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Slavophile

Sommaire

  • Définitions du mot slavophile
  • Étymologie de « slavophile »
  • Phonétique de « slavophile »
  • Citations contenant le mot « slavophile »
  • Traductions du mot « slavophile »

Définitions du mot « slavophile »

Trésor de la Langue Française informatisé

Slavophile, adj. et subst.a) (Celui) qui est favorable aux Slaves, à leur civilisation. (Dict. xixeet xxes.). b) [Dep. la fin du xixes.] (Celui) qui, en Russie, se montre attaché aux valeurs traditionnelles slaves et s'oppose à l'influence occidentale. Un soulèvement populaire contre le régime paraît hautement improbable. La seule chose que l'on puisse raisonnablement espérer, c'est de voir se poursuivre le processus de libéralisation entamé depuis la mort de Staline, et qui représente une revanche de la tendance « occidentale » contre la tendance « slavophile » (Le Figaro littér., 27 nov. 1967, p. 3, col. 1).

Wiktionnaire

Adjectif

slavophile \sla.vɔ.fil\ masculin et féminin identiques

  1. Qui aime les Slaves, les civilisations slaves.
    • Il est plus slavophile qu’anglophile.
  2. (Histoire) (Politique) Relatif au slavophilisme ou à la slavophilie, doctrine russe née au début du XIXe siècle, qui prône une voie propre à la Russie par rapport au reste du monde.
    • Ce qui justifie pour Solov’ev le rôle de la Russie, ce n’est pas uniquement la grandeur de la Russie elle-même, c’est sa mission universelle : la clé de son slavophilisme, c’est l’aptitude à une fonction universelle, et c’est parce que, croit-il, la Russie est la seule force capable aujourd’hui de jouer ce rôle qu’il a fait sien l’idéal slavophile qui prétend concilier patriotisme et universalisme. — (François Rouleau, « Solov’ev, slavophile ou occidentaliste ? »)

Nom commun

slavophile \sla.vɔ.fil\ masculin et féminin identiques

  1. Personne qui aime les slaves, les civilisations slaves.
  2. (Histoire) (Politique) Doctrinaire russe, qui prône une voie propre à la Russie par rapport au reste du monde.
    • Les slavophiles sont les meilleurs soutiens et les pires démolisseurs du régime impérial. Lorsqu’il faut lutter contre l’intelligentsia, ils encouragent le tsar à allonger les tentacules de la police. Lorsqu’on parle d’émancipation des paysans, ils s’opposent de toute leur puissance à la moindre concession. — (Jean Renald, « L’Anarchie en Russie », in Histoire de l’Anarchie, T. 2, 1974)
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Littré (1872-1877)

SLAVOPHILE (sla-vo-fi-l') s. m.
  • Nom, chez les Russes, de ceux qui travaillent à réunir ensemble tous les Slaves. M. Samarine appartenait par sa foi politique aux slavophiles, Journ. des Débats, 1er mai 1876, 1re page, 5e col.
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Étymologie de « slavophile »

(Siècle à préciser) Mot composé de slave et -phile.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Slave, et φίλος, ami.

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Phonétique du mot « slavophile »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
slavophile slavɔfil

Citations contenant le mot « slavophile »

  • À 13 ans, je suis séduit par la littérature russe et dévore Guerre et pix de Tolstoï. J’aimais la richesse des caractères, la profondeur des personnages, la foi des Russes dans la singularité de l’âme russe. Aux yeux de mon père ce n’était pas suffisant, il fallait lire Dostoïevski, une lecture plus ardue, ce que je fis. Une fois de plus, je suivais les conseils de mon père. Chaque auteur était slavophile à sa manière, et voulait prôner la grandeur de la culture russe. À l’époque, j’étais fasciné, aujourd’hui, j’ai un regard beaucoup plus critique. Mais mon intérêt au rapport religion-nationalisme et politique (un sujet que je travaille depuis longtemps) fait que je relis tous les dix ans Les possédés de Dostoïevski. Il m’ouvre des clés d’interprétations du monde d’aujourd’hui. J’apprécie la profondeur de son analyse. Dostoïevski sait poser les grandes questions et mettre en rapport la banalité de la vie quotidienne avec les questions existentielles et les tisser dans une même trame. Et puis tout est dans l’interprétation d’un livre et de ce qu’on en fait. Le livre n’appartient pas qu’à son auteur, il appartient aussi au lecteur. L'Orient-Le Jour, Tarek Mitri : Je choisirais bien Jalal al-Din Rumi comme camarade de confinement - L'Orient-Le Jour
  • Des bâtiments imitant l'architecture en bois des XVIe et XVIIe siècles ont également fait leur apparition. Aujourd'hui, on peut encore voir des motifs en bois et des éléments sculptés dans la propriété du slavophile Mikhaïl Pogodine à Moscou, et des bâtiments similaires dans toute la Russie. , Qu'est-ce que le «style russe» et comment est-il apparu? - Russia Beyond FR
  • Ce type de discours n’est pas neuf. Il est apparu dans les années 1830 à travers la dispute entre les slavophiles, défenseurs d’une originalité culturelle, sociale et politique russe, et les occidentalistes soucieux de moderniser la Russie sur le modèle européen. Il s’est crispé dans la seconde moitié du XIXe siècle avec l’apparition d’une deuxième génération slavophile plus agressive vis-à-vis de l’Europe. Cette querelle n’a pas disparu avec la Révolution russe. Elle a continué à structurer, discrètement, le champ intellectuel. Elle a opposé des membres du Politburo. Elle a divisé des dissidents — un Soljenitsyne représentant le pôle slavophile, un Sakharov celui de l’occidentalisme. Elle a dominé les années 1990. Aussi Poutine n’est-il pas allé chercher bien loin les motifs conservateurs, slavophiles et eurasistes qu’il exalte dans ses discours. Il renoue avec un courant anti-occidental qui n’a jamais cessé d’infuser durant le siècle soviétique [1]. Il en personnifie même la victoire, après la perestroïka et la démocratie libérale des années 1990. , Aux sources du poutinisme - La Vie des idées
  • Adam Smith, Jean-Sébastien Bach, Paracelse, Mikhaïl Glinka, Johann Goethe et Martinès de Pasqually sont tous convoqués par Odoïevski dans Les Nuits russes pour répondre à la question qui agitait les jeunes idéalistes dans les années 1820 : comment expliquer que le monde civilisé connaisse encore le malheur ? Dans cette encyclopédie alternative des savoirs, Odoïevski propose un vaste programme de refondation de la science, de la religion et de la politique qui trouve un écho dans la critique du matérialisme occidental aussi bien des théories slavophiles que de notre XXIe siècle. , V. Odoïevski, Les Nuits russes (1844, commentaires L. Delcourt)
  • L'auteur souligne également l'importance dans le cheminement intellectuel de Poutine du mouvement slavophile, représenté par des auteurs comme Alexis Khomiakov (1804 - 1860) ou encore Ivan Kireïevski (1806 - 1856) qui exaltaient le génie russe, sa vision religieuse du monde face aux «occidentalistes», accusés de «vivre comme des invités dans leur patrie» (Khomiakov). Mais c'est surtout la lecture du philosophe Nicolas Danilesvski (1822 - 1875), représentant de la «deuxième génération» des salvophiles, qui a eu une influence profonde sur Poutine. Celui-ci explique dans un ouvrage décisif, La Russie et l'Europe (1871) que «la lutte contre l'Occident est le seul moyen salutaire pour la guérison de notre culture russe». Le Figaro.fr, Dans la tête de Vladimir Poutine
  • Dans la tête de Poutine, des spectres flottent, comme autant de pièces maîtresses d’un jeu habile consistant à flatter les grands esprits d’antan pour, à partir d’eux, construire un discours fédérateur. Plutôt que de puiser dans l’oeuvre d’un seul auteur, Poutine combine les sources, croise ses lectures pour édifier une sorte de mille-feuille idéologique où la crème d’un Soljenitsyne se mêle à la pâte feuilletée d’un Dostoïevski. Souvent confus et malhonnête dans l’usage détourné de ses influences, Poutine s’accroche surtout à deux piliers théoriques : l’idée d’empire et l’apologie de la guerre. Contre le courant occidentaliste qui depuis Pierre le Grand veut raccrocher la Russie moderne à l’Europe anti-impériale, Poutine se rattache au courant opposé, le slavophilisme, qui promeut le génie russe. Dans ce cadre slavophile, c’est le philosophe Nicolas Danilevski (1822-1885) qui est devenu le principal inspirateur de la politique poutinienne, aux côtés d’autres auteurs, comme Constantin Leontiev (1831-1891), le “Nietzsche russe”. Dans la tête de Vladimir Poutine, un gloubi-boulga idéologique s’est ainsi construit, sorte de syncrétisme indigeste entre soviétisme de base (sans l’idée communiste), impérialisme blanc, conservatisme, panslavisme et rêve d’une Eurasie, métacontinent pendant de l’Union européenne. Les Inrockuptibles, Qu'y a-t-il dans la tête de Vladimir Poutine?
  • Vladimir Poutine s’est désormais réincarné en tyran slavophile, figure connue de l’histoire russe. Contrepoints, Poutine, le Terrible | Contrepoints
  • Le plus grand pays de la terre par la superficie ne sait pas qui il est ni ce qu’il veut être. Vladimir Poutine est sans doute une intelligence aiguë mais étroite, qui ramène le monde réel à la vision qu’en ont les services secrets, mais il a su à sa manière exprimer le problème existentiel de la Russie et laisser espérer qu’il allait le résoudre, en fusionnant dans sa personne le nationalisme russe –à la fois à la mode slavophile et à la mode stalinienne– et l’impérialisme eurasiste, la nostalgie victimaire («On vit mal et personne ne nous aime») et l’agressivité impériale («Nos missiles ont dix ans d’avance sur ceux des Américains»). Slate.fr, Pauvre Russie: le plus grand pays de la Terre ne sait pas qui il est, ni ce qu’il veut être | Slate.fr

Traductions du mot « slavophile »

Langue Traduction
Anglais slavophile
Espagnol slavophile
Italien slavophile
Allemand slawophil
Chinois 斯拉夫人
Arabe السلافوفيلي
Portugais eslavófilo
Russe славянофил
Japonais 奴隷
Basque slavophile
Corse slavofile
Source : Google Translate API
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