévigné, 363. Ce pauvre malade tourmenté d'une fièvre ardente avale du vin à longs traits, Bossuet, Sermons, Loi de Dieu, 3.

    Fig. Vous la voulez [votre douleur, de la mort du chevalier de Grignan] sentir à longs traits, sans en rien rabattre, sans aucune distraction, Sévigné, 123. M. Dangeau jouit à longs traits du plaisir d'avoir épousé la plus belle… nymphe de la cour, Sévigné, 3 avr. 1686. Il avalait à longs traits le plaisir de la voir, Hamilton, Gram. 8. Quoi ! du calice amer d'un malheur si durable Faut-il boire à longs traits la lie insupportable ? Voltaire, Alz. v, 3. En sorte que quoi qu'il [le chrétien] fasse, on l'oblige de boire à longs traits à cette coupe enchantée [l'espérance], Chateaubriand, Génie, I, II, 3.

  • 12Toute arme qui est lancée, soit avec la main, soit avec l'arc, soit avec la baliste, soit avec la fronde. Déjà de traits en l'air s'élevait un nuage, Racine, Iphig. V, 6. Les traits volèrent de part et d'autre, comme la grêle tombe dans une campagne pendant un orage, Fénelon, Tél. X.

    Gens de trait, ceux qui lançaient le javelot, tiraient de l'arc, etc. Scipion fait marcher à la première ligne les gens de trait avec la cavalerie gauloise, Rollin, Hist. anc. Œuv. t. I, p. 404, dans POUGENS. Quoique Rome eût encore de la cavalerie, des hommes de trait et des frondeurs…, Montesquieu, Rom. 1.

    Trait d'arc, d'arbalète, portée d'un arc, d'une arbalète. Ces deux maisons sont à un trait d'arbalète l'une de l'autre. Toutes les fois qu'il est question, dans les auteurs, de la portée du trait, on doit entendre la distance à laquelle un homme lançait à la main un trait ou un javelot, Buffon, Hist. min. introd. Œuv. t. VII, p. 213. À deux traits d'arc de la proue, un rocher lisse et vert s'élevait à pic au-dessus des flots, Chateaubriand, Mart. liv. XIX.

    Fig. Comme un trait d'arbalète, ou, simplement, comme un trait, très vite. Quand il [lièvre] vit Que l'autre [tortue] touchait presque au bout de la carrière, Il partit comme un trait ; mais les élans qu'il fit Furent vains, La Fontaine, Fabl. VI, 10. Cela [un mot piquant de Mme de Coulanges] partit plus vite qu'un trait, et nous en rîmes tous plus ou moins, Sévigné, 24 janv. 1689.

  • 13 Par extension, ce qui, se mouvant rapidement, est comparé à un trait d'arbalète. J'ai de petits cabinets… on y lit, on y cause, on laisse tomber les traits du serein, et puis on rentre…, Sévigné, 25 sept. 1680. Une industrie non moins merveilleuse [que pour les sons] lance dans vos yeux, sans les blesser, les traits de lumière réfléchis des objets : traits si déliés et si fins, qu'il semble qu'il n'y ait rien entre eux et le néant ; traits si rapides, qu'un clin d'œil n'approche pas de leur vitesse, Voltaire, Phil. tout en Dieu.

    Fig. De quelque rude trait qu'il [le destin] m'ose avoir frappée, Corneille, Pomp. III, 5. De cette aversion son cœur préoccupé M'impute tous les traits dont il se sent frappé, Corneille, Nicom. IV, 2. [Il] Te garantira mal des traits de ma colère, Rotrou, St Gen. III, 2.

    Fig. Un trait de flamme, une parole une expression passionnée. Chaque mot qu'il disait était un trait de flamme, Voltaire, Henr. I. Fig. Peindre avec des traits de flamme, exprimer avec la plus grande chaleur. Je m'en vais sans obstacle, avec des traits de flamme, Peindre à cette beauté les tourments de mon âme, Molière, l'Ét. IV, 2. [Apollon] Ne nous vend qu'à ce prix ces traits de vive flamme, Et ces ailes de feu qui ravissent une âme Au céleste séjour, Rousseau J.-B. Ode au comte de Luc.

    Fig. Trait de lumière, une pensée qui vient tout à coup, une idée, un renseignement qui amène une découverte. Puisse-t-il par un trait de lumière fidèle Vous le mieux révéler, qu'il ne me le révèle ! Corneille, Héracl. v, 2. Dès qu'un trait de lumière se répand dans nos idées, nous rassemblons rapidement toutes les circonstances que l'erreur ou la prévention rendaient peu importantes à nos yeux, Riccoboni, Œuv. t. IV, p. 327, dans POUGENS. Quel trait de lumière vient m'éclairer ! Genlis, Veillées du château t. I, p. 493, dans POUGENS.

  • 14 Fig. Ce qui frappe, touche, comme ferait un trait d'arbalète, l'âme, le cœur. J'avoue après cela, seigneur, que je vous aime, Et que mon cœur n'est point à l'épreuve des traits Ni de tant de vertus, ni de tant de bienfaits, Corneille, Pomp. IV, 3. Et si votre amitié Sentait pour mes malheurs quelque trait de pitié, Corneille, Pulch. III, 3. Il s'est passé dans mon cœur un trait d'amitié si tendre et si sensible… que je n'ai pu vous le cacher, Sévigné, 15 nov. 1684. Autant de paroles qu'il [Jésus] prononce, ce sont autant de traits enflammés qui les touchent [les apôtres], qui les percent, qui les brûlent d'une ardeur toute nouvelle, Bourdaloue, Instruct. pour la 2e fête de Pâques, Exhort. t. II, p. 271. Elle [Mme de Montausier] a ramassé toutes ses forces pour combattre cette langueur ennemie… qui lui portait tous les jours quelque trait mortel dans le sein, Fléchier, Duch. de Mont. Mais Mardochée, assis aux portes du palais, Dans ce cœur malheureux enfonce mille traits, Racine, Esth. II, 1. Profitez de ces traits de miséricorde que Dieu lance encore sur votre cœur, Massillon, Carême, Sur la rechute, 1.

    Les traits de l'amour. Oui, je devais mourir des traits de votre vue, Régnier, Élég. I. Madame, il vous souvient que mon cœur en ces lieux Reçut le premier trait qui partit de vos yeux, Racine, Bérén. I, 4.

  • 15Ligne qu'on trace avec la plume. Passer un trait sur une ligne pour l'effacer. Cette lettre est formée de deux traits. Le roi a lu votre mandement, monseigneur, et a mis un trait de plume à deux endroits qu'il m'a ordonné de vous expliquer, Maintenon, Lettre au cardin. de Noailles, 9 juin 1700. Je signai volontiers l'acte en question, et, par ce trait de plume qui fut le fondement de ma fortune, je me fis un heureux sort, Lesage, Est. Gonz. 56.

    Enrichir, ruiner quelqu'un d'un trait de plume, faire ou détruire la fortune de quelqu'un, en écrivant ou en rayant quelques mots.

    N'avoir qu'un trait de plume, écrire sans quitter la plume. Vous savez que je n'ai qu'un trait de plume ; aussi mes lettres sont fort négligées ; mais c'est mon style, et peut-être qu'il fera autant d'effet qu'un autre plus ajusté, Sévigné, 86.

    D'un trait de plume, sans quitter la plume, rapidement. Voilà ce que j'écrivis presque d'un trait de plume sur la table du cabinet des livres du Luxembourg, Retz, IV, 227. Il [Piccini] écrivait son chant d'un trait de plume, Marmontel, Mém. IX.

    D'un trait de plume, sans qu'il en coûte plus qu'un trait de plume. La maison de France eut d'un trait de plume la monarchie entière [de l'Espagne], Voltaire, Louis XIV, 17.

    Terme de grammaire. Trait d'union, petite barre qui unit deux mots pour en faire un seul ; par exemple : tout-puissant.

    Fig. Trait d'union, moyen d'unir. La nature trace des traits d'union presque partout où nous voudrions marquer des intervalles et faire des coupures, Buffon, Ois. t. XV, p. 385.

  • 16Écriture. Jetez-y les yeux, et connaissez vos traits ; Ce billet découvert suffit pour vous confondre, Molière, Mis. IV, 3. De son auguste seing reconnaissez les traits, Racine, Bajaz. v, 11. J'espère que les mains de Mlle Henriette vont reprendre cette plume dont les traits sont divins, Courier, Lett. I, 230.
  • 17 Terme de peinture. Ligne par laquelle on imite la forme d'un objet. La mort a effacé sous le pinceau même un tableau dont les premiers traits, dont le seul dessin montrait déjà tant de grandeur, Bossuet, Duch. d'Orl. Zeuxis accéléra les progrès de l'art par la beauté de son coloris ; Parrhasius, son émule, par la pureté du trait et la correction du dessin, Barthélemy, Anach. Introd. part. II, sect. 3. Donc, pour nous, le premier trait du dessin a existé dans l'idée éternelle de Dieu, Chateaubriand, Génie, III, I, 3.

    Fig. En voilà déjà trois peints d'assez heureux traits, Boileau, Sat. X. La nature féconde… Varie à l'infini les traits de ses dessins, Voltaire, Scythes, IV, 1.

    Fig. Peindre à grands traits, raconter rapidement et avec animation.

    Trait de force, coup de crayon donné pour renforcer un autre trait. Nous engageons aussi M. Émile Breton à ne pas abuser des traits noirs dans l'accentuation des contours ; cela ressemble à ces traits de force que le maître donne après coup aux dessins cotonneux des petits pensionnaires, Th. Gautier, Journ. officiel, 27 juin 1869.

    Fig. Et surtout prenez soin d'effacer bien les traits Dont tant de peintres faux ont flétri mes portraits, Boileau, Ép. X.

    Prendre le trait, copier les contours d'une figure ; calquer.

    Copier trait pour trait, copier exactement, fidèlement.

    Fig. Trait pour trait, d'une façon exactement semblable. Tel qu'il puisse être, au moins j'en attends le portrait. - Repose-t'en sur moi, tu l'auras trait pour trait, Th. Corneille, Comt. d'Orgueil, II, 7. Venons à l'article du portrait ; donnez-moi des dents et des joues, et je me fais peindre par Vanloo ; en attendant, mon cher ange, envoyez aux charniers Saints-Innocents, mon effigie est là trait pour trait, Voltaire, Lett. d'Argental, 17 déc. 1757. Quand Platon peint son juste imaginaire couvert de tout l'opprobre du crime, et digne de tous les prix de la vertu, il peint trait pour trait Jésus-Christ, Rousseau, Ém. IV.

    Terme de gravure. Hachure, taille.

  • 18Particulièrement, au sens collectif, les lignes d'un dessin qui n'est pas ombré. Un dessin au trait, au simple trait. Comme, dans les premiers commencements qu'un jeune écolier dessine, vous ne lui donnez qu'un simple trait, ne lui permettant pas d'y ajouter quelque ombre que ce soit, Noel Coypel, Disc. sur la peinture.
  • 19Ligne naturelle, colorée, qui se remarque sur certains corps. Un trait de vert l'émeraude très vif tracé sur la gorge de ce colibri, tombe en s'élargissant sur le devant du cou, Buffon, Ois. t. XI, p. 77.
  • 20Tracé des opérations nécessaires pour tailler la pierre et le bois, et pour appareiller les matériaux d'une construction. Apprendre, connaître le trait. Les menuisiers qui ne connaissent pas l'art du trait ou le développement des pièces qu'ils doivent assembler, ne sauraient les exécuter, s'ils n'en ont pas de semblables sous leurs yeux, Sennebier, Essai art d'obs. t. III, p. 229, dans POUGENS.

    Couper de trait, ou couper le trait, faire, avec de la craie, du plâtre ou du bois, le modèle en petit d'une pièce de construction.

    Pièce de trait, modèle ou partie de construction faits selon l'art du trait. Le modèle de cette voûte est une belle pièce de trait.

    On dit dans un sens analogue : Le trait de cette voûte est beau, hardi, etc.

    Trait carré, ligne qui coupe une autre ligne à angle droit.

    Trait biais, ligne inclinée sur une autre ou en diagonale dans une figure.

    Trait corrompu, dessin de charpente ou de coupe des pierres, tracé à la main sans correction.

    Trait de Jupiter, assemblage de deux pièces de bois, placées à la suite l'une de l'autre, et entaillées de manière à présenter à peu près la forme que l'on prête aux foudres de Jupiter.

    Terme de marine. Bâtiment à traits carrés, celui qui porte ses vergues perpendiculaires aux mâts, et qui est gréé par des voiles carrées.

  • 21 Terme d'art. Certaines lignes destinées à servir de marque. Trait de repère. Trait de niveau.

    Terme de marine. Ligne qui indique la direction du vent.

    Traits du compas, lignes tracées sur une rose des vents pour indiquer les diverses directions ou divisions de la boussole.

  • 22 Terme de jardinage. Trait de buis, filet de buis nain qui borde une plate-bande.
  • 23 Terme de blason. Se dit d'un rang de carreaux d'un échiquier.
  • 24Le trait de la scie, marque indiquant l'endroit où il faut scier le bois, la pierre.

    Ce que la scie emporte de la pierre ou du bois.

    Trait de scie, chaque coupe faite avec la scie dans le bois ou dans la pierre. Cette voie de bois a été coupée à deux traits de scie, c'est-à-dire chaque bûche a été partagée en trois morceaux avec la scie.

  • 25Linéaments du visage ; en ce sens, il se dit surtout au pluriel. Elle a de petits traits. Et ces informes traits qu'à six mois a l'enfance, Ayant mis entre nous fort peu de différence, Corneille, Héracl. IV, 4. Ne considérez point des traits qui périront ; C'est terre que cela ; les vers les mangeront, La Fontaine, Coupe. Si un portrait pouvait devenir tout à coup animé, comme il ne verrait en soi aucun trait qui ne se rapportât à la personne qu'il représente, Bossuet, la Vallière. Mes yeux le retrouvaient dans les traits de son père, Racine, Phèdre, I, 3. Je l'ai vu : son même air, son même habit de lin, Sa démarche, ses yeux, et tous ses traits enfin, Racine, Athal. II, 5. Il me sembla que je voyais Achille, tant il en avait les traits, Fénelon, Tél. X. Un corps mal fait peut renfermer une belle âme ; et l'on ne doit pas juger du bon ou du mauvais naturel d'une personne par les traits de son visage, Buffon, Hist. nat. Hom. Œuv. t. IV, p. 304. On est disposé naturellement à chercher et à croire démêler dans les traits d'un homme ce que l'on sait qu'il a dans le cœur, Marmontel, Cont. mor. Bonne mère. Traits de l'esprit, se dit, par analogie, de la manière d'être de l'esprit. Il y avait encore un grand chapitre contre Mme de Brégy, qu'elle haïssait, parce qu'elle avait naturellement les traits du corps et de l'esprit que la duchesse [de Châtillon] n'avait que par artifice, Bussy-Rabutin, Hist. amour. des Gaules, p. 172.
  • 26Un faux trait dans les yeux, se dit des personnes qui, sans être absolument louches, ne laissent pas d'avoir une fausse direction dans l'un des yeux. Un homme qui a dans les yeux la fausse direction ou le faux trait, Buffon, Suppl. à l'hist. nat. Œuv. t. XI, p. 179.
  • 27 Fig. Action qui marque une intention favorable ou nuisible. L'amitié modéra leurs feux sans les détruire, Et par des traits d'amour sut encor se produire, La Fontaine, Phil. et Baucis. Traître, tu me gardais ce trait pour le dernier, Molière, Tart. v, 7. Mon drôle assurément leur jouera quelque trait, Molière, l'Ét. III, 9. Ah ! fortune, ce trait d'aventure propice Répare tous les maux que m'a faits ton caprice ! Molière, Éc. des fem. v, 2. Reconnaissez, Abner, à ces traits éclatants Un Dieu tel aujourd'hui qu'il fut dans tous les temps, Racine, Athal. I, 1. Luther fit brûler la bulle du pape et les décrétales dans la place publique de Wittenberg ; on voit par ce trait si c'était un homme hardi, Voltaire, Mœurs, 128. D'un trait méchant se montra-t-il capable ? Béranger, Bonne vieille.

    Très familièrement. Faire des traits, tromper, faire des infidélités, particulièrement en affaire d'amour.

    Un trait noir, une action méchante, perfide. La comtesse : On me défend, monsieur, de plaider de ma vie ! - Chicaneau : Certes, le trait est noir, Racine, Plaid. I, 7.

  • 28Action, acte ayant quelque chose de remarquable. S'il part malgré vos pleurs, c'est un trait de prudence, Corneille, Poly. I, 3. Le drôle fit un trait de franc soudard, La Fontaine, F. av. Ce trait si surprenant de générosité Doit étouffer en moi toute animosité, Molière, Fâch. III, 5. Mme de Cauvisson [femme d'un des lieutenants généraux du Languedoc] a trouvé à propos de ne point aller voir Mme la duchesse de Noailles [femme du commandant de la province]… jamais un trait d'orgueil n'a été si mal placé, ni si mal reçu de tout le monde, Sévigné, 20 oct. 1682. Partout il laisse échapper des traits d'humanité pour les peuples, Massillon, Petit carême, Human. des gr. Vous ne lisez donc pas le Mercure de France ? Il cite au moins par mois un trait de bienfaisance, Gilbert, Le XVIIIe siècle. Le projet d'unir les Athéniens avec les Thébains est regardé comme un trait de génie ; le succès, comme le triomphe de l'éloquence, Barthélemy, Anach. ch. 82.

    Trait d'esprit, action ou parole ingénieuse. Ceci n'est point du tout un trait d'esprit, madame, Et c'est un pur aveu de ce que j'ai dans l'âme, Molière, Fem. sav. I, 4. C'est peu qu'en un ouvrage où les fautes fourmillent, Des traits d'esprit semés de temps en temps pétillent, Boileau, Art p. I.

    Trait d'art, adresse d'art. Quelques-uns ont attribué cette conformité à un manque d'invention ; mais c'est un trait d'art pour mieux abuser par une fausse mort le père de Clindor qui les regarde, Corneille, Illus. com. examen.

  • 29En parlant d'histoire, un fait, un événement remarquable. Le trait rapporté par Tite-Live. Les beaux traits de notre histoire.
  • 30Ce qui distingue ou caractérise une personne ou une chose. C'est là le trait caractéristique de cette époque. Il leur fallait [aux martyrs] des roues et des chevalets, il leur fallait des ongles de fer pour marquer leur corps de ces traits sanglants qui les rendaient semblables à Jésus-Christ crucifié, Bossuet, 1er sermon, Compass. Ste Vierge, 1. C'est le premier trait de la ressemblance, Bossuet, ib. Préamb. La nature, féconde en bizarres portraits, Dans chaque âme est marquée à de différents traits, Boileau, Art p. III. Je ne dois pas omettre une de ses attentions, qui paraîtra risible, mais qui fait trait à l'histoire de mon caractère, Rousseau, Conf. IX. C'est beaucoup pour la vertu qu'on ne puisse être aimable, qu'en tâchant de prendre son langage et ses traits, Genlis, Veillées du château t. III, p. 62, dans POUGENS.

    Un trait de caractère, une action, ou une parole bien conforme au caractère de celui qui agit ou qui parle. J'ai vu d'elle des traits de caractère qui m'ont touché jusqu'au fond du cœur, Marivaux, Marianne, 7e part.

  • 31Ce qu'il y a de saillant, de frappant, de brillant dans une composition littéraire. La feinte est un pays plein de terres désertes ; Tous les jours nos auteurs y font des découvertes ; Je t'en veux dire un trait assez bien inventé, La Fontaine, Fabl. III, 1. Il [un jeune prédicateur] fait des traits d'éloquence et des coups de maître si à propos et de si bonne grâce…, Sévigné, 6 mai 1672. On ne trouve pas aisément des traits qui nous représentent au vif des émotions si violentes ; et, si la peinture y a de la peine, l'éloquence ne s'y trouve pas moins empêchée, Bossuet, 1er sermon, Compass. Ste Vierge, 1. L'oraison funèbre de Charles-Emmanuel, duc de Savoie… prononcée par Lingendes en 1630, était pleine de si grands traits d'éloquence, que Fléchier, longtemps après, en prit l'exorde tout entier, aussi bien que le texte et plusieurs passages considérables, Voltaire, Louis XIV, 32. Il y a par-ci par-là de bons traits dans le Jean-Jacques, Voltaire, Lett. Helvétius, 1er mai 1763.
  • 32 Particulièrement. Pensée vive, brillante, imprévue. Non qu'il faille bannir certains traits délicats, La Fontaine, Fabl. v, 1. Vous parlez de mes lettres, je voudrais que vous vissiez les traits qui sont dans les vôtres, et tout ce que vous dites en une ligne, Sévigné, 27 sept. 1684. Que de traits surprenants sans cesse il nous réveille, Qu'il coure dans ses vers de merveille en merveille, Boileau, Art p. III. Quand tu débiterais cent impertinences, pourvu qu'avec cela il t'échappe seulement un bon mot, on oubliera les sottises, on retiendra le trait, Lesage, Gil Bl. III, 4. Voilà ce fameux qu'il mourût, ce trait du plus grand sublime, ce mot auquel il n'en est aucun de comparable dans toute l'antiquité, Voltaire, Comm. Corn. Rem. Hor. III, 6. Rien ne s'oppose plus à la chaleur que le désir de mettre partout des traits saillants, Buffon, Disc. de récept. C'est à qui fera les meilleurs contes, à qui dira les meilleurs traits, Rousseau, Hél. v, 7. Il y a des écrivains qui veulent toujours être énergiques et ingénieux : ils croiraient ne pas bien écrire, s'ils ne terminaient pas chaque article par un trait ou par une maxime, et, dès la première ligne, on voit qu'ils préparent le mot par lequel ils veulent finir, Condillac, Art d'écr. II, 11.

    Trait de sentiment, pensée qui exprime un mouvement du cœur.

  • 33 Terme de musique. Suite de notes rapides que l'on exécute sur les instruments ou avec la voix. Il y a dans ce morceau des traits hardis, brillants.

    Terme de plain-chant. Psalmodie traînée ou allongée sur un air lugubre.

  • 34 Néologisme. Se dit absolument pour mordant, vivacité de style et de langage. Avoir du trait. Il avait naturellement ce qu'on appelait alors du trait dans l'esprit, Genlis, Parvenus, t. I, p. 214, dans POUGENS.
  • 35 Fig. Parole piquante, railleuse. Le prince y prend plaisir ; car ils [les fous] donnent toujours Quelque trait aux fripons, aux sots, aux ridicules, La Fontaine, Fabl. IX, 8. N'allons point nous appliquer nous-mêmes les traits d'une censure générale ; et profitons de la leçon si nous pouvons, sans faire semblant qu'on parle à nous, Molière, Critique, 7. Te tairas-tu, serpent, dont les traits effrontés… ? Molière, Tart. II, 2. Ils jettent des traits contre la sagesse qui régit le monde, Pascal, Prov. I. Sa sœur [de Mme de Montespan]… donne des traits de haut en bas sur la pauvre Io [Mme de Ludres], Sévigné, 11 juin 1677. Cette raillerie maligne, ce trait que vous lancez en passant, Bossuet, Sermons, Justice, 2. L'un peut tracer en vers une amoureuse flamme ; L'autre, d'un trait plaisant aiguiser l'épigramme, Boileau, Art p. I. Et, pour finir enfin par un trait de satire, Un sot trouve toujours un plus sot qui l'admire, Boileau, ib.
  • 36Particulièrement, attaque de la médisance, de la calomnie, de l'envie, etc. Et ce lâche attentat n'est qu'un trait de l'envie Qui s'efforce à noircir une si belle vie, Corneille, Nicom. III, 8. Dieu tempère les prospérités des hommes puissants par des peines presque inévitables, et les abandonne aux traits envenimés de l'envie, Fléchier, Duchesse d'Aiguillon. Il est une autre sorte de médisants qui condamnent ce vice et qui se le permettent… ; qui portent le trait jusqu'au cœur ; mais, parce qu'il est plus brillant et plus affilé, ne voient pas la plaie qu'il a faite, Massillon, Carême, Médis. Quelle égide opposer aux traits de la satire ? Piron, Métrom. v, 1. On applaudit aux traits du méchant qu'on abhorre, Gresset, Méchant, IV, 4. Cet ouvrage est rempli de principes dangereux et de traits contre la religion, Genlis, Veillées du château t. III, p. 242, dans POUGENS.
  • 37 Fig. Rapport d'une chose à une autre. Fagon était curieux de tout ce qui avait trait à son métier, Saint-Simon, 14, 157. Les hommes en pas un pays n'ont voulu l'admettre [la naissance des bâtards] à rien de ce qui a trait au nom, à l'état et à la société des hommes, Saint-Simon, 361, 20. Les choses de pur goût et d'agrément le touchaient peu ; mais tout ce qui avait… trait à la marine, au commerce, aux arts nécessaires, excitait sa curiosité, Duclos, Œuv. t. v, p. 294. En tout ce qui tient aux vérités historiques, en tout ce qui a trait à la conduite des hommes…, Rousseau, 4e prom. Aujourd'hui on imprime qu'un article d'une déclaration du roi a trait à un arrêt de la cour des aides ; si on avait demandé à Patru, à Pellisson, à Boileau, à Racine, ce que c'est qu'avoir trait, ils n'auraient su que répondre, Voltaire, Dict. phil. François.

    On voit que Voltaire condamne la locution avoir trait à. Elle est plus ancienne qu'il ne paraît le croire ; car elle se trouve dans Saint-Simon. Sans être fort élégante, elle n'a rien d'incorrect.

  • 38Trait de temps, durée, longueur de temps. Ces bornes posées par les lois seront franchies à rait de temps par des usurpations graduelles, Rousseau, Pologne, 8. Par trait de temps et malgré quelques démonstrations affectées et toujours plus rares, les sentiments secrets de Mme de Luxembourg se manifestaient de jour en jour davantage, Rousseau, Lett. à M. L. D. M. 23 nov. 1770.
  • 39 Terme de liturgie catholique. Verset que l'on chante entre le graduel et l'évangile.
  • 40Au jeu d'échecs, l'avantage de jouer le premier. Avoir le trait.

    Donner deux traits, donner l'avantage de jouer deux pièces.

HISTORIQUE

XIIe s. À moult grans trait le fort vin englotir, Bat. d'Aleschans, v. 4551. Oultre [il] s'en passe le trait à un archier, Ronc. p. 50.

XIIIe s. Les trais insi come li ar de jometrie le commande et enseigne, Wilars de Honecort, Prologue. Vous savez bien que grant devis A d'emme à enne par un trait, Senefiance de l'ABC. L'on trouva que la saincte dame estoit trespassée, ou estoit au traict de la mort, Du Cange, tractus. Et li rois en mi liu estoit, Qui cevaucoit le trot à trait [posément], Ph. Mouskes, ms. p. 509, dans LACURNE.

XIVe s. Tu ies de gens d'onneur estrais, Bien te dois warder de teus trais [de tels traits, comme paresse, lâcheté], Jean de Condé, t. II, p. 94. À maistre le Noir [architecte] pour visiter et solliciter les ouvriers, et leur faire les trez de la devise desdits ouvraiges, De Laborde, Émaux, p. 525. Quant il [le roi aux échecs] se muet [meut], si ne doit il passer au premier trait le nombre de trois poins, J. de Vignay, Livre des esches, p. 79, verso. Et avecques ce il a grosse vois et parle à trait et à lesir et ordenéement, Oresme, Éth. 125. Et cil de là dessus çà jus en la valée Traioient fierement, sans faire demourée ; Mais li trais n'i vali une pomme pelée, Guesclin. 13985. Et Bauduins li dist : or pensés du mengier, Et si buvés grans trais, pour vo maus oublier, Baud. de Seb. VIII, 198.

XVe s. Du trait y eut foison des Hainuyers navrés et blessés, Froissart, I, I, 31. Adone s'ensonnierent les charretons autour de leurs chars, et osterent les deux mateaux où les traits sont, Froissart, II, II, 221. Dangier m'a joué de ce traict ; Mais seje puis avoir puissance… Si je lui rendrai la grevance, Orléans, Ball. 22. Or veult l'amant faire ditz et balades… Et il s'enferme en chambre ou en retrait, Pour escrire plus à l'aise et à trait, Et met une heure à faire ung tout seul trait, Chartier, Poésies, p. 557. Vous m'escrivez qu'aucuns dient que le duc de Bourgogne doit aller mettre le siege à Dieppe ou à Arques ; pareillement le mareschal Joachim le m'a escrit, et m'a demandé de l'artillerie, du trait et des vivres ; au regard de l'artillerie, j'y ay envoyé un des gentilshommes de ma maison, pour y faire mener douze coulevrines et deux canons, quatre milliers de poudre et du trait d'arbaleste, Duclos, Preuves de Louis XI, p. 402, dans LACURNE. Et pour ce que le traict [trajet] estoit long, prindrent conseil d'aller repaistre à my chemin, le Jouvencel, f° 32, dans LACURNE. Le suppliant visita sa playe, et lui mist du trait d'eufs [blanc d'œuf] avecques des estouppes, Du Cange, tractus. Se plusieurs marchans sont qui à un trait ensemble facent amener leurs denrées, que par une seule lettre ils se puissent passer, Ordonn. des rois, t. II, p. 506. Ne se sont point corrigez, de quelque grandeur qu'elles soient [les punitions de Dieu] et à traict de temps, Commines, V, 18.

XVIe s. Peintres mal avisez, qui, par vostre peinture, Faites la mort sans yeux, reformez vos portraits ; Toujours au plus beau but elle adresse ses traits, Desportes, Epitaphes, Sillac. Tendoyt la vele, montoyt on matz par les traictz [cordages], Rabelais, Garg. I, 23. Puys beut ung horrible traict de vin pineau, Rabelais, I, 38. Le voyant sur ses derniers traits [mourant], Montaigne, I, 17. À ce dernier traict [la mort] se doibvent esprouver les…, Montaigne, I, 167. Je ne sçay s'il y a traict en sa vie qui ait plus de fermeté que cettui cy, Montaigne, I, 133. Comme un traict d'une poincte très delicate, Montaigne, I, 171. Ce n'est que trois ou quatre traicts de plumes [un nom], Montaigne, I, 348. Des armes à traict, Montaigne, I, 355. Un long traict de temps, Montaigne, II, 53. Ils achepterent le traict du filé avant qu'il fust tiré ; mais, quand on vint à le tirer, il se trouva dedans un tripié d'or massif, Amyot, Solon, 7. En considerant la force de la taille dont il estoit, et le traict de son visage, Amyot, Marcel. 50. Les veneurs n'endurent pas que leurs chiens poursuyvent toutes odeurs, ains les retiennent et retirent en arriere avec leurs traits, Amyot, De la curios. 19. Il [un navire] ne tiroit pas beaucoup d'eau, comme estant fait à la mode de la mer du Levant, en fuste et à trait carré, d'ailleurs foible et partant léger, D'Aubigné, Hist. II, 301. On invente toujours quelque trait plus habile Pour effacer du front toute marque virile, D'Aubigné, Tragiques, édit. LALANNE, p. 112. Il leur monstra une carte de la cosmographie du traict [cours] du Rhin, Carloix, IV, 24. Après le premier trait [coup] de ladite decoction, Paré, XVI, 8. Il le feit prendre, et luy donner tant de traicts de corde qu'il confessa estre venu pour espier, Du Bellay, M. p. 50. Elle [Marguerite de Navarre] a bien autant de gentille grace à rencontrer de bons et plaisants mots, et brocarder si gentiment, et donner les traits et la venue…, Brantôme, Dames ill. p. 226. Et est tenu celuy ou ceux qui mesurent ausdites mesures payer aux commis une maille de chacun trait [mesurage], Nouv. coust. génér. t. I, p. 443. Un traict du laict d'une beste, Cotgrave Du dire au faict y a grand traict, Cotgrave

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Trait : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TRAIT, s. m. (Archit.) ligne qui marque un repaire ou un coup de niveau. On donne aussi ce nom, dans la coupe des pierres, à toute ligne qui forme quelque figure.

Trait biais. Ligne inclinée sur une autre, ou en diagonale, dans une figure.

Trait corrompu. Trait qui est fait à la main, c’est-à-dire sans compas & sans regle, & qui ne forme aucune courbe déterminée ou réguliere.

Trait quarré. C’est une ligne qui, en en coupant une autre à angle droit, rend les angles d’équerre. C’est donc la maniere de faire une perpendiculaire à une ligne donnée ; si cette ligne est courbe comme un cercle ou une ellipse, la perpendiculaire à sa tangente, s’appelle trait quarré sur la ligne courbe, & au bout de la ligne courbe, lorsqu’elle l’est à une de ses extrémités.

Le trait se prend encore en architecture pour le dessein & la coupe artiste des pierres qui sont taillées hors de leurs angles, pour faire des ouvrages biaisés. Filibert de Lorme a écrit le premier dans notre langue du trait, ou de la coupe des pierres ; ensuite le pere Derran, jésuite ; & enfin M. Frezier ; Voyez Trait, stéréotom.

Le trait est aussi la figure d’un bâtiment projetté, tracé sur le papier, dans laquelle avec l’échelle & le compas on décrit les différentes pieces d’un appartement, avec les proportions que toutes les parties doivent avoir. Il est nécessaire avant de commencer les élévations d’un édifice, de tracer le plan de chaque étage, après quoi il faut faire la coupe ou profil de tout le bâtiment ; ensuite l’on peut, pour se rendre compte de la totalité, rassembler sur un même dessein ce que l’on appelle scenographie ou perspective. (D. J.)

Traits, ce sont dans l’Artillerie les cordages qui servent au charroi & transport des pieces & des munitions ; ils se comptent par paires de traits communs ou bâtards ; ils font partie du harnachement des chevaux. (Q)

Trait de compas, ou Trait de vent, (Marine.) Voyez Rumb.

Trait quarré, (Marine.) on sous-entend voile à : c’est une voile qui a la forme d’un rectangle.

Trait, s. m. terme de Balancier ; c’est ce qui fait pancher un des bassins de la balance, plus que l’autre. Les bonnes balances ne doivent point avoir de trait, & leurs bassins doivent rester en équilibre. (D. J.)

Trait, s. m. terme de Boucherie ; fort cordage avec un nœud coulant au bout, qu’on attache aux cornes d’un bœuf que l’on veut assommer : c’est avec ce trait que l’on passe à-travers d’un anneau de fer scellé à terre, dans le milieu de la tuerie, qu’on le force de baisser la tête pour recevoir le coup de massue entre les deux cornes. Savary. (D. J.)

Trait, terme de Bourrelier, c’est la partie du harnois des chevaux de tirage, par laquelle ils sont attachés à la voiture qu’ils tirent. Les traits des chevaux de carrosse sont de cuir, & s’attachent aux paloniers du train ; ceux des chevaux de charrette sont de corde, & attachés aux limons : ce sont les bourreliers qui font les premiers, & fournissent les uns & les autres. Voyez les fig. & les Pl. du Bourrelier.

Trait de scie, (Charpent.) c’est le passage que fait la scie en coupant une piece de bois, soit pour la raccourcir ou pour la refendre : les scieurs de long appellent rencontre, l’endroit où, à deux ou trois pouces près, les deux traits de scie se rencontrent, & où la piece se sépare. On doit ôter ces rencontres & traits de scie, avec la besaiguë, aux bois apparens des planchers, & aux autres ouvrages propres de charpenterie. (D. J.)

Trait de buis, (Jardin.) filet de buis nain, continué & étroit, qui forme communément la broderie d’un parterre, & qui renferme les platebandes & les carreaux. On le tond ordinairement deux fois l’année, pour le faire profiter, ou l’empêcher de monter plus vîte. (D. J.)

Trait, s. m. (Lainage.) le trait est cette quantité de laine attachée à chaque peigne, laquelle se trouve suffisamment démêlée & couchée de long, après un nombre de voies, ou d’allées & venues d’un peigne sur l’autre. Il y a toujours deux traits, comme deux peignes. (D. J.)

Trait en Peinture est la ligne que décrit la plume, le crayon, ou le pinceau : on dit cependant coup de pinceau, & non trait de pinceau ; à moins qu’on ne dise : j’en ai fait le trait au pinceau ; alors c’est dessiner avec le pinceau ; ou, qu’en parlant d’un objet peint, on ne dise : la chose est exprimée d’un seul trait : on dit le trait d’une perspective ; j’ai mis cette figure au trait d’une figure dessinée à l’académie ; ma figure n’est pas avancée, elle n’est qu’au trait ; la vie est dans ce dessein, quoi qu’il ne soit qu’au trait.

Trait se dit encore d’un dessein d’après un tableau pris sur le tableau même : lorsqu’on veut avoir exactement le trait d’un tableau, on passe avec un pinceau pointu, & de la laque, ou autres couleurs très-liquides, & qui aient peu de corps, sur toutes les lignes ou contours des objets de ce tableau ; après quoi on applique dessus un papier, qu’on fait tenir par quelqu’un vers ses extrémités, pour qu’il ne varie point, puis on frotte sur ce papier avec un corps poli, tel qu’un morceau de crystal, d’ivoire, une dent de sanglier, &c. au moyen de quoi, ce que le pinceau a tracé s’imprime sur le côté du papier qui touche au tableau. Il faut avoir attention à ne pas laisser sécher ce qui peut rester de couleur sur le tableau, & le frotter sur le champ avec de la mie de pain : on dit, voulant copier ce tableau fidelement, j’en ai pris un trait. Lorsqu’un tableau est nouvellement peint, & qu’on craint qu’il ne soit pas assez sec pour qu’on en puisse prendre ainsi le trait, on applique dessus une glace, sur laquelle on passe un blanc d’œuf battu, & lorsqu’il est bien sec, on trace sur la glace, avec un crayon de sanguine, tous les contours des objets qui s’apperçoivent facilement au-travers de la glace, puis on applique assez fortement sur cette glace, un papier bien humecté d’eau ; on le releve promptement, crainte qu’il ne s’attache au blanc d’œuf, & tous les traits de crayon s’y trouvant imprimés, on a le trait du tableau : on prend quelquefois de ces traits, seulement par curiosité, & pour avoir des monumens fideles des belles choses, qu’on regarde comme des études, & quelquefois on en fait usage en les copiant ; alors on pique les contours de près à près, avec une aiguille emmanchée dans un petit morceau de bois rond, de la grosseur d’un tuyau de grosse plume, qu’on appelle fiche, après quoi on l’applique sur la toile ou autre fond sur lequel on veut faire la copie ; & avec un petit sachet rempli de chaux éteintes, de charbons, ou autre matiere pulvérisée qui se distingue de la couleur du fond, on passe sur tous les traits, & la matiere pulvérisée qui en sort, passant par les trous d’aiguille, imprime le dessein sur le fond où on l’a appliquée. C’est ce qu’on appelle poncer, & ce trait ainsi piqué, s’appelle alors poncé.

Trait, s. m. terme de Tireur d’or, ce qui est tiré & passé par une filiere. Il se dit de tous les métaux réduits en fil, comme l’or, l’argent, le cuivre, le fer, &c. (D. J.)

Trait, s. m. terme de Voiturier par eau, ce mot se dit de plusieurs bateaux vuides, attachés & accouplés ensemble qui remontent les rivieres, pour aller charger de nouvelles marchandises aux lieux d’où ils sont partis ; quelques-uns disent train de bateaux, mais improprement. (D. J.)

Trait, c’est la corde de crin qui est attachée à la botte du limier, qui sert à le tenir lorsque le veneur va aux bois.

Trait, on dit en Fauconnerie, voler comme un trait.

Trait, s. m. terme de rubrique, espece de verset que chantent les choristes après l’épître en plusieurs fêtes de l’année, & notamment le Samedi-saint. Ce trait est différent des répons en ce qu’il se chante tout seul, & que personne n’y répond. C’est au reste un chant lent & lugubre, qui représente les larmes des fideles & les soupirs qu’ils poussent en signe de pénitence ; & il est ainsi nommé quia tractim canitur. Du Cange. (D. J.)

Trait, en termes de Blason, signifie une ligne qui partage l’écu. Elle prend depuis le haut jusqu’au bas, & sert à faire différens quartiers. Ecu parti d’un, & coupé de deux traits.

Trait, s. m. terme de jeu d’échecs, c’est l’avantage qu’on donne à une partie de jouer le premier un pion, & de l’avancer d’une ou de deux cases à sa volonté. (D. J.)

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Étymologie de « trait »

Étymologie de trait - Littré

Trait 2, dans le sens de tiré (tirer un chariot, une arme de jet, une ligne) ; provenç. trait, trag, trah ; ital. tratto.

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Étymologie de trait - Wiktionnaire

Du latin tractus (« action de tirer »).
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Phonétique du mot « trait »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
trait trɛ play_arrow

Citations contenant le mot « trait »

  • La Maison du cheval boulonnais (MCB), dont le but est d’accueillir et de sauvegarder cette espèce de cheval de trait, a ouvert ses portes au public le 16 juillet à Samer dans une ferme joliment retapée, sur un domaine de 19 hectares. Les installations sont à la disposition de tout cavalier qui souhaiterait se perfectionner, tandis que leurs chevaux boulonnais bénéficient d’une pension complète. Visite guidée. La Voix du Nord, Samer : on a visité l’hôtel 5 étoiles des chevaux de trait boulonnais
  • Christophe Borju, agriculteur, trait ses vaches en musique. Une initiative que ses beaux-parents effectuaient déjà depuis quelque années et qu’il a décidé de reprendre il y a déjà cinq ans. , Dans une exploitation près de Flers, on trait les vaches en musique | L'Orne Combattante
  • Le syndicat des éleveurs de chevaux de trait du Clunisois organise sa fête annuelle le samedi 1er  août à l’hippodrome de Cluny. La fête s’articulera autour d’un concours “modèles et allures” avec 24 animaux élevés dans la région de Cluny à juger sur leur morphologie et sur leur allure. « Les jurys observent des critères fonctionnels ou esthétiques, et prennent en compte la valeur commerciale et utilitaire, ainsi que la santé des chevaux présentés », décrit Marie-Claude Dufour, la trésorière de l’association. Le syndicat informe aussi les amateurs de viande de cheval de la reprise de la vente en septembre. , Economie | La fête du cheval de trait aura lieu le 1er  août
  • L’écomusée de Saint-Dégan à Brec’h met le cheval de trait à l’honneur mercredi 5 août. Cette année, une exposition de 40 tableaux de Lucien Pouëdras permet de découvrir sa place dans le monde rural avant 1950. Chemins creux, parcelles, tout était à la mesure du cheval de trait. Il était au cœur de la famille, du village et du territoire. Des démonstrations de travaux agricoles avec la traction animale seront organisées dans la journée. Il y aura également des balades en calèche. L’association Faire à cheval sera présente pour expliquer la place du cheval de trait aujourd’hui. Seront également proposées des visites commentées de l’exposition, des visites guidées, des balades à poney et des ateliers d’extraction de miel. Port du masque obligatoire et distanciation seront de rigueur pour assurer la sécurité de tous. Le Telegramme, Brec’h : Le cheval de trait au cœur de Saint-Dégan mercredi - Brec'h - Le Télégramme
  • Le phallus sert de trait d'union entre ces deux fleuves : il conjugue leurs rythmes différents en un courant unique. De David Herbert Lawrence / Défense de Lady Chatterley
  • La conscience est un trait d’union entre ce qui a été et ce qui sera, un pont jeté entre le passé et l’avenir. De Henri Bergson / L’ Évolution créatrice
  • Un aphorisme n'a pas besoin d'être vrai, mais il doit survoler la vérité. Il doit la dépasser d'un trait. De Karl Kraus / Aphorismes
  • Il y a des gens qui, dans un partage à cinquante-cinquante, veulent pour eux les deux cinquante et même le trait d'union. De D. Syrus
  • Un trait fondamental de la modernité : les barbares sont au-dedans. Le dehors est devenu interne. De Roger-Pol Droit / Généalogie des barbares
  • Soyez l'arc et le trait, l'énergie et l'attraction de votre vie. De Olivier Lockert / Hypnose
  • Attendre le courrier comme on attend le Père Noël est un trait commun à tous les écrivains. De Geneviève Brisac / Libération, 31 mars 2001
  • C'est toujours un grand trait de médiocrité que de ne pas savoir associer la méfiance et la clairvoyance. De Abel Bonnard
  • Le plus solide et le plus durable trait d’union entre les êtres, c’est la barrière. De Pierre Reverdy / Le Livre de mon bord
  • Qui se mêle du métier d'autrui, trait sa vache dans un panier. De Gabriel Meurier / Trésor des sentences
  • L'aiguillon de la chaleur, comme un trait de guêpe, irrite. De Jules Michelet / La Femme
  • L'enfant qui a grandi trait les vaches de son père. De Proverbe africain
  • Une prophétie c’est le trait d’esprit d’un fou. De Vladimir Nabokov
  • Tout ce qui a trait à la vache m’émeut. De Vincent Roca / Les Vaches pensent
  • Les gens qui obéissent ressemblent généralement trait pour trait à ceux qui commandent. De Robert Walser / L'institut Benjamenta

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Traductions du mot « trait »

Langue Traduction
Corse caratteristica
Basque ezaugarri
Japonais 特性
Russe черта
Portugais traço
Arabe سمة
Chinois 特征
Allemand merkmal
Italien tratto
Espagnol rasgo
Anglais trait
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Synonymes de « trait »

Source : synonymes de trait sur lebonsynonyme.fr


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