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Syndérèse

Variantes Singulier Pluriel
Féminin syndérèse syndérèses

Définitions de « syndérèse »

Trésor de la Langue Française informatisé

SYNDÉRÈSE, subst. fém.

THÉOL. [Chez les aut. scolast.] Faculté des premiers principes d'ordre pratique conduisant les opérations de jugement moral. Lucifer se complait toujours dans sa faute, mais il a horreur de la peine qu'il subit. Tout ce qu'il délibère et tout ce qu'il fait est mal; il n'a aucune vertu. La cause de son obstination est double: son endurcissement dans le mal et la punition de sa faute par Dieu. Il n'a pas de puissance sensible naturelle. La syndérèse lui reste (Théol. cath.t. 4, 11920, p. 394).
P. ext. Remords de conscience. Il me semble que Washington, retiré dans son champ de la Virginie, ne devait pas éprouver les syndérèses de Bonaparte attendant l'exil dans ses jardins de la Malmaison (Chateaubr., Mém., t. 2, 1848, p. 634).
Prononc. et Orth.: [sε ̃deʀ ε:z]. Ac. 1694, 1718: synderese; dep. 1740: syndérèse. Étymol. et Hist. Ca 1470 sinderese « remords de conscience » (doc. ds Gdf. Compl.); 1495-96 [éd.] synderese « id. » (Jean de Vignay, Miroir historial, IX, 20, t. 2, fo10 ro). Empr. au lat. médiév.synderesis, var. de synteresis « conservation », terme de philos. scolast., empr. au gr. σ υ ν τ η ́ ρ η σ ι ς dér. du verbe σ υ ν τ η ρ ω ̃ « conserver ». L'hésitation entre le t et le d en lat. médiév. est sans doute due au fait que l'on expliquait le mot tantôt en fonction du verbe σ υ ν τ η ρ ω ̃ « conserver », tantôt comme venant de σ υ ν δ ι α ι ́ ρ η σ ι ς signifiant à peu près « résumé, synthèse des principes moraux ». Voir FEW t. 12, p. 500.

Wiktionnaire

Nom commun - français

syndérèse \sɛ̃.de.ʁɛz\ féminin

  1. (Théologie) Partie la plus élevée de l'âme, faculté en l'homme de reconnaître de manière infaillible le bien.
    • C'est ce que l'on nomme « syndérèse » en théologie, soit la capacité de reconnaître le bien de manière infaillible. Thomas d'Aquin la décrit comme une faculté de raison et d'intelligence qui permet le remords de conscience. Au plus profond de nous, quelque chose sait si nous avons mal agi ou si nous avons causé un tort par exemple. Cette capacité de l'homme démontre sa pureté, le lieu de son union à Dieu ou quelque chose de plus grand que lui en lui. — (Christine Michaud et Thomas De Koninck, Le Petit Prince est toujours vivant, Gallimard/Édito, 2020, p. 147-148)
    • Lucifer se complait toujours dans sa faute, mais il a horreur de la peine qu'il subit. Tout ce qu'il délibère et tout ce qu'il fait est mal ; il n'a aucune vertu. La cause de son obstination est double : son endurcissement dans le mal et la punition de sa faute par Dieu. Il n'a pas de puissance sensible naturelle. La syndérèse lui reste. — (Théol. cath. t. 4)
  2. (Religion) Remords de conscience.
    • Sait que c'est qu'hypostase avecque syndérèse. — (Régnier, Sat. XIII)
    • D'où vient que la conscience aveugle et corrompue ne l'emporte jamais tellement sur la saine conscience, que celle-ci, quoique d'une voix faible, ne réclame encore contre le mal que nous faisons, et qu'au moins par des doutes affligeants et par des syndérèses importunes elle n'empêche la prescription de l'erreur qui nous fait agir ? — (Bourdalou, Carême, t. I)
    • Il s'élève aussi bien dans le fond de mon coeur
      Certain remords cuisant, certaine syndérèse,
      Qui furieusement sur l'estomac me pèse.
      — (Regnard, le Légataire, IV, 7)
  3. (Philosophie) Jugement pratique infaillible poussant à toujours rechercher un bien pour soi et à éviter un mal.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

SYNDÉRÈSE (sin-dé-rè-z') s. f.
  • Terme de dévotion. Remords de conscience. Sait que c'est qu'hypostase avecque syndérèse, Régnier, Sat. XII. D'où vient que la conscience aveugle et corrompue ne l'emporte jamais tellement sur la saine conscience, que celle-ci, quoique d'une voix faible, ne réclame encore contre le mal que nous faisons, et qu'au moins par des doutes affligeants et par des syndérèses importunes elle n'empêche la prescription de l'erreur qui nous fait agir ? Bourdaloue, Carême, t. I, p. 281. Il s'élève aussi bien dans le fond de mon cœur Certain remords cuisant, certaine syndérèse, Qui furieusement sur l'estomac me pèse, Regnard, le Légataire, IV, 7.

HISTORIQUE

XVIe s. Meu d'une synderese de sa conscience, Pasquier, Rech. VI, p. 544, dans LACURNE.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « syndérèse »

Συντήρησις, surveillance, examen, de σὺν, avec, et τηῤεῖν, observer. Syndérèse, fait probablement au XVIe siècle, porte la marque de la prononciation des Grecs modernes, qui prononcent le τ comme un δ après le ν.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Via le latin synderesis, du grec ancien συντήρησις, syntêrêsis (« conservation »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « syndérèse »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
syndérèse sinderɛs

Citations contenant le mot « syndérèse »

  • La question n'est plus tant de savoir à présent si le Dieu émotif décrit dans l'ouvrage est une simple projection humaine mais plutôt d'interroger le rapport entre l'agir humain et l'agir divin. En effet, si Dieu agit en étant (il n'y a pas d'écart entre son être et son agir), alors que l'être humain est soumis, lui, à un écart invincible entre son être et ses actes, les émotions apparaissent, notamment à travers l'incarnation de Dieu en Jésus, comme le possible point de rencontre entre Dieu et l'homme. Que la liberté humaine soit structurellement marquée par la finitude et la contingence n'empêche pas qu'un sens possible de l'existence se dégage pour l'homme. Les émotions sont sans doute un des moyens mis à la disposition de l'homme pour réduire l'écart entre être et agir, à la manière du Christ. On est proche ici de la syndérèse, cette « étincelle de la conscience » selon Jérôme, qui ne s'éteint jamais, telle une flamme divine. Les émotions orienteraient alors l'agir humain, dans une perspective d'affiliation divine. Durand souligne ainsi le fait que les affects sont nécessaires pour mettre la volonté en mouvement. D'un point de vue divin, cette volonté est toujours résolument tournée vers l'homme alors que chez ce dernier, elle peut être ambivalente, notamment lorsqu'elle se tourne vers le mal. , Dieu : humain, trop humain ? - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
  • Richard Bastien : A mon avis oui. Je n’ai pas tout lu de Newman, mais j’en retiens surtout ce qui porte sur le développement de la doctrine et sur sa notion de conscience. La conscience, au fond, c’est la raison appliquée aux questions morales. Et il le montre en disant que la conscience est la même chez tous les hommes, pas seulement chez les croyants. Il y a une conscience universelle, pas dans le sens moderne du mot conscience, mais dans le sens classique. Et puis il fait la distinction entre syndérèse (la conscience de soi) et raison pratique, c’est-à-dire l’application à des cas particuliers. Le Rouge & le Noir, Richard Bastien : « Les plus grands apologètes du catholicisme sont presque tous des convertis » | Le R&N
  • Les médecins belges tuent des personnes vivantes en réponse à la question de la souffrance. Cette action est destructrice pour eux mêmes et pour la société. Je comprends que cela peut sembler attrayant d’éviter l’agonie dans la souffrance, de passer sans payer le prix sur l’autre rive, de refuser le combat contre la souffrance, mais avec Damien Le Guay ou Marie de Hennezel et l’ensemble des équipes de soins palliatifs, à Jeanne Garnier et ailleurs, je suis convaincu que se joue là un combat au coeur de la syndérèse, le sens du bien et du mal, de l’humanité. C’est pour moi une évidence, comme X=X. Je suis frappé de voir la force et la puissance d’entraînement du dernier avatar de la sociologie sans archive, donner la mort en réponse à la souffrance à l’abri d’une licéité, auprès d’âmes dotées de bonnes indentions ou des meilleurs esprits ayant achevés un long parcours d’excellence parmi les philosophes. Si la médecine tombe dans ce piège, alors elle tombe tout court. , Le problème moral de l'euthanasie (3) | Le randonneur
  • On est proche ici de la syndérèse, cette « étincelle de la conscience » selon Jérôme, qui ne s'éteint jamais, telle une flamme divine. , Dieu : humain, trop humain ? - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
  • Et puis il fait la distinction entre syndérèse (la conscience de soi) et raison pratique, c’est-à-dire l’application à des cas particuliers. Le Rouge & le Noir, Richard Bastien : « Les plus grands apologètes du catholicisme sont presque tous des convertis » | Le R&N
  • Je comprends que cela peut sembler attrayant d’éviter l’agonie dans la souffrance, de passer sans payer le prix sur l’autre rive, de refuser le combat contre la souffrance, mais avec Damien Le Guay ou Marie de Hennezel et l’ensemble des équipes de soins palliatifs, à Jeanne Garnier et ailleurs, je suis convaincu que se joue là un combat au coeur de la syndérèse, le sens du bien et du mal, de l’humanité. , Le problème moral de l'euthanasie (3) | Le randonneur

Traductions du mot « syndérèse »

Langue Traduction
Anglais synderesis
Espagnol sinderesis
Italien sinderesi
Allemand synderese
Chinois 脱水
Arabe التوليف
Portugais sindérese
Russe synderesis
Japonais シンデレシス
Basque synderesis
Corse sindrome
Source : Google Translate API

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Nombre de points du mot syndérèse au scrabble : 11 points

Syndérèse

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