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Doxologie

Définitions du mot « doxologie »

Trésor de la Langue Française informatisé

DOXOLOGIE, subst. fém.

LITURG. Finale de prières (psaumes, hymnes, collectes, canon de la messe, etc.) à la louange de la Trinité. Répéter la doxologie, se terminer par la doxologie. Ne discernant plus la fin des psaumes qu'au retour de la doxologie, au « Gloria patri et filio » qui les séparait les uns des autres (Huysmans, En route,t. 1, 1895, p. 93).Les Psaumes, les Épîtres de S. Paul, S. Pierre et S. Jean (...) renferment de nombreuses doxologies (Foit. 11968).
Prononc. et Orth. : [dɔksɔlɔ ʒi]. Ds Ac. 1762. Étymol. et Hist. 1610 (S. Rouillard, Magn. Doxologie du festu ds R. Philol. fr., t. 43, p. 125). Empr. au gr. δ ο ξ ο λ ο γ ι ́ α « glorification, hymne de louanges » (cf. Du Cange, p. 189, s.v. doxologia). Fréq. abs. littér. : 7.

Wiktionnaire

Nom commun

doxologie \dɔk.sɔ.lɔ.ʒi\ féminin

  1. (Religion) Prière pour célébrer la grandeur et la majesté de Dieu. Dernière strophe d’une hymne, qui est relative à une glorification.
    • Lors de cette messe bilingue, les prêtres utilisent, l’un en latin et l’autre en anglais, le même texte final de la doxologie.
    • Ce n’est donc que par une pastorale erronée que l’on peut faire chanter la doxologie par toute l’assemblée. — (Adrien Nocent, Le renouveau liturgique: une relecture, 1993)
  2. Énoncé d’une opinion généralement admise.
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Littré (1872-1877)

DOXOLOGIE (do-kso-lo-jie) s. f.
  • Petit verset qui se récite à la fin des psaumes et qui commence par Gloria Patri…

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

DOXOLOGIE. Ajoutez :
2Manifestation glorieuse de Jésus-Christ.
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Encyclopédie, 1re édition (1751)

DOXOLOGIE, s. f. (Théol.) nom que les Grecs ont donné à l’hymne angélique ou cantique de loüange que les Latins chantent à la messe, & qu’on nomme communément le Gloria in excelsis ; parce qu’il commence en grec par le mot δόξα, c’est-à-dire gloire.

Ils distinguent dans leurs livres liturgiques, la grande & la petite doxologie. La grande doxologie est celle dont nous venons de parler. La petite doxologie est le verset Gloria Patri & Filio, &c. par lequel on termine le chant, ou la récitation de chaque pseaume dans l’office divin, & qui commence en grec par le même mot δόξα.

Philostorge, dans son III. livre, n°. 13, nous donne trois formules de la petite doxologie. La premiere est Gloire au Pere, au Fils, & au S. Esprit. La seconde, Gloire au Pere par le Fils dans le S. Esprit. Et la troisieme, Gloire au Pere dans le Fils & le saint-Esprit. Sozomene & Nicéphore en ajoûtent une quatrieme ; savoir, Gloire au Pere & au Fils dans le saint-Esprit.

La premiere de ces doxologies est celle qui est en usage dans les églises d’Occident. Elle fut instituée, selon quelques-uns, vers l’an 350, par les catholiques d’Antioche ; mais S. Basile, dans son livre du S. Esprit, chap. xxvij & xxjx, remarque que cet usage étoit beaucoup plus ancien, quoiqu’il ne fût pas universel. Les trois autres furent composées par les Ariens. La seconde étoit celle d’Eunomius & d’Eudoxe, & elle est adoptée par Philostorge qui étoit dans leurs sentimens. Ces trois formules furent faites vers l’an 341, au concile d’Antioche, où les Ariens qui commencoient à n’être plus d’accord entre eux, voulurent avoir des doxologies relatives à leurs divers sentimens. Philostorge attribue à Flavien, qui fut d’abord patriarche d’Antioche, la premiere origine de la doxologie des Catholiques ; mais l’autorité de cet auteur Arien est fort suspecte sur un fait dont Sozomene & Théodoret ne disent rien. Il y eut effectivement à Antioche de grandes disputes sur la forme de la doxologie ; les Catholiques retinrent la premiere ; & les Ariens & autres Anti-trinitaires, quelqu’une des trois autres. Saint Basile a tâché de justifier la seconde.

Au reste, comme le remarque Bingham, la petite doxologie n’a pas toûjours été uniforme dans les églises catholiques. Le quatrieme concile de Tolede, tenu en 533, s’exprime ainsi à cet égard : In fine omnium psalmorum dicimus, Gloria & honor Patri & Filio & Spiritui sancto, in sæcula sæculorum, amen ; où l’on omet ces paroles aujourd’hui & depuis longtems reçues, Sicut erat in principio & nunc & semper, & où l’on ajoûte le mot honor. Cette forme de doxologie n’étoit pourtant pas particuliere à l’église d’Espagne, car l’église Greque s’en servit quelque tems, comme il paroît par le traité de S. Athanase de la Virginité. Strabon, de reb. eccles. c. xxv, rapporte que les Grecs la conçurent ensuite en ces termes : Gloria Patri & Filio & Spiritui sancto, & nunc & semper, & in sæcula sæculorum, amen ; mais il ne marque pas l’époque de ce changement. Il paroît par le second concile de Vaison, tenu en 529, que ces mots, Sicut erat in principio, n’étoient pas encore universellement introduits dans la doxologie de l’église Gallicane, puisque les PP. du concile souhaitent qu’on les y insere pour prémunir les fideles contre l’erreur des Ariens, qui prétendoient que le Fils n’avoit pas été de toute éternité. Outre cette doxologie qui terminoit les pseaumes, Bingham observe qu’il y en avoit anciennement une, dont il cite un exemple tiré des constitutions apostoliques, l. VIII. c. xij, par laquelle on terminoit les prieres : Omnis gloria, veneratio, gratiarum actio, honor, adoratio, Patri & Filio & Spiritui sancto nunc & semper & in infinita ac sempiterna sæcula sæculorum, amen. Ou cette autre : Per Christum cum quo tibi & Spiritui sancto gloria, honor, laus, glorificatio, gratiarum actio insæcula, amen. Et enfin celle-ci, par laquelle on concluoit les sermons ou homélies : Ut obtineamus æternam vitam per Jesum Christum cui cum Patre & Spiritu sancto gloria & potestas in sæcula sæculorum, amen. Bingham, orig. eccles. tom. VI. lib. XIV. c. xj. §. 1.

Quelques auteurs se servent du mot hymnologie, comme synonyme à doxologie, mais il y a entre ces deux mots une différence : hymnologie se dit des pseaumes, cantiques, hymnes, &c. ou de la récitation de toutes ces choses : & doxologie, du dernier verset Gloire au Pere, &c. répété à la fin de chaque pseaume. Cependant les rubricaires se servent communément du mot doxologie, pour exprimer la derniere strophe ou la conclusion de chaque hymne, où l’on rend gloire aux trois personnes de la sainte Trinité. Voyez Hymne.

Quant à la grande doxologie ou au Gloria in excelsis, excepté les premieres paroles que les évangélistes attribuent aux anges qui annoncerent aux bergers la naissance de Jesus-Christ, on ignore par qui le reste a été ajoûté ; & quoiqu’on appelle toute la piece l’hymne angelique, les PP. ont reconnu que tout le reste étoit l’ouvrage des hommes. C’est ce qu’on voit dans le 13e canon du jv. concile de Tolede. Ce qu’il y a de certain, c’est que ce cantique est très ancien. S. Chrysostome observe que les Ascetes le chantoient à l’office du matin. Mais de toute antiquité, on l’a chanté principalement à la messe, non pas cependant tous les jours. La liturgie mozarabique veut qu’on le chante le jour de Noël avant les leçons, c’est-à-dire avant la lecture de l’épître & de l’évangile. Dans les autres églises, on ne le chantoit que le dimanche, à Pâques, & autres fêtes les plus solennelles ; & encore aujourd’hui dans l’église Romaine, on ne le dit point à la messe les jours de férie & de fêtes simples, non plus que dans l’avent ni depuis la septuagésime jusqu’au samedi saint exclusivement. Bingham, orig. eccles. tom. VI. l. XIV. c. xj. §. 2. (G)

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Étymologie de « doxologie »

(Siècle à préciser) Du grec ancien δοξολογία, doxología (« louange »).
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Δοξολογία, de δόξα, gloire, et λόγος, discours.

ÉTYMOLOGIE

Δόξα, gloire, et λόγος, discours.

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Phonétique du mot « doxologie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
doxologie dɔksɔlɔʒi

Évolution historique de l’usage du mot « doxologie »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « doxologie »

  • 79. Il va sans dire qu’un document de ce type ne peut aborder qu’un nombre limité de questions et que ses auteurs ne peuvent traiter qu’un certain nombre de préoccupations pouvant se présenter à ceux qui le reçoivent. Avec humilité et prudence, il ne s’agit donc pas d’une éthique sociale complète de l’Église, mais tout au plus d’une invitation à une réflexion plus approfondie de la part des fidèles. Plus précisément, l’ethos social de l’Église se réalise non seulement par la mise en œuvre de prescriptions éthiques, mais aussi et surtout comme une attente liturgique du Royaume divin. Rien de ce qui est écrit ici ne peut porter de fruits séparés d’une vie pleinement sacramentelle de ceux qui sont appelés à être immergés dans le feu de l’Esprit Saint, unis au Christ et, par le Christ, au Père. Pour les Pères de l’Église, et en particulier selon l’enseignement de Denys l’Aréopagite, la doxologie céleste des puissances des ordres angéliques entourant le trône royal du Christ (cf. Ap 7, 11) perfectionne et communique à la fois le culte archétypal et parfait auquel toute la création est appelée depuis l’éternité. Cette liturgie céleste inspire et informe le terrestre, le sacrement de l’Eucharistie (63). Cette relation indissoluble et inaliénable entre la réalité céleste des puissances angéliques et des saints et la vie terrestre de l’Église dans le monde fournit la justification essentielle qui sous-tend les principes éthiques de l’Évangile et de l’Église. Ces principes ne sont rien de moins qu’une manière de participer à la contemplation éternelle du culte qui est seul capable de réaliser les natures créées et de les élever à leur destinée divine. Cependant, pour que les chrétiens orthodoxes se conforment aux commandements moraux du Christ, chacun doit aussi porter sa croix personnelle quotidiennement, ce qui implique dans une certaine mesure la discipline ascétique d’un « deuil joyeux » joyeux – non pas comme une sorte d’émotion cathartique, mais plutôt comme un acte de repentance pour son éloignement de la grâce de Dieu. C’est pourquoi, dans les Béatitudes, les personnes endeuillées sont bénies par le Christ qui leur promet la certitude de la consolation divine. « Heureux les doux : ils auront la terre en partage. » (Mt 5, 4). La Croix, IX. Conclusion
  • Elle célèbre les fastes de ce Dieu qui est notre roi. Elle se fait louange, gloire rendue, ce qu’on appelle aussi « doxologie » (comme, à la fin du chant d’un Psaume, l’invocation « Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit »). La prière, liturgique ou personnelle, ne saurait oublier de se faire doxologie. La prière décentre, elle nous invite à nous occuper de Dieu plutôt que de nous. Et nous savons bien que, dès que nous nous occupons de lui (lui qui ne cesse de s’occuper de nous), nous nous portons mieux. Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Les cadeaux des rois mages, symboles d’une prière réussie
  • L’homme a de nombreux devoirs à l’égard de la création, certains plus urgents que d’autres : l’eau, l’air, le climat, l’énergie, la défense des espèces à risque… On en parle dans tous les contextes et toutes les rencontres qui s’occupent d’écologie. Il existe cependant un devoir envers la création dont on ne peut parler que dans une rencontre entre croyants et il est tout à fait juste qu’il soit mis au centre de ce temps de prière. Ce devoir est la doxologie, la glorification de Dieu à cause de la création. Une écologie sans doxologie rend l’univers opaque, comme une immense mappemonde de verre privée de la lumière qui devrait l’éclairer de l’intérieur. La Croix, “La terre, comme la vie, n’est donnée en propriété à personne, mais en usage à tous”
  • B. L’embolisme. Prière propre au prêtre qui développe la dernière demande du Notre Père pour toute la communauté des fidèles, la libération de l’emprise du Mal. Le peuple conclut par la doxologie : « Car c’est à Toi qu’appartiennent le règne, la puissance et la gloire pour les siècles des siècles ». Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Messe : tous les gestes et attitudes décryptés par un prêtre
  • Sur Youtube, des conseils pour bien vivre une neuvaine sont donnés : choisir le lieu, imprimer le texte du jour ou le lire sur téléphone, lire la méditation, un « Notre Père », trois « Je vous salue Marie », conclure par la doxologie (Gloire au Père, au Fils, au Saint-Esprit)… , Confinement. Réapprenez à prier chez vous, grâce à internet et avec les dominicains de Lille | Lille Actu
  • (40) Cette élévation qui accompagne la doxologie du canon et qu’on peut à juste titre qualifier de majeure est la plus antique de la liturgie eucharistique (cf. J.-A. Jungmann, Missarum sollemnia. Explication génétique de la messe romaine, Paris, Aubier, « Théologie », 21, 1954, vol. 3, p. 190). Le geste résume, avec les paroles qui l’accompagnent, l’ensemble de la prière eucharistique comprise comme offrande : « [Par le Christ et avec lui, les fidèles] sont, en lui, intégrés dans la communion vivante qui est son corps, et par là même pris dans le feu brûlant de sa prière, au point d’être rendus capables d’adorer le Père "dans l’Esprit et dans la Vérité" […] En ce lieu, à cet instant, où l’Église est assemblée, et assemblée devant l’autel où repose le Sacrement, pour offrir avec un saint respect le Corps et le Sang du Christ, alors vraiment Dieu reçoit tout honneur et toute gloire » (Ibid., p. 189) Ce n’est qu’après l’époque beaucoup plus tardive où se fait jour le besoin de « voir » l’hostie et où apparaît l’ostension qui suit la consécration du pain (à partir du XIIIe siècle) et celle du vin (elle ne s’impose dans les missels qu’avec le Missel de saint Pie V en 1570), que l’antique élévation du Per Ipsum est qualifiée de « petite » en raison de l’ampleur prise par sa cadette dans un contexte apologique (cf. Ibid., p. 123-128 et p. 190) La Croix, Corref – Frère Prétot et sœur Mariolle : “La liturgie comme conversation, dialogue, entretien”
  • Certes, les croyants ressentent aussi le besoin de louer Dieu. Les Évangiles nous rapportent cette exclamation de joie qui jaillit du cœur de Jésus, dans un étonnement plein de reconnaissance envers le Père (cf. Mt 11, 25-27). Les premiers chrétiens ont donc senti le besoin d’ajouter au texte du « Notre Père » une doxologie : « car c’est à toi qu’appartiennent la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles » (Didachè, 8, 2). La Croix, “La prière du « Notre Père » s’enracine dans la vie concrète de l’homme”, explique le pape François lors de l’audience générale

Traductions du mot « doxologie »

Langue Traduction
Anglais doxology
Espagnol doxología
Italien dossologia
Allemand doxologie
Chinois 毒理学
Arabe تمجيد الله
Portugais doxologia
Russe славословие
Japonais 頌栄
Basque doxologia
Corse doxologia
Source : Google Translate API

Synonymes de « doxologie »

Source : synonymes de doxologie sur lebonsynonyme.fr

Doxologie

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