La langue française

Glas

Sommaire

  • Définitions du mot glas
  • Étymologie de « glas »
  • Phonétique de « glas »
  • Évolution historique de l’usage du mot « glas »
  • Citations contenant le mot « glas »
  • Images d'illustration du mot « glas »
  • Traductions du mot « glas »
  • Synonymes de « glas »

Définitions du mot glas

Trésor de la Langue Française informatisé

GLAS, subst. masc.

Tintement lent, sur une seule note, d'une cloche d'église pour annoncer l'agonie, la mort ou les obsèques de quelqu'un. Ce glas des morts qui nous rappelle que l'on enterre! (Sardou, Patrie,1869, I, 1ertabl., 2, p. 11).Le glas tinte à une église toute proche. − Notre-Dame-des-Briques sonne à la mort... grogne mademoiselle (Vailland, Drôle de jeu,1945, p. 70) :
1. Une cloche sonna un coup. − La religieuse est morte, dit-il. Voici le glas. Et il fit signe à Jean Valjean d'écouter. La cloche sonna un second coup. − C'est le glas, Monsieur Madeleine. La cloche va continuer de minute en minute pendant vingt-quatre heures jusqu'à la sortie du corps de l'église. Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 629.
SYNT. Glas qui sonne, qui retentit; cloches qui font entendre le glas; glas de l'agonie de qqn, de mort, des funérailles, d'un enterrement; glas de deuil; glas des morts, des trépassés; glas désolé, lugubre; sonner le glas pour qqn; entendre sonner le glas.
Le glas de qqn. J'entends la cloche, voilà ma pensée tout attristée par le glas d'une jeune fille que toute la paroisse pleure (E. de Guérin, Lettres,1833, p. 32).
P. ext.
Synon. de tocsin.Jamais tocsin funèbre, jamais glas frémissant ne produisit pareil effet sur celui qui l'entendit (Dumas père, Monte-Cristo, t. 1, 1846, p. 293).Aussitôt qu'on entend la plainte déchirante de leur sirène [des pompiers], suivie du glas de la cloche, tout s'interrompt et les pompes, (...) passent, rapides comme la flamme (Morand, New-York,1930, p. 215).
Sonnerie de cloche d'église; en partic. sonnerie du tocsin. Glas du tocsin. Le Rhin, les villages, les montagnes, les ruines (...) se mêlaient à la fumée, aux flammes, au glas continuel du tocsin (Hugo, Rhin,1842, p. 150) :
2. Jour de Noël... Ininterrompues, les cloches sonnent et couvrent la ville de leur allégresse persistante. Ah! disparaître dans leur glas, ne plus penser, ne plus vivre! Estaunié, Empreinte,1896, p. 335.
P. anal. ,,(...) salves d'artillerie tirées aux funérailles d'un souverain ou d'un militaire élevé en grade`` (Littré).
P. métaph. ou au fig. [Pour signifier la fin, la mort de qqc.] Il entendit le glas de la faillite tintant à ses oreilles (Balzac, C. Birotteau,1837, p. 320).C'était le glas des petites entreprises personnelles, la disparition prochaine des patrons, mangés un à un par l'ogre sans cesse affamé du capital (Zola, Germinal,1885, p. 1523).J'écoute résonner tout bas le glas de ma jeunesse (Toulet, Contrerimes,1920, p. 10) :
3. Il y a deux grands glas, deux grands avertissements qui annoncent chez l'homme la mort de la jeunesse. Le premier est quand l'homme prend l'horreur des sauces de restaurant; le second, quand il songe à se retirer à la campagne. Goncourt, Journal,1859, p. 640.
Loc. Sonner le glas de qqc. Annoncer sa fin imminente. Sonner le glas d'une espérance, d'une défaite, d'un régime politique, d'une institution. Ce siècle [le xixes.] a été unique. Il fut l'âge d'or de l'individu. La guerre de 1914 en a sonné le glas (J.-R. Bloch, Dest. du S.,1931, p. 132) :
4. L'Imitation devenait sa lecture continuelle, le pain quotidien, amer et noir, de ses pensées (...). Elle écoutait dedans, à toute heure, ce qui y sonne le glas de la création, de la nature et de l'humanité. Elle vivait, inclinée sur les pages du bréviaire douloureux qui répètent : mourir à ce qui est, mourir aux autres, mourir à soi, mourir à ce corps, mourir, toujours mourir! Goncourt, MmeGervaisais,1869, p. 237.
Prononc. et Orth. : [glɑ]. Ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. Ca 1140 « sonnerie » (Pélérinage Charlemagne, éd. P. Aebischer, 197 : Tost fait le glas suner par la citet...); 1160-74 « sonnerie de toutes les cloches d'une église » (Wace, Rou, éd. A. J. Holden, II, 2595); ca 1225 en partic. « pour annoncer la mort de quelqu'un » (Florence de Rome, éd. A. Wallensköld, 2372 : Sempres seroit li glais par la cité sonez); 1837 fig. (Balzac, loc. cit.). D'un lat. pop. *classum < lat. class. classicum « sonnerie de trompettes »; glas s'explique par assimilation du c initial à la consonne sonore suivante; cf. glaire*; la présence de formes en ai à côté de celles en a est encore mal expliquée, v. FEW t. 2, p. 746b. Fréq. abs. littér. : 216. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 204, b) 476; xxes. : a) 452, b) 216. Bbg. Baldinger (K.). Z. rom. Philol. 1964, t. 80, p. 640.

Wiktionnaire

Nom commun

glas \ɡlɑ\ masculin, singulier et pluriel identiques

  1. Sonnerie d’une cloche qui tinte, annonçant l’agonie ou la mort d’une personne.
    • J’entends toujours ce glas, toujours j’entends le curé me dire en pleurant : « Pauvre petit diable ! », et je revois le bedeau et ses tintenelles, les chantres et leurs chapes. — (Octave Mirbeau, Contes cruels: Mon oncle)
  2. (Figuré) Annonce de la fin de quelque chose.
    • Et ce mot, obstinément répété sur un ton presque solennel, sembla à Jacques le glas funèbre de sa jeunesse. — (Isabelle Eberhardt, Yasmina, 1902)

Nom commun

glas

  1. Verre, vitre (objet).
  2. Verre (matériau).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

GLAS. n. m.
Sonnerie d'une cloche qui tinte, annonçant l'agonie ou la mort d'une personne. Sonner le glas. Le glas funèbre. Fig., Sonner le glas d'une institution, d'un régime politique.

Littré (1872-1877)

GLAS (glà ; l's se lie : le glâ-z attristant) s. m.
  • Son d'une cloche qu'on tinte pour annoncer la mort ou l'agonie de quelqu'un. La plume échappe de sa main ; il [l'athée] écoute avec effroi le glas de la mort, Chateaubriand, Génie, IV, I, 1. Nul temple n'a gémi dans nos villes ; nul glas N'a passé sur nos fronts criant : hélas ! hélas ! Hugo, Voix, 2.

    Par extension. Quand la cloche des ténèbres Balance ses glas funèbres, Lamartine, Harm. II, 1. De toutes les heures… Aucune à l'oreille insensible Ne sonne d'un glas plus terrible Que ce dernier coup de minuit, Lamartine, ib. IV, 4.

    Se dit des salves d'artillerie tirées aux funérailles d'un souverain ou d'un militaire élevé en grade.

REMARQUE

On a dit glais dans le XVIIe siècle, et Richelet le préfère à glas.

HISTORIQUE

XIIe s. N'out chapelle en la ville où il eüst clochier, Où li glas nen sonnast por le roy essaucier, Wace, dans DU CANGE, classicum. Encontre les reis solt um [on a coutume] faire glas soner, E la processiun encontre els asembler, E dedenz le mustier à grant honur mener, Th. le mart. 160. E à la nue terre se culchant en ses dras, Tant qu'il oeit del saint [cloche] u l'apel u le glas, ib. 102.

XIIIe s. Et les cordes corut saisir, Les sains sone de grant aïr à glaz, à treble, à carenon, Ren. 3341. Chlaz, Trist. II, 80.

XIVe s. Aucune fois trouveras tu que l'en fet mention de clas ou [au] defaut de la lune ; et sachiez que anciennement, quant la lune failloit, les femmes et les enfans couroient par les villes à bacins et à sonnetes fesans grans sons, et leur sembloit que la lune, qui estoit près de mourir, se resuscitoit à leurs sonnetes ; si apeloient celle feste le clas de la lune, Bercheure, f° 2. Le consul a fet fere silence en sonnant le clas à ce acoustumé, Bercheure, f° 44, recto.

XVe s. Et le bon comte de Douglas, Avec qui j'ai mené grant glas, Froissart, Buisson de jeunesse.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « glas »

(1140) Du latin classicum (« sonnerie de trompettes ») devenu *classum en latin populaire. La sonorisation du \k\ en \ɡ\ s’explique par l’assimilation avec le \l\ suivant (consonne sonore).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Bourg. clas ; prov. clas ; ital. chiasso ; du lat. classicum, signal avec la trompette, de classicus, qui est relatif à une classe, à une réunion, de classis, une certaine partie du peuple romain (voy. CLASSE). Le classicum était proprement un signal de trompette pour réunir, rassembler. Le nom de ce signal a passé à une sorte de sonnerie. On trouve aussi glas pour aboiement, grand bruit ; dans le sens d'aboiement, c'est le même que le provençal glat qui a ce sens et tient au verbe glatir (voy. GLAPIR).

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Phonétique du mot « glas »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
glas gla

Évolution historique de l’usage du mot « glas »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « glas »

  • La mort de tout homme m'amoindrit parce que je fais partie de l'humanité ; c'est pourquoi, ne demande jamais pour qui sonne le glas, il sonne pour toi. John Donne, Devotions, 17Pour qui sonne le glas : titre d'un roman de Ernest Hemingway
  • Le glas, un son pour chaque oreille de morts. De Jules Renard / Journal 1893 - 1898
  • Le glas, c'est le rire de la mort. De Roch Carrier / Il n'y a pas de pays sans grand-père
  • Encouragez l’innovation. Le changement est notre force vitale, la stagnation notre glas. De David M. Ogilvy
  • Un deuxième confinement sonnerait le glas de l'économie belge, assure lundi l'assureur-crédit Atradius, en marge de la publication de son dernier baromètre. Il note également que les faillites ont été moins nombreuses en Belgique que dans les pays voisins, malgré un produit intérieur brut plus durement touché. Site-Trends-FR, "Un deuxième confinement sonnerait le glas de l'économie belge" - Politique Economique - Trends-Tendances
  • Pour qui sonnera le glas? Toi tu fus le Président du Comité d’organisation du dialogue. Aussitôt après tu as jeté l’éponge quand bien même on t’avait demandé de faire partie de la structure chargée de l’application et du suivi des recommandations. Vous êtes tous des gens tapis dans l’ombre qui espèrent un rôle dans un incertain APRES. Il est claire que le pays connais des problèmes, évidement nous sommes en guerre. Tous ces charlatans qui s’agitent en promettant tout et n’importe quoi vont vite déchanter. L’instabilité politique n’arrange personne, encore moins les plus démunis d’entre nous auxquels ont promet tout. L’APRES sera de plus douloureux. Une grave crise économique va s’abattre sur le pays à cause de la pandémie du COVID, et on ne fait rien pour préparer la riposte. Qu’Allah bénisse le Mali et le protège des démons de la violence. , Crise sociopolitique : Pour qui sonnera le glas? | maliweb.net

Images d'illustration du mot « glas »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « glas »

Langue Traduction
Anglais death knell
Espagnol sentencia de muerte
Italien campana a morto
Allemand totenglocke
Chinois 丧钟
Arabe ناقوس الموت
Portugais sentença de morte
Russe погребальный звон
Japonais 死の鬼
Basque heriotzaren zurruna
Corse colpu di morte
Source : Google Translate API

Synonymes de « glas »

Source : synonymes de glas sur lebonsynonyme.fr
Partager