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Herboriser

Définitions de « herboriser »

Trésor de la Langue Française informatisé

HERBORISER, verbe intrans.

Recueillir des plantes dans la nature pour les étudier, les collectionner ou pour utiliser leurs propriétés thérapeutiques. Herboriser dans la campagne, dans la montagne. Il herborise, chemin faisant, et ramasse sur les bords de la route les plantes sauvages dont il assaisonne son pain (About, Grèce,1854, p. 24) :
Il faisait trop bon pour herboriser. Dès que je me penchais vers une fleur, le parfum qui en émanait (et qui avait filtré à travers l'eau de pluie dont les corolles regorgeaient encore), me rafraîchissait le visage; il laissait ainsi sur mes lèvres ce goût de miel et d'amertume que contient toujours le suc des plantes sauvages. Bosco, Mas Théot.,1945, p. 65.
Au fig. Je n'ai plus qu'un plaisir, j'analyse, j'herborise, je suis un naturaliste des esprits. − Ce que je voudrais constituer, c'est l'histoire naturelle littéraire (Sainte-Beuve, Pensées,1869, p. 50).
Emploi trans., rare. Nous allions dans le bois de Meudon herboriser des vénéneux (Labiche, Célimare,1863, I, 6, p. 15).
Au fig. On sent un homme qui herborise l'histoire (Goncourt, Journal,1863, p. 1329).Il y rencontre [dans l'âme de la femme et de la jeune fille moderne], il y herborise des florescences vénéneuses (Colette, Jumelle,1938, p. 51).
REM.
Herborisant, subst. masc.Celui qui herborise. Cette contrée est la plus riche de l'Europe pour les herborisants (Maupass., Contes et nouv., t. 2, En voy., 1883, p. 326).Je me laissai absorber de plus en plus par la botanique (...). J'en appelai aux plus rococos des herborisants, à Linné lui-même (Jammes, Mém., t. 2, 1922, p. 8).
Prononc. et Orth. : [ε ʀbɔ ʀize], (il) herborise [ε ʀbɔ ʀi:z]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1534 arboriser « recueillir des plantes pour les étudier, les collectionner ou les vendre » (Rabelais, Gargantua, éd. R. Calder, chap. XXI, ligne 238); 1611 herboriser (Cotgr.); en partic. 1634 « soigner au moyen de plantes » (La rencontre de Gautier Garguille avec Tabarin ds G. Garguille, Chansons, éd. E. Fournier, p. 180). Dér. de herboriste*; suff. -iser*; les formes en ar-, encore attestées ds Trév. 1752 et Platt, Dict. lang. vicieux, 1835, pp. 39-40, résultent des hésitations en m. fr. entre ar- et er- (FEW t. 4, p. 408b); v. aussi herboriste. Fréq. abs. littér. : 52.

Wiktionnaire

Verbe - français

herboriser \ɛʁ.bɔ.ʁi.ze\ intransitif 1er groupe (voir la conjugaison)

  1. Récolter des herbes, des plantes, dans la nature, soit pour apprendre à les connaître ou pour en former des collections, soit pour les employer aux usages qu’elles ont en médecine.
    • Il donna sa démission, et, moitié chassant, moitié herborisant, il remonta vers le nord de la péninsule indienne et la traversa de Calcutta à Surate. Une simple promenade d'amateur. — (Jules Verne, Cinq semaines en ballon, chapitre 1, J. Hetzel et Cie, Paris, 1863, page 5)
    • Le docteur qui poursuivait avec une ardeur toujours plus grande la recherche de sa plante fantastique et partait résolument chaque matin pour herboriser. — (Gustave Aimard, Les Trappeurs de l’Arkansas, Éditions Amyot, Paris, 1858)
    • Vous connaissez ma passion pour l’histoire naturelle. Il ne se passe pas de semaine que je n’herborise, dans la campagne, autour de la ville. — (Octave Mirbeau, La Chambre close, Ernest Flammarion, Paris, 1920)
    • Les premières indications floristiques se trouvent dans le Botanicon parisiense de Sébastien Vaillant. Vexinois de naissance, il avait herborisé aux environs de Vigny, sa ville natale, et de Triel. — (Pierre Allorge, Les Associations végétales du Vexin français, thèse de doctorat, 24 novembre 1922, p.7)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

HERBORISER. v. intr.
Aller dans les champs recueillir des herbes, des plantes, soit pour apprendre à les connaître ou pour en former des collections, soit pour les employer aux usages qu'elles ont en médecine. Aller herboriser par un beau jour. Herboriser aux environs d'une ville, sur une montagne, etc.

Littré (1872-1877)

HERBORISER (èr-bo-ri-zé) v. n.
  • Aller dans les champs recueillir des plantes. Il manquait à sa classe pour aller herboriser à la campagne et pour étudier la nature au lieu de la langue des anciens Romains, Fontenelle, Tournefort. Qui peut se résoudre à passer des montagnes sans herboriser ? Rousseau, Ém. V.

    Activement. J'ai fait à Mme la duchesse douairière de Portland un envoi de plantes que j'avais été herboriser pour elle au mont Pila, Rousseau, Lett. à Moultou, 28 mars 1770.

HISTORIQUE

XVIe s. Ensemble des pioches, serfouettes, beches, et autres instruments requis à bien arboriser, Rabelais, Garg. I, 23.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « herboriser »

Génev. arboriser. Ce mot est barbare : il paraît être formé par une confusion de formes et de sens entre herba, herbe, et arbor, arbre.

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(XVIIe siècle) Composé de herboriste par substitution de suffixe avec -iser. Faisait arboriser chez Rabelais.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « herboriser »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
herboriser ɛrbɔrize

Fréquence d'apparition du mot « herboriser » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « herboriser »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « herboriser »

  • Concernant le volet rouennais du festival, Sylvain Amic, directeur de la Réunion des musées métropolitains (RMM), esquisse : « Il s’agit pour cette quatrième édition de découvrir la passion dévorante d’un des plus grands collectionneurs de son temps, mais aussi d’assister à la naissance de la photographie en couleur, d’envisager les rapports entre mode et peinture, de faire renaître l’œuvre d’une femme céramiste au talent incandescent, de se promener dans les rues de Rouen au fil d’un pinceau inspiré, et même d’herboriser en compagnie de Claude Monet. »
    Festival Normandie impressionniste : les expositions à découvrir dans les musées de Rouen | 76actu
  • Suivre les pas du célèbre philosophe Jean Jacques Rousseau est une façon originale de célébrer son 300ème anniversaire. En effet, ce dernier aimait herboriser dans le bois des Vouillants au départ de Beauregard, où il résida un mois en 1768. L’accès le plus direct est le désert qui porte aujourd'hui son nom.
    Du désert de Jean-Jacques Rousseau à la ferme Froussard - Randonnée pédestre - Vercors
  • S’il aimait les rotatives, l’enfant aimait également herboriser en compagnie de son grand-père paternel. En 1822, il termina ses cinq années d’études au collège royal de Douai où «  le pauvre boursier  » appelé « ...
    La Voix du Nord — L’histoire de Cambrai : Samuel-Henri Berthoud, journaliste et romancier
  • Dans cette œuvre, l’auteur imagine le personnage d’Émile, un enfant qu’il aurait à élever. Il expose ainsi les principes qui le guideraient pour lui faire découvrir la vie et le monde. Je ne conçois qu’une manière de voyager plus agréable que d’aller à cheval ; c’est d’aller à pied. On part à son moment, on s’arrête à sa volonté, on fait tant et si peu d’exercice qu’on veut. On observe tout le pays ; on se détourne à droite, à gauche ; on examine tout ce qui nous flatte ; on s’arrête à tous les points de vue. Aperçois-je une rivière, je la côtoie ; un bois touffu, je vais sous son ombre ; une grotte, je la visite ; une carrière, j’examine les minéraux. Partout où je me plais, j’y reste. À l’instant que je m’ennuie, je m’en vais. Je ne dépends ni des chevaux ni du postillon. Je n’ai pas besoin de choisir des chemins tout faits, des routes commodes ; je passe partout où un homme peut passer ; je vois tout ce qu’un homme peut voir ; et, ne dépendant que de moi-même, je jouis de toute la liberté dont un homme peut jouir. Si le mauvais temps m’arrête et que l’ennui me gagne, alors je prends des chevaux. Si je suis las... Mais Émile ne se lasse guère ; il est robuste ; et pourquoi se lasserait-il ? Il n’est point pressé. S’il s’arrête, comment peut-il s’ennuyer ? Il porte partout de quoi s’amuser. Il entre chez un maître, il travaille ; il exerce ses bras pour reposer ses pieds. Voyager à pied, c’est voyager comme Thalès, Platon et Pythagore. J’ai peine à comprendre comment un philosophe peut se résoudre à voyager autrement, et s’arracher à l’examen des richesses qu’il foule aux pieds et que la terre prodigue à sa vue. Qui est-ce qui, aimant un peu l’agriculture, ne veut pas connaître les productions particulières au climat des lieux qu’il traverse, et la manière de les cultiver ? Qui est-ce qui, ayant un peu de goût pour l’histoire naturelle, peut se résoudre à passer un terrain sans l’examiner, un rocher sans l’écorner, des montagnes sans herboriser, des cailloux sans chercher des fossiles ? Vos philosophes de ruelles étudient l’histoire naturelle dans des cabinets ; ils ont des colifichets ; ils savent des noms, et n’ont aucune idée de la nature. Mais le cabinet d’Émile est plus riche que ceux des rois ; ce cabinet est la terre entière. Chaque chose y est à sa place : le naturaliste qui en prend soin a rangé le tout dans un fort bel ordre : Daubenton ne ferait pas mieux. Combien de plaisirs différents on rassemble par cette agréable manière de voyager ! sans compter la santé qui s’affermit, l’humeur qui s’égaye. J’ai toujours vu ceux qui voyageaient dans de bonnes voitures bien douces, rêveurs, tristes, grondants ou souffrants ; et les piétons toujours gais, légers et contents de tout. Combien le cœur rit quand on approche du gîte ! Combien un repas grossier paraît savoureux ! Avec quel plaisir on se repose à table ! Quel bon sommeil on fait dans un mauvais lit ! Quand on ne veut qu’arriver, on peut courir en chaise de poste ; mais quand on veut voyager, il faut aller à pied.
    Jean-Jacques Rousseau — Émile ou de l’éducation

Traductions du mot « herboriser »

Langue Traduction
Anglais herbalis
Espagnol herbalis
Italien herbalis
Allemand kräuter
Chinois 草药
Arabe أعشاب
Portugais herbalis
Russe herbalis
Japonais 薬草
Basque herbalis
Corse erbe
Source : Google Translate API

Synonymes de « herboriser »

Source : synonymes de herboriser sur lebonsynonyme.fr

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Herboriser

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