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Pithécanthrope

Définitions du mot « pithécanthrope »

Trésor de la Langue Française informatisé

PITHÉCANTHROPE, subst. masc.

PALÉONT. Mammifère primate fossile présentant des caractères simiens et des caractères hominiens (Pithecanthropus erectus). Entre l'homme de Mauer et l'anthropoïde ancestral, il existe une lacune, mais déjà comblée en grande partie par la découverte de deux êtres fossiles qui pourraient fort plausiblement nous servir d'aïeux: le pithécanthrope de Java et le sinanthrope de Pékin (J. Rostand, La Vie et ses probl.,1939, p.185).Que nous apprennent ces restes vénérables, vieux, au bas mot, de quelque cent ou deux cent mille ans? Un premier point sur lequel les anthropologistes sont maintenant d'accord, c'est que, avec le pithécanthrope, aussi bien qu'avec le sinanthrope, nous tenons des formes déjà franchement hominiennes par leur anatomie (Teilhard de Ch., Phénom. hum.,1955, p.214).
Prononc. et Orth.: [pitekɑ ̃tʀ ɔp]. Att. ds Ac. 1935. Étymol. et Hist. 1896 (L'Anthropologie, p.334). Lat. sc. mod. pithecanthropus terme forgé par le naturaliste all. E. Haeckel en 1868 (dans son ouvrage Natürliche Schöpfungsgeschichte, t.19, p.507 d'apr. NED Suppl.2) pour désigner une créature hypothétique faisant le lien entre le singe anthropoïde et l'homme (formé du gr. π ι ́ θ η κ ο ς «singe», v. pithèque et α ́ ν θ ρ ω π ο ς «homme», v. élém. -anthrope), et repris par le savant néerl. E. Dubois en 1894 pour désigner le primate fossile dont les ossements avaient été découverts en 1891 à Java. Fréq. abs. littér.: 19.
DÉR.
Pithécanthropien, -ienne, adj.,paléont. Qui appartient, se rapporte au pithécanthrope. La calotte crânienne pithécanthropienne de Trinil (Lar. encyclop.).Empl. subst. masc. plur. Groupe d'hominidés fossiles dont le type est le genre pithécanthrope. En 1954, le professeur Arambourg trouvait à Ternifive (Algérie) deux mandibules humaines (Atlanthropus Mauritanicus) présentant de grandes ressemblances avec les pithécanthropes et le sinanthrope. L'importance de cette découverte étendant à l'Afrique l'aire de dispersion des pithécanthropiens est très grande (Hist. sc.,1957, p.1428). [pitekɑ ̃tʀ ɔpjε ̃], fém. [-jεn]. 1reattest. 1957 id.; de pithécanthrope, suff. -ien*.

pithécanthrope (gr. π ι ́ θ η κ ο ς « singe » et -anthrope) « nom donné à divers primates fossiles présentant des caractères simiens et hominiens à la fois »

Wiktionnaire

Nom commun

pithécanthrope \pi.te.kɑ̃.tʁɔp\ masculin

  1. (Paléontologie) (Vieilli) Homme de java. Sous-espèce d’Homo erectus décrite à partir des fossiles découverts à Java.
    • Le pithécanthrope de Java.
    • - Homo erectus (Dubois, 1894) :
      Le pithécanthrope, avec forme afro-asiatique ou Sinanthrope (en Chine) ou Homme de Java (- 250 à -150 000 ans), et forme européenne (H. de Tautavel - 450 000 ans, Terra Amata - 400 000 ans, St Acheul, Abbeville, Fontchevade…) (domestication du feu vers - 450 000 ans) issu de prépithécanthropes vers 1,7 M d'années (Venta Micena en Espagne - 1,2 M, Le Vallonnet vers Menton - 900 000, Soleillac - 800 000) s’est éteint vers - 100 000 (ou - 30 000?) ans. Il a vécu il y a 1 million à 500 000 ou 300 000 ans en Europe (?) et en Asie (Chine, Java, etc.). Il s’est répandu sur toute la terre sauf l’Amérique et l’Océanie. Cerveau proche de 1 000 cm3.
      — (« Homo », Christian Meyer, éditeur scientifique, Dictionnaire des sciences animales, Cirad, Montpellier, France, 2020)
  2. (Injurieux) Insulte désignant un individu peu cultivé, grossier dans ses manières.
    • – Regarde ça, regarde ça pithécanthrope !
      Ah ! c’est un choc ! il relouche du coup, il claque la langue, ouf ! il s’assoit… Là vraiment c’est beau.

      — (Louis-Ferdinand Céline, Version B de “Féérie pour une autre fois”, Gallimard, Paris, 1993)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

PITHÉCANTHROPE. n. m.
T. de Paléontologie. Grand singe fossile ressemblant à l'homme. Le pithécanthrope de Java.

Étymologie de « pithécanthrope »

Mot composé de pithèque et -anthrope, du grec ancien άνθρωπος, anthropos (« homme »).
(1868) Du latin scientifique pithecanthropus forgé par le naturaliste allemand Ernst Haeckel dans Natürliche Schöpfungsgeschichte, tome XIX, page 507 et repris par le savant néerlandais Eugène Dubois en 1894 pour désigner le primate fossile dont les ossements avaient été découverts en 1891 à Java[1].
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « pithécanthrope »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
pithécanthrope pitekɑ̃trɔp

Citations contenant le mot « pithécanthrope »

  • Qu’il est loin le temps du pithécanthrope ! Lorsque en 1891 furent découverts en Indonésie par l’anatomiste néerlandais Eugène Dubois les premiers restes de celui que l’on n’appelait pas encore Homo erectus, l’«homme-singe» de Java fut, en effet, envisagé comme le «chaînon manquant» entre le singe et nous. Et ce, jusqu’aux années 60, décennie à partir de laquelle les découvertes paléoanthropologiques ont vite balayé cette hypothèse. Désormais, on sait, entre autres, que ce petit chasseur-cueilleur d’1,60 m de haut à tout casser a peuplé l’Asie (la Chine et l’Indonésie notamment) pendant 1 voire 1,5 million d’années environ ; que cet hominine au prognathisme prononcé a aussi confectionné une panoplie d’outils en pierre – moins sophistiqués que ceux de Néandertal ou de Sapiens toutefois ; et surtout, qu’il a appris à maîtriser le feu il y a un peu plus de 400 000 ans. Libération.fr, On sait désormais quand les derniers Homo erectus ont disparu - Libération
  • C’était des âges farouches, quand le pithécanthrope était un machairodus pour le pithécanthrope et que les sauriens géants ne valaient guère mieux. Et pif! et paf! Bagarre générale! Sur ce arrive la cinquième extinction massive, celle qui raie les dinosaures de la surface de la terre. Une fois le tumulte résorbé, les hominiens, en tapant du pied l’astéroïde tueur, inventent le football – avec deux dolmens comme cages de buts. Le Temps, «Cro Man», fils velu de l’âge de la pâte à modeler - Le Temps
  • Et le beauf, dans tout ça ? Le sourire de Roger Hanin s'évanouit; on sent pointer une vraie blessure. « Depuis toujours, Mitterrand et moi avons passé un accord : je ne parle pas de lui, il ne parle pas de moi. On a raconté n'importe quoi sur nos rapports. On m'a attribué des quantités de déclarations que je n'ai pas faites. Les journalistes m'ont prêté un vocabulaire de charretier, ils m'ont mis en scène comme si j'étais un pithécanthrope. C'était tellement facile... » , Photos : Quand Roger Hanin cartonnait avec "Navarro"
  • Le directeur de scène Amon Miyamoto a surpris son public par une mise en scène origi-nale. Il a placé l’action dans un lieu restreint : la forêt où erre Parsifal est devenue une pinacothèque, Montsalvat, le lieu où se trouve le Graal, se situe dans l’atelier de répara-tion des tableaux, et le château de Klingsor (le mage possesseur de la lance miracu-leuse), est transporté dans le poste de surveillance du musée. A partir de là Amon Miyamoto a voulu donner à l’œuvre des dimensions plus grandioses. Il a cherché à com-parer la trajectoire personnelle de Parsifal, qui évolue de l’enfant naïf à l’adulte respon-sable, à l’évolution de l’humanité tout entière, du pithécanthrope dans la jungle (avec un singe bipède sur scène), au cosmonaute dans l’espace. Ni plus, ni moins. Le célèbre film de Stanley Kubrick n’était pas loin. Curieusement, malgré cette volonté de transformations à tout-va, la lance et le Graal sont restés une lance et un calice. Les décors, signés Boris Kudlica, simples et lisibles, ont bien marqué la volonté du metteur en scène de transposer l’action. Amon Miyamoto a aussi rajouté deux personnages au conte : une mère et son fils visitent le mu-sée. Ils se perdent, se retrouvent, se croisent, interfèrent avec les personnages du drame, ce qui embrouille encore davantage l’histoire originelle, déjà passablement complexe dans sa version première. Dans cet univers composite Kaspar Glarner a habillé les uns et les autres de différentes manières, comme pour les situer chacun à une époque particulière : la mère et son fils sont habil-lés à la mode actuelle, Gurnemanz et ses acolytes le sont à la manière du Christ vu par les peintres du bas moyen âge, Kligsor est montré comme un méchant de bande dessinée du genre Flash Gordon, et on ne saurait pas trop dire comment Kundry et Parsifal sont habillés. Le gorille, lui, est habillé en gorille. Saluons l’imagination du couturier qui a réalisé un vêtement différent pour chaque chevalier du Graal. Une vraie performance. Bien dirigé par Marko Letonja, l’Orchestre philarmonique de Strasbourg a fait vraiment honneur à la partition. Solennel, expressif, sonore et nuancé, notamment pendant les transitions et les mo-ments symphoniques, il a respecté les chanteurs et s’est montré un support efficace lors des inter-ventions chorales. Le chœur de la maison, renforcé par celui de l’opéra de Dijon, bien préparé par Alessandro Zuppardo, s’est montré à la hauteur en toute occasion. Le public a applaudi sans réserve la voix de Thomas Blondelle -Parsifal-, une voix jeune, puissante et sonore, à l’émission juste et de couleur claire, qu’il a maintenue tout au long de la représenta-tion. Du point de vue dramatique il a évolué en accord avec les situations vécues par le person-nage, passant avec une grande agilité par trois phases successives : l’enfance insouciante, l’adolescence ses dangers et ses fragilités et l’âge adulte et son accomplissement. Cela a valu la peine d’attendre le troisième acte pour savourer l’art vocal d’Ante Jerkunica -Gurnemanz- basse à la voix plutôt claire, sonore sans effort visible, quoique un tantinet métallique. Markus Markandt a donné d’Amfortas une version à l’italienne, très agréable à l’oreille et qui contrastait avec les op-tions du reste de ses collègues sur scène ; tout comme celle d’Ante Jerkunica, son intervention au troisième acte a été bien plus achevée que celle du premier. Le travail dramatique de Simon Bai-ley -Klingsor- a attiré notre attention sur l’artiste au détriment de sa prestation vocale, affaiblie par des résonnances métalliques marquées. Nous passons par pertes et profits le travail vocal de Konstantin Gorny –Titurel-, en grande partie à cause des exigences dramatiques imposées par le metteur en scène lors de son unique intervention au premier acte. Christianne Stotijn a chanté Kundry. La cantatrice s’est montrée à la hauteur de sa tâche dans les tessitures graves ou moyennes, chantées en mezzo-forte. Dès que les notes montaient dans le pentagramme et qu’il fallait augmenter le volume de la voix, apparaissait un vibrato rendant l’audition fort peu agréable. WebThéâtre : : Actualité des spectacles, théâtre, opéra, musique, danse - Paris, Parsifal de Richard Wagner
  • Porte-parole de Lutte ouvrière, Arlette Laguiller se présenta à plusieurs élections présidentielles à partir de 1974 – elle fut alors, à 34 ans, la première femme à briguer la présidence de la République. Passionaria de l’extrême-gauche, elle traita en 1976 le général Bigeard, alors ministre de la Défense de Valéry Giscard d’Estaing, de "pithécanthrope galonné"… Planet, Saurez-vous trouver celui ou celle qui a dit "Une femme comme Arlette Laguiller, il faudrait la marier avec un second-maître ou un parachutiste" ?
  • Emergeant à peine du limon originel, le pithécanthrope leva son mufle ébloui et craignit que le ciel lui tombât sur la tête. La peur d’un anéantissement général est vieille comme l’humanité et légitimée par l’observation. Comme tout ce qui existe, la rose du matin, les civilisations précolombiennes, les dinosaures, L’Hebdo, le dodo, Notre-Dame de Paris, est voué à disparaître, la Terre n’échappera pas à son sort. Au plus tard dans 7 milliards d’années lorsqu’elle sera calcinée par le Soleil transformé en géante rouge. Le Temps, Il était une fois la fin des temps - Le Temps
  • Ce siècle s'est terminé, en 1891, avec la découverte de ce qu'on a appelé à l'époque le «pithécanthrope de Java». On a bien pensé à l'époque, avoir trouvé le fameux «chaînon manquant» entre le singe et l'homme, mais en Extrême Orient. Or, quelques dizaines d'années plus tard, cette fois en Afrique du Sud, on exhume en 1924 le crâne de l'enfant de Taung. Les chercheurs réalisent qu'il s'agit là d'un spécimen encore plus primitif que le pithécanthrope de Java. On tient là le premier exemplaire d'une très grande famille, les australopithèques. ladepeche.fr, Où est le berceau de l'humanité ? - ladepeche.fr

Traductions du mot « pithécanthrope »

Langue Traduction
Anglais pithecanthrope
Espagnol pitecántropo
Italien pitecantropo
Allemand pithecanthrope
Chinois the人
Arabe البدائية
Portugais pitecantropo
Russe питекантроп
Japonais ピテカンスロープ
Basque pithecanthrope
Corse pithecanthrope
Source : Google Translate API

Pithécanthrope

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