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Colonisateur

Définitions du mot « colonisateur »

Trésor de la Langue Française informatisé

COLONISATEUR, TRICE, adj.

A.− [En parlant de pers.] Qui colonise; qui a pour vocation de coloniser. Un peuple, un génie colonisateur. En quelques années, le génie colonisateur de la Grande-Bretagne y [à Hong-Kong] avait fondé une ville importante et créé un port, le port Victoria (Verne, Le Tour du monde en 80 jours,1873, p. 99):
1. C'est à trembler de la tête aux pieds de se dire que les belles races américaines, du Chili au nord du Mexique, représentées par plusieurs vingtaines de millions d'Indiens, ont été entièrement exterminées, en moins d'un siècle, par leurs conquérants d'Espagne. Ça, c'est l'idéal qui ne pourra jamais être imité, même par l'Angleterre, si colonisatrice, pourtant Bloy, Journal,1903, p. 167.
Emploi subst. masc. Personne qui a participé ou qui participe à la création ou à l'exploitation d'une colonie. Les premières générations de colonisateurs (Renan, L'Avenir de la sc.,1890, p. 522):
2. L'éducation et l'exploitation des spontanéités collectives passent par le désir et la volonté transmis par les élites locales et induites par elles chez leurs compatriotes de « faire quelque chose » pour un groupe solidaire et familier. Est-ce dans un esprit de compétition d'abord hostile, disons d'émulation hargneuse contre l'ancien colonisateur? Il importe assez peu, si l'image même floue et fugitive d'un avenir pour le groupe accoutume peu à peu les hommes à décider et à vouloir. Perroux, L'Écon. du XXes.,1964, p. 252.
B.− P. ext.
1. BOT. ,,[Plante] qui s'installe sur un sol naissant`` (Plais.-Caill. 1958).
2. BIOL., MÉD. (Cellule) qui a pour fonction de se repeupler en nombre sur une autre partie de l'organisme. De ce nouveau foyer pourront émigrer ultérieurement de nouvelles cellules colonisatrices (Roussy dsNouv. Traité Méd.,fasc. 5, 2, 1929, p. 417).
Prononc. et Orth. : [kɔlɔnizatœ:ʀ], fém. [-tʀis]. Ds Ac. 1932. Étymol. et Hist. 1841 (Bugeaud, Proclamation aux habitants de l'Algérie ds Doc. d'hist. contemp., 1785-1850, p. 183 : Associations de colonisateurs). Dér. de coloniser*; suff. -(at)eur2*. Fréq. abs. littér. : 18.

Wiktionnaire

Adjectif

colonisateur \kɔ.lɔ.ni.za.tœʁ\ masculin

  1. Qui colonise.
    • Notons tout de suite que, de même que les diverses plantes n’ont pas le même pouvoir colonisateur, de même elles réagissent différemment devant les obstacles. — (Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Armand Colin, 1933, p.25)

Nom commun

colonisateur \kɔ.lɔ.ni.za.tœʁ\ masculin (pour une femme on dit : colonisatrice)

  1. Celui, celle qui colonise.
    • Présentées de la sorte, les tares de la colonisation pouvaient-elles faire horreur au colonisateur ? Pouvaient-elles l’interroger au point de le faire douter de lui-même ? — (Yvonne Turin, Littérature engagée et anticolonialisme européen dans l'Algérie du Centenaire: le cas singulier d'Albert Truphémus, dans la Revue d’Histoire moderne et contemporaine, tome XXIII, 1976, p.617)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

COLONISATEUR, TRICE. adj.
Celui, celle qui colonise. Un peuple colonisateur. Il se prend aussi comme nom. Les colonisateurs de l'Afrique.

Littré (1872-1877)

COLONISATEUR (ko-lo-ni-za-teur) s. m.
  • Celui qui colonise. Les colonisateurs de l'Amérique.

    Adj. Un peuple colonisateur.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « colonisateur »

 Dérivé de coloniser avec le suffixe -ateur.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « colonisateur »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
colonisateur kɔlɔnizatœr

Évolution historique de l’usage du mot « colonisateur »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « colonisateur »

  • Eduardo Mei – Au Brésil, la compréhension de la réalité est – depuis Cabral [Pedro Álvares Cabral, «découvreur du Brésil» en 1500] – déformée par la perspective du colonisateur. La tendance à utiliser des catégories exogènes pour interpréter la réalité brésilienne est séculaire et hésitante. Prenons l’exemple du Brésil lui-même, car c’est le continent que nous pouvons considérer. On a tendance à traiter le Brésil comme une nation contenue à l’intérieur de ses frontières. La notion de frontière provient d’une réalité historique étrangère au Brésil et qui s’impose comme un intérêt du colonisateur dans les traités internationaux. , La nécropolitique brésilienne et son origine dans la guerre de colonisation | A l'encontre
  • La mort de George Floyd, aux Etats-Unis, a mis la lutte contre le racisme au premier plan, partout dans le monde. « C’est un débat qu’on aurait dû avoir il y a longtemps, ça vient un peu tard. Lorsque, sous le gouvernement de Guy Verhofstadt nous nous sommes excusés auprès de la famille de Lumumba et que nous avons demandé au Rwanda, on voulait indiquer que notre rôle colonial, notre rôle de colonisateur n’avait pas que des aspects civilisationnels ». Des excuses qui sont intervenues très tard par rapport aux faits passés. Il explique que « le politique est responsable devant l’histoire de ce qu’il a fait et de ce qui a été fait ». Le Soir, Louis Michel sur la colonisation: «Un débat qu’on aurait dû avoir il y a longtemps» - Le Soir
  • La brutalité et la barbarie des agents de Léopold II, pour rentabiliser ce vaste territoire que le roi des Belges réussit à s’arroger au cœur de l’Afrique. Le sang congolais sur le marché de l’ivoire, de l’hévéa, du caoutchouc, selon les besoins de l’industrie européenne de l’époque. Un roi qui ferma les yeux et les oreilles face à toutes les dénonciations dont ses pratiques firent l’objet, tellement qu’il était focalisé sur ses seules préoccupations mercantilistes. L’exploitation coloniale belge poursuivit le modèle léopoldien, avec une administration coloniale dont les intérêts de la métropole l’emportaient sur toute autre considération favorable aux indigènes. Dans la colonie belge cohabitaient deux mondes parallèles et différents : le monde du colonisateur, idéalisé ; et celui du colonisé, à transformer. Chacun de ces modèles avait ses règles et ses procédés, ses droits et ses obligations qui en conditionnaient et orientaient le développement. L’organisation et le fonctionnement de la société coloniale rappelaient en permanence au noir qu’il était différent de l’homme blanc, il était et devait demeurer l’inférieur soumis. Le Soir Plus, Carte blanche: «Les Congolais en quête d’une seconde indépendance» - Le Soir Plus
  • Qu’il ait pu exister des colonisateurs de bonne volonté n’a pas empêché ou rendu plus facile la colonisation qui, il faut le rappeler, avait été une entreprise nationale mais non l’affaire d’une personne ou de quelques unes. En outre, les colons qui refusaient d’y prendre part - comme le rappelle Albert Memmi dans Le Portrait du colonisé-portrait du colonisateur -, retournaient souvent en métropole. Car ceux qui restaient en colonies se trouvaient de fait en contradiction avec eux-mêmes : ils pouvaient beau dénoncer ou agir contre le système dans lequel ils vivaient, ils n’en bénéficiaient pas moins de ses avantages matériels, juridiques, financiers, obtenus iniquement sur le colonisé. Donc, ce sont généralement ceux qui refusent de condamner l’entreprise coloniale, qui a été un mal absolu, qui se cachent toujours derrière l’idée qu’il y a eu de bons colons, comme l’a fait Sarkozy lors de son discours de Dakar : « Il y avait parmi eux des hommes mauvais, mais il y avait des hommes de bonne volonté. » D’autant qu’il s’agit moins de citer quelques «exceptions» que de juger dans sa totalité une idéologie, un système qui a duré plus d’un siècle dans les conditions les plus horribles. C’est comme dire que malgré ses horreurs le nazisme a permis à la science de se développer, et il y a eu de bons nazis. À quoi bon d’être un excellent employé quand ton entreprise a fait faillite totale ? Pas grand-chose. SenePlus, C’EST PLUTOT LA COLONISATION QUI A ETE UNE ENTREPRISE MANICHEENNE DESASTREUSE | SenePlus
  • La statue du colonisateur Cecil Rhodes n’a pas été jetée au sol mardi 9 juin, ni traînée jusqu’à la Tamise, à quelques centaines de mètres de l’Oriel College d’Oxford, dont elle orne la façade. Elle était pourtant la deuxième sur la liste des statues à abattre, après celle de l’esclavagiste Edward Colston, qui a fini sa course dans le port de Bristol, dimanche 7 juin, traînée par des manifestants galvanisés par le slogan Black Lives Matter (« les vies noires comptent »). Le Monde.fr, Des manifestants s’en prennent aux statues, symboles du passé colonial et esclavagiste du Royaume-Uni

Traductions du mot « colonisateur »

Langue Traduction
Anglais colonizer
Espagnol colonizador
Italien colonizzatore
Allemand kolonisator
Chinois 殖民者
Arabe المستعمر
Portugais colonizador
Russe колонизатор
Japonais 入植者
Basque kolonizatu
Corse culunizzatore
Source : Google Translate API

Synonymes de « colonisateur »

Source : synonymes de colonisateur sur lebonsynonyme.fr

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