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Périphrastique

Définitions du mot « périphrastique »

Trésor de la Langue Française informatisé

PÉRIPHRASTIQUE, adj.

A.− RHÉT. Qui constitue ou qui utilise une périphrase. Construction, expression, tournure périphrastique :
... la langue scientifique et technique moderne recourt de moins en moins à une réduction logique des léxèmes à l'extrême, mais procède le plus souvent par fabrication de syntagmes nominaux de type périphrastique, et de noms formés d'abréviations (Laser, Unesco). Coyaud, Introd. ét. lang. docum.,1966, p. 89.
Péj. Qui abonde en périphrases. Style périphrastique. (Dict. xixeet xxes.).
B.− GRAMM. Conjugaison, temps périphrastique. Qui recourt à la combinaison de plusieurs termes et, en particulier, à l'emploi d'auxiliaires. Il va écrire est un futur périphrastique (Mounin1974).
P. plaisant. [Les astrologues modernes] affirment (...) que l'avenir est un futur présent et peut devenir un futur passé, c'est-à-dire analogue au futur antérieur de nos grammairiens qui, pataugeant dans l'avenir instable et incertain, ont en outre imaginé le futur actif, et le futur passif, le futur prochain, le futur périphrastique (Maeterl., Ombre des ailes,1936, p. 162).
Prononc. : [peʀifʀ ɑstik], [-fʀa-]. Étymol. et Hist. 1. a) 1555 [éd.] « qui tient de la périphrase » ([B. Aneau], Quintil Horatian, fo109 rods [Th. Sebillet], Art poét. : tes exemples ne sont antonomasticz, mais periphrasticz), de nouv. 1842 (Ac. Compl.); b) 1842 style périphrastique (ibid.); 2. 1842 gramm. (ibid., aussi : futur périphrastique). Empr. au gr. π ε ρ ι φ ρ α σ τ ι κ ο ́ ς « qui appartient à la périphrase ».

Wiktionnaire

Adjectif

périphrastique masculin et féminin identiques

  1. (Grammaire) (Linguistique) Qui relève de la périphrase ; qui constitue une périphrase.
    • Faudra-t-il donc, écrit Jules Marouzeau à propos du français, chaque fois que nous pratiquons une importation, avoir recours pour la désigner à quelque procédé périphrastique ? C’est ce que nous avons fait, après quelles hésitations ! pour le mot pomme de terre. — (Louis Deroy, dans L'emprunt linguistique, Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l'Université de Liège, n° 141, Paris : Les Belles Lettres, 1956, chapitre VI : Nécessité pratique)
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Littré (1872-1877)

PÉRIPHRASTIQUE (pé-ri-fra-sti-k') adj.
  • Qui tient de la périphrase.

    Qui abonde en périphrases. Style périphrastique.

    Terme de grammaire. Se dit de tous les temps des verbes qui se forment à l'aide d'un auxiliaire.

HISTORIQUE

XVIe s. Tes exemples ne sont antonomasticz, mais periphrastiez, esquels, voire en prose, tu es redondant, Ch. Fontaine, Quintil Horatian, p. 209.

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Étymologie de « périphrastique »

(Siècle à préciser) De périphrase avec le suffixe -ique.
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Περιφραστιϰὸς, de περιφράζειν, périphraser.

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Phonétique du mot « périphrastique »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
périphrastique perifrastik

Citations contenant le mot « périphrastique »

  • C’est donc le Pr Maurice Kamto qui fait l’objet de cette publication du membre de gouvernement qui, en déhors d'etre périphrastique, est doublée d’une litote ; entendez ici dire peu pour suggérer plus.   Le Bled Parle : Actualité Cameroun info - journal Cameroun en ligne, Boycott aux législatives et municipales 2020 : Le reproche de Grégoire Owona à Maurice Kamto
  • Notre avis : A la fin du texte, grand récit périphrastique de Françoise Sagan, Matthieu apprend par son docteur qu’il ne va pas mourir et que la médecine tout entière s’excuse du malencontreux diagnostic. Mais alors, mais alors, si le titre contient la clé de l’énigme, c’est que madame Sagan n’a pas fait très attention à ce qu’elle écrivait. A l’époque où le roman a été publié (1994), Angelo Rinaldi n’a pas manqué de le souligner avec la férocité qui lui était coutumière. En cela, il n’avait pas complètement tort. Finalement, Sagan aurait pu aller plus vite en besogne, réduire l’histoire au format qu’elle méritait : celui d’une nouvelle. Mais non. Il faut que l’auteur nous inflige les sempiternels atermoiements du coeur quadragénaire, que cet homme, architecte de profession (ben voyons !), marié, sans enfant, aimé des femmes, les aimant quasiment toutes, tiraillé entre Mathilde, Hélène et Sonia, nous livre, croyant parapher son grand testament sentimental. Son narcissisme, empreint de phallocratie, l’induit à des conjectures : qui prendra soin de lui, quand la santé aura décliné ? En vérité, on s’en fout un peu. Et pourtant, Sagan a du talent, des fulgurances qui lui viennent de cette glorieuse époque où elle taquinait la tristesse avec ironie et grâce. On le sent. Mais si peu. Quand elle lâche la bride à son aisance littéraire, les chevaux de la rhétorique s’emballent (page 211 : "Toute une série de questions vaniteuse vinrent faire la révérence devant le trône où siégeait l’orgueil de Matthieu, mais avec une absence de charme et de chaleur qui les lui fit renvoyer aussitôt"). Plus guindé, tu meurs ! Avoir Alire - aVoir-aLire.com, Un chagrin de passage - Françoise Sagan
  • Un tel choix porté sur Djerba et ses mosquées n'était pas pour prévaloir si le professeur Stanley Ira Hallet n'avait pas la conviction de satisfaire et donner à plaire; un tel voyage d'étude n'était pas pour avoir lieu sans la confiance en la pertinence de la matière, objet de l'étude, à proposer aux étudiants venus de très loin contempler, étudier et répertorier; une telle exposition itinérante n'était pas pour se produire, sans tout le bien qu'on dit des mosquées historiques de Djerba, constituant incontestablement une composante phare du patrimoine matériel bâti de Djerba, au nombre relativement élevé – Dr Riadh Mrabet dans sa thèse de doctorat en a dénombré 288, dont 256 sont à ce jour visibles –, et leurs particularités architecturales et esthétiques d'une rate beauté, qui ont valu à l'île le qualificatif périphrastique méritoire de l'«île des mosquées». {}, Les mosquées de Djerba: Un patrimoine en péril
  • Le mythe s’éprouve souvent dans une emphase périphrastique ou tout aussi bien dans un système élaboré de métaphores littéraires. Martin Kay, prenant le pas de Robert Desnos, écrit de Rigaut qu’il est un « dadaïste exemplaire », un « héros surréaliste » ou encore un « Chamfort noir ». Au-delà du caractère épique, relevons que le terme exemplaire s’apparente à l’exemplum, soit à une forme de récit court, portrait souvent moral, modèle de comportement puisé dans l’Antiquité dans la tradition, parfois mythique. Quant aux métaphores, Laurent Cirelli, dans une biographie fortement hagiographique, les utilise pour rapprocher Rigaut, soit de Rimbaud, soit du Monsieur Teste de Paul Valéry. Dadaïste, Rigaut le sera en périphérie. Le surréalisme, en la personne de Breton, se chargera de façonner le mythe. A vrai dire, Rigaut s’apparente peu au second mouvement, si l’on exclut sa participation au procès Barrès et sa fréquentation au premier cercle surréaliste. Du dadaïsme, il s’y inscrit d’abord en tant que compagnon de route. Du reste, le peu de textes qu’il publie de son vivant apparaîtra dans la revue Dada et surréaliste Littérature. Citons « Je serai sérieux... » en 1920, « Roman d’un jeune pauvre » en 1921, « Mae Murray » en 1922. La revue, fondée par Aragon, Breton et Soupault, est à l’époque dadaïste ; au mieux, elle préfigure ce qui sera le surréalisme, à partir de 1924. Rigaut, en marge du surréalisme, passe pour l’incarnation d’un respect à la lettre et l’esprit de Dada. D’ailleurs, ce sera avec ironie qu’il annoncera, dans Faits Divers, sa mort : « On a trouvé hier dans le jardin du Palais-Royal, le cadavre de Dada. On présumait un suicide (car le malheureux menaçait depuis sa naissance de mettre fin à ses jours) quand André Breton a fait des aveux complets ». Robert Desnos, en 1927, apporte sur Rigaut un témoignage important. A cette époque, comme il l’écrit, Jacques Rigaut se trouve à New York où il s’est marié à une veuve américaine fortunée, Gladys Barber. Il reviendra, un an plus tard, sans argent, pour entamer des cures de désintoxication. Desnos se met en porte-à-faux par rapport au portrait dressé par Drieu la Rochelle. Lui préfère insister sur le fait que « Rigaut incarne véritablement un aspect de l’esprit dada ». Il précise également que Rigaut a suivi le mouvement dadaïste depuis sa naissance (parisienne) en 1920 jusqu’à sa mort. Seulement, à quoi correspond cette incarnation Dada ? Desnos trace un portrait rapide de Rigaut, soulignant sa vie opulente aux États-Unis, son caractère « batailleur ». Il narre par l’anecdote l’histoire de Rigaut assommant un chauffeur de taxi. Desnos ne fait aucune mention de ces textes littéraires. « La vie de Rigaut est exemplairement un cas DADA ». Pris dans un sens religieux, comme « Verbe fait chair », Rigaut est ramené à une incarnation de Dada. La métaphore semblait offerte : il n’y a qu’à lire le Manifeste Dada de 1918, écrit par Tzara (ou du reste, celui de Hugo Ball, en 1916) pour faire de Rigaut une incarnation. Le « dégoût susceptible de devenir une négation de la famille » ; « Dada, abolition de la logique, danse des impuissants de la création » ; « Dada, abolition de la mémoire » ; « Dada, chaque objet, tous les objets, les sentiments et les obscurités, les apparitions et le choc précis des lignes parallèles, sont des moyens pour le combat » ; ou enfin « Dada, hurlement des couleurs crispées, entrelacement des contraires et de toutes les contradictions, des grotesques, des inconséquences : la vie » : toutes ces propositions, programmatiques, peuvent aisément être transférées sur la vie de Jacques Rigaut. Que l’on pense à cette manie de collectionner les boîtes d’allumettes dont plusieurs de ses amis témoignent, à son rejet de la famille petite-bourgeoise d’où il venait, à ce désir de mourir à soi-même, enfin, à ce terme, entendu à la fois comme mot et fin en soi, terme vague : la vie. La plupart des témoignages atteste que Rigaut avait pour la vie un mépris suprême et paradoxalement, cherchait à la consommer, par des expériences limites, la sexualité, le jeu, et enfin l’alcool et les drogues. Dans le procès Barrès, à la question de Breton sur la possibilité de vivre, le suicide n’étant pas une solution, Jacques Rigaut répond lapidairement : « Vivre au jour. Maquereautage. Parasitisme ». De manière générale, outre le suicide et l’ennui, Jacques Rigaut semble obséder par le plaisir. Il serait tentant de faire de lui un hédoniste : seulement, l’hédonisme n’étant pas la simple recherche des plaisirs, mais une discipline personnelle impliquant aussi un évitement de la douleur, il serait tout aussi incorrect de prêter à Rigaut cette posture philosophique. Sans souscrire à une analyse psychologique de Rigaut, dont nous n’avons ni le temps ni les compétences, il convient de déplacer le concept de plaisir vers celui de désir. Le désir, par essence insatiable, est ce qui chez Rigaut ramène toujours la vie à la mort. Au point qu’il met en scène, dans le personnage de Lord Patchogue, son propre renoncement au désir : « Son désir, c’est probablement tout ce qu’un homme possède, au moins tout ce qui lui sert à oublier qu’il ne possède rien. Il suffirait d’avoir envie. Mais Lord Patchogue n’a pas envie d’avoir envie ». Il y a, dans les écrits de Rigaut, une exigence maximale, sorte de conscience malheureuse du monde. Lord Patchogue, son double, si l’on peut dire, est celui qui traverse le miroir. Onomastiquement, il est le Seigneur qui étudie le « patch », c’est-à-dire un objet de surface. Rigaut s’abîme dans cette superficialité : il s’ennuie, il observe, jusqu’à traverser physiquement le miroir et déclarer : « L’envers vaut l’endroit, il fallait s’y attendre ». Ni hédoniste, encore moins stoïque, Rigaut s’apparente au nihilisme, à la négation de toutes les valeurs, famille, amour, travail, et même amitié. Lisons ce court texte, Demande d’emploi : « Il y a des gens qui font de l’argent, d’autres de la neurasthénie, d’autres des enfants. Il y a ceux qui font de l’esprit. Il y a ceux qui font l’amour, ceux qui font pitié. Depuis le temps que je cherche à faire quelque chose ! Il n’y a rien à faire : il n’y a rien à faire ». Ce nihilisme intransigeant s’apparenterait presque à une morale. Il écrit, du reste, qu’il est « un personnage moral ». On le voit, le profil de Jacques Rigaut amène une complexion que d’autres, Breton en tête, ramène à une concrétion. On l’a dit, le mythe Rigaut est moins produit par Dada que par le surréalisme, particulièrement Desnos et Breton. Le premier, lorsqu’il écrit son témoignage en 1927, ne peut faire du suicide de Rigaut une sorte de mythème. Breton, inversement, s’en chargera, dans son Anthologie de l’humour noir. D’emblée, il convoque l’idée du stoïcisme pour aussitôt la rejeter, lui préférant un « égoïsme absolu, flagrant ». Regardons ce qu’il écrit : , Le mythe Jacques Rigaut - La Revue des Ressources

Traductions du mot « périphrastique »

Langue Traduction
Anglais periphrastic
Espagnol perifrástico
Italien periphrastic
Allemand periphrastisch
Chinois 周围的
Arabe متعرج
Portugais perifrástico
Russe иносказательный
Japonais 周縁
Basque periphrastic
Corse perifrastici
Source : Google Translate API

Périphrastique

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