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Beuvien

Définitions du mot « beuvien »

Wiktionnaire

Adjectif

beuvien \bə.vjɛ̃\

  1. Relatif à l'écrivain et critique littéraire Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869)
    • Sainte-Beuve disparaîtra de la Recherche, où l’esprit beuvien est cependant, saupoudré entre les acteurs du roman, Mme de Villeparisis étant le meilleur porte-parole du critique. — (Marcel Proust, À la recherche du temps perdu, Du côté de chez Swann, 1987, Éditions Gallimard, Folio n°1924, préface d’Antoine Compagnon, page XX)
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Étymologie de « beuvien »

De Sainte-Beuve
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Phonétique du mot « beuvien »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
beuvien bœvjɛ̃

Évolution historique de l’usage du mot « beuvien »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « beuvien »

  • 8Soucieux de sauver ce que la critique sainte-beuvienne comporte de méritoire, au delà ou en deçà de son parti pris biographiste, l’éditeur met en valeur ses fondements humanistes, en l’assimilant à une sorte de sagesse herméneutique, qui, à travers l’acte d’écrire ou de lire, rend sensible aux souffrances intimes de l’existence et promeut, pour les surmonter, une certaine attitude morale faite de résignation et de tristesse, mais dépourvue d’aigreur et d’amertume (p. 31). Par ce biais, l’œuvre à laquelle l’écrivain s’adonne pour se consoler s’avère donc aussi un motif de réconfort pour le lecteur. Malgré les bons mots, ou à cause justement de la piété herméneutique dont elle continue de s’envelopper, force est d’avouer qu’il reste difficile de souscrire, même partiellement, à cette conception humaniste du fait littéraire, et plus encore d’admettre qu’elle capture les « enjeux essentiels de l’art » (p. 33). Essentialisme pour essentialisme, sans doute eût-il été plus convaincant d’arguer du plaisir de lecture que procurent les pages habilement ouvragées, en même temps qu’admirablement précises, des essais de Sainte-Beuve. En tout état de cause, il est certain que la promotion des Portraits (au même titre d’ailleurs que celle des essais de Péguy, également obérés de nombreux préjugés) passera par la valorisation de la liberté exemplaire avec laquelle le critique réussit à cerner les particularités de ses sujets en manifestant une forme de prudence interprétative qui le préserve des dangers, en forme de généralisations, de la théorie. Et il ne semble pas nécessaire, pour mettre en relief cette liberté, de la faire apparaître en négatif d’une critique moderne portraiturée sous les traits d’un mouvement globalement dogmatique et avide de « vérités définitives » (p. 38) (représentation quelque peu paradoxale, dans un contexte où on n’a de cesse de vitupérer le relativisme ambiant). Il semble bien assez suffisant de rappeler, et c’est finalement ce à quoi s’applique M. Brix, que « Les Portraits contemporains nous enseignent, par l’exemple, comment remettre sur les rails cet outil critique que nous voyons bien rouillé et négligé » et que « Sainte-Beuve n’est pas seulement un irremplaçable commentateur de la littérature de son temps » : « il est aussi un professeur de liberté intellectuelle » (p. 41). , Sainte-Beuve, le critique libre (Acta Fabula)
  • C’est cet homme délicieux échappé des Salons de jadis, ultra-stendhalien, proustissime  (non moins que sainte-beuvien averti), vif et trompeur, qui s’étonne que vous ne soyez pas venu dîner alors qu’il a oublié par inadvertance de vous inviter parce qu’il avait convié trop de jolies femmes à sa table. Il est, à l’occasion, de ceux que le bonheur rend triste ou, ce qui revient au même, qui trouvent du bonheur à la mélancolie, mais il n’irait jamais jusqu’à proférer comme tels esthètes fin de siècle (le XIXème) ces pareilles paroles impies : que vivre avilit. Tant cet être héliotropique, s’il est un esthète ès écriture et fréquente beaucoup chez les Rich & Famous à domicile et les U (Upper class) aux antipodes, est tout sauf décadent. Et, pas davantage, ce dandy-né n’est-il un athée de l’amour. Lecteur à l’ancienne, il est une victime ultra-consentante de sa passion pour la littérature, syndrome de Stockholm à fond avec désenvoûtement incorporé, un merveilleux ami des Lettres qui châtie bien les écrivains qu’il aime, dont il brosse dans nos meilleurs hebdomadaires depuis quarante ans des portraits ciselés, selon sa cible du jour, comme une porcelaine ou un marbre qu’il n’hésite pas à fissurer pour donner plus d’inactualité et un tour plus savant encore à ses vues panoptiques sur le Temple dont il a la garde. C’est un thuriféraire patenté, précieux avec parcimonie, doublé d’un spadassin de velours, qui dresse des autels critiques bien supérieurs, pour certains, à la figure des intéressés et leurs mérites dans leurs opus, qui fait attendre les autres avec malice au purgatoire, descend avec une grâce moqueuse aux enfers de l’oubli ou du ridicule les Surréalistes, Saint John Perse, Bourdieu, qui administre aux idoles consacrées les lauriers ou les baisers de Judas comme le roi Salomon distribuait jadis la justice. Enchanteur désenchanté, c’est un parfait incroyant des idées en cours, un sceptique qui ne croit qu’aux belles phrases, à la biophilie (le gai amour de la vie) et aux rêves avortés de ceux qui, injectant des bibliothèques entières dans une seule phrase, font patienter la mort, à commencer par celle, toujours annoncée, toujours différée, de la Littérature. C’est un conversationniste hors pair, un happyfewiste des Belles Lettres comme on n’en fait plus, amoureux des oxymores, des postures de néant, des petits maîtres insolents, indulgent, presque plus que leurs maîtresses fortunées, avec les Drieu et autres égarés portant leur mal de vivre en bandoulière. C’est un résurrectionniste, un Lazare maniaque exhumant des grands cimetières sous la plume les météores littéraires disparus jeunes avant que d’être devenus vieux. Attention aux excès de jeunesse, la Route tue ! Cf Huguenin, Nimier, Camus, et presque Sagan. Tant il est vrai que tout le monde, chez les écrivains, ne peut pas vivre (Malraux,Orwell, Char, Pierre Herbart, Clavel, Jankélévitch) et mourir (Nizan, Cavaillès, Jean Prévost), les armes à la main en défense de la liberté. C’est un avocat des Lettres qui s’est donné le beau mandat d’être infidèle à tous et à tout dans ses plaidoiries – sauf au beau style, le sien compris, qui s’est, de même, accordé le droit de s’en aller et de se contredire cher à son mentor baudelairien. Il ne pense plus, depuis qu’il écrit des romans saturniens, que la critique littéraire soit l’antichambre naturelle de la littérature mais plutôt son tombeau, tombeau qu’il fleurit pieusement, chaque année, d’un roman ou d’un hommage de la plus fine marqueterie à ses grands vivants, le cher Marcel en tête, suivi de Flaubert et d’un week-end en Stendhalie. Il est donc plein d’humour, de dérision.  Son art de ne pas y toucher fait plus de mal qu’une claque définitive. Il ne manque pas du zeste de cynisme nécessaire à la vérité, jouit du plaisir d’être non-dupe de ses propres admirations, n’en a pas moins de très sincères et sans retour, et il nous fait, au final, partager son amour conservateur pour la Littérature à l’heure, de Profundis, d’Amélie Nothomb. Et son diaporama de la tribu insensée des écrivains de toujours, d’hier et plus guère d’aujourd’hui (mais tout de même), est une promenade au champ d’honneur des Lettres comme on n’en a plus fait depuis, disons, les Goncourt. La Règle du Jeu, Gilles Hertzog, Jean-Paul Enthoven en ses Saisons de papier - La Règle du Jeu - Littérature, Philosophie, Politique, Arts
  • Aucun. Quand je me sens attaqué, cerné par les chacals, je fais tout pour qu'on me lâche et je m'abrite donc derrière le principe anti-sainte-beuvien : "Fichez la paix à l'homme, seule l'oeuvre compte." Mais, au fond, je suis de l'autre bord : une philosophie puise toujours dans le terreau de la vie de son auteur ; c'est une biographie mise en concepts...  LExpress.fr, Bernard-Henri Lévy: "Il y a une bataille pour la vérité" - L'Express
  • J'aime suivre presque jour après jour la vie de mes sujets. C'est pourquoi je n'ai pu m'occuper d'Hésiode, dont on sait trop peu de chose. Les biographies, à mon sens, tombent dans deux pièges : distinguer la vie de l'oeuvre - je m'assume comme sainte-beuvien ! - et ignorer le contexte historique. Impossible de comprendre Darwin sans savoir qu'il réfléchit au moment où l'indépendance de l'Amérique latine permet des explorations nouvelles et où l'Angleterre est déchirée par le débat sur l'esclavage. La théorie de l'évolution vient de là. De même, Aristote n'a pas de sens sans Alexandre, et Boèce pas plus hors de la bataille sectaire qui fracture l'Eglise. La biographie exhaustive et courte me semble un genre d'avenir. Mes maîtres sont Stefan Zweig et André Maurois, qui écrivent de manière chronologique et se mettent à la place de leur héros, pour comprendre par quel chemin il arrive à une idée. On appréhende mieux l'hindouisme en lisant la biographie du gourou de Gandhi qu'à travers un ouvrage de théologie abscons. Ces minibiographies livrent une compréhension intérieure de la polysémie, sur notre planète, à travers les âges, du rapport à la transcendance.  LExpress.fr, Attali: "Il faut être écouté du prince, ou rejeté par le prince" - L'Express

Images d'illustration du mot « beuvien »

⚠️ Ces images proviennent de Unsplash et n'illustrent pas toujours parfaitement le mot en question.

Traductions du mot « beuvien »

Langue Traduction
Anglais drinker
Espagnol bebedor
Italien bevitore
Allemand trinker
Chinois 饮酒者
Arabe شارب
Portugais bebedor
Russe пьющий
Japonais 酒飲み
Basque edale
Corse bevande
Source : Google Translate API

Synonymes de « beuvien »

Source : synonymes de beuvien sur lebonsynonyme.fr

Beuvien

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