Touchau : définition de touchau


Touchau : définition du Trésor de la Langue Française informatisé

TOUCHAU, subst. masc.

TECHNOL. Ensemble de petites plaques d'alliage d'or ou d'argent, chacune d'un titre différent, disposées en étoiles et qui permet de déterminer, par comparaison de l'empreinte laissée sur la pierre de touche, le titre d'un bijou. Essai au touchau; procédé du touchau. Quant au touchau, il est appliqué d'une manière générale sur les minuscules accessoires d'orfèvrerie (Grandjean, Orfèvr. XIXes., 1962, p. 34).
Prononc. et Orth.: [tuʃo]. Littré: touchau ou touchaud; Lar. Lang. fr.: ,,on écrit aussi touchaud (...) et toucheau``. Étymol. et Hist. 1399 toucheau (Arch. nat. JJ 154, pièce 703 ds Du Cange, s.v. touchus: les Toucheaux); 1461 touchaul (Arch. nat. JJ 198, fo164 ds Gdf. Compl.: touchaulx d'or); 1721 touchau (Déclaration du roi, 23 nov. ds Littré). Dér. de toucher1*; suff. -eau*.

Touchau : définition du Wiktionnaire

Nom commun

touchau \tu.ʃo\ masculin

  1. Petites plaques d'alliage d'or ou d'argent, chacune d'un titre différent, disposées en étoile, qui permet de déterminer, par comparaison de l'empreinte laissée sur la pierre de touche, le titre d'un bijou.
    • Quant au touchau, il est appliqué d'une manière générale sur les minuscules accessoires d'orfèvrerie. — (Grandjean, Orfèvr. XIXes., 1962, p. 34)
    • Et les exemples sont légion. Du grand écrivain scrupuleux au pion morose, du grammairien puriste au discoureur mondain, on se passe l’épais touchau qui marque et rejette les métaux impurs. À ce degré de confiance, il n’est plus d’auteur ni d’ouvrage ; nous sommes en présence d’un objet de culte. — (Alain Rey, Littré, l’humaniste et les mots, page 8, 1970, Gallimard)
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Touchau : définition du Littré (1872-1877)

TOUCHAU (tou-chô) s. m.
  • Étoile d'or ou d'argent dont chaque branche est mélangée de cuivre à un titre différent ; on s'en sert pour reconnaître, par l'empreinte laissée sur la pierre de touche, le titre des métaux précieux. Et quant aux menus ouvrages d'or qui ne pourront souffrir les essais à la coupelle, ils seront essayés aux touchaux, Déclar. du roi, 23 nov. 1721. On s'accoutume à juger habilement de ce premier essai à la touche ou à la pierre de touche, en commençant par s'exercer avec des alliages connus de toutes les proportions possibles, qu'on nomme touchaux, Fourcroy, Connaiss. chimiques, t. VI, p. 372. La découverte des acides minéraux a rendu l'essai de l'or à la pierre de touche, appelé l'essai au touchau, plus concluant, quoiqu'il soit moins précis que l'essai à la coupelle, Mongez, Instit. Mém. Acad. inscrip. t. IX, p. 198.

HISTORIQUE

XIVe s. Le suppliant ouvry l'uis de la chambre de nos monnoies et prist nos toucheaus et une touche… bailla à un prestre nosdiz toucheaux d'or par lui pris, Du Cange, touchus.

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Touchau : définition du Encyclopédie, 1re édition (1751)

TOUCHAU, s. m. (Docimast.) on nomme touchaux, des aiguilles d’essai, acus probatrices. Elles servent à connoître exactement les différens degrés d’alliage ou de pureté de l’or, de l’argent & du cuivre. On compare l’enduit de ces métaux avec celui des touchaux, qui sont de petites lames faites des mêmes métaux avec différens titres connus. Ces aiguilles sont larges d’une ligne, épaisses d’une demie, & longues de deux ou trois pouces. Chacune d’elles porte une empreinte qui indique son titre.

L’alliage des touchaux pour argent se fait avec du cuivre, & rarement avec du laiton. Pour en établir les proportions, on se sert du poids de marc en petit divisé en demi-onces & en grains. Mais comme il faut qu’il puisse contrebalancer une molécule métallique assez considérable pour une aiguille, on en prend un qui le double six fois, c’est-à-dire qui équivaut à 96 livres du quintal fictif, donc conséquemment un grain en vaut six du précédent. On pese avec ce poids un marc d’argent pur, on l’enveloppe dans un papier sur lequel on marque seize demi-onces ; ce qui signifie que ce marc est d’argent parfaitement pur. La molécule pesée fait la premiere aiguille. On pese ensuite quinze demi-onces d’argent pur, & une demi-once de cuivre. Ce dernier métal doit être d’une seule piece solide, qui ait le moins de surface qu’il soit possible, & que l’on ait ajusté avec une lime. Si l’on n’avoit cette attention, c’est-à-dire, si le cuivre étoit divisé en un grand nombre de petites molécules, ou étendu en feuilles, il arriveroit que la plus grande partie s’en scorifieroit plutôt que d’entrer en fusion. On enveloppera également les deux derniers morceaux pesés, & on y marquera quinze demi-onces pour faire connoître que la molécule métallique en question, est composée de quinze parties d’argent pur, & d’une de cuivre. C’est pour la seconde aiguille. On pese encore quatorze demi-onces d’argent pur & deux de cuivre, que l’on enveloppe & inscrit quatorze demi-onces, & dont on fait la troisieme. L’on continue enfin d’ajuster la matiere des autres aiguilles, selon la même progression arithmétique, croissante pour le cuivre, & décroissante pour l’argent, & l’on donne à chacune l’inscription qui lui convient. Tel est l’ordre qu’on suit.

La premiere est de 16 demi-
onces
d’argent
pur,
& de 0 demi-
onces
de
cuivre.
La seconde 15 1
La troisieme 14 2
La quatrieme 13 3
La cinquieme 12 4
La sixieme 11 5
La septieme 10 6
La huitieme 9 7
La neuvieme 8 8
La dixieme 7 9
La onzieme 6 10
La douzieme 5 11
La treizieme 4 12
La quatorzieme 3 13
La quinzieme 2 14
La seizieme 1 15

Pour unir le cuivre à l’argent, prenez un creuset neuf dont le fond soit bien uni ; frottez-le intérieurement de borax ; mettez-y en particulier chaque portion de métal contenue dans l’un des papiers, & y ajoutez un peu de borax & de flux noir. Placez votre creuset dans un fourneau de fusion, & l’échauffez rapidement ; ou plutôt jettez votre mélange dans un creuset embrasé ; remuez-le un peu, sitôt qu’il aura acquis une fusion parfaite, & le retirez du feu pour le laisser refroidir ; vous le casserez pour avoir la matiere qu’il contient.

Cette fonte se fait aussi avec le chalumeau à un feu de lampe, & peut-être plus commodément. On remet dans le même papier chacune des petites molécules métalliques pour éviter la confusion, & on les pese de nouveau à la balance d’essai. Celles qui peseront près d’un marc seront bonnes ; mais il s’en trouve à qui il manque un poids considérable, comme, par exemple, quatre grains ou plus ; c’est une preuve qu’il s’est perdu autant de cuivre à proportion, soit par le déchet ou autrement, parce que le feu aura été ou trop lent, ou trop long. On doit remplacer celle à qui cet inconvénient sera arrivé, en gardant les mêmes proportions qu’auparavant.

On façonnera avec le marteau chacune de ces petites masses pour en former des aiguilles, observant de les recuire de tems-en-tems, en cas qu’elles deviennent trop roides par le martelage. On gravera sur ces aiguilles le nombre des demi-onces d’argent qu’elles contiennent, celui de seize sur la premiere, de quinze sur la seconde, & ainsi de suite. Chacune sera percée à l’une de ces extrémités, afin qu’on puisse y passer un fil pour les enfiler toutes ensemble ; ce qui se fera dans l’ordre de leurs numéros ; on donne le nom de ligature à la suite de ces aiguilles de différens titres.

Quelques essayeurs inserent une aiguille d’un titre proportionnel entre chacune de celles dont nous venons de parler ; d’autres y en inserent un plus grand nombre, comme trois, par exemple ; ce qui en augmente le nombre, & exige une plus grande quantité de combinaisons, ainsi qu’on peut le déduire du paragraphe précédent ; mais quant à la ligature de l’argent, il n’est presque pas possible de mettre de distinction entre deux aiguilles dont la différence de l’alliage est moindre que de la moitié d’une demi-once.

On peut ajouter aussi à ces aiguilles ou touchaux d’argent, une lame de cuivre pour servir de derniere aiguille ; parce qu’on se sert aussi de cette ligature pour connoître la pureté du cuivre, ou les différentes quantités d’argent qu’il peut contenir.

Les aiguilles ou touchaux se font en Flandre avec le poids de marc divisé par grains ; la premiere est une aiguille de douze deniers, c’est-à-dire d’argent pur. La seconde douze deniers dix huit grains d’argent, & de six grains de cuivre, & ainsi de suite ; en sorte que la proportion de l’argent décroît toujours de la quantité de six grains, ou d’un quart de denier, & que celle du cuivre est en raison inverse. Lorsqu’on en est venu à la quantité d’un denier pour l’argent, & douze deniers pour le cuivre, on ne va pas plus loin ; cette proportion constitue la derniere aiguille.

Il est toutefois inutile que la différence de la quantité d’alliage de deux aiguilles proportionnelles voisines, continue d’être aussi petite jusqu’à la fin. Celle de six grains suffira jusqu’à l’aiguille de neuf deniers, & celle de la moitié d’une demi-once, jusqu’à l’aiguille de dix demi-onces en descendant ; c’est-à-dire en commençant par l’argent pur, parce qu’il n’est pas possible de discerner exactement dans les aiguilles suivantes des variétés si peu sensibles.

Les aiguilles d’essai ou les touchaux pour or, sont composées d’or & d’argent, seul ou allié de cuivre en différentes proportions. On donne le nom de carature, caratura, à ces sortes de combinaisons, que l’on regle à l’aide du poids de marc divisé en karats. Au reste, il n’y a d’autre différence entre la préparation de ces aiguilles-ci & celles d’argent, qu’en ce que leur titre est proportionné d’une autre façon. Chaque touchau est du poids d’un marc. La table suivante représente leur ordre & leur division. La premiere est d’or pur ou à 24 karats.

d’or pur. d’argent pur.
La deuxieme est de 23 karats 6 gr. 6 gr.
La troisieme 23 karats. 1 karat.
La quatrieme 22 karats 6 gr. 1 karat 6 gr.
La cinquieme 22 karats 2 karats
La sixieme 21 karats 6 gr. 2 karats 6 gr.
La septieme 21 karats 3 karats
La huitieme 20 karats 6 gr. 3 karats 6 gr.
La neuvieme 20 karats 4 karats
La dixieme 19 karats 5 karats
La onzieme 18 karats 6 karats

Ensorte que l’on va toujours en diminuant par karats entiers, jusqu’à ce qu’on soit parvenu au vingt-troisieme carat d’argent ; par la raison, ainsi que nous l’avons déja dit, qu’il n’est pas possible de connoître exactement entre deux aiguilles au-dessous de la neuvieme, une différence qui ne consiste qu’en six grains d’or plus ou moins. L’alliage en question de l’or & de l’argent s’appelle carature blanche, caratura alba.

Si l’on mêle le cuivre à l’argent pour faire des touchaux d’or, cette combinaison prend le nom de la carature mixte, caratura mixta. Cette préparation se fait selon les mêmes lois que la précédente ; à cette seule différence près, que la molécule d’argent pur jointe à l’or dans la table précédente, est ici alliée d’une partie, ou à deux parties de cuivre ; ce qui fournit deux especes d’aiguilles, quant aux proportions de leurs combinaisons. La table suivante présente un exemple de deux parties d’argent, contre une de cuivre.

La premiere aiguille est d’or pur ou de 24 karats.
la 2e 23 kar. 6 gr. d’or pur. 4 gr. d’argent pur. 2 gr. de cuivre pur.
la 3e 23 kar. 8 gr. 4 gr.
la 4e 22 kar. 6 gr. 1 kar. 6 gr.
la 5e 22 kar. 1 kar. 4 gr. 8 gr.
la 6e 21 kar. 6 gr. 1 kar. 8 gr. 10 gr.
la 7e 21 kar. 2 kar. 1 kar.
la 8e 20 kar. 6 gr. 2 kar. 4 gr. 1 kar. 2 gr.

Et ainsi de suite, selon l’ordre de la précédente.

Si dans la table ci-dessus on substitue le cuivre pur à l’argent pur, & réciproquement, on a une troisieme espece de touchaux d’or ; & enfin une quatrieme, si ces deux métaux sont alliés à quantités égales.

Nous n’avons exposé que les combinaisons de l’or le plus en usage ; car elles sont susceptibles d’être variées d’une infinité de façons qu’il n’est ni possible, ni nécessaire à un essayeur d’imiter ; bien qu’il puisse jusqu’à un certain point, quand il a acquis beaucoup d’usage, distinguer leurs différens titres en les comparant avec les nôtres.

Si l’on trouvoit que les aiguilles d’or dussent revenir à un trop haut prix, on pourroit les faire plus petites que les aiguilles d’argent, & les souder à des lames de cuivre pour en rendre l’usage plus commode. Cramer, Docimastique. (D. J.)

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Étymologie de « touchau »

Étymologie de touchau - Littré

Toucher.

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Étymologie de touchau - Wiktionnaire

(1399) Composé de toucher et -au.
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Phonétique du mot « touchau »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
touchau tuʃo play_arrow

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Traductions du mot « touchau »

Langue Traduction
Corse toccu
Basque ukitu
Japonais 触れた
Russe прикоснулся
Portugais tocado
Arabe لمست
Chinois 感动
Allemand berührt
Italien toccato
Espagnol tocado
Anglais touched
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Synonymes de « touchau »

Source : synonymes de touchau sur lebonsynonyme.fr

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