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Iris

Définitions du mot « iris »

Trésor de la Langue Française informatisé

IRIS, subst. masc.

A. − Vieilli et littér. [P. allus. à Iris (myth. gr.) et à son écharpe de sept couleurs] Arc-en-ciel. Dans l'orient obscur, déployant un arc immense, l'iris brille au soleil couchant (Chateaubr., Mél. littér.,1826, p. 86).
P. anal.
1. Synon. vieilli de irisation.
a) Spectre lumineux produit par une diffraction de la lumière blanche. Elle vit que l'iris d'un vitrail ancien, et trempé de soleil, faisait chatoyer ces paroles : Latens Deitas (Toulet, J. fille verte,1918, p. 78).
b) Halo de lumière parasite qui apparaît autour des objets observés à la lunette d'approche. Cette lorgnette est mauvaise, elle produit un iris très marqué (Ac.1835, 1878).
2. ENTOMOL. Insecte des régions chaudes, de la famille des Mantidés, voisin des mantes religieuses et dont les ailes portent des arcs irisés. (Dict. xxes.).
3. MINÉR. Pierre d'iris, iris. Minéral (quartz irisé, calcédoine) présentant des reflets irisés. Sur les cercles [du diadème] (...) s'enchâssaient (...) l'opale cabalistique, et les perles d'iris laiteux (A. Daudet, Rois en exil,1879, p. 216).
B. − BOT. Plante vivace de la famille des Iridacées, à longue tige, à feuilles en lames de sabre que l'on cultive pour ses grandes fleurs ornementales et odorantes (de couleur violette pour l'espèce commune) et pour son rhizome utilisé en parfumerie. La fille des terres pauvres va à la ville en souliers plats, mais son corps est nerveux comme une hampe d'iris (Giono, Manosque,1930, p. 20):
1. La veille, les deux sœurs avaient essangé le linge. Depuis le matin, l'eau de cendre, que parfumaient des racines d'iris, bouillait dans un chaudron, accroché à la crémaillère, au-dessus d'un feu clair de peuplier. Zola, Terre,1887, p. 126.
SYNT. Iris germanique (iris commun); iris de Florence, d'Angleterre (iris xiphoïde), d'Espagne; iris fétide, bâtard (iris spatulé), tigré; iris d'eau (iris des marais), de Suze (iris deuil); iris panaché, iris de Sibérie.
Poudre d'iris, iris. Poudre parfumée extraite du rhizome de l'iris. Une odeur de poudre d'iris ou de jasmin d'Espagne (Flaub., Champs et grèves,1848, p. 201).
Vert d'iris, iris. Couleur vert pâle, légèrement bleutée, utilisée particulièrement pour la gouache et la miniature. Le vert d'iris est une couleur dont on faisait autrefois usage dans la miniature, mais elle est si fugace qu'on l'a abandonnée (Manuel du fabricant de couleurs,t. 2, 1884, p. 206).
En emploi adj. Couleur de l'iris. Seconde apparition : une dame bleu de ciel, robe décolletée, écharpe iris (...) ombrelle chinée (Mmede Girardin, Le Vicomte de Launay, Lettres parisiennes, Paris, M. Lévy, 1863 [1840], p. 13).
C. − ANAT. Membrane arrondie, rétractile et diversement pigmentée, située au centre de la partie antérieure de l'œil, en arrière de la cornée et en avant du cristallin et qui est percée en son centre d'un orifice, la pupille. Les paupières et le diaphragme de l'iris protègent l'œil quand l'intensité des rayons lumineux augmente (Carrel, L'Homme,1935, p. 255):
2. Il eut une lueur de conscience. Ses lourds yeux, dont l'iris semblait flotter à la dérive, rencontrèrent le petit, glacé de peur. Rolland, J.-Chr., Matin, 1904, p. 127.
P. anal., PHOT. Diaphragme* à iris, iris.
Rem. Littré souligne que, en bot., le mot est souvent au fém. : ,,l'iris tubéreuse``. On relève des ex. du mot au fém. également dans d'autres accept. : Ce fut alors que nous distinguâmes trois iris : la première, sur les eaux du gouffre; la seconde, plus près de nous, et la troisième au-dessus de nos têtes (Crèvecœur, Voyage, t. 2, 1801, p. 182). Tout ce peuple de femmes qui présente sur nos promenades une éblouissante iris de mille couleurs, naguère était en deuil (Michelet, Peuple, 1846, p. 81).
Prononc. et Orth. : [iʀis]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. 1remoitié du xiies. « variété de quartz qui présente les couleurs de l'arc-en-ciel » (Lapidaires anglo-norm., éd. P. Studer et J. Evans, I, 830, p. 62); 2. xiiies. [date du ms.] bot. (Livre des simples medecines, éd. P. Dorveaux, § 561); 3. 1478 anat. (Le Guidon en français, trad. par N. Panis, f. 18 ds Sigurs, p. 278); 4. 1478 « arc-en-ciel » (ibid., p. 567). Empr., aux sens 1, 2, 4, au lat.iris, iridis (lui-même empr. au gr. ι ̃ ρ ι ς « arc-en-ciel, halo, iris [plante], partie colorée de l'œil »), au sens 3 au gr. directement (cf. la var. yride attestée vers 1370 ds Chauliac, Grande Chirurgie, v. Fr. mod. t. 33, p. 209). Fréq. abs. littér. : 291. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 343, b) 317; xxes. : a) 515, b) 463.
DÉR. 1.
Iridacées, subst. fém. plur.Famille de plantes herbacées monocotylédones pourvues d'un rhizome bulbeux ou tubéreux et dont les fleurs, ayant pour type l'iris, sont souvent décoratives. Au sing. Safran (iridacée) (Husson, Graf, Biol. gén.,1965, p. 13).[iʀidase]. 1reattest. 1850 (Hoefer); dér. sav. du lat. iris, iridis (iris), suff. -acées*.
2.
Iridées, subst. fém. plur.Famille de plantes herbacées monocotylédones pourvues d'un rhizome bulbeux ou tubéreux et dont les fleurs, ayant pour type l'iris, sont souvent décoratives. Voir Carrière, Encyclop. hortic., 1862, p. 293.[iʀide]. 1reattest. 1798-99 (Ventenat, Tableau du règne végétal, Paris, Drisonnier, t. 2, p. 188); dér. sav. du lat. iris, iridis (iris), suff. -ée (v.-é).
3.
Iridien, -ienne, adj.,méd. Qui appartient à l'iris (de l'œil). Les cellules iridiennes (J. Rostand, La Vie et ses probl.,1939, p. 59).[iʀidjε ̃], fém. [-jεn]. 1reattest. 1860 (Journ. de méd. et de chir. pratiques, XXXI, 275 ds Quem. DDL t. 8); dér. sav. du lat. iris, iridis (iris), suff. -ien*.
4.
Irien, -ienne, adj.,méd. Même sens. Sphincter irien, artères, veines iriennes. C'est ce que Fischer a observé pour l'épithélium irien (J. Verne, Vie cellul.,1937, p. 117).[iʀjε ̃], fém. [-jεn]. 1reattest. 1814 (Nysten); de iris, suff. -ien*.
BBG. Quem. DDL t. 2; t. 8 (s.v. iridien).

Wiktionnaire

Nom commun

iris \i.ʁis\ masculin invariable

  1. (Anatomie) Partie colorée de l’œil qui environne la prunelle et qui présente quelquefois des nuances circulaires et concentriques.
    • Cette affection est caractérisée par une sensibilité exagérée de l'œil à la lumière; de là une contraction spasmodique de l’iris, quelquefois avec occlusion complète de la pupille, de sorte que les personnes nyctalopes voient très-bien pendant la nuit, mais cessent de voir pendant le jour. — (Dr Rouault, « De l'emploi de la belladone dans les maladies des yeux », dans le Journal des connaissances médico-chirurgicales, n° 3 du 1er février 1857, p. 57)
    • On remarquera par ailleurs que l’iris de cet œil est hétérochrome. Il est pigmenté en brun, mais aussi en bleu. — (Michel Roca, Manuel d’auto-évaluation : ophtalmologie des petits animaux, Wolters Kluwer France, 2002, p. 28)
    • Mais c’était l’irrégularité de la couleur de ses iris, l’un bleu pâle et l’autre jaune, qui achevait de conférer à son visage une étrangeté indéfinissable. — (Mélusine Vaglio, Kitty Lord : L’Anneau ourovore, Hachette Livres, 2006)
    • Grégoire ne se rappelait pas à quel moment les yeux de son père s’étaient vidés de leur couleur. À un certain moment, une buée grisâtre avait recouvert l’iris brun, le regard était devenu transparent. — (Hélène Vachon, La Manière Barrow, Éditions Alto, 2013, p. 17)
  2. (Botanique) Genre de plantes monocotylédones à fleur de couleur vive et de bonne taille.
    • Les toits de chaume des bâtiments, au sommet desquels poussaient des iris aux feuilles pareilles à des sabres, fumaient un peu comme si l’humidité des écuries et des granges se fût envolée à travers la paille. — (Guy de Maupassant , Histoire d’une fille de ferme, dans La maison Tellier, 1891, collection Le Livre de Poche, pages 89-90.)
    • Au milieu de la mousse espagnole et des lentilles d'eau s'épanouissent la jacinthe d'eau et l'iris bleu, emblème de la Louisiane. — (La Louisiane des bayous, Site Le Monde, le 9 mars 2007)
  3. (Par ellipse) (Cosmétologie) La racine de cet iris dans ses emplois en parfumerie.
    • Poudre à poudrer […] sur huit livres, on mêle une livre d’iris, racine qui sent naturellement la violette […] — (L’Agronome ou Dictionnaire portatif du cultivateur, Rouen, 1787)
    • Je la serre d’un peu près pour ne pas perdre le rythme, enveloppé d’un frais parfum mêlé de crème Tokalon et de poudre à l’iris. — (Édouard Bled, « Mes écoles », Robert Laffont, 1977, page 212.)
  4. (Par analogie) Arc-en-ciel.
  5. Pierre d’iris, iris : Quartz irisé.
  6. (Mécanique) Système mécanique constitué de plaques assemblées en cercle, permettant par un mécanisme d’obturer l’ouverture centrale progressivement en lui conservant la forme d’un cercle.
    • Diaphragme à iris, iris d’un appareil photo.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

IRIS. (On prononce l'S.) n. m.
Arc-en-ciel. Voyez ce mot. Pierre d'iris, ou simplement Iris, Pierre dans laquelle on voit les couleurs de l'arc-en-ciel. En termes d'Anatomie, il se dit de Cette partie colorée de l'œil qui environne la prunelle et qui présente quelquefois des nuances circulaires et concentriques. Les yeux bleus, les yeux noirs sont ceux dont l'iris est bleu, est noir. En termes de Botanique, il se dit d'un Genre fort nombreux de plantes monocotylédones, parmi lesquelles on remarque : l'Iris d'Allemagne, cultivé dans les jardins à cause de ses belles fleurs bleues; l'Iris des marais, dont la fleur est jaune, et qui croît en France dans presque tous les lieux aquatiques; et l'Iris de Florence, dont la racine est employée en parfumerie pour faire une poudre nommée Poudre d'iris, ou simplement Iris. Vert d'iris, ou simplement Iris, Couleur qui sert pour la miniature et pour la gouache.

Littré (1872-1877)

IRIS (i-ris') s. f.
  • 1Nom d'une divinité de la mythologie grecque, qui était la messagère des dieux, et qui, déployant son écharpe, produisait l'arc-en-ciel.

    Fig. Je tiens à bon augure, de ce que MLLE***, qui m'avait abandonné ces jours passés, a recommencé à m'écrire ; il me semble qu'elle est votre Iris, et que c'est comme un arc-en-ciel qui paraît après l'orage, Voiture, Lett. 63.

  • 2Nom propre de femme, dont les poëtes se servent souvent pour désigner une femme aimée et même quelque dame dont on ne veut pas dire le nom. Iris, je vous louerais ; il n'est que trop aisé : Mais vous avez cent fois notre encens refusé, En cela peu semblable au reste des mortelles, La Fontaine, Fabl. X, I. L'ode… Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris, Boileau, Art poét. II. Irai-je, de sang-froid et sans être amoureux, Pour quelque Iris en l'air faire le langoureux ? Boileau, Sat. IX.
  • 3Petite planète découverte en 1847.

HISTORIQUE

XVIe s. Qui veult guarir de l'ignorance, il la fault confesser ; Iris est fille de Thaumantis ; l'admiration est fondement de toute philosophie, Montaigne, IV, 184.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

IRIS BULBEUX, s. f. (Bot.) xiphion. genre de plante à fleur liliacée, monopétale, ressemblante à celle de la flambe. Le pistil a trois pétales, & le calice devient un fruit de même forme que celui de la flambe ; mais la racine est bulbeuse ou composée de plusieurs tuniques. Tournefort, inst. rei herbariæ. Voyez Plante.

Iris, (Botan.) genre de plante bulbeuse, dont on a donné les caracteres au mot Flambe.

Entre les 74 especes d’iris de M. Tournefort, nous nous contenterons de décrire l’iris ordinaire, de dire un mot de l’iris de Florence, & de l’iris jaune de marais, qui toutes trois intéressent principalement les Médecins.

L’iris ordinaire, l’iris nostras, est l’iris vulgaris, Germanica, sive hortensis, sive sylvestris, de la plûpart des botanistes.

Sa racine se répand obliquement sur la surface de la terre ; elle est épaisse, ridée, genouillée, d’un rouge brun en dehors, blanche en dedans, garnie de fibres à sa partie inférieure, d’une odeur âcre & forte, lorsqu’elle est récente, mais qui devient agréable lorsqu’elle a perdu son humidité. Les feuilles qui sortent de cette racine, sont larges d’un pouce, longues d’une coudée, fermes, pleines de nervures, & de la figure d’un poignard : elles sont tellement unies & touffues près de la racine, que la partie concave d’une feuille embrasse la partie convexe ou le dos de l’autre feuille. Entre ces feuillés s’éleve une tige droite, cylindrique, lisse, ferme, branchue, divisée par quatre ou cinq nœuds, garnis de feuilles qui l’entourent, & qui sont d’autant plus petites, qu’elles se trouvent plus près du sommet.

Les fleurs commencent à paroître vers le printems, & sortent de la coëffe membraneuse qui les enveloppoit : elles sont d’une seule piece, divisée en six quartiers, trois élevés & trois rabatus, extérieurement de la couleur de pourpre, ou de violette parsemée de veines blanches.

Le pistil s’éleve du fond de cette fleur, surmonté d’un bouquet à trois feuilles de la même couleur, voutées, & formant une espece de gueule.

Le calice devient un fruit oblong, relevé de trois côtes ; il s’ouvre en trois segmens par la pointe, & est partagé en trois loges remplies de semences rondes, oblongues, placées les unes sur les autres.

Cette plante est cultivée dans nos jardins, & commence à fleurir à la fin de Mai.

L’iris de Florence, est appellée des Botanistes iris alba, iris flore albo, iris Florentina. Elle ne differe point de l’iris ordinaire par la figure de ses racines, de ses feuilles & de ses fleurs ; mais seulement par la couleur. En effet, ses feuilles tirent plus sur le verd de mer ; ses fleurs d’un blanc de lait, ont peu d’odeur, mais très-agréable ; ses racines sont plus grandes, plus épaisses, plus solides, plus blanches, & plus odorantes que celles de l’iris-nostras. Elle croît sans culture aux environs de Florence, mais on ne la voit ici que dans nos jardins.

Sa racine est seule d’usage en Médecine : elle se trouve chez nos droguistes en morceaux oblongs, genouillés, un peu applatis, de l’épaisseur d’un ou de deux pouces, blanche, dépouillée de ses fibres & de son écorce, qui est d’un jaune rouge ; elle donne une odeur de violette pénétrante ; son goût est âcre & amer. Elle entre dans plusieurs préparations galéniques ; on la croit propre à atténuer & inciser la lymphe qui embarrasse les bronches des poumons. On la mêle utilement dans les sternutatoires ; mais son principal usage est pour les parfums.

La racine de l’iris ordinaire tient son rang parmi les plus violens hydragogues, c’est pourquoi les sages médecins s’abstiennent de l’employer ; sa saveur est également âcre & brûlante, & son acrimonie s’attache si fort à la gorge qu’on a raison de redouter ses effets sur l’estomac & sur les intestins.

L’iris jaune de marais, nommée par Tournefort iris vulgaris, lutea, palustris, produit de l’encre passablement bonne, si on la cuit dans de l’eau, & qu’on y jette un peu de limaille de fer, c’est le petit peuple d’Ecosse qui a fait cette découverte, dont personne ne se doutoit. On coupe quelque racine de cette iris par tranches, qu’on met bouillir à petit feu dans une certaine quantité d’eau, jusqu’à ce que la liqueur soit suffisamment épaissie ; on la passe claire dans un autre vase ; on y plonge ensuite pendant quelque tems une lame inutile de couteau, ou quelque autre morceau de fer, on frotte rudement ce morceau de fer avec un caillou fort dur qui se trouve dans le pays, & on répete ce frottement par intervalles, jusqu’à ce que la liqueur ait acquis la noirceur desirée.

Le suc de la racine d’iris dont je parle, est encore un si puissant hydragogue, qu’ayant été donné avec du syrop de nerprun à un hydropique désespéré, sur lequel le jalap, le mercure doux, & la gomme gutte n’avoient presque plus d’action, ce remede-ci, à la dose de 80 gouttes d’heure en heure, fit évacuer au malade, au bout de quelques prises, plusieurs pintes d’eau mesure d’Ecosse, qui est le double de celle de Paris. Voyez le détail de cette observation dans les Mémoires d’Edimbourg, tom. V. (D. J.)

Iris, en terme d’Anatomie, se dit d’un cercle qui entoure la prunelle de l’œil, & qui est formé par une duplicature de l’uvée. Voyez Uvée.

Du centre orbiculo-ciliaire partent de toute la circonférence des fibres convergentes, qui font un petit cercle ; mais avant la pupille même, le cercle est plus étroit dans l’homme, & fait de plus courts rayons fibreux, parmi lesquels il est impossible de reconnoitre aucunes fibres orbiculaires.

Les vaisseaux colorés de l’iris & de l’uvée, sont de plus petits genres ; les arteres de la choroïde qui ont formé des cercles rayonnés passent sur le ligament orbiculo-ciliaire, dégénerent en de petits troncs dans la circonférence, & en dernier lieu en cercle artériel de Ruysch.

De ce cercle les plus petites artérioles se rapprochent sous la forme de rayons sur l’iris & forment par leur réflexion & en se joignant avec les externes le cercle interne. Les petits vaisseaux de la membrane de Ruysch entrent de la même maniere dans ce cercle, duquel il part de semblables arteres, mais plus grandes, qui vont se distribuer à l’uvée. Hovius fait de plus mention de très-petits conduits entremêlés qui naissent du cercle, d’autres qui viennent des artérioles de l’uvée, & d’autres qu’il soupçonne aller en sens contraire vers la sclérotique Ne seroit-ce point-là ces autres arteres lymphatiques que M. Ferrein a démontrées dans l’uvée ? Hist. de l’Acad. 1738. Haller, Comm. Boerh.

L’iris est de différentes couleurs, & percé dans son milieu d’un trou, à travers lequel on voit une petite tache noire, appellée la prunelle d l’œil, autour de laquelle l’iris forme un anneau. Voyez Prunelle, Œil, Ligament, Ciliaire, &c.

On donne aussi le nom d’iris à ces couleurs changeantes, qui paroissent quelquefois sur les verres des télescopes & des microscopes, à cause qu’elles imitent celles de l’arc-en-ciel.

C’est ainsi qu’on appelle encore le spectre coloré que le prisme triangulaire forme sur une muraille lorsqu’on l’expose sous un angle convenable aux rayons du soleil. Voyez Prisme.

Iris, (Météorol.) voyez Arc-en-ciel, & jettez en passant les yeux sur l’image poëtique qu’en a donné le chevalier Blackmore :

Thus oft the Lord of nature in the air
Hangs evening clouds, his sable canvass, where
His pencildip’d in heav’nly colours, made
Of intercepted beams, mix’dwith the shade
Of temper’d æther, and refracted light,
Paints his fair Rainbow, charming to the sight.

(D. J.)

Iris ou Pierre d’Iris, (Hist. nat. Lithologie.) nom donné par Pline & par d’autres naturalistes à une espece de crystal, dans lequel on remarque les différentes couleurs de l’arc-en-ciel. Il paroit que cette pierre ne differe en rien du crystal de roche ordinaire. Wallerius donne le nom d’iris chalcedonica à une espece de chalcédoine de trois couleurs, & qui en regardant le soleil au travers fait voir les nuances d’un arc-en-ciel. Cette pierre se trouve en orient, elle a une teinte ou jaunâtre ou pourpre. Quelques auteurs ont encore donné le nom d’iris à l’espece de crystal de roche qui s’appelle fausse topase, & ils l’ont nommée iris citrina ou subcitrina. Wormius appelle le crystal noir, iris anthracini coloris.

Enfin il y a des auteurs qui donnent le nom d’iris à une pierre orientale qui est de la couleur du petit lait mêlée d’une teinte légere de bleu céleste. (—)

Iris, (Mytholog.) divinité de la fable, qui la fait fille de Thamnas & d’Electre.

C’étoit, disent les Poëtes, la messagere des Dieux & celle de Junon en particulier, comme Mercure l’étoit de Jupiter. Assise auprès du trône de la fille de Saturne & de Rhéa, elle attendoit le premier signe de ses ordres, pour les porter au bout du monde ; alors volant d’une aîle légere, elle fendoit les espaces immenses des airs, laissant après elle une longue trace de lumiere, que peignoit un nuage de mille couleurs aussi variées que brillantes.

Quelquefois députée par l’assemblée des Divinités célestes, elle descendoit de l’olympe parée de sa robe d’azur, pour venir apprendre aux mortels effrayés la fin des tempêtes, & leur annoncer le retour du beau tems.

Dans ses momens de repos, elle avoit soin de l’appartement de Junon & de ses magnifiques atours. Lorsque la déesse revenoit des enfers dans l’olympe, c’étoit Iris qui la purifioit avec les parfums les plus exquis : cependant son principal emploi étoit d’aller trancher le cheveu fatal des femmes agonissantes, comme Mercure étoit chargé de faire sortir des corps les ames des hommes prêtes à s’envoler.

Ainsi dans Virgile, Junon voyant Didon lutter contre la mort, après s’être poignardée, dépêche Iris du haut du ciel pour dégager son ame de ses liens terrestres, en lui coupant le cheveu dont Proserpine sembloit refuser l’emploi, parce que la mort de la fondatrice de Carthage n’étoit pas naturelle ; mais c’est la peinture admirable qu’en fait le prince des Poëtes qu’il faut lire :

Tum Juno omnipotens, longum miserata dolorem,
Difficilesque obitus, Irim demisit olympo,
Quæ luctantem animum, nexosque resolveret artus ;
Nam quia nec fato, meritâ nec morte peribat,
Sed misera ante diem, subitoque accensa furore,
Nondùm illi flavum Proserpina vertice crinem
Abstulerat, stygioque caput damnaverat orco.
Ergò Iris, croceis per coelum roscida pennis,
Mille trahens varios adverso sole colores,
Devolat, & supra caput adstitit. Hunc ego diti
Sacrum jussa fero, teque isto copore solvo :
Sic aït, & dextrâ crinem secat : Omnis & unà
Dilapsus calor, atque in ventos vita recessit.

Æneïd. liv. IV. v. 695.

Iris n’est peut-être après tout qu’une divinité purement physique, prise pour l’arc-en-ciel ; du moins on dérive assez bien son nom de εἰρεῖν, parler, annoncer ; & cette étymologie convient à Iris météore, & à Iris divinité fabuleuse. Comme Junon est la déesse de l’air, Iris en est la messagere ; elle annonce ses volontés, parce que l’arc-en-ciel nous annonce les changemens de l’air, au moment de la pluie, & du soleil qui luit à l’opposite. (D. J.)

Iris, (Docimast.) on donne encore ce nom à l’éclair. Voyez cet article. On appelle encore iris les petites bleuettes qui se croisent rapidement dans un essai qui bout sur la coupelle, & qui font dire qu’il circule bien. Voyez Circuler, Essai & Affinage.

Iris, (Géogr. anc.) riviere d’Asie dans la Cappadoce, selon Ptolomée ; c’est le Casalmach des modernes, riviere de Turquie dans la Natolie ; elle baigne les murs d’Amasie, patrie de Strabon, & va se perdre dans la mer Noire. (D. J.)

Iris, verd d’Iris, (Peinture.) couleur des plus tendres, & qui fait un très-beau verd. Voici comme elle se peut faire.

Prenez des fleurs de lys les plus bleues, qu’on appelle autrement iris ; séparez-en le dessus qui est satiné, & n’en gardez que cela, car le reste n’est pas bon ; ôtez-en même toute la petite nervure jaune ; pilez dans un mortier ce que vous aurez choisi ; ensuite jettez dessus un peu d’eau, trois ou quatre cuillerées plus ou moins, selon la quantité des fleurs ; il faut que vous ayez fait fondre dans cette eau un peu d’alun & de gomme, mais en petite quantité ; ensuite broyez bien le tout ensemble, puis le passez dans un linge fort, & mettez ce jus dans des coquilles que vous ferez sécher à l’air.

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Étymologie de « iris »

Ἶρις, la déesse Iris.

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(XIIIe siècle) Du latin iris (« iris de l’œil, lis, arc-en-ciel »), lui-même du grec ancien ἶρις, îris, même sens, associé à Iris de la mythologie grecque, transformée en arc-en-ciel. Les sens anatomique et arc-en-ciel apparaissent en 1478.
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Du latin iris.
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Phonétique du mot « iris »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
iris iris

Citations contenant le mot « iris »

  • Chacun de nous ignore la couleur de l'iris de presque tous ses amis. L'oeil est regard : il n'est oeil que pour l'oculiste et pour le peintre. De André Malraux / Les Voix du silence
  • Richard Cayeux, président de l’entreprise Cayeux SA dans le Loiret, est le digne successeur d’une longue lignée familiale. Quelques-uns des plus beaux iris cultivés sont issus des croisements qu’il réalise chaque année. La passion des plantes (3/3). La Croix, Richard Cayeux, créateur passionné d’iris

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Traductions du mot « iris »

Langue Traduction
Anglais iris
Espagnol iris
Italien iris
Allemand iris
Chinois 虹膜
Arabe قزحية
Portugais íris
Russe ирис
Japonais 虹彩
Basque iris
Corse iris
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Synonymes de « iris »

Source : synonymes de iris sur lebonsynonyme.fr

Iris

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