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Persicaire

Définitions du mot « persicaire »

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PERSICAIRE, subst. fém.

BOT. Plante de la famille des Renouées, à fleurs roses ou blanches, poussant dans des lieux humides, utilisée autrefois en médecine comme cicatrisant et dans les maladies du système respiratoire, et dont certaines espèces sont cultivées comme plantes ornementales. Aux plantes semées jadis entre l'interstice des roches, (...) il s'en était ajouté d'autres, persicaires, scolopendres, lambruches sauvages qui pendaient comme des barbes (Gautier, Fracasse, 1863, p.4).
Prononc. et Orth.: [pε ʀsikε:ʀ]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. xiiies. (Le Livre des Simples Medecines, éd. P. Dorveaux, § 52). Empr. au lat. médiév. persicaria (ca 1250 ds Latham; v. aussi Nierm.), dér. de persicus «pêcher».

Wiktionnaire

Nom commun

persicaire \pɛʁ.si.kɛʁ\ féminin

  1. (Botanique) Plante à fleurs roses ou blanches, qui croît ordinairement dans les lieux humides et qu’on emploie pour l’ornement des jardins.
    • Des persicaires à tête blanche l’entouraient goulument, mais lui ne se rendait point, guettait, interceptait entre elles de ses petites langues jaunes les rayons du matin, faisait boire la corbeille serrée, dense, de ses graines. — (Tchinguiz Aïtmatov, Djamilia, 1958 ; traduit du kirghize par A. Dmitriev et Louis Aragon, 1959, p. 89)
    • Or, même si pour ces raisons certaines personnes l’assimilent à un fruit, les spécialistes la rangent dans la catégorie de l’oseille, de la persicaire, de la renouée et du sarrasin. — (Nicole Delbecque, Linguistique cognitive: Comprendre comment fonctionne le langage, 2006)
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Littré (1872-1877)

PERSICAIRE (pèr-si-kê-r') s. f.
  • Nom de plusieurs espèces du genre polygonum, où l'on distingue : 1° le polygonum persicaria, L., qui est la renouée persicaire de certains auteurs, dite aussi persicaire douce ; 2° la persicaire âcre, persicaire brûlante ou persicaire poivrée, le polygonum hydropiper, L., désignée encore sous le nom de poivre d'eau ; 3° la persicaire amphibie, le polygonum amphibium, L. ; 4° la persicaire orientale ou grande persicaire du Levant, le polygonum orientale, dit aussi monteau-ciel ; et le polygonum latifolium, persicaire à feuilles de patience.

HISTORIQUE

XIVe s. Herbe persicaire qui a teles fuilles com peschier, H. de Mondeville, f° 87, verso.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PERSICAIRE, s. f. (Hist. nat. Bot.) persicaria, genre de plante dont la fleur n’a point de pétales, elle est composée de plusieurs étamines qui sortent d’un calice profondément découpé. Le pistil devient dans la suite une semence applatie, de figure ovoïde-pointue, & renfermée dans une capsule qui a servi de calice à la fleur. Tournefort, Inst. rei. herb. Voyez Plante.

Les fleurs sont disposées en épi aux sommets des tiges & des branches : le calice est découpé en quatre quartiers ; quelques Botanistes l’ont pris par erreur pour une fleur à quatre pétales : les étamines sont au nombre de six ; l’ovaire qui est au centre du calice est fécond, de figure oblique ou circulaire ; il est muni d’un pistil découpé en deux levres, & dentelé : la semence est plate & terminée en forme d’ovale ; une peau environne la tige à l’endroit d’où les feuilles sortent, & entoure aussi les petites branches à l’opposite des feuilles.

Toutes les persicaires sont douces ou âcres, & forment dix-neuf espèces dans Tournefort. La persicaire douce commune est fort bien nommée par C. Bauhin, persicaria mitis, maculosa, & non maculosa, en anglois, the common mild-arsmart.

Elle pousse plusieurs tiges rondes à la hauteur d’un pié & plus, creuses, rougeâtres, rameuses, branchues, noueuses, & couvertes d’une peau fort déliée. Ses feuilles sont disposées alternativement, longues & pointues, plus larges & plus amples que celles de la persicaire âcre : elles sont lisses, marquées quelquefois au milieu d’une tache noirâtre ou de couleur plombée, faite en forme de croissant, & quelquefois sans tache.

Ses fleurs naissent aux extrémités des tiges en forme de gros épis, elles sont petites & attachées à de longs pédicules ; chacune de ces fleurs est de monopétale, fendue en cinq parties, à six étamines de couleur ordinairement purpurine, quelquefois blanchâtre. Lorsque les feuilles sont tombées, il leur succede des semences applaties, faites en ovale pointue, lisses & noirâtres ; la racine est grêle & toute fibreuse.

Cette plante a une saveur un peu acide, elle vient aux lieux humides, sur le bord des étangs & des fossés, & fleurit au mois de Juillet ; ses feuilles sont estimées rafraichissantes.

La persicaire âcre ou brûlante, nommée vulgairement curage, persicaria urens, seu hydropiper, I. R.H. 509. pousse plusieurs tiges semblables à celle de la persicaire douce ; les feuilles ressemblent aux feuilles du pêcher, ce qui lui a fait donner le nom de persicaria, mais elles ne sont point tachetées, & leur saveur est presque aussi brûlante que celle du poivre, les fleurs sont un peu plus pâles que celles de l’espece précédente, mais elles produisent les mêmes semences ; toute la plante est d’un goût poivré, âcre & mordicant, elle est annuelle.

On trouvera dans les Mémoires de l’acad. des Sciences, année 1703, la description donnée par Tournefort de la persicaire du levant, qu’il nomme persicaria orientalis, nicotianæ folio, calice florum purpureo ; c’est la plus grande & la plus belle espece de persicaire. (D. J.)

Persicaire, (Mat. méd.) persicaire douce, tachée ou ordinaire.

Tournefort assure dans les mémoires de l’académie royale des Sciences, année 1703, que cette plante est un des plus grands vulnéraires qu’il connoisse, & que sa décoction dans du vin arrête la gangrene d’une maniere surprenante. Cette vertu qui seroit bien précieuse, si elle étoit réelle, devroit être reconnue sur une aussi grande autorité que celle de Tournefort ; s’il y avoit en médecine des autorités qui pussent tenir lieu de l’observation répetée & constante. La persicaire n’est point employée dans les gangrenes malgré cet éloge de Tournefort, peut-être par une négligence blâmable des Médecins, peut-être aussi parce qu’on a éprouvé que son inefficacité, que ses qualités extérieures rendent très-vraisemblable, étoit aussi très-réelle.

La tisanne de cette plante est aussi recommandée dans la dyssenterie & dans les maladies de la peau.

Persicaire brulante, (Mat. méd.) piment ou poivre d’eau, curage.

Cette plante est regardée comme très-propre contre l’hydropisie, la jaunisse & les obstructions du bas ventre ; on peut donner ses feuilles à la dose d’une poignée en décoction dans l’eau simple ou dans un bouillon, mais sa saveur âcre & brulante empêche qu’on ne l’employe communément pour l’usage intérieur ; son application extérieure est plus commune, du moins plus praticable, car cette plante est en tout assez peu usitée ; ses feuilles étant écrasées & appliquées sur les parties actuellement affligées de la goutte, passent pour en soulager les douleurs ; on dit la même chose d’une petite tente formée avec ses feuilles & introduite dans le creux d’une dent qui cause de la douleur. On la vente encore comme rongeant les chairs baveuses des vieux ulceres, les détergeant & les disposant à la cicatrice, comme dissipant les enflures des jambes, &c.

Il est à peine utile de rapporter que la persicaire brûlante a passé pour exercer ses vertus sur les parties internes en étant portée dans les souliers ; qu’étant appliquée sur la joue dans la douleur des dents, ou sur les plaies & sur les ulceres, tous ces maux disparoissent : dès qu’elle a été détruite par la putréfaction ou la combustion, quoique ce soient des Médecins de réputation qui aient imaginé ou adopté ces pauvretés, ce n’est qu’une anecdote toute commune de la crédulité ou de la charlatannerie médicale. (b)

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Étymologie de « persicaire »

Du latin persica (« de Perse »), car on supposait que cette plante en venait.
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Ital. persicaria ; du bas-lat. persicarius, pêcher (voy. ce mot), la plante ayant été ainsi nommée pour la ressemblance des feuilles.

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Phonétique du mot « persicaire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
persicaire pɛrsikɛr

Citations contenant le mot « persicaire »

  • Si vous avez la possibilité de vous promener en basse Normandie, ne manquez pas la visite des Jardins de Castillon, près de Bayeux, dans le cadre naturel de la Vallée de Castillon. Une vision végétale inédite et spectaculaire, orchestrée par Colette Sainte Beuve, jardinière et pépiniériste pionnière des plantes vivaces. Un renouvellement somptueux des floraisons et des feuillages tout au long de l’année, avec une belle collection de persicaires, à découvrir en fleurs en ce moment. Ce jardin thématique nous emmène du jardin de senteurs au jardin oriental, après être passé devant le mixed border à l’anglaise ou le bassin octogonal… La Croix, Encore en fleurs, envers et contre tout !
  • Les fleurs de la persicaire microcéphale pourraient être considérées comme insignifiantes. Minuscules, elles valent cependant qu’on leur porte attention, car d’une délicieuse délicatesse : une corolle rose en bouton qui s’épanouie en 6 pétales presque blancs, ponctuées par les anthères bleues. Les fleurettes blanches tranchent particulièrement bien sur la variété ‘Red Dragon’. Les fleurs presque sans pédoncules, sont groupées sur des hampes florales fines au-dessus du feuillage. auJardin.info, Renouée, Persicaire microcéphale, Persicaria microcephala : planter, cultiver, multiplier
  • La persicaire amplexicaule, Persicaria amplexicaulis est une plante de la famille des Polygonacées provenant de l’Himalaya. Vivace très rustique, Persicaria amplexicaule est une remarquable plante d’ornement. Elle fleurit longuement de l’été jusqu’aux gelées, apportant un graphisme vertical intéressant sur une masse de grandes feuilles vertes. auJardin.info, Persicaire, Renouée amplexicaule, Persicaria amplexicaulis : planter, cultiver, multiplier
  • La persicaire amplexicaule, Persicaria amplexicaulis est une plante de la famille des Polygonacées provenant de l'Himalaya. Vivace très rustique, Persicaria amplexicaule est une remarquable plante... auJardin.info, Renouée tenuicaule, Persicaire, Persicaria tenuicaulis : planter, cultiver, multiplier
  • Ainsi, sur Twitter, Juliette s’étonnait lundi 19 août de la découverte de tags écrits à la craie dans le quartier du Busca, à Toulouse. Devant chacune des plantes, un·e botaniste anonyme avait écrit leur nom. Dorénavant, Juliette sait qu’elle n’a pas, en bas de chez elle, « des mauvaises herbes », mais une eleusine d’Inde, une renouée persicaire, et même un figuier. NEON, Ils taguent le nom de ces "mauvaises herbes" qui poussent dans le bitume, et c'est une idée géniale - NEON

Traductions du mot « persicaire »

Langue Traduction
Anglais persicaire
Espagnol persicaire
Italien persicaire
Allemand persicaire
Chinois 波斯人
Arabe بيرسيكاير
Portugais persicário
Russe persicaire
Japonais パーシケアー
Basque persicaire
Corse persicaire
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Synonymes de « persicaire »

Source : synonymes de persicaire sur lebonsynonyme.fr

Persicaire

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