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Augustinisme

Sommaire

  • Définitions du mot augustinisme
  • Étymologie de « augustinisme »
  • Phonétique de « augustinisme »
  • Évolution historique de l’usage du mot « augustinisme »
  • Citations contenant le mot « augustinisme »
  • Traductions du mot « augustinisme »

Définitions du mot augustinisme

Trésor de la Langue Française informatisé

AUGUSTINISME, subst. masc.

HIST. RELIG.
A.− Doctrine de saint Augustin :
1. Il ne se peut pas que l'œuvre du Tout-Puissant soit un monde inerte, car l'œuvre ne rendrait plus témoignage à l'ouvrier. Plus tard, pervertissant les principes de l'Augustinisme, Malebranche voudra faire chanter la gloire de Dieu par un monde sans nature et sans efficace, dont l'impuissance radicale attestera la toute-puissance de son auteur... Gilson, L'Esprit de la philos. médiév.,t. 1, 1931, p. 147.
En partic. Doctrine de saint Augustin sur la grâce :
2. Il est très remarquable que les théologies qui ont exprimé la doctrine du péché de la façon la plus radicale sous forme de doctrine de la double prédestination (augustinisme, calvinisme, jansénisme) ont été aussi, en fait comme en droit, des écoles de grandeur d'âme et n'ont autorisé aucune résignation morale. Philos., Relig.,1957, p. 3816.
B.− Doctrine conforme aux idées et à l'esprit de saint Augustin; doctrine des disciples de saint Augustin :
3. Ce n'est pas toujours le meilleur de saint Augustin qui a exercé de fait l'influence la plus profonde ou du moins la plus visible; la tâche qui nous est fixée devient dès lors facile à définir... : en appeler sans cesse de l'augustinisme, de tous les augustinismes, à saint-Augustin. H.-I. Marrou, St Augustin et l'Augustinisme,Paris, éd. du Seuil, 1955, p. 180.
Rem. 1reattest. 1845 (Besch.); dér. de augustin*, suff. -isme*.
STAT. − Fréq. abs. littér. : 14.
BBG. − Bouyer 1963. − DLF M. Â. − Foi t. 1 1968. − Fries t. 1 1965. − Théol. cath. t. 1, 2 1909.

Wiktionnaire

Nom commun

augustinisme \o.ɡys.ti.nism\ masculin

  1. Absence d’une distinction formelle entre le domaine de la philosophie et de la théologie, c’est-à-dire entre l’ordre des vérités rationnelles et celui des vérités révélées.
    • Tout d'abord, il n’y a pas d’augustinisme philosophique ou d’école philosophique augustinienne avant 1270. — (Fernand van Steenberghen, La philosophie au XIIIe siècle, 1966)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « augustinisme »

Dérivé de Augustin, nom d’Augustin d’Hippone ou Saint Augustin.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « augustinisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
augustinisme ogystɛ̃ism

Évolution historique de l’usage du mot « augustinisme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « augustinisme »

  • Que dit de notre époque le fait que les besoins de l’âme aient été jugés superficiels depuis le début de la crise du coronavirus ? On peut sortir de chez soi pour un besoin de « première nécessité », mais assister à la messe n’est-il pas pour les croyants un besoin de première nécessité ? Est-il possible de faire entendre cet argument à une classe politique reflet de notre époque et de son matérialisme ? Le matérialisme est incapable de répondre aux besoins d’un homme complet fait d’un corps et d’une âme, la seconde animant le premier. Les chrétiens pensent que l’âme est immortelle ; cependant, il ne s’agit pas de demander aux politiques de confondre le droit et la religion, de basculer dans une sorte d’augustinisme politique, mais simplement de ne pas contraindre leurs concitoyens à n’être que des bêtes sauvages uniquement mues par des besoins primaires. Réduire l’homme à son corps, circonscrire la vie sociale au matériel est extrêmement réducteur. Or, en admettant (pour l’heure puisque ce n’est pas, ici, le sujet) que le confinement général puis l’encadrement du déconfinement réalisent le bien commun, il s’avère que, de la manière dont l’Exécutif l’aborde, celui-ci est artificiellement réduit au temporel. Les besoins de l’âme non seulement de chacun mais de tous, le bien commun spirituel pas seulement des personnes mais de la société tout entière sont réduits à néant. Et, cela ne date pas du discours d’Édouard Philippe du 28 avril. Ainsi, l’article 2 de la loi du 23 mars 2020 (art. L3131-15 du Code de la santé publique) permet-il au Premier ministre d’ordonner, par décret, « la fermeture provisoire d’une ou plusieurs catégories d’établissements recevant du public ainsi que des lieux de réunion… ». La spécificité du culte y est totalement niée, noyée dans toutes les sortes de rassemblements. Une première en droit positif comme le fait remarquer Christophe Eoche-Duval dans un remarquable article paru dans *France catholique*. D’ailleurs, dans le cadre du confinement général, si les églises étaient autorisées à rester ouvertes (article 8 du décret du 23 mars 2020), il n’y avait aucune mention aux lieux de culte dans les autorisations dérogatoires de déplacement ! Il était explicitement autorisé de se rendre dans un supermarché ou d’aller faire du sport (il est vrai que le corps a ses besoins légitimes) mais, comme pour essayer d’en dissuader, strictement rien n’était indiqué sur le fait d’aller dans une église pour y adorer Dieu et le recevoir… dans son corps par la communion. Il est assez probable que nombre de politiques ignorent totalement la spécificité du catholicisme qui affirme la présence réelle de Dieu dans l’hostie consacrée. C’est dans la même logique matérialiste, doublée sans doute d’une grave méconnaissance, qu’Édouard Philippe a pu, sans sourciller, affirmer que les parcs et jardins étaient indispensable à l’équilibre des personnes mais que les messes avec des fidèles resteraient interdites au moins jusqu’au 2 juin. Personne, hormis Dieu, ne peut juger du for interne d’une personne. Mais tout cela en dit long sur la pauvreté intellectuelle de nos prétendues élites. Valeurs actuelles, Messes interdites jusqu’au 2 juin : un attentat d’État contre la liberté religieuse ? | Valeurs actuelles
  • 17h « Guy Debord sur les fleuves de Babylone: un situationniste et l’augustinisme littéraire » par Boris Donné (Université d’Avignon) , Port-Royal, littérature et cinéma (Paris)
  • Depuis La Poétique d’Aristote, la question de la Mimésis reste entière et l’une des questions les plus aporétiques dans le domaine des études littéraires. Qu’elle soit naturelle ou plutôt dangereuse chez Platon, c’est de la représentation (représentation est la traduction depuis longtemps admise de la « Mimésis » dans le champ français) que part toujours toutes les oppositions entre les théories littéraires et leurs conceptions d’une littérature mimétique ou non mimétique. L’œuvre d’Auerbach porte comme titre et sans déguisement le nom de Mimésis, malgré les tentatives d’un Genette de la traduire par les deux notions de fiction ou de feintise, derniers rejetons de l’effort de conceptualisation occidentale. Probablement, c’est d’Auerbach philologue ou de Ricœur phénoménologue que nous avons les approches les plus dialectiques et les plus synthétiques de la notion mise en relation avec une conscience du monde, de la réalité et de l’histoire chez le premier et fille du couplage difficile de La Poétique et des Confessions de Saint- Augustin chez le deuxième. Aucune notion n’a engendré autant de tensions entre l’aporie de l’existence et de l’essence. A l’origine nous trouvons donc deux courants de pensées, ou deux écoles philosophiques d’un côté un essentialisme qui se cristallise chez un Proust dans la figure du Moi créateur profond distinct de son moi social et de l’autre un Sartre pour lequel la littérature est une question d’engagement car elle nous jette dans le combat de l’existence. Mais les soubassements inconscients de ce clivage ne sont ni plus ni moins que des manifestations esthétiques (immorales) de l’ordre judéo-chrétien dont la quête de la vérité est d’abord et avant tout une quête intérieure. Pour la grande civilisation de l’âme qui est la civilisation occidentale, l’augustinisme continue à féconder depuis le discours de la méthode de Descartes, en passant par Proust et jusqu’à Ricœur, toute une conception de l’être déchiré entre les intimations du contexte et ses fantasmes, entre une sortie douloureuse du monde et un être-au-monde couteux selon Heidegger ou un devenir en situations fidèle à l’humanisme de l’existentialisme sartrien.  , Littérature(s) et Représentation(s) (Guelma, Algérie)
  • Plus étrange est le surprenant retournement d’un autre iconoclaste, Marc Joly, auteur d’un intéressant livre d'anthropologie politique sur le mythe Monnet, et sur l’Europe, telle qu’on la connaît, comme le projet délirant de ce subtil evergète, mais qui semblait, soudain, quand je l’ai entendu en parler sur cette antenne, bien plus réservé qu’il ne l’était dans son livre — jusqu’à me faire penser, la référence est permise, puisque l’on parle de pères fondateurs, à un jésuite parti en guerre contre les dérives de l’augustinisme, et qui s'apercevrait soudain qu’en attaquant la doctrine d’Augustin, il sciait la branche sur laquelle il était assis.  France Culture, Je ne vois personne entre Machiavel et Jean Monnet
  • Quelle est la plus belle explosion dans ce bouquet final ? Celle qui met en scène le molinisme, le quiétisme, le jansénisme, l'augustinisme. Quels sont les grands noms de cette féérie théologique ? Luis de Molina et Jansénius, Madame Guyon et Fénelon, Arnauld et Pascal, mais aussi Bossuet et Rancé. Le Point, Onfray à la Trappe #6 - La grâce contre la prédestination - Le Point
  • De Port-Royal des Champs, un peu plus loin, il ne reste justement que des ruines — le mausolée de la colère d’un roi qui, après avoir révoqué l’édit de Nantes et lâché des dragons à travers les Cévennes, voulut en finir avec le jansénisme, cette interprétation si stricte de l’augustinisme qu’elle paraissait réduire la liberté humaine à néant.  France Culture, Le jansénisme
  • Intitulé «Actualité de la spiritualité augustinienne», le congrès cherche à promouvoir la communication des recherches contemporaines sur saint Augustin et l’augustinisme, renforcer les liens de charité entre congrégations, communautés et instituts vivant selon la Règle de saint Augustin, et affermir la spiritualité augustinienne dans la vie ecclésiale. Outre Jean-François Petit, Mgr Charles Morerod, évêque de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF), Pierre-Yves Fux, ambassadeur de Suisse près le Saint-Siège, ou encore le Père Philippe Capelle-Dumont, président de l’Académie catholique de France, interviendront lors de ce congrès. (cath.ch/rz) cath.ch, St-Maurice: retraite sacerdotale avec le Frère David d'Hamonville – Portail catholique suisse

Traductions du mot « augustinisme »

Langue Traduction
Anglais augustinism
Espagnol agustinianismo
Italien augustinism
Allemand augustinismus
Chinois 奥古斯丁主义
Arabe augustinism
Portugais agostinismo
Russe учение августина
Japonais オーガスティン主義
Basque augustinism
Corse agostinisimu
Source : Google Translate API
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