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Hémoptysie

Sommaire

  • Définitions du mot hémoptysie
  • Étymologie de « hémoptysie »
  • Phonétique de « hémoptysie »
  • Citations contenant le mot « hémoptysie »
  • Traductions du mot « hémoptysie »
  • Synonymes de « hémoptysie »

Définitions du mot « hémoptysie »

Trésor de la Langue Française informatisé

HÉMOPTYSIE, subst. fém.

PATHOL. Expectoration du sang provenant d'une hémorragie des voies respiratoires. Dans le déterminisme des hémoptysies, il faut faire jouer un rôle aux processus congestifs qui se produisent dans la paroi et autour des cavernes dans le tissu fibreux néoformé (Ce que la Fr. a apporté à la méd.,1946, p. 106).
REM. 1.
Hémoptoïque, adj.Synon. vieilli de hémoptysique.La dilatation des bronches, l'infarctus hémoptoïque, la gangrène pulmonaire (Bariéty, Coury, Histoire médecine,1963, p. 603).
2.
Hémoptysique, adj. et subst.a) Adj. Qui a rapport à l'hémoptysie. Crise hémoptysique. b) Adj. et subst. Qui est sujet aux hémoptysies (cf. Méd. Biol. t. 2, 1972).
Prononc. et Orth. : [emɔptizi]. Att. ds Ac. dep. 1762. Étymol. et Hist. 1694 pathol. (Th. Corneille). Dér. du rad. du b. lat. haemoptyicus « celui qui crache le sang », lui-même empr. au gr. α ι ̔ μ ο π τ υ ι κ ο ́ ς « id. », formé de α ι ̃ μ α « sang » et de π τ υ ́ ω « cracher »; suff. -sie (-ie*). Fréq. abs. littér. : 10. Bbg. Quem. DDL t. 3 (s.v. hémoptoïque).

Wiktionnaire

Nom commun

hémoptysie féminin

  1. (Médecine) Crachement de sang, hémorragie de la membrane muqueuse qui tapisse les voies respiratoires, le larynx, la trachée-artère et les bronches.
    • La Barnum était bien restée la femme douze fois impure du poète, mais sous forme d’hémoptysies ! — (Marie Colombier, Les Mémoires de Sarah Barnum, 1883)
    • Cette déception ne fit qu’accroître sa nervosité. Pas d’hémoptysies, cependant, ou guère. Galswinthe ne mourait pas comme les autres tuberculeux. Elle avait à peine dépéri. — (Pierre Benoit, Mademoiselle de la Ferté, Albin Michel, 1923, Cercle du Bibliophile, page 148.)
    • Il faut éliminer une épistaxis déglutie, une hémoptysie, un saignement buccopharyngé, du sang maternel dégluti (allaitement). — (Gérard Chéron, Les urgences pédiatriques, 1996)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

HÉMOPTYSIE. n. f.
T. de Médecine. Crachement de sang, hémorragie de la membrane muqueuse qui tapisse les voies respiratoires, le larynx, la trachée-artère et les bronches.

Littré (1872-1877)

HÉMOPTYSIE (é-mo-pti-zie) s. f.
  • Terme de médecine. Crachement de sang ; hémorrhagie de la membrane muqueuse du poumon.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

HÉMOPTYSIE, s. f. (Maladie) αἱμόπτυσις, hæmoptysis. Ce terme est employé pour désigner l’espece d’expectoration lésée quant à la matiere dans laquelle on rend du sang, ou des crachats sanglans. Voyez Expectoration.

Il n’y a point de viscere qui soit sujet à de plus fréquentes & à de plus considérables maladies, que les poûmons : la raison s’en présente aisément ; si l’on fait attention à la foiblesse de son organisation, à l’effort qu’il est exposé à soutenir continuellement de la part du sang qu’il reçoit dans son grand système artériel ; si l’on considere combien il doit être affecté par l’action dans laquelle il est, sans interruption, pour l’entretien de la respiration ; combien il peut éprouver de différentes impressions, par l’effet des différentes qualités de l’air, qui ne cesse d’entrer & de sortir alternativement dans les conduits destinés à le contenir.

Mais il n’y a point de lésion de ce viscere qui soit plus importante que l’hémoptysie, tant par elle-même & la conséquence de ses symptomes actuels, que par rapport aux suites que peut avoir cette maladie ; puisqu’elle produit le plus souvent la phtysie pulmonaire. Après le crachement, c’est-à-dire l’expectoration de sang, on doit toûjours, selon l’observation d’Hippocrate, craindre qu’il ne suive un crachement de pus.

Ainsi l’hémoptysie consiste dans une éjection par la bouche, de sang vermeil & écumeux, sorti des poûmons, accompagnée ou, pour mieux dire, précédée de la toux & d’un peu de gêne dans la respiration, avec un sentiment d’ardeur dans quelque partie de la poitrine, & de douleur pungitive ou semblable à celle que procure une solution actuelle de continuité, par l’effet de quelque déchirement dans une partie sensible.

L’hémoptysie proprement dite est sans fievre inflammatoire.

Les causes qui disposent à l’hémoptysie, sont la foiblesse naturelle du tissu des vaisseaux pulmonaires, qui est souvent aussi un vice héréditaire dans les sujets en qui on observe qu’elle est respectivement plus considérable que dans d’autres ; la quantité du sang qui engorge les vaisseaux pulmonaires ; la qualité des humeurs qui péchent par l’épaississement, ou par l’acrimonie dissolvante ; les obstructions formées dans les vaisseaux lymphatiques du poûmon, qui produisent des tubercules, des abscès, des ulceres.

De ces différentes causes s’ensuivent des dilatations forcées, anévrysmales, variqueuses dans les vaisseaux sanguins ; des erreurs de lieu dans les autres vaisseaux ; des engorgemens dans les différentes parties relâchées de ce viscere ; des resserremens, des compressions dans les conduits des humeurs & de l’air même, qui gênent, qui empêchent le libre cours de ces fluides ; ce qui donne lieu, par rapport au sang, à ce que l’impulsion que ce fluide continue à recevoir, force les obstacles & produit la rupture des vaisseaux dont l’embarras ne peut être surmonté d’une maniere moins violente ; tandis que les voies de l’air remplies par les vaisseaux dilatés outre mesure, ou par les fluides épanchés, éprouvent un embarras qui fait nécessairement celui de la respiration.

Les causes qui accélerent les effets des différentes dispositions à l’hémoptysie, sont 1°. la pléthore générale ; qu’elle soit produite réellement par une suite des suppressions des différentes évacuations habituelles, ou par l’excès d’alimens, ou qu’elle soit l’effet de l’agitation extraordinaire du sang, par l’abus des boissons spiritueuses, des alimens irritans. 2°. La rétropulsion de différentes éruptions cutanées ; telles que la gale, les dépots érésypélateux, dont la matiere se porte par métastase dans la substance des poûmons. 3°. Tout ce qui peut donner lieu à une trop grande action, à de violentes secousses dans les parties solides de ce viscere, comme les ris immodérés, l’excès dans l’exercice de la voix, par la déclamation, le chant, les cris, le jeu des instrumens à vent par le moyen du souffle, les coups portés à la poitrine, les fortes commotions ou contusions dans cette partie, la toux fréquente & violente, excitée par cause externe ou interne ; en sorte que la toux peut produire l’hémoptysie, comme elle en est ordinairement un symptome. Voyez Toux.

Il résulte donc de ces différentes causes déterminantes, qu’il se fait des dilatations forcées, des ruptures, des déchiremens de vaisseaux sanguins dans les parties des poûmons qui en sont susceptibles ; que le sang épanché dans les canaux aëriens produit une irritation dans la membrane délicate, & douée d’une grande irritabilité, dont ils sont tapissés, soit par le seul contact d’une matiere étrangere à ces cavités, soit par l’acrimonie dont cette humeur est deja viciée, ou par celle qu’elle contracte pour peu qu’elle soit arrêtée dans ces conduits ; que cette irritation excitée dans les membranes bronchiques, & par communication dans tous les organes de la respiration, occasionne des mouvemens de contraction répétés d’une maniere convulsive, qui constituent la toux, & operent l’expectoration violente qui suit, du sang ou des mucosités sanglantes chargées de bulles d’air, qui y sont mêlées, par l’agitation, le foüettement, pour ainsi dire, qu’elles ont éprouvé avant que d’être chassées des cavités bronchiques ; ce qui rend les crachats écumeux. Voyez Écume.

Il faut cependant observer que le crachement de sang peut aussi arriver, sans qu’il se fasse aucun déchirement, aucune sorte de solution de continuité dans les vaisseaux pulmonaires ; que l’hémoptysie peut avoir lieu, par la seule dilatation des orifices des vaisseaux lymphatiques, ou des vaisseaux sécrétoires & excrétoires des poûmons ; en tant que la dilatation des vaisseaux sanguins, d’où partent ces autres vaisseaux, force ceux-ci peu-à-peu à recevoir des globules sanguins qui y sont portés, comme il a été dit, par erreur de lieu. (Voyez Erreur de lieu) ; & en parcourant le trajet, jusqu’à ce qu’ils parviennent à leurs extrémités, qui aboutissent dans les voies aërienes : telle est la maniere la plus ordinaire dont se fait le crachement de sang, à la suite des suppressions des menstrues, des hémorrhoïdes ; d’où s’ensuit que l’hémoptysie ne produit pas toûjours la phtysie, qui consiste dans une suppuration de quelques parties des poûmons, qui n’a jamais lieu sans solution de continuité dans les solides affectés.

Le concours des symptômes qui ont été rapportés ci-devant, comme constituant l’hémoptysie, en forment le signe caractéristique, sur-tout si on y joint quelques-unes des causes prédisponentes qui ont été mentionnées : au surplus, on observe constamment, d’une maniere plus ou moins marquée, que dans les cas où l’hémoptysie est une évacuation subsidiaire de quelque hémorrhagie habituelle ou critique, elle s’annonce ordinairement par un sentiment de pesanteur, & même de douleur gravative, dans la poitrine ; par une sorte de constriction spasmodique dans le bas-ventre ; par des flatuosités dans les premieres voies ; par une horripilation comme fébrile, avec froid aux extrémités, & resserrement dans les vaisseaux sanguins qui se trouvent à la surface du corps ; ce qui produit une pâleur dans toute son habitude.

Il s’ensuit de tous ces symptomes, qu’il se passe quelque chose d’actif dans ces circonstances, que l’on ne peut attribuer qu’à une sorte de mouvement tonique, par lequel toutes les parties externes & internes se tendent pour ainsi dire, contre les poûmons, pour déterminer le cours des humeurs, la plus grande impulsion du sang respectivement vers ce viscere, & y donner lieu à l’excrétion hémoptoïque ; sans doute parce que l’équilibre systaltique est rompu à l’égard de ses vaisseaux, dans quelqu’une de ses parties. Voyez Equilibre (écon. anim.) Hémorrhagie.

On peut inférer aisément de tout ce qui a été dit du crachement de sang, que ce ne peut être qu’une lésion de fonctions toujours très-importante, & accompagnée de danger plus ou moins grand, selon la nature de sa cause. S’il est produit par la rupture de quelques vaisseaux considérables, il peut se répandre une si grande quantité de sang dans les voies de l’air, que ce fluide-ci ne pouvant plus y pénétrer, & le jeu de la respiration cessant en conséquence, le malade meurt suffoqué. Voyez Suffocation. Si ce sont seulement de petits vaisseaux pulmonaires qui sont déchirés, & qui donnent du sang, il y a tout lieu de craindre que les petites plaies qui en résultent, ne viennent à suppuration, & qu’il ne s’ensuive une véritable pthysie, qui mene tôt ou tard à une mort prématurée. L’hémoptysie, qui est causée par une simple dilatation de vaisseaux de différens genres, qui établit l’erreur de lieu, sans solution de continuité, est la moins dangereuse : elle est le plus souvent sans suite après que la cause procathartique a été emportée.

Quoiqu’il semble n’y avoir dans cette maladie qu’une seule indication à remplir, qui est d’employer les moyens propres à faire fermer les vaisseaux qui fournissent la matiere de l’évacuation contre nature ; il y a cependant bien des manieres différentes de s’y prendre pour produire cet effet, & bien des attentions à faire dans le choix des moyens, eu égard à la nature de la cause du mal : si elle dépend de la pléthore, & sur-tout dans le cas où quelque évacuation ordinaire se trouve supprimée, on doit avoir recours à tout ce qui peut diminuer le volume du sang, de la maniere différente dont l’effet est plus ou moins prompt, selon le besoin, comme au remede le plus approprié ; ainsi fait-on usage dans ce cas de la saignée, sur-tout des sangsues, des ventouses, avec scarification, & on doit insister sur ces différens moyens tant que l’indication subsiste ; après quoi on doit travailler à prévenir le retour de la pléthore, par le régime, par les autres moyens convenables. Voyez Pléthore. On doit s’appliquer à détruire les causes de la suppression, & à rétablir dans son état naturel l’évacuation nécessaire.

Si l’hémoptysie est produite par la raréfaction de ce fluide, qui forme ce qu’on appelle dans les écoles, une pléthore fausse ; il faut également combattre ce crachement contre nature, par les moyens propres à diminuer le volume du sang ; mais employer en même tems tous ceux qui sont convenables pour faire cesser l’effervescence des humeurs, c’est-à-dire leur trop grande agitation. Voyez Rafraichissant (Remede.)

Mais si la maladie est causée par rupture, ou par érosion de vaisseaux, & qu’elle soit entretenue par l’acrimonie des humeurs, envain employera-t-on tous les moyens possibles pour fermer ces vaisseaux, si l’on ne corrige le vice dominant ; ce que l’on ne peut mieux obtenir que par le laitage, les bouillons de tortue, & toutes les matieres adoucissantes, gélatineuses, huileuses, qui peuvent produire un effet approchant. Le long usage de ces différens secours manque rarement de répondre à l’attente ; cependant on doit toujours joindre à ces moyens propres à détruire les causes prédisponentes, les remedes convenables pour resserrer, cicatriser les vaisseaux ouverts ; tels sont les absorbans, & surtout les astringens appropriés, pourvu qu’il n’y ait pas de contre-indication à cet égard : on doit aussi recourir quelquefois aux narcotiques, aux antispasmodiques, & les mêler aux autres médicamens indiqués, lorsqu’on a lieu de penser qu’il existe une tension dans le genre nerveux, qui détermine les humeurs à se porter vers la partie affectée, comme étant respectivement la plus foible dans le système des solides. Voyez Hémorrhagie, Absorbant, Astringent, Narcotique, Antispasmodique.

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Étymologie de « hémoptysie »

(1694) Du grec ancien αἱμόπτυσις, haimóptusis.
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Αἱμόπτυσις (voy. HÉMOPTYIQUE).

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Phonétique du mot « hémoptysie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
hémoptysie emɔptizi

Citations contenant le mot « hémoptysie »

  • Lorsqu'un patient crache du sang, on parle d'hémoptysie. Quelles sont les causes possibles ? Comment se passe le diagnostic ? Zoom. Femme Actuelle, Hémoptysie : cracher du sang, qu’est-ce que ça cache ? : Femme Actuelle Le MAG
  • Si vous n'avez constaté que quelques traces colorées minimes, prenez rendez-vous sans attendre avec votre médecin traitant. Cela dit, mieux vaut aller directement aux urgences afin d'être prise en charge immédiatement et d'obtenir un diagnostic rapide. L'équipe soignante procédera à une première série d'examens susceptibles de déterminer la cause des saignements. En général, en cas d'hémoptysie, les médecins réalisent une radio des poumons, un scanner thoracique, une analyse des crachats et, parfois, une fibroscopie des bronches. Femme Actuelle, Premiers secours : cracher du sang, un signe à prendre au sérieux : Femme Actuelle Le MAG
  • L’hémoptysie correspond à un rejet de sang rouge par les voies aériennes sous-glottiques au décours d'un effort de toux. C’est un symptôme qu’il ne faut jamais négliger, le pronostic vital étant parfois engagé. Figaro Santé, Hémoptysie - Qu'est-ce que c’est ? - Fiches santé et conseils médicaux
  • À savoir. Attention à ne pas confondre l'hématémèse avec l'hémoptysie : en cas d'hématémèse, il y a un vomissement sanglant (ça vient du système digestif) tandis qu'en cas d'hémoptysie, la personne crache du sang (ça vient des poumons). L'hématémèse est du ressort du médecin gastro-entérologue tandis que l'hémoptysie concerne le médecin pneumologue. Femme Actuelle, Hématémèse : vomir du sang, qu’est-ce que ça cache ? : Femme Actuelle Le MAG
  • Hémorragies :des hémorragies sévères et mortelles été observées avec CABOMETYX. L'incidence des événements hémorragiques de grade 3 à 5 était de 5 % chez les patients traités par CABOMETYX. Arrêter le traitement par CABOMETYX en cas d'hémorragies de grade 3 ou 4. Ne pas administrer CABOMETYX aux patients ayant des antécédents d'hémorragies, notamment d'hémoptysie, d'hématémèse ou de méléna). , Ipsen rejoint une collaboration clinique pour évaluer le | Zone bourse

Traductions du mot « hémoptysie »

Langue Traduction
Anglais hemoptysis
Espagnol hemoptisis
Italien emottisi
Allemand hämoptyse
Chinois 咯血
Arabe نفث الدم
Portugais hemoptise
Russe кровохарканье
Japonais 喀血
Basque hemoptysis
Corse hemoptisi
Source : Google Translate API

Synonymes de « hémoptysie »

Source : synonymes de hémoptysie sur lebonsynonyme.fr
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