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Stalinisme

Variantes Singulier Pluriel
Masculin stalinisme stalinismes

Définitions de « stalinisme »

Trésor de la Langue Française informatisé

STALINISME, subst. masc.

Idéologie et ensemble des pratiques politiques, économiques, sociales développées par Staline en U.R.S.S. de 1924 à 1953, adoptées par les autres partis communistes, officiellement condamnées en 1956 au xxeCongrès du Parti Communiste de l'Union Soviétique. [Lénine] avait fait peindre par Chagall les fresques du théâtre juif de Moscou. Aujourd'hui, le stalinisme honnit Chagall (Malraux, Conquér.,1949, postf., p. 174).Le règne tout-puissant du parti unique monolithique et replié sur lui-même en caste privilégiée, la pratique déformée de la dictature du prolétariat qui, au lieu d'évoluer vers le dépérissement de l'État, va vers son intronisation comme force omnipuissante et omniprésente à tous les échelons de la société, l'abolition de toute liberté d'expression et l'instauration d'un climat d'espionnite et de peur: ce sont là les principaux éléments qui caractérisent le stalinisme en tant que mode d'exercice du pouvoir (Marxisme1982).
Prononc.: [stalinism̭]. Étymol. et Hist. 1929 « doctrine politique de Staline » (La Révolution prolétarienne, numéro 74, 15 févr., p. 63b ds Quem. DDL t. 25).Dér. de Staline (v. stalinien); suff. -isme*.

Wiktionnaire

Nom commun - français

stalinisme \sta.li.nism\ masculin

  1. (Histoire, Socialisme) Politique menée dans l’Union soviétique, puis dans ses pays satellites.
    • En effet, Staline « n’est pas tombé de la Lune ». Staline et le stalinisme ne sont que les conséquences logiques d’une évolution préalable et préparatoire, elle-même résultat d’un terrible égarement, d’une déviation néfaste de la Révolution. — (Voline, La Révolution inconnue)
    • De même que Trotsky présentait hier correctement Hitler et Staline comme des « étoiles jumelles », la puissance essentielle du stalinisme et la chance essentielle de survie de l’impérialisme mondial résident précisément dans leur interaction, leurs rapports mutuels dans la conscience des masses. — (L’U.R.S.S. et le Stalinisme, thèse du IIe congrès mondial de la IVe Internationale, Paris, 1948)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « stalinisme »

(1929) Du pseudonyme de Joseph Vissarionovitch Djougachvili, « Staline » et du suffixe -isme.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « stalinisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
stalinisme stalinism

Citations contenant le mot « stalinisme »

  • Le stalinisme, c'est la voie la plus longue pour aller du capitalisme... au capitalisme. De Lech Walesa
  • « En 2010, nous avons déjà ressenti l’influence des pro-Staliniens sur notre société, et nous avons en quelque sorte compris ce qui se passait », a déclaré Irina Sherbakova, historienne russe, auteur et membre fondateur de l’organisation des droits de l’homme Memorial, qui suit la montée du stalinisme en Russie depuis des années. The Times of Israël, Loin de renverser les statues, l'ex-URSS érige de nouveaux monuments à Staline | The Times of Israël
  • C’est dans ce contexte de multiplicité des manuels, d’innombrables débats sur le stalinisme, de politisation de plus en plus forte de l’histoire suscitée par les conflits mémoriels qui opposent la Russie à certains pays – l’Ukraine, la Pologne et les États baltes en particulier –, que les discussions sur le retour à un manuel unique ont fait surface, sans que l’avis du gouvernement n’apparaisse jamais ni clair ni tranché. , La « guerre des manuels » en Russie - La Vie des idées
  • « Et rien ne fait mieux saisir l’essence du stalinisme que le choix contraire où va se décider toute la destinée historique de la Russie, et celle-même de tout le soi-disant “communisme” du XX e siècle, avec le drame sans nom qu’il recouvre. Face à la difficile sagesse de Lénine, Staline est exemplaire de l’impatience fruste qui la fait prendre pour de la pusillanimité, de la sous-culture théorique qui néglige de s’interroger vraiment sur la résistance têtue des choses, du volontarisme arrogant pour lequel détenir le pouvoir d’État suffit à tout rendre possible. Persuadé d’être plus fort que Lénine, et capable de forcer l’histoire, présomption de criminelle sottise, Staline bouscule la NEP, violente la paysannerie et la classe ouvrière, met aux ordres le parti et aux arrêts les opposants. Il va faire voir si le socialisme n’est pas possible à court terme – ce sera aussi la forfanterie du Mao Zedong du Grand Bond en avant puis de la Révolution Culturelle. Moyennant quoi le pouvoir bolchévik stalinisé va assumer et même intérioriser la direction de tâches d’accumulation préalable hantées par de brutales logiques à fond de classe, abandonnant de fait tout cap communiste dans une collectivisation et une industrialisation imposées d’en haut dont les seuls résultats chiffrés deviennent les fins en soi. D’où ce monstre que va être une société continuant à se dire et même se croire socialiste alors que dans la réalité des faits elle n’est pour l’essentiel qu’ une forme despotique de rattrapage à outrance du capitalisme – c’est le grand mot d’ordre stalinien du XV e Congrès fin 1927 – qui ne se pose même pas la question de savoir à quelles conditions drastiques on peut alors éviter de se faire en un tout autre sens rattraper par le capitalisme. Le stalinisme en tant que forme socio-politique générale se constitue dans cette hybridation monstrueuse, irresponsable, rapidement irréversible du fait même de la liquidation de toute démocratie dans le parti et dans le pays. La grande rupture est là. Le stalinisme est l’exemple premier, à la fois typiquement russe et mondialement reproductible, du drame de la prématurité historique d’une révolution socialiste à la fois politico-militairement possible dans des pays retardataires mais par là-même économico-socialement immature au plus haut point, où sauf extrême sagesse des dirigeants – mais un Lénine est exceptionnel – et extrême vigueur du contrôle populaire – mais le système l’exclut – devient inévitable la sortie de route fatale susceptible de conduire au pire. En vérité les furies exploiteuses, coloniales et guerrières du capital à l’âge impérialiste n’ont pas fait moins de morts que “le communisme”, mais le scandale à jamais inoubliable du “socialisme” stalinisé est qu’il les a faits au nom de l’émancipation du genre humain, là est le comble, et ce qui aura longuement retardé toute possibilité de faire venir à l’ordre du jour, à un stade tout autre de maturité, l’engagement pacifique d’un passage à la société sans classes. L'Humanité, Sur le sens historique du phénomène stalinien | L'Humanité
  • Cela dit, en tant qu’acte fondateur, ouvrant des vannes et levant des inhibitions, le Holodomor a ouvert la voie à des mesures de purification ethnique, terme répandu lors des guerres d’ex-Yougoslavie dans les années 1990, mais qui caractérise depuis 1933 (et pas avant, n’en déplaise à Nicolas Werth), de fort nombreuses opérations visant des populations définies de façon nationale et ethnique. La première « purification ethnique » de fait date de 1933 : c’est justement celle des Ukrainiens du Kouban. Il y aura ensuite, très vite, dans la seconde partie des années 1930, les déportations massives de Coréens, de Polonais, et d’autres peuples. Puis les « peuples punis » de la seconde guerre mondiale, Tchétchènes ou Tatars de Crimée. Sans oublier, surtout, les déportations et expulsions massives visant Allemand, Hongrois …, associées à des viols de masse en Europe centrale en 1944-1945, ce que les crimes nazis n’excusent en rien. Cette dimension ethno-nationaliste se retrouve dans les régime chinois, nord-coréen, et vietnamien. Ainsi, si une intentionnalité de type racialiste ou ethno-nationaliste n’est effectivement pas présente en tant que causalité du Holodomor, la réalisation de celui-ci a néanmoins ouvert les vannes à ce qu’il faut bien appeler la dimension raciste ou ethniciste du stalinisme (et du mao-stalinisme), toujours présente aujourd’hui dans divers avatars, et souvent structurellement associée à l’antisémitisme. Club de Mediapart, HOLODOMOR. | Le Club de Mediapart
  • Le complotisme avec lequel trop de Québécois flirtent est une menace plus grande que ne semblent l’imaginer plusieurs. En France, par exemple, ce courant intellectuellement inquiétant est contrecarré par nombre d’intellectuels et de journalistes toujours marqués par le fascisme, le nazisme et le stalinisme, des idéologies totalitaires qui ont fait des dizaines de millions de victimes. Le Journal de Québec, Attention: dérapages | Le Journal de Québec
  • Goulag, une histoire soviétique, de Patrick Rotman, Nicolas Werth et François Aymé. Ce documentaire exceptionnel, clair et pédagogique, replace, avec des images d’archives et des témoignages, « l’industrie pénitentiaire » au cœur du stalinisme, mardi 11 février, à 20 h 50, sur Arte. La Croix, Le goulag salle des machines du stalinisme
  • Dans ce contexte, je voudrais revenir brièvement sur le système soviétique et ce qu’on appelé justement le « stalinisme », mais à l’aide de quelques remarques iconoclastes qu’on voudra bien entendre, je l’espère. Elles viennent de quelqu’un qui a été constamment anti-stalinien, y compris quand il était au PCF, sans y être entendu, mais qui est agacé par la déferlante idéologique hostile à l’expérience soviétique, le stalinisme étant un bon moyen, croit-on, pour rejeter définitivement le communisme dans les « poubelles de l’histoire ». Je voudrais, tout en le mettant en question, bien évidemment, poser différentes questions à son propos, questions qu’on ne lui pose pas et qu’on ne se pose pas, ou peu. Club de Mediapart, Le stalinisme en questions | Le Club de Mediapart
  • La manière dont le nœud coulant du stalinisme s’est resserré autour du cou d’une société européenne, hostile mais impuissante, a rarement été décrite avec autant d’acuité que dans les "Mémoires de Hongrie" de Sándor Márai, publiées en 1972, alors que l'écrivain vit en exil en Italie depuis 1948. France Culture, Sándor Márai, un écrivain bourgeois face au stalinisme

Traductions du mot « stalinisme »

Langue Traduction
Anglais stalinism
Espagnol estalinismo
Italien stalinismo
Allemand stalinismus
Chinois 斯大林主义
Arabe الستالينية
Portugais stalinismo
Russe сталинизм
Japonais スターリニズム
Basque estalinismoa
Corse stalinismu
Source : Google Translate API

Stalinisme

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