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Dragon

Sommaire

  • Définitions du mot dragon
  • Étymologie de « dragon »
  • Phonétique de « dragon »
  • Évolution historique de l’usage du mot « dragon »
  • Citations contenant le mot « dragon »
  • Images d'illustration du mot « dragon »
  • Traductions du mot « dragon »
  • Synonymes de « dragon »

Définitions du mot « dragon »

Trésor de la Langue Française informatisé

DRAGON1, subst. masc.

A.− MYTH. et RELIG. Monstre fabuleux qu'on représente généralement avec des griffes de lion, des ailes d'aigle et une queue de saurien. Antre, caverne du dragon. Un dragon ailé lançant du feu par les yeux, la gueule et les narines (Hugo, Han d'Isl.,1823, p. 424).Les traditions de tous les pays ont leurs dragons et leurs tarasques, leurs « grand'bêtes » qui font peur aux petits enfants et aux peuples encore enfants (Dévigne, Légend. de Fr.,1942, p. 18).
1. Domaine de la myth. gr.Animal fantastique, symbole de la vigilance impitoyable :
1. « C'est un fait constant que les dragons sont d'une vigilance extrême. Ils ne dorment jamais. Aussi les voit-on souvent employés à garder des trésors. Un dragon gardait à Colchis la toison d'or que Jason conquit sur lui. Un dragon veillait sur les pommes d'or du jardin des Hespérides. Il fut tué par Hercule et transformé par Junon en une étoile du ciel. (...) Un dragon défendait aux hommes rudes et ignorants de boire à la fontaine de Castalie. Il faut se rappeler aussi le dragon d'Andromède, qui fut tué par Persée. (...) » France, L'Île des pingouins,1908, p. 98.
a) P. méton. Représentation artistique de cet animal, en particulier en héraldique. On pourra faire ramper sur les corniches, s'écarteler sur les étendards de soie jaune ou dresser au seuil des palais toute une armée de dragons héraldiques (Faure, Hist. art,1912, p. 187).
b) Au fig.
Personne qui exerce une surveillance jalouse, farouche et vigilante. Synon. cerbère.Ma maîtresse habite un mystérieux cottage à la lisière des bois et dans lequel nul ne doit entrer. Je la garde avec la jalousie sauvage d'un dragon (Ponson du Terr., Rocambole,t. 1, 1859, p. 372).Ils sont sans cesse aux aguets, toujours occupés à surveiller quelqu'un ou à se surveiller eux-mêmes, épiant les accidents, les gaffes ou les erreurs possibles, dragons de vigilance morale s'ils sont moraux (Mounier, Traité caract.,1946, p. 288).
Dragon de vertu. Femme intraitable, qui affecte une vertu farouche et ombrageuse. Monsieur, votre femme passe pour un dragon de vertu dans toute la ville; elle ne voit personne, elle ne sort de chez elle que pour aller à la messe (Musset, Caprices Mar.,1834, I, 1, p. 126).
P. ext.
Personne, en particulier femme, d'humeur acariâtre et vindicative. Votre tante est un vieux dragon! cria Andrée avec force (Feuillet, Bellah,1850, p. 67).
Enfant turbulent et indiscipliné. C'est un vrai dragon, un petit dragon (Ac. 1835-1932).
Par personnification, vx. Souci chimérique, inquiétude non fondée. Il voulait occuper Anne-Marie, afin qu'elle n'eût pas le temps de se faire des dragons au sujet de la vieille histoire (Pourrat, Gaspard,1930, p. 47).
P. métaph. Beaucoup d'hommes ont ainsi un monstre secret, un mal qu'ils nourrissent, un dragon qui les ronge, un désespoir qui habite leur nuit (Hugo, Misér.,t. 2, 1862, p. 689).
2. Domaine biblique.[Dragon s'écrit parfois avec une majuscule] Monstre infernal, symbole du démon. Le Dragon de l'Apocalypse. Le vainqueur de l'antique Dragon, Michel, prépare sa lance redoutable (Chateaubr., Martyrs,t. 1, 1810, p. 199):
2. L'origine babylonienne du dragon n'est pas démontrée et les symboles de l'Apocalypse, notamment ceux du CXII, sont plutôt d'origine juive. Les septante avaient traduit par dragon plusieurs passages de l'Ancien Testament, où il est question du serpent. La démonologie de l'Apocalypse ne diffère pas, pour le fond, de celle de l'Ancien Testament; ... Théol. cath.t. 4, 2, 1920, p. 339.
B.− [P. anal.]
1. [de forme]
a) ASTRONOMIE
[P. réf. à la myth.] (Constellation du) dragon. Constellation de l'hémisphère boréal. Ceci est une allusion manifeste au dragon du pôle, placé au dessus de Cadmus, qui monte avec lui, et qu'on appelle dragon de Cadmus en astronomie (Dupuis, Orig. cultes,1796, p. 170).
[P. réf. à Apocalypse 12, 4] . Vieilli. La tête et la queue du dragon. ,,Les deux points opposés où l'écliptique est coupée par l'orbite de la lune`` (Ac. 1798-1878).
b) MÉD. et ART VÉTÉR. Tache dans l'œil du cheval, qui annonce la cataracte; tache dans l'œil de l'homme. Deux hommes (...) dont l'un, d'aspect farouche, long et maigre, avait un dragon sur l'œil (France, Dieux ont soif,1912, p. 287).
c) ZOOL. Le « dragon » est un petit lézard des Indes orientales, qui se soutient aussi en l'air pendant quelques instants, au moyen d'une membrane soutenue comme un éventail, sur quelques rayons osseux articulés à l'épine du dos (Cuvier, Anat. comp.,t. 1, 1805, p. 517).
2. [P. réf. à la force brutale du dragon] MAR. ,,Grain soudain et violent soufflant des montagnes vers la mer`` (Gruss 1952).
Rem. La docum. atteste a) Le subst. fém. correspondant dragon(n)e, rare. Persée étouffe Gorgone, Marthe écrase la dragone Aux yeux ardents (Hugo, Légende, t. 6, 1883, p. 385). Cette dragonne de vertu a eu son aventure (Renard, Journal, 1900, p. 617). b) Le subst. masc. dragonnet. Petit poisson osseux des côtes de la Manche, à corps allongé, à grosse tête plate et large (avec des yeux sur le dessus) et à grandes nageoires dorsales, dont le mâle est connu pour la beauté de sa parure nuptiale. Attesté par Rob. Suppl. 1970; Ac. Compl. 1842, Littré, DG, Lar. 19e-20eet Quillet 1965 attestent la forme dragonneau.
Prononc. et Orth. : [dʀagɔ ̃], fém. [-gɔn]. Ds Ac. 1694-1932 uniquement au masculin. Étymol. et Hist. Cf. dragon2.

DRAGON2, subst. masc.

ART MILIT.
A.− Vieilli. Soldat de cavalerie de ligne, servant à pied ou à cheval. Régiment de dragons; le casque d'un dragon (Ac. 1835-1932). Le comte André de Jussat, capitaine de dragons, en garnison à Lunéville (Bourget, Disciple,1889, p. 223).Dans l'armée, le dragon s'estime supérieur au cavalier du train et le tringlot, parce qu'il monte à cheval, se juge fort au-dessus du fantassin (Huysmans, Oblat,t. 1, 1903, p. 215).
Loc. Jurer comme un dragon. Jurer abondamment. Il jurait comme un dragon et buvait comme un templier (Sand, Hist. vie,t. 2, 1855, p. 354).
B.− Usuel. Soldat d'une unité motorisé (ou blindée, depuis 1940). Le 7erégiment de dragons portés (De Gaulle, Mém. guerre,1954, p. 35).
Rem. On rencontre ds la docum. à la dragonne, loc. adv. vieillie. D'une façon cavalière, hardie. Synon. à la hussarde. Je te dirai que j'y allai... à la dragonne, selon mon habitude, et qu'à la première occasion, malgré les cris de sa bouche et les pleurs de ses grands yeux de jais, je me fis l'amant de cette belle aux bras d'albâtre (Adam, Enf. Aust., 1902, p. 308).
Prononc. et Orth. Cf. dragon1. Étymol. et Hist. A. 1. Ca 1100 dragun « animal fabuleux » (Roland, éd. J. Bédier, 2543); 1176-81 hérald. (Chr. de Troyes, Chevalier Charrette, 5799 ds T.-L.); 1663 fig. dragon de vertu (Molière, École des femmes, IV, 8); 1672 dragon « femme acariâtre » (Molière, Femmes savantes, II, 9); 2. 1130-40 dans l'iconogr. chrét. symbole du démon (Wace, Ste Marguerite, éd. E. A. Francis, 379); 3. 1275-80 dragons volanz « phénomène qui se produit dans l'atmosphère » (J. de Meun, Rose, éd. F. Lecoy, 18885) − 1771, Trév. d'apr. FEW t. 2, p. 150b; 1686 « gros-tourbillons d'eau » (P. Tachard, Voiage de Siam, 1. I ds Rich. 1706); 4. 1690 (Fur. : Dragon, est aussi une Constellation celeste, vers le Pôle Arctique); 5. 1690 (Fur. : Dragon, est aussi une maladie qui vient aux yeux des chevaux); 1694 « tache dans l'œil de l'homme » (Ac.); 6. 1800 (Boiste : Dragon; serpent); 1803 (Boiste : Dragon lézard volant). B. Ca 1100 dragun « étendard » (Roland, éd. J. Bédier, 1480) − xvies. (Paré ds Gdf. : faire voler le dragon); 1594 « soldat de cavalerie » (Satyre Menippée, éd. E. Tricotel, t. 1, p. 98). Empr. au lat.draco, onis class. « animal fabuleux; constellation », chrét. « diable, démon »; b. lat. « enseigne de cohorte ».
STAT. − Dragon1 et 2. Fréq. abs. littér. : 1 024. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 1 305, b) 1 722; xxes. : a) 2 141, b) 1 029.
BBG. − Gilbert (A. H.). The Etymology of dragoon. P. M. L. A. 1943, t. 58, p. 580. − Gottsch. Redens. 1930, p. 311, 390. − Goug. Mots t. 3 1975, p. 42. − Kemna 1901, p. 60. − Ritter (E.). Les Quatre dict. fr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, pp. 405-406.

Wiktionnaire

Nom commun

dragon \dʁa.ɡɔ̃\ masculin (pour un dragon femelle (animal fabuleux), on dit dragonne ou, pour les dragons de l’Antiquité, dracène)

  1. (Mythologie) (Fantastique) Animal fabuleux qu’on représente en Occident avec des pattes armées de griffes, des ailes et une queue de saurien, ou en Asie comme un animal serpentiforme associé à l’eau.
    • C’est d’ailleurs moins le Moyen Âge lui-même qui plaît qu’une certaine ambiance conçue comme typiquement médiévale, combinant le poids des muscles, le choc des épées, la brûlure des dragons et l’envoûtement des sortilèges. — (Joseph Morsel et al., L’Histoire (du Moyen Âge) est un sport de combat…, 2007)
    • Eh ! bien, […] permettez-moi donc de veiller sur vous, comme un dragon veille sur un trésor. — (Honoré de Balzac, Modeste Mignon, 1844)
    • Dans ce charmant district de la joyeuse Angleterre qu’arrose le Don, s’étendait, aux jours reculés, une vaste forêt […] Là, autrefois, revenait le dragon fabuleux de Wantley […] — (Walter Scott, Ivanhoé, traduit de l’anglais par Alexandre Dumas, 1820)
    • […] un récif au large, dragon gigantesque, la gueule terrifiante, l’épine dorsale et la longue queue hérissées de pointes, semble en interdire l’accès […] — (Jean-Baptiste Charcot, Dans la mer du Groenland, 1928) (Figuré)
    • On dit qu’il a vendu à un « arcandier » qui fait la brocante, la statue en bois de saint Georges terrassant le dragon — (Jean-Louis Boncœur, Le Diable aux champs, Fayard, 1981)
    • Ils se les caillaient sur un trottoir entre deux réverbères depuis plus d'une heure, en face d'un restau dont la vitrine s'ornait d'une tête de dragon multicolore et d'un aquarium aux poissons également aussi généreux en couleurs pétantes qu'un « ensemble » de Karine. — (Pierre Lucas, Police des mœurs, n° 185 : Mi-figue mi-résille, éd. Vauvenargues, 2014, chap. 34)
  2. (Familier) Femme vive, turbulente, acariâtre.
    • […] mais Diderot n’en est-il pas responsable pour lui avoir tôt préféré Mme de Puisieux et tant d’autres, ou la compagnie de camarades en philosophie que le dragon conjugal lui interdit de recevoir à la maison ? — (Travaux de littérature : Le culpabilité dans la littérature française, vol. 8 à 9, page 221, L’ADIREL, 1995)
  3. Enfant mutin et déterminé.
    • Exemple d’utilisation manquant. (Ajouter)
  4. (Par analogie) (Herpétologie) Lézard australien (draco), qui a une aile membraneuse de chaque côté du corps et qui voltige avec légèreté d’un arbre à un autre.
  5. (Par analogie) (Herpétologie) Plusieurs types de reptiles carnivores des pays chauds, apparentés soit à l’iguane, soit au varan.
    • Carnivore, le dragon d’eau est un très bon nageur qui peut rester trente minutes sous l’eau. — (Dragon d’eau australien, article Wikipédia).
    • Le dragon de Komodo (Varanus komodoensis) est une espèce de varan qui se rencontre dans les îles de Komodo […] — (Dragon de Komodo, article Wikipédia).
  6. (Histoire) (Religion) (France) (Militaire) Soldat des armées d’Ancien Régime, qui furent chargés de mater les révoltes protestantes.
    • Il est certaines régions des Cévennes où l’abandon est total, […] où les vieilles communautés protestantes de la montagne sont en voie de disparition. C’est pourtant ici la zone héroïque où Jean Cavalier tint tête si longtemps aux dragons de Villars. — (Ludovic Naudeau, La France se regarde : le Problème de la natalité, Librairie Hachette, Paris, 1931)
  7. (Militaire) Soldat se déplaçant à cheval mais combattant, en principe, à pied (infanterie montée).
    • La division Treilhard, forte de deux mille chevaux, s’étant à peu près formée, le 4e régiment de dragons étant en tête de la colonne, attaqua la cavalerie ennemie près de Mormant, et la culbuta […] — (Rapport du Comte de Valmy sur l’affaire de Mormant)
    • Là étaient les débris vivants des meurtrières rencontres des premiers jours : dragons, zouaves, chasseurs de Vincennes, turcos, soldats de la ligne, hussards, lanciers, tous hâves, silencieux, mornes, traînant ce qui leur restait de souffle. — (Amédée Achard, Récits d’un soldat - Une Armée Prisonnière ; Une Campagne Devant Paris, 1871)
    • Nous avions combattu et couru toute la journée. Faits prisonniers par les dragons prussiens, nous avions été emmenés jusqu'à Vrigne-aux-Bois au grand trot de nos montures. — (Victor Thiéry, Après la défaite : Souvenirs et impressions d'un prisonnier de guerre en Allemagne, Paris : chez Frinzine, Klein & Cie, 1884, page 17)
    • Ce fut en avril à cinq heures
      Au petit jour que dans ton cœur
      Un dragon plongea son couteau.
      — (Louis Aragon, La Guerre et ce qui s’en suivit)
    • Nous envoyons les dragons en éclaireurs, mais rien à droite, rien à gauche, et, devant nous, à cinq cents mètres, la colline et la forêt. — (Jean Giraudoux, Retour d’Alsace - Août 1914, 1916)
    • Tous étaient debout […] car ils étaient décidés à repousser les troupes assaillantes, eux qui, deux ans plus tôt, avaient été sabrés par les dragons à Bélair, aux portes de Charleville. — (Henri Manceau, Des luttes ardennaises, 1969)
  8. (Antiquité) Enseigne de la cohorte dans l’armée romaine.
  9. (Héraldique) Animal possédant un corps de serpent,des pattes d’aigle et une tête de crocodile avec une langue pointue.
    • Il y a aussi des serpents qui ont des pieds & des ailes de chauve-souris, qu’on appelle Dragons : ainsi Bourghese, dont étoit Paul cinquième, porte d’azur au dragon d’or, au chef de même, chargé d’un aigle de sable. — (Marc-Gilbert de Varennes, Le roy d’armes, ou L’art de bien former, charger, briser, timbrer, parer, expliquer et blasonner les d’armoiries, Paris : chez Pierre Billaine, 1635 part. 2, page 173)
  10. (Alchimie) Salpêtre.
    • Metez en digestion du Salpetre bien purifié dans l’esprit de Salpetre, pour en dissoudre autant qu’il pourra, faites-en l’extraction, […], & distillez comme auparavant, recommençant la même chose, jusqu’à ce que l’esprit sorte aussi acre qu’il est entré, pour lors le dragon est suffisamment empreigné. — (La pharmacopée raisonnée de Schroder, commentée par Michel Ettmuller, livre 2 : La Minéralogie, Lyon : chez Thomas Amaulry, 1698, page 666)
  11. (Marine) Voile d’étai d’un lougre.
  12. (Numismatique) Banc à tirer où le métal acquiert une épaisseur constante.
  13. (Navigation) Type de voilier, à gréement de sloop et à quille.
    • Le Dragon est dessiné par l’architecte naval norvégien Johan Anker en 1929. C’est un bateau de qualité, à la carène fine et au pont dégagé, il est taillé pour une utilisation sportive à au moins 3 équipiers. — (Dragon (bateau), article Wikipédia).
  14. (Zoologie) Race de pigeons de fantaisie originaires d’Angleterre, à caroncules et au bec fort. Note : Peut être utilisé avec une majuscule Dragon pour mettre en avant le fait qu’on donne un caractère générique au mot.
  15. Tache maladive dans l’œil.
  16. (Héraldique) Meuble représentant dans les armoiries un animal chimérique. Il est généralement posé rampant, tourné à dextre. Sa représentation est un assemblage de corps de serpent avec la queue enroulée, d’ailes de chauve-souris et d’une tête de bête dont la gueule est ouverte et dévoile une langue fourchue. Il est souvent représenté avec deux pattes (arrières majoritairement) mais il peut en présenter 4. Sa colonne vertébrale peut être parcourue d’une crête et sa queue munie d’un dard. On peut le voir également pourvu d’oreilles et/ou de cornes sur la tête.
    • D’argent au dragon de gueules, à la bordure de sinople, qui est de la commune de Plomelin du Finistère → voir illustration « armoiries avec un dragon »
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

DRAGON. n. m.
Animal fabuleux qu'on représente avec des pattes armées de griffes, des ailes et une queue de saurien. Le dragon qui gardait le jardin des Hespérides. Fig. et fam., Un dragon de vertu, Une femme dont la vertu est austère et farouche. Il se dit aussi figurément et familièrement d'une Femme vive, turbulente, acariâtre, ou d'un Enfant mutin et déterminé. Cette femme est un vrai dragon, C'est un vrai dragon, un petit dragon. Il se dit par analogie, en termes d'Histoire naturelle, de Certains petits lézards des pays chauds, qui ont une aile membraneuse de chaque côté du corps et qui voltigent avec légèreté d'un arbre à un autre. Il se dit aussi d'un Soldat d'un des corps de cavalerie de ligne. Il est dans les dragons. Régiment de dragons. Colonel, capitaine de dragons. Le casque d'un dragon.

Littré (1872-1877)

DRAGON (dra-gon) s. m.
  • 1Animal fabuleux qu'on représente avec des griffes, des ailes et une queue de serpent. Mais que me servira cette vaine poursuite, Si toujours les dragons sont prêts à t'enlever ? Corneille, Médée, V, 8. Quand un autre dragon, qui n'avait qu'un seul chef Et bien plus d'une queue…, La Fontaine, Fabl. I, 12. Indomptable taureau, dragon impétueux, Sa croupe se recourbe en replis tortueux, Racine, Phèd. V, 6.

    Terme de blason. Reptile qu'on représente avec deux pieds et une longue queue, sans ailes. Dragon monstrueux, se dit d'un dragon ailé.

    Fig. Un dragon de vertu, femme d'une vertu austère et farouche, et le plus souvent affectée, car dragon de vertu se prend moins en bonne qu'en mauvaise part. Ces dragons de vertu, ces honnêtes diablesses, Se retranchent toujours sur leurs sages prouesses, Molière, Éc. des f. IV, 8.

    Fig. Faire le dragon, montrer une vertu farouche. Mais toi, ne peux-tu rien tirer de la boutique ; J'ai fait le diable à quatre. - Et j'ai fait le dragon, Regnard, le Bal, 3. Tu ne feras plus le dragon, belle brunette, Favart, Cherch. d'esprit, sc. 12.

    Endormir le dragon, tromper la surveillance d'un gardien sévère, locution prise du dragon de la mythologie qui, ne dormant jamais, gardait la toison d'or. Il fallait commencer par endormir le dragon, Hamilton, Gramm. 4.

    C'est un vrai dragon, un petit dragon, se dit familièrement d'une femme vive et acariâtre, et d'un enfant mutin. Pour peu que l'on s'oppose à ce que veut sa tête, On en a pour huit jours d'effroyable tempête ; Elle me fait trembler dès qu'elle prend son ton ; Je ne sais où me mettre, et c'est un vrai dragon, Molière, Fem. sav. II, 9.

  • 2Nom d'un ancien étendard sur lequel était figuré un dragon.
  • 3Dans le style de l'Écriture, le dragon infernal, ou, simplement, le dragon, le démon. Des abominations suggérées par le Dragon à ceux qui suivent son parti, Pascal, Prov. 14.

    Le dragon renversé, ancien ordre de chevalerie, institué par l'empereur Sigismond à l'occasion du concile de Constance et de la condamnation de Jean Huss et de Jérôme de Prague.

  • 4 Fig. Souci, inquiétude, remords, chimère. Hélas ! de quoi ne me souviens-je point ? les moindres choses me sont chères ; j'ai mille dragons, Sévigné, 19. Ce m'eût été un dragon perpétuel de n'avoir pas rendu les derniers devoirs … ma tante, Sévigné, 149. Je me sens coupable d'une partie de vos dragons, Sévigné, 333. Je suis assurée que deux ou trois mois vous ont quelquefois défiguré vos dragons… que vous ne les avez pas reconnus, Sévigné, ib.

    Ce mot, très usité dans ce sens au XVIIe siècle, du moins chez Mme de Sévigné, ne l'est plus guère aujourd'hui.

  • 5Dans l'ancienne armée, nom d'une cavalerie légère qui combattait tantôt à cheval, et tantôt à pied, et qui avait des colonels et des sergents comme l'infanterie, et des cornettes comme la cavalerie. Bientôt vole après eux ce corps fier et rapide, Qui, semblable au dragon qu'il eut jadis pour guide, Toujours prêt, toujours prompt, de pied ferme, en courant, Donne de deux combats le spectacle effrayant, Voltaire, Fontenoy. M. de Louvois nous envoie de tous côtés des jésuites et des dragons, Voltaire, l'Ingénu, 8. …Les dragons, race assez peu dévote, Ne parlaient là que langue de gargote ; Charmant aux mieux les ennuis du chemin, Ils ne fêtaient que le patron du vin, Gresset, Vert-Vert, III.

    Aujourd'hui, dragon, espèce de soldat de cavalerie qui appartient à la cavalerie de ligne. Un régiment de dragons. Il [l'Empereur] sentait des bandes de Cosaques rôder sur les flancs et derrière lui : cent cinquante dragons de sa vieille garde ne venaient-ils pas d'être rencontrés, assaillis, écrasés par une foule de ces barbares ? Ségur, Hist. de Nap. VIII, 10.

    Les dragons sont souvent pris, comme les grenadiers, les hussards, pour le type de la licence et de la brusquerie militaire. N'est-il pas à craindre que, loin de votre surveillance, il n'abuse de sa liberté et ne commette quelqu'une de ces étourderies qui malgré l'excuse de l'âge ont parfois des résultats fort graves ? - Cela est à craindre en effet, mais qu'y faire ? un apprenti dragon ne peut pas être cloîtré comme une religieuse, Ch. de Bernard, la Peau du lion, § X.

  • 6Espèce de lézard de l'Inde, muni d'ailes membraneuses.

    Poisson du genre pégase.

    Ancien nom de la vive.

    Oiseau d'Amérique.

    Sang de dragon, voy. SANG-DRAGON.

  • 7 Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère boréal.

    La tête et la queue du dragon, les deux points où l'orbite de la lune coupe le plan de l'écliptique, et auprès desquels, la lune se rencontrant en conjonction ou en opposition, se font les éclipses de soleil ou de lune. Ces deux points se nomment aussi les nœuds.

  • 8Nom, dans l'ancienne hippiatrique, de la tache blanchâtre qui se dessine dans le cristallin du cheval, lorsque la cataracte commence à s'y former.

    Par extension. Sorte de tache dans l'œil de l'homme (ce mot n'a point d'usage dans le langage médical). Argus et ses cent luminaires, Non pas tous aux prunelles claires, Les uns mauvais, les autres bons, Et plusieurs ayant des dragons, Scarron, Virg. trav. VII. Roux, mal fait, borgne, et un dragon dans l'œil, Marmontel, Mém. VIII.

    S. m. plur. Points ou taches qui se rencontrent dans le diamant.

  • 9 Terme de marine. Voile d'étai de hune d'un lougre.

    Dragon d'eau, ancien nom de la trombe. C'est un de ces gros tourbillons que les mariniers appellent trompes, pompes ou dragons d'eau ; ce sont comme de longs tubes ou cylindres formés de vapeurs épaisses, lesquelles touchent les nues d'une de leurs extrémités et de l'autre la mer qui paraît bouillonner tout autour, Voyage de Siam, liv. I (t. I, p. 37)

    Dragon de vent, ancien nom de l'ouragan.

  • 10Anciennement, dragon volant, pièce d'artillerie de 32 livres de balles.
  • 11Nom donné par les anciens chimistes au salpêtre.

    Dragon mitigé, le mercure doux.

HISTORIQUE

XIe s. Serpenz et guivres, dragon et aversier, Ch. de Rol. CLXXXI. Le dragon [il] porte, à qui la gent s'alie [se rallie], ib. CXII.

XIIe s. A une part est au roi avisé Por le dragon que il voit ventoler, Et l'oriflambe esgarda par delez, Garin, dans DU CANGE, draco. Ge sui freres des dragons et compains des ostrusces, Job, p. 441.

XIIIe s. Tu freinsis [brisas], sire Dieux, les chiés [têtes] del dragon, Psautier, f° 88. Ne sai quel gent nous trouverons ; En leurs enseignes ont dragons ; Ce souloient Romains porter ; Ce nous fait moult à redouter, Roman d'Athis, dans DU CANGE, draco. Mès li autres vint au devant, Tot autresi com un dragon, Renart sesi au peliçon, Ren. 24931. Dragons volans et estenceles Font-il par l'air sembler esteles, Qui des ciex en cheant descendent, Si cum les foles gens entendent, la Rose, 19115. Jà tornassent aus Frans li Sarrasin felon, Quant li dus i sorvient, qui portoit le dragon, Ch. d'Ant. II, 823.

XIVe s. Et fu fait serment les uns aux autres que, se aulcun d'eux estoit pour ce pris, se assembleroient à Saint Innocent… et après ce se par aulcun d'iceulx eust esté fait vouler le dragon [si quelqu'un d'entre eux se f-t mis en campagne], Du Cange, draco.

XVe s. Monseigneur Bertran tient son fié de nostre sire le roy par baronnie, et doit à nostre sire le roy son service, c'est à sçavoir de cinq chevaliers, et doit porter le dragon du duc de Normandie, Du Cange, draco.

XVIe s. Ces politiques ont des dragons [arquebusiers à cheval ainsi nommés dès 1585] sur les champs, qui prennent tous vos pacquets, Sat. Mén. p. 90. Il faut tirer hors la veine peu à peu… tous les auteurs luy ont donné le nom de vena… si le dragon [dragonneau] vient à suppurer…, Paré, VI, 23. Six jours après, je la trouvai hors la porte Montmartre, sur un cheval de bast, qui rioit à gorge desployée et s'en alloit avec les chassemarées, pour avec eux faire voler son dragon [se mettre en campagne], et retourner en son pays, Paré, XIX, 25.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DRAGON. Ajoutez :
12 Terme de monnayage. Dragon, banc à tirer dans lequel le métal, entraîné par une chaîne sans fin à travers une ouverture oblongue ménagée entre deux surfaces d'acier, acquiert une égalité d'épaisseur irréprochable.
13 Arbre du dragon, dracaena draco, L., Baillon, Dict. de botan. p. 247.
14Sorte de papillon, bombyx terrifica ou bombyx Milhauseri, ainsi appelé à cause de la chenille.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

DRAGON, s. m. en Astronomie, est une constellation de l’hémisphere septentrional, composée, selon Ptolomée, de 31 étoiles ; de 32, selon Tycho ; de 33, selon Bayer ; & de 49, selon Flamsteed. (O)

Dragon, terme d’Astronomie. La tête & la queue du dragon, caput & cauda draconis, sont les nœuds ou les deux points d’intersection de l’écliptique & de l’orbite de la Lune, qui fait avec l’écliptique un angle d’environ cinq degrés. Voyez Orbite & Nœud.

Il faut remarquer que ces points ne sont pas toûjours au même endroit ; qu’ils ont un mouvement propre dans le Zodiaque, par lequel ils retrogradent très-sensiblement, parcourant le cercle entier dans l’espace d’environ dix-neuf ans.

C’est dans ces points d’intersection, ou proche de ces points, que se font toutes les éclipses. Voyez Éclipse.

On les marque ordinairement par ces caracteres, ☊, tête du dragon, & ☋, queue du dragon.

L’un de ces points, appellé tête du dragon, est celui par lequel la Lune passe pour entrer dans la partie septentrionale de son orbite ; l’autre appellé queue du dragon, est celui par lequel la Lune passe pour entrer dans la partie méridionale de son orbite. On ne voit pas de trop bonnes raisons de cette dénomination ; aussi les astronomes modernes l’ont abandonné, ils ne se servent plus que des mots de nœud ascendant & descendant. Voyez ces mots. (O)

Dragon, draco, (Hist. natur. Zoolog.) animal fabuleux que l’on s’est représenté sous la forme d’un serpent avec des ailes & des piés. Les descriptions que les anciens en ont faites, varient pour la grandeur, la couleur & la figure de ce prétendu animal : il n’y a pas moins de contradictions par rapport aux mauvaises qualités qu’on lui a attribuées. On a distingué de grands & de petits dragons ; la longueur des derniers étoit de cinq coudées, & celle des autres alloit jusqu’à trente, 40 ou 50 : on a même crû qu’il s’en trouvoit de 100 coudées & plus. On a dit que les grands dragons avaloient des cerfs & d’autres bêtes. Ce fait, tout étonnant qu’il est, a été rapporté & confirmé par différens auteurs, au sujet des grands serpens des Indes, voyez Serpent. L’origine que l’on a attribuée à certains dragons, en disant qu’ils étoient produits par l’accouplement d’un aigle avec une louve, est aussi fausse que merveilleuse. On a distingué les dragons mâles & les femelles, dracones & draconæ, en ce que les mâles étoient plus grands, plus forts & plus courageux que les femelles ; qu’ils avoient une crête, & qu’ils habitoient sur les plus hautes montagnes, d’où ils ne descendoient dans les plaines que pour chercher leur proie : les femelles au contraire restoient dans les lieux marécageux ; elles étoient lentes, & n’avoient point de crêtes. On a crû qu’il y avoit des dragons cendrés, de couleur dorée, de noirs, à l’exception du ventre qui étoit verdâtre. Je ne finirois pas si j’entreprenois de rapporter ce que l’on a dit de leur venin, de leur façon de vivre, de leur accouplement, &c. & de décrire les différentes figures sous lesquelles on a représenté les dragons, & celles que l’on fait de petites raies desséchées, & que l’on garde dans les cabinets d’histoire naturelle, sous les noms de dragons, de basilics, &c. Voyez Ald. de serpentibus & draconibus.

Il n’y a déjà dans les livres que trop de ces histoires fabuleuses de dragons : j’avoue qu’il y en a quelques-unes qui sont fondées sur de grandes autorités, & je ne suis pas éloigné de les croire vraies pour le fond, en mettant quelques modifications dans la forme. Je pense qu’on a donné indistinctement le nom de dragon aux animaux monstrueux du genre des serpens, des lésards, des crocodiles, &c. que l’on a trouvés en différens tems, & qui ont paru extraordinaires par leur grandeur ou par leur figure. On ne sait pas à quel degré d’accroissement un reptile peut parvenir ; s’il reste ignoré dans sa caverne pendant un très-long tems, sa figure doit changer avec l’âge, & dans la suite des générations il se trouve assez de difformités & de monstruosités pour faire un dragon d’un animal appartenant à une espece ordinaire : par conséquent les dragons sont fabuleux, si on les donne comme une espece d’animaux constante dans la nature ; mais on peut croire qu’il a existé des dragons, si on les regarde comme des monstres, ou comme des animaux parvenus à une grandeur extrème. (I)

Dragon de mer. Voyez Vive.

* Dragon, (Hist. mod.) ce fut une enseigne militaire des Perses, des Daces, des Parthes, & même des Romains ; & ce fut de-là qu’on appella Draconains ceux qui la portoient.

* Dragon, (Myth.) Le dragon qui mord sa queue fut, dans la Mythologie, le symbole de Janus. Elle avoit attelé des dragons au char de Cerès. Il fut aussi le symbole de Bacchus Bassarus. Elle employa un dragon à garder les pommes du jardin des Hespérides.

Dragon renversé, (Hist. mod.) ordre de chevalerie, institué par l’empereur Sigismond vers l’an 1418, après la célébration du concile de Constance, en mémoire de la condamnation des erreurs de Jean Hus & de Jérôme de Prague, à laquelle ce prince contribua beaucoup par ses soins, son autorité, & son zele. Cet ordre qui ne subsiste plus, a fleuri en Allemagne & en Italie. Les chevaliers portoient ordinairement une croix fleurdelisée de verd. Aux jours solennels ils revêtoient le manteau d’écarlate ; & sur un mantelet de soie verte, ils avoient une double chaîne d’or, de laquelle pendoit un dragon renversé, aux ailes abattues, émaillées de diverses couleurs. Favin, théâtre d’honn. & de chev. Chambers. (G)

Dragons, (Hist. mod. & Art milit.) il se dit d’une sorte de cavaliers qui marchent à cheval & qui combattent à pié, mais aussi quelquefois à cheval.

Menage dérive le mot dragon, du mot latin draconarius, dont Végece se sert pour désigner un soldat ; mais il y a plus d’apparence qu’il vient de l’allemand tragen ou draghen qui signifie porter, comme étant une infanterie portée à cheval.

Les dragons sont ordinairement postés à la tête du camp, & vont les premiers à la charge, comme une espece d’enfans perdus. Ils sont réputés ordinairement du corps de l’infanterie, & en cette qualité ils ont des colonels & des sergens ; mais ils ont des cornettes comme la cavalerie. Dans les armées Françoises on dit que ce sont des cavaliers sans botte.

Les armes des dragons sont l’épée, le fusil, & la bayonnette. Dans le service de France, quand les dragons marchent à pié, leurs officiers portent la pique, & les sergens la hallebarde ; dans le service Anglois on ne se sert de l’un ni de l’autre. Chambers.

L’origine des dragons en France est assez ancienne, mais les anciens corps de ces troupes n’y ont pas été entretenus. Ceux d’aujourd’hui ont été créés par Louis XIV, qui leur avoit d’abord donné rang d’infanterie, avec laquelle ils servoient & avoient le commandement à grade égal suivant l’ancienneté de leurs régimens ; c’est-à-dire que lorsqu’un régiment de dragons étoit plus ancien qu’un régiment d’infanterie, les capitaines du régiment de dragons commandoient à ceux du régiment d’infanterie moins ancien, & ainsi des autres officiers. Le roi donna ensuite rang aux dragons avec la cavalerie, & ils commandent les officiers de ce corps ou ils en sont commandés à grade égal, suivant l’ancienneté de leurs brevets. Si les brevets se trouvent du même jour, l’officier de cavalerie commande par préférence sur celui de dragons.

A l’armée les dragons sont quelquefois mêlés avec la cavalerie, & ils obéissent au commandement de la cavalerie. Ils font aussi quelquefois corps entr’eux, & alors ils ont un commandant particulier.

Les dragons ont deux principaux officiers, qui sont le colonel général & le mestre de camp général.

Quand les armées s’assemblent, il y a un major général pour les dragons, comme dans l’infanterie, au-dessus des majors des régimens, qui doivent prendre les ordres de lui. Cet officier reçoit l’ordre du maréchal général des logis de la cavalerie. (Q)

Dragon & Dragon volant, (Art militaire, Artillerie.) ce sont des noms qu’on donnoit autrefois à des pieces de canon de 40 livres de balle, & de 32 : ces noms ni ces pieces ne sont plus en usage depuis long tems. (Q)

Dragon, (Maréchall.) les Maréchaux appellent ainsi une maladie qui vient aux yeux des chevaux, & qui consiste en une tache blanche au fond de la prunelle : elle n’est pas au commencement plus grosse que la tête d’une épingle ; mais elle croît peu-à-peu au point de couvrir toute la prunelle. Le dragon vient d’obstruction & de l’engorgement d’une lymphe trop épaissie. Ce mal est incurable.

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Étymologie de « dragon »

Du latin draco, lui-même du grec ancien δράκων, drákôn (sens 1), dérivé de δρακεῖν, drakeîn provenant du verbe δέρκομαι, dérkomai (« voir clair »).
Pour expliquer l’utilisation du mot pour désigner un soldat, → voir draconarius.
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Provenç. drac, dragon ; espagn. dragon ; ital. dragone. Dans le provençal, drac est le nominatif du latin dr co, avec l'accent sur dr ; et dragon est le régime, de dracónem, avec l'accent sur có. Quant aux dragons, sorte de cavalerie, Voltaire dit : L'opinion la plus vraisemblable sur l'origine du mot dragon est qu'ils portèrent un dragon dans leurs étendards, sous le maréchal de Brissac, qui institua ce corps dans les guerres du Piémont, Voltaire, Fontenoy, note nn. Ils eurent d'abord le nom d'arquebusiers à cheval ; puis le drapeau aura donné le nom aux soldats. Il n'y a rien à faire, ce semble, pour cette étymologie, du latin drungus, qui signifie une troupe de soldats.

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Phonétique du mot « dragon »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
dragon drɛgœn

Évolution historique de l’usage du mot « dragon »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « dragon »

  • Qui trop combat le dragon devient dragon lui-même. De Friedrich Nietzsche
  • Le redoutable dragon ne l'emporte pas sur le serpent lové dans l'herbe. De Proverbe chinois
  • Qui veut devenir dragon doit manger d'abord beaucoup de petits serpents. De Proverbe chinois
  • Le puissant dragon n'arrive pas à vaincre le tyran local. De Gao Xingjian / La Montagne de l'âme
  • On aimerait tant pouvoir inventer le dragon qui fera de nous des princes charmants. De Bernard Arcand / De nouveaux lieux communs
  • Quel est le grand dragon que l'esprit ne veut plus appeler ni Dieu ni maître ? "Tu dois" s'appelle le grand dragon. Mais l'esprit du lion dit : "Je veux". De Friedrich Nietzsche / Ainsi parlait Zarathoustra
  • Il n'est pas prudent d'écarter de ses calculs un dragon vivant, quand on est près de lui. De J. R. R. Tolkien / Bilbo le Hobbit
  • Ainsi vient la neige après le feu, et même les dragons ont une fin. De J. R. R. Tolkien / Bilbo le Hobbit
  • Tous les dragons de notre vie ne sont peut-être que des princesses qui attendent de nous voir heureux ou courageux. De Rainer Maria Rilke
  • Moi ça me plaît de jouer avec rien, comme quand j'étais môme et que je m'imaginais combattant des dragons. Retrouver mes 6 ans, c'est un plaisir absolu. De Omar Sy / Le Parisien - 10 juin 2015
  • Peindre calmait le chaos qui agitait mon âme. C’était une façon de domestiquer ces dragons qui ont toujours surgi dans mon travail. De Niki de Saint Phalle / Harry et moi
  • Partez pour une quête magique à la recherche de boules et d'un dragon. Bon, dis comme ça, ça ne fait pas rêver, mais les fans auront reconnu : on parle bien de Dragon Ball ! Le Grand Rex prépare un marathon des trois films du deuxième manga le plus vendu au monde. Les 17 et 18 juillet 2020, préparez-vous pour (re)découvrir  Dragon Ball Z : Battle of God, Dragon Ball Z : La Résurrection de « F » et Dragon Ball Super : Broly. , Marathon des films Dragon Ball au Grand Rex - Sortiraparis.com

Images d'illustration du mot « dragon »

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Traductions du mot « dragon »

Langue Traduction
Anglais dragon
Espagnol continuar
Italien drago
Allemand drachen
Chinois
Arabe تنين
Portugais dragão
Russe дракон
Japonais ドラゴン
Basque herensuge
Corse u dragone
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Synonymes de « dragon »

Source : synonymes de dragon sur lebonsynonyme.fr
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