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Préconscient

Définitions de « préconscient »

Trésor de la Langue Française informatisé

PRÉCONSCIENT, -ENTE, adj.

A. − Antérieur à la formation de l'état de conscience. [L'homme] a, dans le corps, une connaissance infra-sensible ou préconsciente, qui est celle de l'enfant avant l'éveil de la conscience du moi (Béguin,Âme romant., 1939, p.92).Réactions préconscientes du nouveau-né (Lar. Lang. fr.).
B. − PSYCHANALYSE
1. Qui n'est pas encore conscient. Une situation révolutionnaire ou une situation de danger national transforme en prise de position consciente les rapports préconscients avec la classe et avec la nation qui n'étaient jusque-là que vécus, l'engagement tacite devient explicite (Merleau-Ponty,Phénoménol. perception, 1945, p.417).
2. En partic. [Théorie freudienne]
a) Qui n'est pas présent dans le champ actuel de la conscience et est donc inconscient au sens «descriptif», mais reste accessible à la conscience (d'apr. Lapl.-Pont. 1967). V. infra ex. de Virel Psych. 1977:
. Les restes diurnes, dans lesquels nous avions reconnu les excitateurs du rêve, étaient (...) des matériaux préconscients qui, ayant subi pendant la nuit l'influence de désirs inconscients et refoulés, s'associent à ces désirs et forment, avec leur collaboration et grâce à l'énergie dont ils étaient doués, le rêve latent. Freud,Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, 1959 [1922], p.321.
Empl. subst. masc. Ensemble des processus de ce type. Le gardien qui est en faction entre l'inconscient et le préconscient n'est que la personnification de la censure qui (...) donne au rêve manifeste sa forme définitive (Freud,Introd. psychanal., trad. par S. Jankélévitch, 1959 [1922], p.320).Séparé de l'inconscient par la censure, le préconscient rend accessible à la conscience les souvenirs, les pensées qui n'ont pas été refoulées. Le préconscient est, selon le mot de Freud, l'antichambre de la conscience; le processus secondaire prédomine dans le système préconscient (VirelPsych.1977).
b) Qui échappe à la conscience actuelle sans être inconscient au sens strict (d'apr. Lapl.-Pont. 1967). Aussi disons-nous que les faits psychiques latents (...) sont des faits préconscients, et nous réservons le nom d'inconscients aux faits psychiques refoulés (Freud, Essais de psychanal.,trad. par S. Jankélévitch, Paris, Payot, 1948, p.167).Évoquer un souvenir est faire passer au niveau conscient un contenu préconscient (Méd. Flamm.1975).
REM.
Préconscience, subst. fém.a) État antérieur à la formation de l'état de conscience. L'homme est en communication avec ce qui le dépasse: par la surconscience (des extases et de l'illumination mystique), il est relié à l'esprit, principe de toutes choses, et, par la préconscience, au corps (Béguin,Âme romant., 1939, p.92).b) Psychanal. État de ce qui n'est pas encore conscient. En partic. [Théorie freudienne] État de ce qui n'est pas présent dans le champ actuel de la conscience ou de ce qui échappe à la conscience actuelle sans être inconscient au sens strict. La conscience, elle-même prolongement de la préconscience (Freud,Introd. psychanal.,trad. par S. Jankélévitch, 1959 [1922], p.321).
Prononc.: [pʀekɔ ̃sjɑ ̃], fém. [-ɑ ̃:t]. Étymol. et Hist. 1. 1870 adj. (Th. Ribot, La Psychol. angl. contempor., p.383 ds doc. DDL); 2. 1914 subst. (E. Régis et A. Hesnard, La Psychoanalyse des névroses et des psychoses, p.17 ds Quem. DDL t.21). Dér. de conscient*; élém. préf. pré-*; trad., en psychanal., l'all. Vorberwusst (cf. E. Régis et A. Hesnard, loc. cit.).

Wiktionnaire

Nom commun - français

préconscient \pʁe.kɔ̃.sjɑ̃\ masculin

  1. (Psychologie) L’une des instances de la première topique de Sigmund Freud, avec le conscient et l’inconscient.
    • Parmi les processus mentaux inconscients, Freud opposa ceux qui peuvent parvenir à notre contenu conscient mais n’y résident pas en permanence (le préconscient), de ceux qui en sont activement éloignés par un mécanisme inconscient de refoulement. — (Lionel Naccache, Le Nouvel Inconscient : Freud, le Christophe Colomb des neurosciences, Odile Jacob, 2009, page 314)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « préconscient »

(Date à préciser) Mot dérivé de conscient, avec le préfixe pré-.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « préconscient »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
préconscient prekɔ̃ssjɛ̃

Citations contenant le mot « préconscient »

  • Freud considère que le psychisme est composé de trois instances : l’inconscient, le préconscient et le conscient (Métapsychologie, 1915). L’inconscient occupe l’essentiel du champ psychique. Il est le lieu de la mémoire refoulée (soit dès l’origine, soit par un acte de censure). Il communique avec le préconscient, zone intermédiaire abritant les éléments qui peuvent devenir conscients par un effort d’attention. Le préconscient communique avec le conscient, réduit à la portion congrue, qui enregistre les perceptions du monde extérieur, les connaissances et souvenirs présents à l’esprit. Chaque élément passe d’un lieu à l’autre sous l’effet d’un censeur. La névrose s’expliquerait ainsi par une censure trop forte des pulsions inconscientes : c’est le refoulement. Pour le lever, Freud met au point une thérapie fondée sur le récit par le patient de ses propres rêves : c’est la naissance de la psychanalyse, qui tente de décrypter la part inconsciente et refoulée qui n’arrive pas à s’exprimer à cause de la censure. Philosophie Magazine, Sigmund Freud : bio, articles, citations | Philosophie magazine
  • 1900, Freud fait une entrée fracassante dans le XXe siècle. Il propose un modèle du psychisme humain assez proche du principe de l’iceberg. Sous le conscient émergé et le préconscient affleurant à la surface, l’inconscient rôde au fond de l’océan. France Culture, L'Ombilic des rêves
  • La première topique, inconscient, préconscient et conscient, permit à Freud de distinguer une mémoire inconsciente, inaccessible mais qui nous dirige, et une mémoire préconsciente, accessible dont on a besoin pour notre quotidien. Le conscient était l'équivalent de la perception, et le système appelé perception-conscience.Le Moi: la seconde topique est nécessaire à Freud pour rendre compte des défenses inconscientes. Ces défenses inconscientes sont incompatibles avec l'idée d'un moi qui se confondrait avec le système préconscient-conscient et qui serait donc totalement conscient comme le présentait la première topique. Les défenses contre l'inconscient, c'est-à-dire contre le retour de ce qui est insupportable, tabous et interdits, sont conscientes mais aussi inconscientes.Plusieurs données cliniques vont amener Freud à distinguer le moi de ce qu'il était dans la première topique (perception-conscience). L'investissement libidinal du moi avec l'introduction du concept de narcissisme, soit que le moi est aussi érotisé (l'amour de soi), l'hypothèse de nouvelles instances psychiques dues aux différentes identifications comme l'idéal du moi par exemple, de même que les sentiments de culpabilité et les autoreproches présents dans la mélancolie amènent Freud à décentrer le moi du pôle extrême qu'il occupait dans la première topique. Le moi peut être l'objet des pulsions de vie comme des pulsions de mort qui composent ensemble le ça, conçu par Freud comme le réservoir de l'énergie pulsionnelle. L'Orient-Le Jour, La seconde topique : moi, ça et surmoi - L'Orient-Le Jour
  • Il y a une partie de notre pensée qui est consciente : nous réfléchissons de façon consciente et plus ou moins volontaire (le célèbre « Je pense, donc je suis », en latin cogito ergo sum, de René Descartes dans le Discours de la méthode). Cette pensée consciente ou le « conscient » est en interaction avec une pensée « préconsciente » ou le « préconscient », qui contient des pensées ayant été conscientes – parfois de façon très brève - et qui se sont enfouies, mais peuvent redevenir conscientes si l’occasion se présente (ce sont essentiellement des souvenirs). Atlantico.fr, L’imposture psychosomatique comme prétendu diagnostic (de secours) de maladies complexes | Atlantico.fr
  • Nous avons vu la dernière fois que les trois différents lieux (registre topique) distingués par Freud dans l'appareil psychique, l'inconscient, le préconscient et le conscient, sont en conflit entre eux (registre dynamique) et dépensent une énergie spécifique (registre économique). Nous allons voir maintenant que ces lieux sont régis par des processus différents : les processus primaires et les processus secondaires.Les processus primaires sont caractérisés, outre par la circulation libre de l'énergie qui se déplace et se condense sur les représentations (pensées), par une tendance de cette énergie libre au réinvestissement des traces mnésiques (la mémoire) des expériences de satisfaction originelles. Ce qui veut dire que la mémoire inconsciente reste très vive dans notre esprit et que, pendant la journée, seule la censure l'empêche de se manifester. La nuit, cette censure baisse d'intensité, laissant la voie libre à la mémoire inconsciente pour se manifester, dans le rêve. La voie est libre en partie, comme on l'a vu quand on a analysé le fonctionnement du rêve. Et le rêve est une satisfaction de type hallucinatoire, soit une réactivation de la mémoire inconsciente. Et ce, pour réaliser un désir inconscient resté tel quel depuis l'enfance.Le rêve est une « satisfaction hallucinatoire du désir ». Cette satisfaction hallucinatoire du désir est propre au nourrisson. Elle se comprend par l'hypothèse et les observations que le nourrisson est dans un état originel de détresse. La faim, par exemple, crée un état de tension insupportable qui ne cède que grâce à l'intervention d'une personne extérieure, la mère. La satisfaction éprouvée est alors liée à l'objet qui l'a provoquée, le sein.Quand, à nouveau, la faim provoque un état de tension et avant qu'elle ne soit assouvie par la mère, le nourrisson réactive, relance, réinvestit la trace mnésique laissée par l'objet de la satisfaction précédente. Cette réactivation produit un phénomène proche de la perception première : c'est l'hallucination. Voilà pourquoi dans les processus primaires, et comme on le voit surtout dans le rêve et dans les phénomènes hallucinatoires qui précèdent le délire, il y a cette recherche constante d'une « identité de perception » avec les traces mnésiques, la mémoire des satisfactions originelles.Progressivement, le nourrisson fait l'épreuve de la réalité, c'est-à-dire qu'il commence par distinguer entre les excitations qui lui viennent du monde extérieur et celles qui lui viennent de l'intérieur. Il parvient ainsi à différencier la perception de l'hallucination, à distinguer un objet halluciné d'un objet réel. Cette expérience de satisfaction hallucinatoire du désir est fondamentale. Elle est à l'origine du désir humain, désir humain qui se distingue ainsi du besoin dès le début et qui inaugure la première différence entre l'humain et l'animal.Très vite, la distinction entre l'objet réel et l'objet imaginaire se met en place. Cet objet premier, qui sera ainsi perdu à jamais, qui a satisfait le besoin du nourrisson et créé le désir, guidera le sujet dans toutes ses recherches ultérieures de l'objet d'amour. L'identité de perception avec ce premier objet caractérise donc les processus primaires et se distingue par une recherche de satisfaction immédiate et une décharge énergétique totale. Tout cela est propre à l'inconscient.Au contraire, les processus secondaires lient l'énergie et contrôlent son écoulement dans un investissement stable des représentations (idées). La satisfaction immédiate qui caractérise les processus primaires est ici ajournée, ce qui permet le fonctionnement du système préconscient-conscient. Le jugement, l'attention, le raisonnement et le contrôle de l'action sont alors possibles. Ici, ce n'est plus l'identité de perception avec l'objet que recherche l'enfant, mais l'identité de pensée.On voit bien comment l'opposition entre les deux modes de fonctionnement de l'appareil psychique, le monde du rêve et le monde de la réalité amena Freud à énoncer, en 1911, les deux principes qui régissent l'appareil psychique : le principe de plaisir et le principe de réalité. La « satisfaction hallucinatoire du désir » du nourrisson est une donnée essentielle pour comprendre le dualisme freudien, celui du principe de plaisir et du principe de réalité, ainsi que le dualisme pulsionnel.Car entre-temps, dès 1905, il avait fait l'hypothèse des pulsions, l'une des conceptions les plus originales de la psychanalyse et opposa bientôt les pulsions sexuelles aux pulsions d'autoconservation. La prochaine fois, nous verrons comment fonctionnent ces pulsions. L'Orient-Le Jour, La conception freudienne de l’appareil psychique - 5 - - L'Orient-Le Jour

Traductions du mot « préconscient »

Langue Traduction
Anglais preconscious
Espagnol preconsciente
Italien preconscio
Allemand vorbewusst
Chinois 前意识
Arabe اللاوعي
Portugais pré-consciente
Russe предсознательный
Japonais 先意識
Basque aurrekontzientea
Corse precusciente
Source : Google Translate API

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