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Citations sur l'avec - Page 2
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[…] & comme l’on prend plus de mouches avec le miel qu’avec le vinaigre, je veux dire que l’on avance plus sur les âmes par la douceur que par l’âpreté […]
Jean-Pierre Camus — Agathonphile ou Les Martyrs siciliens -
On dit prov. qu’On prend plus de mouches avec le sucre qu’avec le vinaigre, pour dire, qu’On gagne plus de gens par la douceur que par la dureté & la rigueur.
Dictionnaire de l’Académie française — deuxième édition -
Je m’étais fait arracher les confidences de mes chagrins avec autant de simagrées que s’en permettent les jeunes personnes avant de s’asseoir au piano, tant elles ont la conscience de l’ennui qui s’ensuit.
Honoré de Balzac — Honorine -
Il fallait absolument que je me procure de l’argent. Avec la monnaie qui me restait, je pouvais passer un coup de fil.
Lawrence Block — Le nœud coulant -
Tu croises tous les jours en bas de chez toi un SDF qui te ressemble. C’est ton sosie : maigre, grand, pâle, les joues creuses. C’est toi avec une barbe, toi sale, toi mal habillé, toi sentant mauvais, toi avec une boucle d’oreilles dans le nez, toi sans argent, toi avec une haleine de chacal, toi bientôt, toi quand la roue tournera, toi allongé par terre sur une grille d’aération du métro, les pieds nus ensanglantés. Tu ne lui achètes pas Le Réverbère. De temps à autre, il hurle de toutes ses forces: « QUI SEME LE VENT RECOLTE LA TEMPÊTE ! » puis se rendort.
Frédéric Beigbeder — 99 Francs -
Peu avant le coucher du soleil, les hommes qui flânaient devant le magasin virent arriver, de la route du Sud, un chariot couvert tiré par des mulets et suivi d’une ribambelle de choses évidemment vivantes qui se profilaient sur le soleil à l’horizon et qui semblaient avoir été déchirées de panneaux d’affichage, disons d’affiches de cirque, de tailles et de couleurs variées et attachées à l’arrière du chariot, faisant corps avec lui…
William Faulkner — Le Hameau -
Il écrasera dans sa main les Arcturus et les Bételgeuse, les Sirius et les Aldébaran. Peut-être l’a-t-il déjà fait ; peut-être est-ce porter au doigt avec le diamant l’alpha et l’oméga d’anciennes Apocalypses ; toute la beauté, la gloire et l’esprit de vieux mondes brusquement réduits à cette extrême et étincelante pureté.
Jean Giono — La chasse au bonheur -
« Beethoven est l’Alpha et l’Omega de ma vie d’artiste », confie François-Frédéric Guy qui le présente comme « le premier compositeur à exprimer les sentiments humains avec des notes de musique ».
Ouest-France — Le Beethoven voyageur du pianiste François-Frédéric Guy -
La fille fait mumuse avec moi, me bouscule à hue et à dia, elle me fait endosser un crime qui n’a jamais été commis, elle me fait croire que j’ai attaqué ma femme.
Joanna Scott — La Mouche la plus belle -
Le soir, lu pour K., Golo et Klaus « Goethe et la démocratie », d’un bout à l’autre, très fatigant. La chose est bariolée, pleine de contradictions, intéressante et nihiliste, avec une conclusion en forme de hourrah et beaucoup d’Amérique.
Thomas Mann — Journal -
Et cela dit, elle se remit à pleurer à merveille. «Madame, lui dit alors Antigonos, ne vous désolez pas sans besoin. S’il vous plaît, contez-moi vos malheurs et ce qu’a été votre vie. Il est toujours possible que les choses se soient passées d’une façon telle que nous trouvions, avec l’aide de Dieu, un arrangement convenable. »
Boccace — Le Décaméron -
Ici, temps sombre et froid la moitié au moins de presque chaque journée avec çà et là des éclaircies éclatantes.
Marguerite Yourcenar — Lettres à ses amis et quelques autres -
Une fois de plus, j’assiste avec stupeur à cet incroyable sang-froid, coupé de larmes, qui les adapte réalistement à toutes les situations.
Philippe Sollers — Femmes -
Des adjectifs marquant la possibilité et construits avec les suffixes -able, -ible et -uble, il n’a été tiré que très peu de verbes, cette dérivation étant sans doute éloignée du génie de notre langue. On se gardera donc d’employer les verbes crédibiliser et décrédibiliser apparus il y a quelque temps déjà et l’on se souviendra que le verbe créditer et ses dérivés, ainsi que les périphrases où figurent ces verbes, sont plus appropriés pour exprimer l’idée que telle action, telle attitude fait perdre ou augmente le crédit dont jouissait quelqu’un ou quelque chose.
Académie française — Dire -
Il espère, il s’accroche et malgré moi, comme pour ne pas lui donner trop de raisons de trop y croire, je joue les Cassandre, alors que je ne veux jouer à rien du tout, sinon jongler avec la littérature…
Pierre-Jean Remy — Rêver la Vie -
Il ne s’agit pas de leur souhaiter de bonnes fêtes de fin d’année, mais bien plutôt de les narguer avec un ouvrage d’art impressionnant…
Arno Bertina — L’âge de la première passe -
Ils furent torse nu en même temps. Giuseppe porta les premiers coups mais sur un acier éblouissant. Il chercha l’ouverture avec colère et même avec un peu de génie. Il monta sa fureur jusqu’à une étrange beauté. « Bravo » dit Angélo. En même temps il frappa de toutes ses forces.
Jean Giono — Le bonheur fou -
Je suis un homme très tranquille à qui vous faites des yeux effrayants, et puis je causais avec madame en tout bien tout honneur. Mais oui, certainement, murmura Oliva, en tout bien tout honneur.
Alexandre Dumas — Le Collier de la reine -
Il a l’intention de les montrer à Portela et de discuter avec lui d’un petit commerce, d’une manière de vivre. Ensuite il s’occupera du Jean de Calais et des aventures bouffonnes des Bossus. Tout vient à point à qui sait attendre.
José Cardoso Pires — L’invité de Job -
Avec un peu de chance, on le décorerait peut-être. Tout vient à point à qui sait attendre.
Tonino Benacquista — Malavita -
Edo prétend que cette phrase était parfaitement calculée, qu’elle faisait partie de sa stratégie de séduction. Je n’en crois rien. Il a fallu que je la saisisse au vol. Je réponds du tac au tac avec un large sourire pourquoi pas maintenant? À l’instant je rougis. Je me jette à son cou, je n’ai aucune pudeur.
Catherine Cusset — À vous -
Il me demanda d’un air méfiant pourquoi je lui souriais comme ça et je répondis du tac au tac que j’attendais avec impatience de voir quels mensonges il allait me servir avec ses toasts brûlés.
Sylvie Granotier — Sueurs chaudes -
Il fut question que Douking établît les décors et j’en discutai, avec lui. A cette occasion, j’allai plusieurs fois dîner chez Badel avec Sartre.
Simone de Beauvoir — La force des choses -
Il s’agissait d’un cas de folie circulaire et périodique, mais pour le mener à bien j’avais besoin de lumières que je ne possédais pas. C’est alors qu’un ami, le professeur Paul Thiéry, chirurgien des hôpitaux, me mit en relation avec l’éminent Joseph Babinsky, qui voulut bien éclairer ma lanterne, ce qui me permit de traiter sans erreur la partie pour ainsi dire scientifique du drame.
André Breton — Nadja -
Et je crois que ce système exige un agent de premier ordre. Blondie prétendait être venu de l’étranger, mais rien ne confirme sa déclaration. Mendel mit son grain de sel. Cet agent serait-il en contact direct avec la mission ?
John Le Carré — L’appel du mort -
cum grano salis (Avec un grain de sel), loc. lat. dans laquelle le mot sel a le sens figuré de enjouement, de badinage, et que l’on emploie pour faire entendre que ce qu’on dit ne doit pas être pris au sérieux.
Larousse du XXe siècle — tome 2 -
In vino veritas : il semble que là encore je sois, sur la notion de vérité, en désaccord avec le monde entier chez moi, l’esprit plane au-dessus de l’eau.
Friedrich Nietzsche — L’Antéchrist -
Ne donnez point, ô Lamuel, ne donnez point trop de vin aux rois qui mangent à votre table, et n’en prenez point vous-même avec excès, parce qu’il n’y a nul secret où règne le vin : nullum secretum est ubi regnat ebrietas.
Salomon — Paraboles -
À cette époque-là, Léonie et moi on était intimes. On dansait ensemble le kékouok à la Boîte à Dix Sous près de la République. On était jeunes, elle plus que moi, et on avait des robes à paillettes courtes au-dessus du genou, avec des bas noirs, aussi les amoureux on n’en manquait pas. Mais on leur tenait la dragée haute. On n’était pas des dévergondées. On savait choisir.
Raymond Queneau — Pierrot mon ami -
Dimanche 1er novembre (Venise).Tiepolo, L’institution du Rosaire. 1737-1739.Venise, les Gesuati. Photo A.G., 15 juin 2014. Manet, Lola de Valence, 1862.7 heures. Gris, puis très bleu.C’est la Toussaint. Messe aux Gesuati à 8 heures. Prêtre très sobre. Vingt personnes sous le plafond de Tiepolo (La Gloire de saint Dominique). « Mistero della fede. » En effet.Je rentre dans ma chambre pour écrire. À droite, dans la fenêtre ouverte, le Redentore, avec, sur la coupole, la statue endiablée du Christ ressuscité, victorieux.Le Christ, pour le Diable, c’est le Diable.Brusquement, tout est rose. « Les dieux sont là. »Heidegger : « Le « temps » n’est pas plus lié au Je que l’espace ne l’est aux choses ; encore moins est-il « objectif ’ et le temps « subjectif ». »Pensée incompréhensible pour l’habitant de la Métaphysique, c’est-à-dire l’esclave de la subjectivité absolue. Mais je vois ce que montre Heidegger. Le temps ne fait que passer par moi, l’espace est son enveloppe.Dans Le Monde, ceci, sur Malevitch : « Dans ses écrits, Malevitch s’est réclamé de l’art des icônes. Il a aussi constamment revendiqué l’icône comme faisant partie de la culture paysanne. Le rouge, le blanc et le noir, que l’on retrouve associés dans les icônes de Novgorod, plus fortement que dans toutes les autres icônes byzantines, sont aussi les couleurs signalétiques du suprématisme. Il est intéressant de noter que le carré rouge que Malevitch peint en 1915, après son premier carré noir et avant son premier carré blanc, a pour titre Réalisme en deux dimensions d’une paysanne. Pourquoi a-t-il donné ce titre ? Il doit y avoir une part d’humour — Malevitch était d’Ukraine le pays de Gogol. »Promenade dans la gare maritime, soleil sur les quais. Le remorqueur Hercules, de Trieste. Large moment de sérénité, la ville au loin, comme un paquebot de rêve.L’avion du retour a deux heures de retard. Arrivée sous la pluie battante. Une autre planète. À la Closerie, cinq filles d’une vingtaine d’années se sont organisées une fête au champagne. Elles passent de la plus folle gaieté tendre entre elles à la plus lourde mélancolie. Et de nouveau dans l’autre sens. Et ainsi de suite. Tantôt nymphes ravissantes (à la Fragonard), tantôt effondrées à la Goya, sans âge. Jeunesse et vieillesse en même temps. Je les regarde, j’ai l’impression de voir toute leur vie à travers elles (hystérie, fusion, amour, drôlerie, pourrissement, tristesse, vide). Film épatant pendant une heure. Destins.
Philippe Sollers — L’Année du Tigre -
J’ai passé les épreuves pratiques du Capes2 dans un lycée de Lyon, à la Croix-Rousse. Un lycée neuf, avec des plantes vertes dans la partie réservée à l’administration et au corps enseignant, une bibliothèque au sol en moquette sable. J’ai attendu là qu’on vienne me chercher pour faire mon cours, objet de l’épreuve, devant l’inspecteur et deux assesseurs, des profs de lettres très confirmés. Une femme corrigeait des copies avec hauteur, sans hésiter. Il suffisait de franchir correctement l’heure suivante pour être autorisée à faire comme elle toute ma vie. Devant une classe de première, des matheux, j’ai expliqué vingt-cinq lignes — il fallait les numéroter — du Père Goriot de Balzac. “Vous les avez traînés, vos élèves”, m’a reproché l’inspecteur ensuite, dans le bureau du proviseur. Il était assis entre les deux assesseurs, un homme et une femme myope avec des chaussures rosés. Moi en face. Pendant un quart d’heure, il a mélangé critiques, éloges, conseils, et j’écoutais à peine, me demandant si tout cela signifiait que j’étais reçue. D’un seul coup, d’un même élan, ils se sont levés tous trois, l’air grave. Je me suis levée aussi, précipitamment. L’inspecteur m’a tendu la main. Puis, en me regardant bien en face : “Madame, je vous félicite.” Les autres ont répété “je vous félicite” et m’ont serré la main, mais la femme avec un sourire.Je n’ai pas cessé de penser à cette cérémonie jusqu’à l’arrêt de bus, avec colère et une espèce de honte. Le soir même, j’ai écrit à mes parents que j’étais professeur “titulaire”. Ma mère m’a répondu qu’ils étaient très contents pour moi.Mon père est mort deux mois après, jour pour jour. Il avait soixante-sept ans et tenait avec ma mère un café-alimentation dans un quartier tranquille non loin de la gare, à Y… (Seine-Maritime). Il comptait se retirer dans un an. Souvent, durant quelques secondes, je ne sais plus si la scène du lycée de Lyon a eu lieu avant ou après, si le mois d’avril venteux où je me vois attendre un bus à la Croix-Rousse doit précéder ou suivre le mois de juin étouffant de sa mort.
Annie Ernaux — La Place -
Sunoco,-les lacs de la Ravine, Grandiose et Vert.L’image de la lune.– la Danse des Pléiades,CLINTON, Roc.– la Danse des Ratons Laveurs,La nuit sur les réserves.– la Danse de la Guerre,La rivière de la Mauvaise-Hache, affluent du père des fleuves.L’apparition des premières étoiles.– la Danse du Pow Wow,CLINTON.– la Danse du Broiement du Maïs,Le bleu du ciel qui s’approche du noir.– la fameuse Danse des Dons,MONTICELLO.– «Chant d’Amour indien»,MONTICELLO, Etat du chardonneret oriental.– Cérémonie auprès d’un Chef à P Agonie!… »Ah, dès les premiers débarqués, comme ils attendaient la révolte!..Le lac de l’Épervier-Noir,- ou le costume de Maître-de-la-Lune: « l’hommede demain. Toute d’une pièce, satin de rayonne jaune avec dessins stencilés rouge,noir et gris, capuchon et masque spatial en plastique.
Michel Butor — Mobile -
La réponse postmoderne au moderne consiste à reconnaître que le passé, étant donné qu’il ne peut être détruit parce que sa destruction conduit au silence, doit être revisité : avec ironie, de façon non innocente. Je pense à l’attitude postmoderne comme à l’attitude de celui qui aimerait une femme très cultivée et qui saurait qu’il ne peut lui dire : “Je t’aime désespérément” parce qu’il sait qu’elle sait (et elle sait qu’il sait) que ces phrases, Barbara Cartland les a déjà écrites. Pourtant, il y a une solution. Il pourra dire : “Comme disait Barbara Cartland, je t’aime désespérément”. Alors, en ayant évité la fausse innocence, celui-ci aura pourtant dit à cette femme ce qu’il voulait lui dire : qu’il l’aime et qu’il l’aime à une époque d’innocence perdue. […] Tous deux auront réussi encore une fois à parler d’amour.
Umberto Eco — Apostille au Nom de la Rose -
Elle ne témoignait pas, ce faisant, d’un goût douteux pour le fascisme, mais d’un dégoût profond pour la langue de bois antifasciste. Rien ne serait toutefois plus dangereux que de jeter l’antifascisme lui-même avec la langue de bois.
Alain Finkielkraut — Comment peut-on être croate ? -
Je le retenais par prudence parce que j’avais peur que cette inconnue s’éveillât, et qu’au lieu de la Tante Martine familière au cœur tendre se levât de sa chaise et vînt vers moi le fantôme de ce que j’aimais. Mais je suis ainsi fait qu’au moment où mon cœur bat la chamade, j’entends, je vois, je sens avec une extraordinaire acuité.
Henri Bosco — Tante Martine -
La surprise est visible elle a si bien pris la suite de la colère que celle-ci semble se confondre avec le côté abrupt et fermé de la surprise, soit qu’elle la ressente, soit qu’elle la manifeste, dans sa présence surprenante, surprenante aussi pour cette raison qu’elle rend déplacée toute autre présence, au point que c’est lui qui devrait se sentir un intrus dans cette chambre qu’il partage momentanément avec elle.
Maurice Blanchot — L’attente l’oubli -
Vous arrivez à point, nous multiplions tout par 9, aujourd’hui, en l’honneur du chiffre 9 qui est venu passer l’inspection ce matin, avec sa Preuve. Plus on est de fous, plus on rit.
Colette Vivier — Le Pays du calcul -
Ce serait pourtant joliment bien si vous et cette jeune dame étrangère acceptiez de venir avec nous, dit tout à coup Kavanagh. Ses petits yeux inquiets étaient fixés sur Ezra. Pourquoi serait-ce si bien ? demanda Ezra. Parce que plus on est de fous, plus on rit ?
Francis Stuart — Rédemption -
Je réponds « Ta mère me dit que je ne vais pas faire long feu avec toi. Tout le monde me le dit. En plus, on parle mal de mes parents, au village, comme si j’étais devenue je ne sais quoi. Voilà. »
Sébastien Japrisot — L’été meurtrier -
Un pilote de moto, roulant sans permis de conduire, a été intercepté par les gendarmes vendredi 3 février dans le sud Mayenne. L’homme faisait des roues arrières avec son engin, tout en roulant à une vitesse excessive.
France Bleu — En Mayenne
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Adopter Marcel