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Citations sur le tout - Page 2
Il y a 701 citations sur le tout.
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Ce qui est sûr les relations de production se sont instituées en U.R.S.S. sous la poussée d’un besoin vital produire à tout prix ; du moins cette fin s’imposait-elle à un pays presque entièrement agricole qui venait de socialiser les moyens de production.
Jean-Paul Sartre — Situations -
Pas plus que Boris qui, tranquille comme un iceberg au milieu du désordre des rires et des paroles, tout en ronchonnant que celui qui sème le vent récolte la tempête, griffonnait ses poèmes.
Maryse Condé — La Belle Créole -
À La Brévine, les voitures fermées sont inconnues (et dans presque tout le pays) ; il y a le petit charriot pour l’été, et le traîneau pour l’hiver.
André Gide — Correspondance avec sa mère -
Il entendit le réveille-matin. C’était un bruit de vieux moulin à café mettant un temps infini à grincer sur un grain. Tout à coup ce bruit lui fut insupportable. Il se leva. Il alla jeter le réveille-matin dans la poubelle de la cuisine.
Pascal Quignard — Les escaliers de Chambord -
Voudrais-tu, dès à présent, pondre la discorde dans ce nid de fraternité naissante, prouver que tu es l’alpha et l’oméga de tout rapport entre les humains et que rien n’est au-dessus de ta domination ?
Panaït Istrati — Codine – Mikhaïl – Mes départs – Le Pêcheur d’éponges -
Il est l’Alpha et l’Oméga : car il est Celui par qui tout commence et en qui tout prend fin.
Saint Augustin — Enarrationes in Psalmos -
BELINEVa, va, cela n’en vaut pas la peine. Quelle perte est-ce que la sienne? et de quoi servait-il sur la terre? Un homme incommode à tout le monde, malpropre, dégoûtant, sans cesse un lavement ou une médecine dans le ventre, mouchant, toussant, crachant toujours ; sans esprit, ennuyeux, de mauvaise humeur, fatiguant sans cesse les gens, et grondant jour et nuit servantes et valets.
Molière — Le Malade imaginaire -
Alors que son jeune mari menait une vie déréglée sans aucun motif connu, rentrant en pleine nuit lorsqu’on croyait qu’il avait passé la journée à l’Université, sortant soudain lorsqu’on croyait qu’il resterait à la maison, bref, alors qu’il menait une vie de patachon, comme dirait sa mère, Yasuko, elle, avait une vie tout à fait paisible, presque heureuse.
Yukio Mishima — Les amours interdites -
J’embrassais des filles, l’essentiel de mon existence était tout entière à l’extérieur de cette classe étriquée, eh oui les gars, la vie est ailleurs, allez en cours si ça vous amuse, moi j’embrasse des filles et tant pis si j’attrape des trucs, croyez-moi, le jeu en vaut la chandelle, et je peux vous dire que mes yeux se ferment sans même que j’aie à leur imprimer la moindre impulsion tant la passion embrase tous nos sens…
Fabrice Caro — Le discours -
J’appréciais son humour corrosif, son sens de la dérision, ses connaissances encyclopédiques, qui avaient été un handicap dans sa scolarité parce que, à force de tout savoir, comme il le disait lui-même, il ne savait jamais quoi dire : « Tu sais, répétait-il à tout propos, je me demande si le jeu en vaut la chandelle. » C’était son expression favorite, la question revenait sans cesse dans sa bouche et, quand il la formulait, il rabattait en arrière ses longs cheveux…
Bruno Le Maire — L’ange et la bête -
Il faudra faire quelques sacrifices pendant tout l’été, vivre séparément chacun dans nos familles aux frais de nos parents, tandis que nos salaires tomberont chaque mois sur nos comptes. Économiser jusqu’au dernier sou. Mais le jeu en vaut la chandelle.
Catherine Cusset — Confessions d’une radine -
[…] le présentateur l’avait promis mais vous savez comme le temps est changeant et, si vous voulez mon avis, ils se trompent aussi souvent qu’ils prévoient correctement, mais j’écoute la météo tout de même et pour rendre à César ce qui est à César, au printemps dernier, ils ont bien prévenu les gens qu’il y aurait des vents violents et des inondations, et c’était tant mieux parce que la tempête a éventré Pittsburgh, de grands arbres ont été arrachés…
John Edgar Wideman — Le projet Fanon -
Meta a senti ça, c’est bien de sa part. Elle est pratiquement la seule. Après tout, c’est une aristocrate, ceci explique cela.
Philippe Sollers — Une vie divine -
Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York, c’est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n’est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide là, pas baisante du tout, raide à faire peur.
Louis-Ferdinand Céline — Voyage au bout de la nuit -
Le Quichotte exprime poétiquement, et réalistement, la tension de l’auteur et de l’Espagne tout entière, prise entre un Moyen Age dont on ne peut déjà plus rêver, et le monde moderne…
Alain-René Lesage — Histoire de Gil Blas de Santillane -
Le signal consisterait à battre le briquet trois fois, ce qui, tout en restant discret, était assez caractéristique pour se faire reconnaître.
Joseph Conrad — Gaspar Ruiz -
Il espère, il s’accroche et malgré moi, comme pour ne pas lui donner trop de raisons de trop y croire, je joue les Cassandre, alors que je ne veux jouer à rien du tout, sinon jongler avec la littérature…
Pierre-Jean Remy — Rêver la Vie -
« […] Tout ça pour dire que notre offensive de ce soir me paraît compromise. Je ne veux pas jouer les cassandres. Il n’empêche qu’à mon avis c’est mal parti. » Elle était d’accord.
Franz Bartelt — La mort d’Edgar -
Sûrement n’a-t-elle jamais cessé de l’aimer. Je ne veux pas jouer les Cassandre, mais j’ai tout de même le sentiment que le parfum d’euphorie qui s’empare d’elle peut être tout aussi fugitif que l’expression récente du désamour.
David Foenkinos — La famille Martin -
À la veille de mourir, torturée par d’atroces douleurs d’estomac, elle écrit à son neveu « Ne t’inquiète pas. J’en ai vu bien d’autres et puis j’ai fait mon temps, et ne m’attriste d’aucune éventualité. Je crois que tout est bien, vivre et mourir, c’est mourir et vivre de mieux en mieux. »
George Sand — Lettres d’une vie -
Je suis un homme très tranquille à qui vous faites des yeux effrayants, et puis je causais avec madame en tout bien tout honneur. Mais oui, certainement, murmura Oliva, en tout bien tout honneur.
Alexandre Dumas — Le Collier de la reine -
Et qu’est-ce qui s’est passé après? Rien du tout. Tant qu’on était à boire, il y a eu une bagarre, c’est vrai, mais après, ça a été en tout bien tout honneur.
Anton Tchékhov — Le Malheur des autres -
Pendant près de vingt ans, j’avais été l’une des favorites du roi, en tout bien tout honneur.
Franz-Olivier Giesbert — Belle d’amour -
Scipion emmena Salomon au café Riche où il lui fit servir deux tasses de café très fort. Ensuite il lui proposa d’aller un peu voir, en tout bien tout honneur, les nistonnes de derrière la mairie.
Albert Cohen — Les Valeureux -
FrosinePar ma foi, faut-il le demander ? Je le voudrois de tout mon cœur. Vous savez que, de mon naturel, je suis assez humaine. Le ciel ne m’a point fait l’âme de bronze, et je n’ai que trop de tendresse à rendre de petits services, quand je vois des gens qui s’entr’aiment en tout bien et en tout honneur. Que pourrions-nous faire à ceci ?
Molière — L’Avare -
Il a l’intention de les montrer à Portela et de discuter avec lui d’un petit commerce, d’une manière de vivre. Ensuite il s’occupera du Jean de Calais et des aventures bouffonnes des Bossus. Tout vient à point à qui sait attendre.
José Cardoso Pires — L’invité de Job -
Trappenier est une créature tenace, opiniâtre et dangereuse, capable de préparer ses mauvais coups longtemps à l’avance, persuadée que le temps joue pour elle, que tout vient à point à qui sait attendre.
Alain Spiess — Installation -
Il avait pris pour devise « Tout vient à point à qui sait attendre. » Il sut être en même temps patient et énergique. Le succès fut rapide et complet.
Guy de Maupassant — Boule de suif – La Maison Tellier suivi de Madame Baptiste -
Avec un peu de chance, on le décorerait peut-être. Tout vient à point à qui sait attendre.
Tonino Benacquista — Malavita -
Je ne vous demande pas de remerciements, mon vieux, tout vient à point à qui sait attendre.
Pierre Mac Orlan — La Maison du retour écœurant -
[…]Voyez… Les spectateurs, dans une nuit profonde,Écarquillaient leurs yeux et ne pouvaient rien voirL’appartement, le mur, tout était noir.Ma foi ! disait un chat, de toutes les merveillesDont il étourdit nos oreilles,Le fait est que je ne vois rien.Ni moi non plus, disait un chien.Moi, disait un dindon, je vois bien quelque chose ;Mais je ne sais pour quelle causeJe ne distingue pas très bien.Pendant tous ces discours, le Cicéron moderneParlait éloquemment et ne se lassait point.Il n’avait oublié qu’un point :C’était d’éclairer sa lanterne.
Jean-Pierre Claris de Florian — Fables -
Je suis trop bavard ? J’ai imaginé ça, qu’un bandit, un ravisseur devait déjà être sur les nerfs tout au long de son opération, c’était le bouquet si la victime y ajoutait son grain de sel. Je ne demandais qu’à avouer, était-on jamais trop bavard dans cet état d’esprit ?
Mathieu Lindon — Les Apeurés -
Après la défaite de Mithridate, puissant monarque, Cn. Pompée trouva dans ses archives secrètes une recette que ce prince avait écrite de sa propre main ; c’était un antidote ainsi composé : Prenez deux noix sèches, deux figues, vingt feuilles de rue ; broyez le tout ensemble, après avoir ajouté un grain de sel : celui qui prendra ce mélange à jeun sera pour un jour à l’abri de tout poison.
Pline l’Ancien — Histoire naturelle -
À ceci près que tout le pays de Bordeaux représente la vérité universelle in vino veritas et qu’il fallait bien que ce soit ici que le plus de vérité apparaisse malgré tous les démentis qu’on pourra m’apporter, notamment, paraît-il, qu’on fait du vin en Bourgogne ou en Californie, mais enfin ça n’a jamais été prouvé de façon absolue
Philippe Sollers — Vision à New York -
Il reste des photos et un livre a paru en 2019 qui raconte tout ça « L’Île des enfants perdus » de Nicolas Chaudun chez Actes Sud.
France Inter — « L’Enragé » de Sorj Chalandon : qu’en a pensé Le Masque & la Plume ? -
Ma chère, reprit doucement Pauline, vous auriez l’idée de vous faire épouser, que vous ne vous y prendriez pas autrement. Il faudra bien que ça finisse, et il n’y a encore que le mariage, puisque vous ne voulez point de l’autre affaire. Écoutez, je dois vous prévenir que tout le monde a la même pensée oui, on est persuadé que vous lui tenez la dragée haute pour le mener devant M. le maire.
Émile Zola — Au Bonheur des Dames -
Il mordit de nouveau dans le sandwich et secoua la tête obstinément tout en mâchant rageusement. Je ne vous crois pas, fit-il, la bouche pleine.
Thomas Blanchard Dewey — Paradis de poche -
Dimanche 1er novembre (Venise).Tiepolo, L’institution du Rosaire. 1737-1739.Venise, les Gesuati. Photo A.G., 15 juin 2014. Manet, Lola de Valence, 1862.7 heures. Gris, puis très bleu.C’est la Toussaint. Messe aux Gesuati à 8 heures. Prêtre très sobre. Vingt personnes sous le plafond de Tiepolo (La Gloire de saint Dominique). « Mistero della fede. » En effet.Je rentre dans ma chambre pour écrire. À droite, dans la fenêtre ouverte, le Redentore, avec, sur la coupole, la statue endiablée du Christ ressuscité, victorieux.Le Christ, pour le Diable, c’est le Diable.Brusquement, tout est rose. « Les dieux sont là. »Heidegger : « Le « temps » n’est pas plus lié au Je que l’espace ne l’est aux choses ; encore moins est-il « objectif ’ et le temps « subjectif ». »Pensée incompréhensible pour l’habitant de la Métaphysique, c’est-à-dire l’esclave de la subjectivité absolue. Mais je vois ce que montre Heidegger. Le temps ne fait que passer par moi, l’espace est son enveloppe.Dans Le Monde, ceci, sur Malevitch : « Dans ses écrits, Malevitch s’est réclamé de l’art des icônes. Il a aussi constamment revendiqué l’icône comme faisant partie de la culture paysanne. Le rouge, le blanc et le noir, que l’on retrouve associés dans les icônes de Novgorod, plus fortement que dans toutes les autres icônes byzantines, sont aussi les couleurs signalétiques du suprématisme. Il est intéressant de noter que le carré rouge que Malevitch peint en 1915, après son premier carré noir et avant son premier carré blanc, a pour titre Réalisme en deux dimensions d’une paysanne. Pourquoi a-t-il donné ce titre ? Il doit y avoir une part d’humour — Malevitch était d’Ukraine le pays de Gogol. »Promenade dans la gare maritime, soleil sur les quais. Le remorqueur Hercules, de Trieste. Large moment de sérénité, la ville au loin, comme un paquebot de rêve.L’avion du retour a deux heures de retard. Arrivée sous la pluie battante. Une autre planète. À la Closerie, cinq filles d’une vingtaine d’années se sont organisées une fête au champagne. Elles passent de la plus folle gaieté tendre entre elles à la plus lourde mélancolie. Et de nouveau dans l’autre sens. Et ainsi de suite. Tantôt nymphes ravissantes (à la Fragonard), tantôt effondrées à la Goya, sans âge. Jeunesse et vieillesse en même temps. Je les regarde, j’ai l’impression de voir toute leur vie à travers elles (hystérie, fusion, amour, drôlerie, pourrissement, tristesse, vide). Film épatant pendant une heure. Destins.
Philippe Sollers — L’Année du Tigre -
J’ai passé les épreuves pratiques du Capes2 dans un lycée de Lyon, à la Croix-Rousse. Un lycée neuf, avec des plantes vertes dans la partie réservée à l’administration et au corps enseignant, une bibliothèque au sol en moquette sable. J’ai attendu là qu’on vienne me chercher pour faire mon cours, objet de l’épreuve, devant l’inspecteur et deux assesseurs, des profs de lettres très confirmés. Une femme corrigeait des copies avec hauteur, sans hésiter. Il suffisait de franchir correctement l’heure suivante pour être autorisée à faire comme elle toute ma vie. Devant une classe de première, des matheux, j’ai expliqué vingt-cinq lignes — il fallait les numéroter — du Père Goriot de Balzac. “Vous les avez traînés, vos élèves”, m’a reproché l’inspecteur ensuite, dans le bureau du proviseur. Il était assis entre les deux assesseurs, un homme et une femme myope avec des chaussures rosés. Moi en face. Pendant un quart d’heure, il a mélangé critiques, éloges, conseils, et j’écoutais à peine, me demandant si tout cela signifiait que j’étais reçue. D’un seul coup, d’un même élan, ils se sont levés tous trois, l’air grave. Je me suis levée aussi, précipitamment. L’inspecteur m’a tendu la main. Puis, en me regardant bien en face : “Madame, je vous félicite.” Les autres ont répété “je vous félicite” et m’ont serré la main, mais la femme avec un sourire.Je n’ai pas cessé de penser à cette cérémonie jusqu’à l’arrêt de bus, avec colère et une espèce de honte. Le soir même, j’ai écrit à mes parents que j’étais professeur “titulaire”. Ma mère m’a répondu qu’ils étaient très contents pour moi.Mon père est mort deux mois après, jour pour jour. Il avait soixante-sept ans et tenait avec ma mère un café-alimentation dans un quartier tranquille non loin de la gare, à Y… (Seine-Maritime). Il comptait se retirer dans un an. Souvent, durant quelques secondes, je ne sais plus si la scène du lycée de Lyon a eu lieu avant ou après, si le mois d’avril venteux où je me vois attendre un bus à la Croix-Rousse doit précéder ou suivre le mois de juin étouffant de sa mort.
Annie Ernaux — La Place -
Sans regrets car jusqu’au bout ils avaient été minables, ce pot de départ devant tout le personnel de la société, quand la langue de bois des chefs peut pousser les employés au meurtre, typique des obsèques de personnalités, foule à l’église et désert au cimetière, à la fin il s’était retrouvé seul.
Pierre Assouline — État limite