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Wébérien

Sommaire

  • Définitions du mot wébérien
  • Étymologie de « wébérien »
  • Phonétique de « wébérien »
  • Citations contenant le mot « wébérien »
  • Traductions du mot « wébérien »

Définitions du mot « wébérien »

Wiktionnaire

Adjectif

wébérien \ve.be.ʁjɛ̃\

  1. (Sociologie) Relatif à Max Weber (1864-1920) ou à son œuvre.
    • Toutefois, W. Mommsen avoue que cette affiliation de la pensée politique wébérienne à la tradition libérale ne va pas sans une certaine originalité. Selon lui, Max Weber est « le dernier grand représentant du libéralisme classique », mais le libéralisme wébérien s’exprimerait d’une manière assez spécifique et surprenante : par l’usage des moyens intellectuels et de modes d’analyse plutôt inhabituels pour la tradition libérale. — (Franciszek Draus, Max Weber et la liberté, dans Max Weber : Politique et histoire, Revue européenne des sciences sociales, tome 33, no 101, 1995, pp. 123-143)
    • Deux hypothèses peuvent être avancées qui, sans être pleinement satisfaisantes, fournissent matière à réflexion : la première en jouant des analogies avec la monarchie dans l'Occident chrétien et l'autre en s'inspirant des thèses wébériennes sur la « routinisation » du charisme — (Philippe Pons, Corée du Nord, un État-guérilla en mutation, Gallimard, avril 2016, page 249)
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Étymologie de « wébérien »

Du nom de famille de Max Weber avec le suffixe -ien.
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Phonétique du mot « wébérien »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
wébérien weberjɛ̃

Citations contenant le mot « wébérien »

  • Dans ce chapitre sur le catholicisme comme tout au long de son livre, Michael Löwy renverse ainsi la perspective wébérienne en cherchant à composer un florilège de critiques du capitalisme empruntées à Weber lui-même, à des auteurs qui ont subi de près ou de loin son influence, ou encore à une confession religieuse comme le catholicisme. Weber avait construit sa sociologie religieuse sur une problématique exactement opposée : il s’était au contraire demandé quels facteurs avaient pu favoriser, dans certaines cultures religieuses bien précises, le phénomène improbable que constituait le développement du capitalisme moderne. Les résistances à l’encontre de ce dernier étaient pour lui un donné premier et non une critique formulée a posteriori. L’attitude de rejet du capitalisme correspondait, pour Weber, à une réaction spontanément adoptée dans un premier temps, pour des raisons au demeurant variées, par à peu près toute la population de la terre — à une exception près, celle des groupes marqués par la culture religieuse puritaine. La question n’était pas de savoir pour quels motifs — innombrables — on pouvait s’opposer au capitalisme, mais comment certains courants, de façon au premier abord inexplicable, en étaient venus à promouvoir ce système économique « pauvre en joies ». De la même façon, dans son étude sur l’Inde, Weber ne se demandait pas pour quelles raisons le régime des castes avait pu susciter des réactions d’hostilité (de son point de vue, celles-ci, face à un ordre qui avait « creusé entre les couches sociales » un « fossé » d’une « profondeur inouïe et unique au monde » [9], allaient de soi) mais bien plutôt comment il était possible d’expliquer que les castes « négativement privilégiées » aient pu et puissent encore en supporter les contraintes sans déclencher de « révolutions ». « Il est arrivé et il arrive encore que des révoltes contre l’ordre hindou émanent du cercle des castes impures. (...) Mais s’il ne fait aucun doute que de telles révoltes ont existé, ce qui appelle manifestement une explication, c’est plutôt le fait qu’elles n’aient pas été beaucoup plus fréquentes et que les grandes révolutions religieuses dirigées contre l’ordre hindou qui ont compté historiquement soient parties de couches sociales bien différentes, dotées de privilèges relativement importants, et soient restées pour l’essentiel enracinées dans ces couches-là » (ibid.). Pour Weber, la répulsion à l’égard de systèmes sociaux et économiques aussi contraignants que le régime des castes et le capitalisme ne pouvait être qu’un fait premier, notamment chez les groupes sociaux qui avaient le moins d’intérêt à leur perpétuation ; c’est plutôt l’adhésion à ces systèmes, l’acceptation de leurs contraintes et la reconnaissance de leur légitimité qui « appelaient une explication ». Dans le passage d’Hindouisme et bouddhisme qui vient d’être cité, Weber esquissait une sociologie de la critique des castes ; s’il n’a pas explicitement livré de sociologie de l’anti-capitalisme, du moins de manière explicite, une bonne partie de ses ouvrages de sociologie religieuse approfondissent néanmoins l’étude des rapports entre les différents groupes sociaux et l’économie de profit rationalisé. L’aversion des intellectuels à l’égard du capitalisme, dans la perspective d’une telle sociologie, apparaît comme une probabilité sociologique forte, étant donné que ceux-ci fondent traditionnellement leur légitimité sur le caractère « désintéressé » de leur savoir et sur une distance affichée à l’égard de l’économie. C’est bien plutôt le rapprochement moderne entre « l’université » et « l’entreprise capitaliste », longuement évoqué dans la conférence de 1917 La Science, profession et vocation, qui plonge le sociologue dans la perplexité et représente pour lui une énigme [10]. , Max Weber et l’étrange rationalité du capitalisme - La Vie des idées
  • Par conséquent, les institutions haïtiennes étaient inaptes à assurer les fonctions traditionnelles assignées à l’État wébérien, notamment le contrôle du territoire national, la production de services de base aux populations (eau, éducation, santé, etc.) ce qui a ancré une crise de non-confiance chez la population à l’encontre de ces dirigeants. La situation dans laquelle nous vivons avec le COVID-19, nécessite un État puissant et légitime capable de faire preuve d’autorité, de réagir efficacement pour protéger sa population face à cette guerre qualifiée « d’ennemie invisible ». Le Nouvelliste, Le Nouvelliste - Pré-confinement, confinement, déconfinement : une approche controversée dans la société haïtienne
  • Sur d’autres continents, les difficultés de la construction du Kosovo ou de la Macédoine depuis l’éclatement yougoslave des années 1990, l’effondrement de l’ex-Zaïre devenu République démocratique du Congo (RDC) en proie à la guerre civile et aux incursions étrangères (ougandaise au nord, rwandaise à l’est), une Somalie sans tête depuis si longtemps et abandonnée aux factions multiples, un Soudan du Sud ou une Érythrée que l’on a voulu construire dans la douleur, un Afghanistan aux provinces demeurant insoumises à Kaboul et aux différentes forces extérieures qui ont tenté de s’y imposer (des Britanniques aux Américains en passant par les Soviétiques) constituent des exemples parmi tant d’autres. Ils montrent ce qu’il en coûte d’entretenir la fiction d’un « État importé » que l’on voudrait conforme à l’idéal-type occidental wébérien, sur des terrains, dans des sociétés qui ne s’y prêtent guère. , États faillis, États effondrés, États abattus | Vie publique.fr

Traductions du mot « wébérien »

Langue Traduction
Anglais weberian
Espagnol weberian
Italien weberiana
Allemand weberian
Chinois 韦伯式
Arabe weberian
Portugais weberiano
Russe weberian
Japonais weberian
Basque weberren
Corse weberian
Source : Google Translate API
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