La langue française

Traînerie

Définitions du mot « traînerie »

Trésor de la Langue Française informatisé

Traînerie, subst. fém.a) [Corresp. à supra I A] Action de traîner quelque chose; bruit qui en résulte. L'infortuné baron entendit la traînerie des chaussons (...) de l'invalide Marneffe (Balzac, Cous. Bette, 1846, p. 257).b) [Corresp. à supra II A 3] Action d'aller lentement, çà et là, à l'aventure. Synon. traînasserie.Sur le passage du boghey à toute vitesse, les familles parisiennes qui encombrent les routes de campagne de la traînerie de leur dimanche, s'écartaient vivement (A. Daudet, Pte paroisse, 1895, p. 116).c) Au fig. Retard, lenteur. En présence d'une vie si longue (...) il est bien permis d'y mettre quelque longueur, et même un peu de traînerie, comme dirait Montaigne (Sainte-Beuve, Nouv. lundis, t. 2, 1862, p. 91).En partic. [Dans une œuvre d'art littér. ou mus.] Guérin est revenu. Lui ai lu dans Volupté deux pages superbes et vraies, sans mollesse et traînerie (Barb. d'Aurev., Memor. 1, 1836, p. 19). [tʀ εnʀi]. 1resattest. a) 1555 « maladie de langueur » (George de La Bouthière, Des Prodiges, p. 44), b) 1560 trainnerie « pêche à la traîne » (Reg. du bailliage de Mortagne, ms. appartenant à M. Bocquillet ds Gdf.), c) 1601 traînerie de propos « fait de traîner, de durer trop » (P. Charron, Sag., II, 9, p. 413 ds Gdf. Compl.), d) 1616 « action de traîner, de s'attarder » (D'Aubigné, Hist., II, 61 ds Littré), e) 1760 « discours traînant, longueurs de paroles » (J. J. Rousseau, Lett. à Mmede Luxembourg, 12 déc., ibid.), f) 1798 « lenteur dans l'exécution d'un morceau de musique » (Id., Confess., VI, II, 2epart., ibid.); de traîner, suff. -erie*.

Wiktionnaire

Nom commun

traînerie \tʁɛ.nə.ʁi\ féminin (orthographe traditionnelle)

  1. (Vieilli) Discours traînant, longueurs de paroles ou de musique.
    • La comparaison de ces deux musiques, entendues le même jour sur le même théâtre, déboucha les oreilles françaises ; il n’y en eut point qui pût endurer la traînerie de leur musique, après l’accent vif et marqué de l’italienne : sitôt que les bouffons avaient fini, tout s’en allait. — (Jean-Jacques Rousseau, Les Confessions, 1782-1789, Livre VIII)
    • Ce n’est pas son courage [à dire du bien de la Nouvelle Héloïse] qui m’étonne ; mais concevez-vous M. Duclos aimant cette longue traînerie de paroles emmiellées et de fade galimatias ! — (Jean-Jacques Rousseau, Lettre à Mme de Luxembourg, 12 décembre 1760)
    • Longueurs, traineries de propos. — (Pierre Charron, De la sagesse, trois livres, page 345, cité dans Glossaire français)
  2. (Populaire) Action de mener une vie dissolue.
    • Encore tout imprégné de ma traînerie de la veille, il me sembla brusquement que la bouée solitaire dont s’agitait la cloche n’était autre que la petite prostituée avec qui nous avions parlé et qui nous avait paru si humble, si douce, si « bien élevée ». — (Michel Leiris, L’âge d’homme, 1939, collection Folio, page 126.)
    • Il faut porter plainte et demander votre séparation. Cela ne peut plus durer cette vie de traîneries. — (Jean Rogissart, Hurtebise aux griottes, L’Amitié par le livre, Blainville-sur-Mer, 1954)
  3. (Québec) (Populaire) (Au pluriel) Pagaille, fouillis.
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Littré (1872-1877)

TRAÎNERIE (trê-ne-rie) s. f.
  • Discours traînant, longueurs de paroles ou de musique. Il n'y eut personne qui pût endurer la traînerie de leur musique [des Français, à l'Opéra], après l'accent vif et marqué de l'italienne, Rousseau, Confess. VIII, 2e part. Ce n'est pas son courage [à dire du bien de la Nouvelle Héloïse] qui m'étonne ; mais concevez-vous M. Duclos aimant cette longue traînerie de paroles emmiellées et de fade galimatias ! Rousseau, Lett. à Mme de Luxembourg, 12 déc. 1760.

HISTORIQUE

XVIe s. Il contraignit l'autre à marcher, mais si tard pour les traineries du baron, qu'ils n'arriverent qu'au jour, D'Aubigné, Hist. II, 61. Longueurs, traineries de propos, Charron, Sagesse, p. 345, dans LACURNE.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Étymologie de « traînerie »

 Dérivé de traîner avec le suffixe -ie. (XVIe siècle) Il contraignit l’autre à marcher, mais si tard pour les traineries du baron, qu’ils n’arriverent qu’au jour. — (Théodore Agrippa d'Aubigné, Histoire universelle depuis 1550 jusqu'en 1601 II, 61)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « traînerie »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
traînerie trainœri

Citations contenant le mot « traînerie »

  • D’arrêter de vous mettre dans la tête que pour être heureux il faut courir des marathons tout en cuisinant comme un grand chef, sans qu’il n’y ait jamais une traînerie sur le plancher. Le Soleil, Pour une dernière fois... | Chroniques | Le Soleil - Québec
  • Mais quel arbitre! Il fallait le voir rejeter les objections, démêler les avocasseries, bousculer les avocats, se moquer d'eux souvent, rappeler à l'ordre les incompétents, bing, bang, pas de traînerie dans la cour du juge Boilard. Pas le juge le plus courtois en ville, mais sans doute un des plus brillants et des plus efficaces. La Presse, Le Cyrano du palais tire sa révérence

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Traductions du mot « traînerie »

Langue Traduction
Anglais dragging
Espagnol arrastrando
Italien trascinamento
Allemand schleppen
Chinois 拖曳
Arabe سحب
Portugais arrastando
Russe перетаскивание
Japonais 引きずる
Basque arrastatu
Corse trascinendu
Source : Google Translate API

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