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Apophatisme

Sommaire

  • Définitions du mot apophatisme
  • Étymologie de « apophatisme »
  • Phonétique de « apophatisme »
  • Évolution historique de l’usage du mot « apophatisme »
  • Citations contenant le mot « apophatisme »
  • Traductions du mot « apophatisme »

Définitions du mot « apophatisme »

Wiktionnaire

Nom commun

apophatisme \a.pɔ.fa.tism\ masculin

  1. (Philosophie) Approche philosophique fondée sur la négation.
    • Si l’on s’en tient au vocabulaire de la théologie chrétienne, on peut parler ici d’apophatisme, et reconnaître que l’absolu taoïste ne peut se définir qu’en termes négatifs. — (Etiemble, préface à : Philosophes taoïstes 1, édition La Pléiade, 1980)
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Étymologie de « apophatisme »

Du grec ancien ἀπόφασις, apophasis, issu du verbe ἀπόφημι, apophēmi (« nier »).
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « apophatisme »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
apophatisme apɔfatism

Évolution historique de l’usage du mot « apophatisme »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « apophatisme »

  • Pourtant, même après des années d’études, la lecture des grands textes n’a pas réussi à déraciner mon mal-être, mon insatisfaction coriace. J’ai donc été tenté de m’intéresser aux traditions d’Orient. J’ai essayé des retraites pour me donner les moyens de tordre le cou aux mille et un tiraillements qui me minaient. Ne voulant pas tourner le dos à la foi de mon enfance, je me suis inscrit à des sessions consacrées au zen et aux évangiles. J’ai aimé dans le zen la voie du silence, de l’apophatisme, cette ascèse rigoureuse qui, loin de tout concept, nous ramène au fond du fond. J’ai connu pour la première fois en l’espace d’un instant une paix profonde, inédite. Aujourd’hui, philosophie et méditation sont comme une respiration, deux mouvements essentiels de la vie. Entre les deux, je ne saurais choisir tant elles se nourrissent. Le Monde.fr, « Méditer, c’est se délester de cette insatiable quête d’un gain »
  • La quête de sens en islam correspond donc à une élévation et à une intériorisation. On dira aussi qu’elle est une « verticalisation de la connaissance », c’est-à-dire qu’elle rapporte la connaissance à un principe transcendant qui, bien qu’indicible (respectant en cela les règles de la théologie apophatique ou négative, tanzih . cf. l’article de Eric Younès Geoffroy, «  L’apophatisme en islam », paru dans le n° spécial de la Revue des sciencesreligieuses (Faculté de Théologie Catholique de Strasbourg) consacré aux « Voies négatives » (278, n°4), se donne à « voir » dans le cosmos. Faut-il rappeler que c’est le même terme de la langue arabe, ayat, qui désigne les versets du Coran, les états intérieurs de l’âme et les phénomènes du cosmos. Les versets comme les phénomènes sont des Signes qui, précisément, sont les signatures de ce principe ineffable. Oumma, La quête de sens en islam
  • Il n'a pas été indifférent à Barthes d'être méthodologique. Avant la mise en soupçon du mot de "méthode" au carrefour des années 1960-1970, Barthes a eu des velléités méthodistes au moment de la sémiologie triomphante, alors qu'il était lui-même à la recherche d'un "système" pour se négocier une place dans un champ structuraliste alors à la fête. Comme il le confie a posteriori, avec un zeste de naïveté rétrospective et non de reniement, il dit avoir "traversé un rêve (euphorique) de scientificité (dont Système de la Mode et les Éléments de sémiologie sont les résidus" (1). S/Z, en alliant le vœu de pulvérisation du sens à la rage codificatrice, est un livre étrange autant qu'ambigu dans ses rapports avec la méthode. Tout en déniant le caractère méthodologique et explicatif de son texte ("ceci n'est pas une explication de texte"), Barthes n'en propose pas moins — en plus de toute la logique mathématique qui accompagne chacune des lexies — en guise d'annexe, une table raisonnée qui tient précisément lieu de plan et qui inscrit clairement des chapitres méthologiques sous les entrées "La Méthode I" et "La Méthode II". La méthode est donc encore revendiquée au nom de la "responsabilité" du critique, lequel doit assumer avec lucidité le système méthodologique depuis lequel il parle sans être pour autant dupe de ses alibis rhétoriques. Mais, bien sûr, Barthes inscrit progressivement l'horizon d'un flottement dans le traitement de la Méthode, une désorientation toute stratégique qui doit en déplacer la centralité et les déterminations par trop légales — "castratrices" dit ailleurs Barthes (2). L'enjeu n'est pas vraiment ne plus avoir de "vues méthologiques" comme l'asserte Barthes, mais bien de jouer "contre" la méthode — à la fois en opposition et en proximité — dans des dispositifs formels conscients de la "Fiction" propre à toute méthode et précisément aptes à la déjouer par des choix d'écriture méthodiquement anti-méthodiques (3). C'est selon cet équilibre subtil, que Barthes va désigner du terme savant d'apophatisme (4), qu'il va se négocier un retour à la méthode à son entrée au Collège de France; Barthes ne cède pas à la naïveté que serait la destruction ou la suppression de toute méthode, il opte au contraire pour un méthodisme "apophatique", dont la principale fonction va être de délivrer le savoir selon une méthode activement négative, active par la négativité qui est celle de la "déprise", de la "fragmentation", de la "digression"; toutes formes méthodologiques qui, comme on le verra, inaugurent les seuils des livres ou des cours à partir de L'Empire des signes. France Culture, Théoricien ou hédoniste : y aurait-il deux Roland Barthes?
  • Se trouvent encore réunies chez lui une conscience violente du mystère, proche de l’apophatisme (approche théologique consistant à définir Dieu par ce qu’Il n’est pas plutôt que par ce qu’Il est, ndlr), et une tendance presque bavarde à nommer les mêmes mystères, à en parler sous le mode le plus direct et le plus désarmant (à propos, par exemple, des dimensions du corps de Jésus comparées aux dimensions de l’hostie), à en repousser autant qu’il est possible les limites de non-intelligibilité. Tomas Tyn parle alors du « plaisir de penser », un plaisir qui transparaît à travers la respiration jubilatoire de sa parole et qui échappe, selon lui, à la presse des obligations journalières, mais qui est « l’œuvre d’une vie », et qui consiste à reprendre chaque jour les mêmes interrogations pour tenter de pénétrer plus profond dans la compréhension de ce qui semble se refuser à l’intelligence. Aleteia : un regard chrétien sur l’actualité, la spiritualité et le lifestyle, Tomas Tyn, une vie donnée pour la foi
  • On observe aussi un lien entre Bloy et les tenants de la théologie négative comme Klossowski et Bataille, car on trouve déjà chez lui quelque chose de cet apophatisme, qu'il a découvert à travers les mystiques rhénans. Le Figaro.fr, « Pour Léon Bloy et les antimodernes, la littérature est la dernière demeure de la vérité »
  • 10Ainsi, en replaçant la définition habituelle de l’écriture de Bernanos par la lacune, la béance ou le silence dans la lumière propre d’une spiritualité carmélitaine originelle, Ph. Richard rompt avec la thèse d’un apophatisme bernanosien, et ce à deux niveaux. Premièrement parce que cette écriture, au lieu de promouvoir la négativité comme seul moyen de désignation du deus absconditus, surmonte au contraire cette négativité et restitue une présence effective : , Romans de l’abandon, pour un monde moderne abandonné (Acta Fabula)

Traductions du mot « apophatisme »

Langue Traduction
Anglais apophatism
Espagnol apofatismo
Italien apofatismo
Allemand apophatismus
Chinois 细胞凋亡
Arabe أبوفاتيسم
Portugais apofatismo
Russe апофатизм
Japonais アポトーシス
Basque apophatism
Corse l'apopatismu
Source : Google Translate API
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