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Gueuloir

Définitions de « gueuloir »

Trésor de la Langue Française informatisé

GUEULOIR, subst. masc.

Fam. La bouche considérée comme un instrument de résonance grâce auquel peut être jugée la qualité des sonorités de chaque mot du texte que l'on déclame. Des phrases de Chateaubriand l'exaltaient. Il [Flaubert] en récitait les grandiloquentes périodes avec cette voix de tonnerre qu'il définissait lui-même, quand il disait : « Je ne sais qu'une phrase est bonne qu'après l'avoir fait passer par mon gueuloir » (Bourget, Essais psychol.,1883, p. 100).Ils se hélaient, La Feuillette de son gueuloir glapissant, Trouillot d'un mugissement de veau enroué (Rolland, J.-Chr., Buisson ard., 1911, p. 1301).
Prononc. : [gœlwa:ʀ]. Étymol. et Hist. 1862 (Goncourt, Journal, p. 1031). Dér. de gueuler*; suff. -oir*. Fréq. abs. littér. : 18.

Wiktionnaire

Nom commun - français

gueuloir \ɡœ.lwaʁ\ masculin

  1. (Familier) Bouche, gueule, en tant qu’instrument pour déclamer un texte.
  2. (Familier) Effet produit par le fait de déclamer un texte.
    • Un livre n’est pas fait pour être lu à haute voix, et lui se gueule les siens à lui-même. Or, il y a des gueuloirs dans ses phrases qui lui semblent harmoniques, mais il faudrait lire comme lui, pour avoir l’effet de ces gueuloirs. — (Edmond et Jules de Goncourt, Journal des Goncourt, deuxième volume)
  3. (Art) (Familier) Endroit où déclamer de la littérature à voix haute.
    • Flaubert lui utilisait un gueuloir pour ses textes.
    • Les tours que lui jouait son tréponème furent certainement amplifiés par l’absurde discipline de Flaubert, par l’usage immodéré du fameux « gueuloir ». — (Léon Daudet, Souvenirs des milieux littéraires, politiques, artistiques et médicaux, Grasset, 1914, réédition Le Livre de Poche, page 50)
    • Ce bureau, que Flaubert appelait son « gueuloir » parce qu’il y braillait ses textes à voix haute afin de vérifier leur équilibre, j’aurais tendance, moi, à l’appeler mon « écoutoir » car je m’y tais pour tendre l’oreille à mon imaginaire. — (Éric-Emmanuel Schmitt, L’Évangile selon Pilate, Albin Michel, 2000, collection Le Livre de Poche, page 270)
    • Le gueuloir de Flaubert n’était pas inutile. Longtemps, il accoucha de Megaras, de faubourgs de Carthage, de lascives esclaves nubiles, de lascifs esclaves nubiens. Un peu de remplisssage rococo, juste pour l’oreille. — (Philippe Delerm, Dickens, barbe à papa, Gallimard, collection Folio, 2005, page 99)
    • Les traditionnels gueuloirs poétiques, spécialité du Salon, rassemblent régulièrement des poètes connus, inconnus et des comédiens qui lisent des extraits.
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Étymologie de « gueuloir »

(1862) De gueuler avec le suffixe locatif -oir.
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Phonétique du mot « gueuloir »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
gueuloir gœlwar

Citations contenant le mot « gueuloir »

  • Une gêne obscène survient, pour le lecteur, à la lecture de ce déversoir, gueuloir qui oscille sans cesse entre l’impudeur et la colère, nous plaçant en position de voyeur handicapé, incapables de s’extraire du rythme autant que de la fureur du récit, autant que dans celle, plus inconfortable encore, de sentir, au fond de la pulsation enfiévrée, quelque chose de plus grand qui sourd : le dévoilement brut de sentiments trop souvent étouffés. , Ariana Harwicz – “Crève, mon amour” | Culturopoing
  • De Flaubert, on retient quelques phrases, plus ou moins apocryphes (« Madame Bovary, c'est moi »), des citations fortes (« Les honneurs déshonorent »), et deux pratiques liées au travail d'écrivain : le gueuloir et les ratures des manuscrits. C'est à cette frontière entre l'oral, ou l'oralisation du texte, et l'écriture de la copie (copie des autres et lente avancée des brouillons, dix, vingt fois repris) que l'on aimerait se tenir. Qu'est-ce que Flaubert cherche dans la théâtralisation de la phrase « gueulée » ? Comment entendre aujourd'hui les échos de cette voix sonore qui s'est tue dans les manuscrits et dans les oeuvres que nous lisons ?Yvan Leclerc , Conférence d'Yvan Leclerc: «Flaubert, le gueuloir, la copie»
  • La deuxième édition du Salon du livre, organisé par l'équipe du Lions-Club Tarbes-Pyrénées autour de Marie-Clémence Duguet, en soutien à l'association Enfants et Santé qui finance des projets de recherche en hémato-oncologie pédiatrique (cancers des enfants et adolescents), a retrouvé le cadre de la salle de l'Octav au Centre multimédia à Vic. Au principe traditionnel de la participation d'auteurs présentant leurs ouvrages et rencontrant les lecteurs à des stands, et à la programmation de conférences avec ou sans débat, parfois avec projection en salle de cinéma, l'équipe avait ajouté deux innovations : l'ouverture d'un «gueuloir» à la Flaubert et l'attribution du prix Francis-Jammes. ladepeche.fr, Vic-en-Bigorre. Salon Mots pour un bien : «gueuloir» et prix littéraire - ladepeche.fr
  • « Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage », invitait Boileau. En témoignent les manuscrits raturés de Proust ou Flaubert faisant passer à sa prose l’« épreuve du gueuloir ». C’est l’un des conseils avancés par Alfred Gilder : « Quand on relit à haute voix, de préférence en posant son stylo sous chaque mot, on voit tout de suite ce qui cloche, le pléonasme, la difficulté de compréhension… ». Lorsqu’il était haut fonctionnaire, il pratiquait déjà l’exercice quand un collaborateur lui remettait un document. « J’invente l’eau tiède, mais vous pouvez aussi le faire relire par d’autres ». www.leberry.fr, Comment écrire avec style ? - Paris (75000)
  • Flaubert avait son gueuloir, les jeunes scénaristes ont le Centre de congrès d’Angers. Dans le cadre du festival Premiers Plans, c’est ici que se déroulent les fameuses «lectures de scénarios». Des acteurs professionnels lisent à haute voix devant le public le scénario d’un premier film qui n’existe pas puisqu’il n’a pas encore été tourné. Ce jeudi 22 janvier, les actrices Ophélie Bau et Mariama Gueye prêtent leurs voix aux personnages du Marchand de sable, un scénario de Steve Achiepo et Romy Coccia Di Ferro. L’histoire de Djo, un chauffeur de bus, qui vit chez sa mère avec sa fille depuis sa sortie de prison. Pour avoir une vie meilleure, il devient marchand de sommeil. Il y a deux ans, Léa Drucker était sur cette même scène pour lire Deux, le scénario du premier long-métrage de Filippo Meneghetti, coécrit avec Malysone Bovorasmy. L’actrice et le réalisateur sont de retour cette année à Angers, où le film figure en compétition. Mais le projet remonte à bien plus longtemps. Il aura fallu Le Figaro.fr, Mon premier film, mon aventure
  • Pour surmonter sa peine, Fessologue s'est acheté une machine à écrire sur laquelle il déverse colère, tristesse et amertume. Tout passe dans ce gueuloir : les copains du Jip's (sorte de condensé de la diaspora africaine) ; Hippocrate, voisin de palier et archétype du raciste ordinaire, version antillaise, l'Arabe du coin, lecteur de Césaire et partisan de L'Union africaine chère à Khadafi ; mais aussi ses faiblesses et lâchetés, sa nostalgie du pays ; le trou de la Sécu, le trafic des femmes, la mixité, la sexualité, les bienfaits de la colonisation et son envers... Et, enfin, l'amour et la littérature, incarnée ici par Louis-Philippe Dalembert, l'ami haïtien (par ailleurs romancier bien réel) et mentor de Fessologue. Soit les deux "sauve-qui-peut" de ce "sapeur" révolté, drôle et attachant, à travers lequel Mabanckou épingle avec verve clichés et préjugés. Et livre, dans un jeu de dévoilement, un roman intime, profond, teinté d'une douloureuse mélancolie. Le Monde.fr, "Black Bazar", d'Alain Mabanckou : un "gueuloir" drôle et attachant
  • Cessez d’imaginer, cet érythème géant, c’est évidemment à CNews qu’il se propage. Et si cette maladie de Praud s’enflamme, c’est qu’il y a des phénomènes aggravants. Déjà largement décrédibilisée par le gueuloir animé chaque jour par Pascal Praud, la chaîne info de Canal+ vient de connaître, selon nos informations, plusieurs épisodes qui tiennent fort de la censure. Que ce soit pour ne pas déplaire à un partenaire commercial – Orange, l’ex-France Télécom – ou ne pas attenter à l’image de la police française. C’est bien simple : on peut raconter n’importe quoi sur CNews du moment qu’on s’appelle Pascal Praud mais s’agirait pas de faire trop son journaliste quand il est question du procès des anciens dirigeants de France Télécom ou des violences policières. Les Jours, CNews : Praud d’âne
  • Si tout le monde connaît le « gueuloir » du Croisset où Flaubert hurlait ses livres pour en tester la sonorité, si on sait moins qu’à l’entrée de Déville-lès-Rouen, l’auteur avait une maison de vacances, si chacun a en mémoire la scène du fiacre, démarrée rue Grand-Pont à Rouen et qui traverse l’agglomération, les Normands amateurs de Flaubert ont peut-être moins en mémoire les mots célèbres qui suivent la phrase introductive du roman monstre Salammbô (« C’était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d’Hamilcar. ») www.paris-normandie.fr, Deux livres rares de Flaubert offerts aux musées de Rouen pour le bicentenaire de sa naissance
  • Il y avait Pascal Praud et son gueuloir du matin, jamais en reste d’une embardée climatosceptique ou sexiste. Il y avait, pour parfaire la matinée, Jean-Marc Morandini, jamais en mal d’un thème de débat putassier. C’est vrai qu’Éric Zemmour, ça manquait. Dévoilée ce week-end par Le Parisien, la piste est, selon nos informations, plus que concrète : Serge Nedjar, le patron de CNews, le veut et il l’aura. Et même, du côté du groupe M6, où il présente Zemmour et Naulleau sur Paris Première, on l’affirme, le contrat est signé : welcome sur CNews, Éric Zemmour. Ou plutôt welcome back puisque, de 2003 à 2014, il participait à l’hebdomadaire Ça se dispute, diffusée sur feu i-Télé. C’est d’ailleurs la même émission, désormais quotidienne, qui va l’héberger. Mais avec un horaire mieux exposé, s’agirait pas de planquer telle tête de gondole. Une heure de Zemmour entre 19 et 20 heures. Ce qui vaut à Laurence Ferrari d’être rétrogradée entre 17 et 19 heures : CNews sait choisir ses incarnations. Les Jours, CNews déroule le tapis brun à Zemmour
  • Et qu’en est-il de la mise à l’épreuve du texte? Si Flaubert déclamait ses récits dans son fameux «gueuloir», Woolf les récitait à voix haute en marchant. Nerval, enfin, se promenait en attendant l’inspiration, rapporte Théophile Gautier. Dans sa poche se trouvait un petit cahier cousu dans lequel il notait «une pensée, une phrase, un mot, un rappel, un signe intelligible seulement pour lui». Le Figaro.fr, Gueuler son texte, encre rouge... Les étranges manies des écrivains
  • De la même façon, Druillet, dans ses grandes machines, met Flaubert à l’épreuve. Le "gueuloir" de Flaubert est désormais sur les murs. , Quelques (bonnes) nouvelles de Philippe Druillet - ActuaBD
  • "On est dans un gueuloir". Elle se dit également profondément agacée par les cris poussés par les joueuses lors des matchs. "La première qui a commencé par arriver avec ces cris là c'est Monica Seles. Désormais, c'est de pire en pire", déplore-t-elle. "Ce n'est pas normal. A l'entraînement, ce n'est pas du tout ça. Là on est dans le gueuloir. Il y a un côté provoc', c'est une manière d'imposer une suprématie". Europe 1, La charge de Catherine Tanvier contre le tennis féminin
  • Véritable monstre des lettres, «homme-plume» comme il se définissait lui-même, Gustave Flaubert était un amoureux fébrile de la langue française, obsédé par le mot juste, au point de la triturer voire de la torturer pour lui faire rendre gorge, dans ce qu'il appelait son «gueuloir», véritable épreuve sonore du texte en cours. Ne disait-il pas: «J'aime par-dessus tout la phrase nerveuse, substantielle, claire, au muscle saillant, à la peau bistrée: j'aime les phrases mâles et non les phrases femelles, comme celles de Lamartine.»? Le Figaro.fr, Le pignouf de Flaubert
  • yvan LECLERC Flaubert au gueuloir , Revue des sciences humaines, n°333 : "Ce qui parle en moi : l'étrangeté de la voix". Direction : S. Genand et F. Simonet-Tenant
  • C’est dans cette bouche urbaine aux allures de purgatoire que Christophe Honoré invente le confessionnal d’un tendre gueuloir pour réunir des figures qui furent déterminantes pour lui dans sa jeunesse. Ils se nomment ; Cyril Collard, Bernard-Marie Koltès, Jacques Demy, Hervé Guibert, Jean-Luc Lagarce et Serge Daney. Leur disparition a fait de nous des orphelins. Ils ont en commun de tous compter parmi les premières victimes de l’épidémie de sida qui s’est déclarée dans le monde au début des années 80. Un placard publicitaire apporte une touche supplémentaire de cruauté dans le décor pour nous rappeler d’un impératif " Rêver. ", cette campagne d’affichage d’un club de vacances qui continuait à l’époque d’appeler à l’hédonisme sur fond de mer paradisiaque, alors qu’une page venait de se tourner avec l’apparition d’un mal que l’on contient aujourd’hui, mais qui reste impossible à soigner et condamne définitivement l’innocent abandon au désir de tout un chacun. Les Inrockuptibles, Pourquoi il faut courir au théâtre voir "les éternelles idoles" de Christophe Honoré
  • La rencontre était faite. Les premières soirées étaient les brèves de comptoir. C’était des saynètes très courtes, mais à l’époque ce n’était que les membres de la compagnie des beaux parleurs qui participaient. Par la suite, ils sont passés au : « gueuloir au comptoir.» là, tout le monde pouvait intervenir. Le problème résidait dans l’heure trop tardive. Le nom a été changé pour devenir « l’apéro bavard, » donc à l’heure de l’apéritif à 19 heures. le mouvement, L'apéro bavard remet le couvert ce soir, avec nous ! - le mouvement
  • Un moteur de recherche permet des requêtes dans l’ensemble de la correspondance. On pourra donc trouver très facilement les lettres dans lesquelles Flaubert parle du «gueuloir», celle où figure la célèbre formule «un livre sur rien», ou constater qu’il n’a jamais écrit «Madame Bovary, c’est moi!» , L'édition électronique de la correspondance de Flaubert
  • Les psaumes sont des universaux depuis plus de 2000 ans, et par leur simplicité, par leur honnêteté – les psaumes ne sont pas simplement de beaux poèmes bien léchés ou convenables, il y a une vitalité dans les psaumes, une immédiateté – c’est un exutoire. Les psaumes parlent du corps avec un grand réalisme – la fièvre, «qui pénètre les os» - ce n’est pas du tout une religion à l’eau de rose ou lointaine, c’est vraiment le corps qui parle dans les psaumes, et ça, ça fait du bien. Nous pouvons nous engouffrer dans ce «gueuloir» si j’ose dire, pour reprendre une image de Flaubert, dans ce «gueuloir» des psaumes, pour pouvoir dire notre détresse, dire notre maladie, et dire celle des autres, bien sûr, parce que dans la communion des saints, dans la solidarité du Corps du Christ que nous sommes, nous pouvons prier et crier pour les autres, qui n’ont peut-être pas la force, qui n’ont peut-être pas les mots, qui n’ont pas le temps… Mais nous pouvons le faire à leur place, puisque nous sommes les cellules de ce Corps du Christ qui sont solidaires les unes des autres. , Prier les psaumes, «un commencement de lumière» dans l’épreuve de la maladie - Vatican News
  • Proust, Sartre, Corneille, Shakespeare, tous ces grands auteurs repris sur la page des Lettres françaises, qu’ont-ils à nous apprendre en ce moment ? « Chaque auteur a vécu un moment d’enfermement. Je trouve cela intéressant de voir comment ces écrivains, tels que Proust, confiné pour écrire À La recherche du temps perdu, ont utilisé le confinement d’une façon positive. L’expérience du confinement existe partout en littérature. Par exemple, les unités de temps et de lieu dans la tragédie classique (tout a lieu dans un seul espace, avec une seule action) est une sorte de confinement qui crée le tragique, mais qui peut aussi créer la comédie. Sur ce point, j’ai décidé de prendre la comédie. Pourquoi ne pas prendre exemple là-dessus ? Le Roi Lear a été écrit par Shakespeare en période de peste en Angleterre. Flaubert écrivait confiné dans son gueuloir… les expériences de confinement sont abondantes en littérature », rappelle le chef du département. Mais ces posts ne sont pas que détournements humoristiques et parodiques, ils sont aussi souvent informatifs, et ne s’éloignent jamais trop de l’actualité et des Lettres. À ce titre, on trouve régulièrement des passages entiers de littérature retranscrits : en ce qui concerne les épidémies, les citations vont de Thucydide à Giono, en passant par Eugène Sue ou Mary Shelley, ou encore à Nerval, dont Karl Akiki revient sur les extraits de son Voyage en Orient (1851), alors qu’il est en quarantaine à Beyrouth, (quelques années avant Flaubert) : « Je trouve la description par Nerval de Beyrouth fabuleuse. Il décrit en détail la région de la Quarantaine, qui donnait à l’époque sur la mer et la montagne. Ce qu’a vécu Nerval n’est pas tellement loin de ce qu’on vit maintenant. Comme lui, je suis plus attentif à la ville autour de moi, aux détails qui m’entourent, la couleur des immeubles, le silence, le bruit des oiseaux… C’est inspirant. Le confinement n’est pas forcément nécessaire pour créer, mais je pense que c’est un ingrédient important. On ne peut créer en étant mélangé aux gens. C’est avec la distanciation sociale et le recul que se déclenche le processus créatif. En ce sens je trouve que la période qu’on vit a du bon. Il faudrait juste que ça ne s’éternise pas trop… », espère Karl Akiki. L'Orient-Le Jour, Confinés, les littéraires de l’USJ détournent les grands auteurs - L'Orient-Le Jour
  • Quant aux espaces, nous avons compté ! Salle du haut, salle du bas, foyer, bar, gueuloir et, last but not least, bibliothèque de projets non achevés de Céline Nidegger et Bastien Semenzato, ça fait six. , Le Grütli voit double - Le Matin
  • Salle du haut, salle du bas, gueuloir et couloirs compriment quinze propositions gratuites en trois jours «boulimiques». Tribune de Genève, L’univers de Louise Bourgeois se sculpte au Grütli | Tribune de Genève
  • Flaubert n’était pas rappeur, mais il avait son « gueuloir ». Eux, ont leur « rez-de-chaussée ». Ou plutôt leur colocation. « Les deux se ressemblent un peu », commence Charly Rabiller. , Vendée : Rez-de-Chaussée, le rap entre colocs | Le Journal du Pays Yonnais
  • Quelle ne fut pas ma déception en voyant arriver à l’aula du Collège de Béthusy à Lausanne où il était venu s’exprimer devant un parterre d’élèves, un petit homme, frêle et loquace, plutôt sûr de lui. C’était donc lui, ce créateur incroyable que, dans mon désir adolescent d’absolu, j’avais placé si haut. Si haut d’ailleurs, que personne, sans doute, ne serait parvenu à sa place à incarner véritablement la figure que je m’étais forgée en le lisant… Et le voilà qui, patatras, dégringola d’un coup des sommets de mon admiration où je l’avais installé. En y repensant pourtant, je ne sais plus ce qui m’avait tant déçu. Alors que je me souviens, en revanche, que j’ai, grâce à lui, pour la première fois, entendu parler du «gueuloir» de Flaubert. Le Temps, La lectrice, le livre 
et l’auteur - Le Temps
  • Que faire de ces trésors accumulés dans le coffre de ma mémoire ? Les lancer dans la solitude d’un gueuloir ? Ou peut-être les laisser s’immiscer au détour d’une page.  France Inter, Isabelle Autissier : "Que faire de ces trésors accumulés dans le coffre de ma mémoire ?"
  • Le 19 septembre 1986, André Marcon créait le Discours aux animaux, de Valère Novarina, au Théâtre des Bouffes du Nord. Il y retourne ces temps-ci, après avoir fait résonner cette partition par à-coups, trente ans durant, d’Évreux à Buenos Aires, de Lausanne à Moscou et autres lieux (1). Stupéfiante aventure d’être pour l’acteur, qui s’est incorporé à vie une matière verbale proprement inouïe, forgée par un poète métaphysicien unique en son genre, qui n’arrête pas de retourner la langue en tous sens sur un feu qui semble fait de buissons ardents. Un homme parle à des animaux qui ne disent mot. Cela a lieu en onze « promenades » au sein de lui-même, au fil d’un soliloque dans lequel l’idiome – qui semble parfois inventé à partir de racines inédites ou qui, en tout cas, remontent à loin – évoquera son « trou » d’être, ainsi que Dieu, qui « est un trou au milieu de nous ». C’est formidable dans la gestation à vue d’une parlerie qui exige le parloir élargi, voire le gueuloir en sourdine, à cause justement des mots proférés, qui sont « des bouchées intelligibles » (Claudel). L'Humanité, André Marcon s’adresse aux animaux | L'Humanité
  • Le large, pour Jacques Weber, c’est le théâtre. Ça paraît grandiloquent. Mais c’est sa vie, de cape, d’épée, de feuillets hypnotiques, de gueuloir au nom de Gustave Flaubert, cet écrivain qu’il rumine merveilleusement. Jacques Weber est grand, c’est ainsi, des orteils aux oreilles. Quelque chose en lui vous submerge. Quelque chose en lui le dépasse. Le Temps, Jacques Weber: «Le privilège de l’acteur, c’est d’être un sauvage» - Le Temps
  • Mr Yves Frémion est clair, précis, explicatif dans sa lettre à Mr Sfar et Mr Colonier n’y répond que par ...heu...par rien en fait. Quand je lis son message, à Mr Colonier, j’ai l’impression que le déconfinement a permis la réouverture des bars où le comptoir devient un gueuloir voire un dégueuloir. Argumenter, meeeeeeeeeeerdeee. , YVES FRÉMION : Lettre ouverte à Joann Sfar - ActuaBD
  • On connait bien les ateliers du peintre et du sculpteur, la chambre du poète ou le gueuloir du romancier – pour les plus flaubertiens d’entre eux – mais qu’en est-il du comédien ? A quoi ressemble l’antichambre créative de cet artiste, celle d’avant la scène, d’avant les trois coups qui symbolisent, ou ont longtemps symbolisé, l’entrée dans la fameuse magie du théâtre ? Dans leur nouvelle « polycoproduction », les collectifs belgo-néerlandais tg STAN, de KOE et Maatschappij discordia ouvrent ce chantier, au sens propre comme au figuré. Sceneweb, atelier, une production STAN, de KOE et Maatschappij Discordia
  • Madame Bovary a beaucoup été adapté pour l’écran et la scène. Moins pour les ondes. La dernière adaptation pour la radio française remonte à 1948. Pourtant, ce roman offre des potentialités radiophoniques immenses. Qualifié de « roman bruyant » à sa parution en 1857, Madame Bovary a en effet une dimension sonore essentielle : non seulement le son y joue un rôle dramatique souvent capital (du chahut des collégiens qui taquinent Charles au chant de l’Aveugle accompagnant la mort d’Emma, en passant par les scènes du bal, des Comices agricoles et de l’Opéra, pleines de foules, de musique et de fracas), mais le rythme de la phrase de Flaubert, que lui-même testait dans son « gueuloir », appelle l’oralité, la scansion, l’épreuve du corps. Cette adaptation, à la fois très fidèle au texte et résolument contemporaine, propose de faire redécouvrir ce style et ce destin atemporels. Adaptation Pauline Thimonnier Réalisation Laure Egoroff Conseillère littéraire Katell Guillou France Culture, La jeunesse de Charles - Ép. 1/10 - "Madame Bovary" de Gustave Flaubert
  • Qu’aurait été l’œuvre de Flaubert sans sa maison du Croisset et son « gueuloir » ? L’œuvre de Victor Hugo aurait-elle été identique sans son exil à Jersey et Guernesey ? Pour l’historienne Michelle Perrot, qui avait dirigé le tome de L’histoire de la vie privée consacrée au 19e siècle, ces questions méritent d’être posées. Pourtant rien ne pouvait la prédisposer à ce qu’elle consacre un énorme travail, s’appuyant sur 24 volumes de correspondance, au diptyque indissociable Sand et Nohant, cette propriété du Berry, près de La Châtre, liée à jamais à l’œuvre et à la vie de l’auteure de La petite Fadette. Unidivers.fr, PORTRAIT DE GEORGE SAND A NOHANT PAR MICHELLE PERROT
  • “Madame Bovary”, paru en 1857, lui valut un procès fameux pour atteinte aux bonnes mœurs dont il sortit acquitté. On a compris qu’André Salzet pose l’intrigue de son adaptation sur l’acharnement de l’écrivain à atteindre la perfection; Flaubert se corrigeait sans cesse, poussant l’épreuve jusqu’au “gueuloir”, la déclamation du texte pour en mieux déceler les imperfections. L’histoire d’Emma et de Charles, on l’a dit, lui prit ainsi cinq ans d’efforts. Atlantico.fr, Madame Bovary : magistral André Salzet | Atlantico.fr
  • Tel Flaubert en son gueuloir, Stéphane Ravier répète à haute voix son discours de vœux. Il se met les mots en bouche. Mais certains ne passent pas : « vivre ensemble. » Il lit ce qu’on lui a préparé : « Ce qui est une nécessité pour que nous vivions bien ensemble.» Commente: « Ce n’est pas trop mon vocabulaire, je ne vais pas pouvoir m’empêcher de faire la grimace... » Il tente autre chose : « Une nécessité pour mieux vivre ensemble. » L'Opinion, Stéphane Ravier, l'homme qui ne fait pas dans la dentelle | A Front renversé | L'Opinion
  • Inutile de parler fort pour parler juste, on ne veut pas être dans le «gueuloir», comme disait Flaubert. Nous voulons nous différentier en donnant la parole à tout le monde. Chez Sud Radio, il n’y a pas de délit d’opinion. On multiplie donc les interactions avec les auditeurs. Entreprendre.fr, Sud Radio, la radio généraliste et indépendante qui monte
  • Ne jamais se fier aux critiques — les bonnes comme les mauvaises. Ne pas écrire sur ce que l’on sait, mais sur ce que l’on veut savoir. Penser aux autres, regarder autre chose que son nombril, sortir de sa peau — même au risque, a-t-on envie d’ajouter, d’essuyer des reproches d’appropriation culturelle ou sexuelle. Mêler l’art et la vraisemblance. Se relire à voix haute, selon le principe du fameux « gueuloir » de Flaubert. Le Devoir, «Lettres à un jeune auteur»: le petit «vade-mecum» littéraire de Colum McCann | Le Devoir
  • Flaubert faisait passer sa prose par l’épreuve bien connue du gueuloir. Il fallait que ça sonne à l’oreille, mais tout en évitant la prose poétique. Il détestait les allitérations, les assonances, les répétitions de termes. Il avait une grande admiration pour Chateaubriand, mais surtout pas pour la prose qui sonnait à l’oreille. Il fallait que toutes les phrases soient différentes, et en même temps que les mots ne puissent plus être changés quand ils étaient dans la phrase. Si un mot peut être changé à la répétition, ou à l’oral, finalement la prose est mauvaise, et il faut la recommencer. Yvan Leclerc France Culture, "Madame Bovary" : et Flaubert réinvente le roman
  • Avec toi, comme avec Nougaro, Roda-Gil, Souchon, il y a le plaisir suprême de lire le texte à vide – sans musique et sans chanteur – et goûter à la poésie, la prose, la prosodie et le tourbillon pertinent des figures de styles : anaphore, chiasme, hypallage, litote, paronomase, etc. Et, pourquoi pas ? A les déclamer au gueuloir, tels les écrivains de jadis, au café Procope. La Règle du Jeu, Bruno de Stabenrath, Georges Brassens : Fêtes et défaites de la chanson française - La Règle du Jeu - Littérature, Philosophie, Politique, Arts
  • Facebook a énormément servi de relai à la mobilisation des Gilets Jaunes. Le mouvement n’y est peut-être pas « né » mais il y a tout au moins été largement incubé. Facebook a également, comme à chaque grand mouvement populaire, été la ligne Maginot de toutes les cristallisations de ce qu’avant on appelait « l’opinion » et dont il est désormais l’antichambre vibrante et le gueuloir mouvant. Selon que vous soyez pro ou anti Gilets Jaunes, selon la sociologie de vos liens forts et de vos liens faibles dans la plateforme bleue, vous y aurez tantôt aperçu « les Gilets Jaunes contre les médias », tantôt « les médias contre les Gilets Jaunes ». Et dans un camp comme dans l’autre, les mêmes armes virales : montages d’images ou de citations tronquées, mèmes et mix d’infos et d’intox en tous genres. Une seule certitude au final : « certains Gilets Jaunes » ont au moins autant raconté n’importe quoi sur « certains médias » que « certains médias » ont raconté absolument n’importe quoi sur « certains Gilets Jaunes ». Lire la suite du billet d’Olivier Ertzscheid sur son blog Maddyness - Le Magazine sur l’actualité des Startups Françaises, Comment les gilets jaunes ont exploité le numérique pour lancer leur mouvement
  • La lecture à haute voix a de multiples vertus. Certains auteurs aiment y recourir pour tester leurs écrits auprès d’un auditoire qui joue, pour la circonstance, le rôle d’un panel sondagier. Si l’auditoire n’est pas conquis, c’est que le texte a besoin d’être retravaillé. Plus souvent, l’auteur lit son texte à haute voix à un public choisi, pour savoir comment il sera reçu. Aragon lisait ses vers en public. André Gide donnait chez lui des lectures de son journal. Faute d’auditoire, sinon sa bonne, Flaubert pratiquait son fameux "gueuloir", que les frères Goncourt, qui en dévoilèrent la pratique, contribuèrent à rendre mythique. Livres Hebdo, Le droit de et à la lecture publique | Livres Hebdo
  • La chair de poule, les frissons parcourant l’échine… Sans doute le vent froid qui souffle cette soirée-là. Honnêtement, non. La chute anormale des températures en ce mois de juin n’y est pour rien. Cela vient d’ailleurs. D’une voix qui scande, d’une voix qui psalmodie, d’une voix qui rythme la prose, du phrasé incantatoire de David Peace, à l’oral comme à l’écrit. A ceux qui jugent son style exténuant ou déroutant, un conseil : lisez-le à haute voix. L’expérience est unique, et confine à la transe poétique. Où qu’il passe – dans un festival, une librairie ou, en l’espèce, à la terrasse d’un pub, derrière le Panthéon –, David Peace s’adonne à l’exercice. Organiser l’avant-première d’un livre consacré au football en pleine Coupe du monde paraissait pourtant risqué. L’intéressé a lui-même suivi le match Belgique-Algérie avant de prendre le micro. David Peace lit comme il écrit. Marchant à Tokyo dans son bureau enfumé, à l’image de Flaubert dans son gueuloir, il déclame, déclame, déclame jusqu’à ce que cela sonne juste. En anglais, « chair de poule » se dit « goose bumps » (« bosses d’oie »). Le Monde.fr, David Peace n’abdique pas
  • Le temps du conditionnel est peut-être le temps des enfermés. C’est donc le temps des possibles, quand l’imagination s’insinue entre les failles, déplie le réel, pan à pan, conçoit ce qui n’est pas mais aurait pu être, pourrait être. Il se peut, après tout, que chaque écrivain écrive, dans le secret de son gueuloir, des romans à l’encre conditionnelle, avant de les faire jeûner au passé ou de les gaver de présent. Prenez Régis Jauffret, qui utilise le temps du conditionnel pour faire rendre gorge au réel et lui donner l’allure d’un « heurt indescriptible d’avortements » – pour citer Artaud et donner une idée de l’effet recherché. Chez Marie-Hélène Lafon, qui laisse essaimer ce temps dans son nouveau roman, Nos vies, ce mode quasi dystopique n’a pas pour fonction de mener au drame mais pour ainsi dire de feuilleter le spectre du récit. De faire trembler « les plaques tectoniques de nos vies ». Le Monde.fr, Le feuilleton. Le labyrinthe des vies nouées

Images d'illustration du mot « gueuloir »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « gueuloir »

Langue Traduction
Anglais shouting
Espagnol gritos
Italien urlando
Allemand schreien
Chinois 大喊
Arabe صراخ
Portugais gritando
Russe крики
Japonais 叫ぶ
Basque oihuka
Corse gridendu
Source : Google Translate API

Synonymes de « gueuloir »

Source : synonymes de gueuloir sur lebonsynonyme.fr

Gueuloir

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