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Substantialiste

Définitions du mot « substantialiste »

Trésor de la Langue Française informatisé

Substantialiste, subst. masc. et adj.,philos. a) Subst. masc. Partisan du substantialisme. [Les relations] que le phénoméniste nie comme illogiques, et que le substantialiste suppose entre le sujet et ses attributs (Renouvier, Les Dilemmes de la métaphys. pure, 1901, p. 93).b) Adj. Relatif, propre au substantialisme ou qui en a les caractères. Systèmes, théories substantialistes; réalisme substantialiste. Descartes l'avait interrogé [le cogito] sur son aspect fonctionnel: « Je doute, je pense », et pour avoir voulu passer sans fil conducteur de cet aspect fonctionnel à la dialectique existentielle il est tombé dans l'erreur substantialiste (Sartre, Être et Néant, 1943, p. 115).

Wiktionnaire

Adjectif

substantialiste \syb.stɑ̃.sja.list\

  1. Relatif au substantialisme.
    • La métaphysique substantialiste. (Cazelle, Préface, page XVII, de sa traduction du livre de Bain Sur les sens et l’intelligence, Paris, 1874)

Nom commun

substantialiste \syb.stɑ̃.sja.list\ masculin et féminin identiques

  1. Partisan du substantialisme.
    • Plusieurs passages des Principia indiquent que Newton était un substantialiste. — (Martin Montminy, Les Fondements empiriques de la signification, 1998)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Littré (1872-1877)

SUBSTANTIALISTE (sub-stan-si-a-li-st') adj.
  • Qui appartient au substantialisme. La métaphysique substantialiste, Cazelle, Préface, p. XVII, de sa traduction du livre de Bain Sur les sens et l'intelligence, Paris, 1874.
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Étymologie de « substantialiste »

 Dérivé de substantiel avec le suffixe -iste.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « substantialiste »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
substantialiste sybstɑ̃sjalist

Citations contenant le mot « substantialiste »

  • C'est un système de classement politique qui permet aux électeurs et aux professionnels de la politique de se repérer à l'intérieur d'un espace politique, qu'il se présente sous la forme d'un champ ou non. On peut considérer qu'il est le résultat d'une concurrence entre des agents politiques cherchant à conquérir les positions de pouvoir. Il existe deux conceptions du clivage politique, une conception substantialiste et une conception relationnelle. Naturellement, la conception la plus ordinaire, la plus courante, est la conception substantialiste qui accorde au clivage gauche-droite plusieurs propriétés. La première est sa trans-historicité. Il y a l'idée que le clivage gauche-droite est né pendant la Révolution française, au sein de l'Assemblée constituante (l'été 1789), où se sont distingués un côté gauche et un côté droit. Ces deux "camps", par-delà les oppositions conjoncturelles, ont continué à exister et à s'opposer sous des formes différentes. (...) La seconde propriété du clivage, c'est son universalité : il y a l'idée que le clivage est en quelque sorte naturel. Dans le cadre d'une vie politique concurrentielle et libre, il existerait toujours ou presque, sous des formes différentes, un clivage gauche-droite : on l'observerait par exemple aux États-Unis avec l'opposition Démocrates/Républicains et en Allemagne avec l'opposition du SPD à la CDU/CSU. Et donc il y a toujours cette idée d'un clivage politique qui serait universel. Dans cette conception substantialiste, on retrouve l'idée d'une substance, ou d'un noyau idéologique, qui continue d'exister à toutes les époques, même s'il est difficile de nier qu'il se transforme. C'est une conception qui a commencé à s'imposer dans le monde savant à partir de 1913 avec l'ouvrage fondateur d'André Siegfried, Tableau politique de la France de l'Ouest sous la IIIe République. France Culture, Deux manières d'appréhender le clivage gauche-droite
  • Le rejeton fragile issu de l'union de l'histoire et de la fiction, c'est l'assignation à un individu ou à une communauté d'une identité spécifique qu'on peut appeler leur identité narrative. « Identité » est prise au sens d'une catégorie de la pratique. Dire l'identité d'un individu ou d'une communauté, c'est répondre à la question : qui a fait telle action ? qui en est l'agent, l'auteur ? Il est d'abord répondu à cette question en nommant quelqu'un, c'est-à-dire en le désignant par un nom propre. Mais quel est le support de la permanence du nom propre ? Qu'est-ce qui justifie qu'on tienne le sujet de l'action, ainsi désigné par son nom, pour le même tout au long d'une vie qui s'étire de la naissance à la mort ? La réponse ne peut être que narrative. Répondre à la question « qui ? » […], c'est raconter l'histoire d'une vie. L'histoire racontée dit le qui de l'action. L'identité du qui n'est donc elle-même qu'une identité narrative. Sans le secours de la narration, le problème de l'identité personnelle est en effet voué à une antinomie sans solution : ou bien l'on pose un sujet identique à lui-même dans la diversité de ses états, ou bien l'on tient, à la suite de Hume et de Nietzsche, que ce sujet identique n'est qu'une illusion substantialiste, dont l'élimination ne laisse apparaître qu'un pur divers de cognitions, d'émotions, de volitions (1). Le dilemme disparaît si, à l'identité comprise au sens d'un même (idem), on substitue l'identité comprise au sens d'un soi-même (ipse) ; la différence entre idem et ipse n'est autre que la différence entre une identité substantielle ou formelle et l'identité narrative. L'ipséité peut échapper au dilemme du Même et de l'Autre, dans la mesure où son identité repose sur une structure temporelle conforme au modèle d'identité dynamique issue de la composition poétique d'un texte narratif. Le soi-même peut ainsi être dit refiguré par l'application réflexive des configurations narratives. A la différence de l'identité abstraite du Même, l'identité narrative, constitutive de l'ipséité, peut inclure le changement, la mutabilité, dans la cohésion d'une vie. Le sujet apparaît alors constitué à la fois comme lecteur et comme scripteur de sa propre vie selon le vœu de Proust. Comme l'analyse littéraire de l'autobiographie le vérifie, l'histoire d'une vie ne cesse d'être refigurée par toutes les histoires véridiques ou fictives qu'un sujet se raconte sur lui-même. Cette refiguration fait de la vie elle-même un tissu d'histoires racontées. Le Point, Ricœur et l'identité narrative - Le Point
  • Luc Boltanski : Tout à fait. Et il a eu raison de le faire contre les gaullistes moralistes. S’agissant des classes sociales, on arrive alors, en sociologie, à une situation assez bizarre, qui, sous certains rapports, va faire converger des positions substantialistes, qui étaient parfois celles de Bourdieu, et des positions adoptées ensuite par quelqu’un comme Rosanvallon, quand il a entrepris d’expliquer que les classes n’existaient pas ou, plutôt, n’existaient plus. À l’époque où j’écrivais Les cadres, il arrivait que Bourdieu, qui avait pourtant, je crois, beaucoup d’estime pour ce travail, me dise que, au fond, les cadres n’existaient pas, au moins en tant que classe, puisque, du fait de son hétérogénéité, la catégorie rassemblaient des agents dotés d’habitus différents. Et puis, quelques années plus tard, Rosanvallon faisant référence à nos travaux concernant les catégories sociales – mes travaux, ceux de Desrosières et ceux de Thévenot, par exemple –, a écrit que ces travaux avaient bien montré que les classes sociales n’existaient pas, qu’il s’agissait, en quelque sorte, d’artefacts. C’était une incompréhension de notre travail. Ce que nous avions entrepris visait à préciser ce qu’on peut appeler l’ontologie des êtres collectifs. Nous voulions analyser le mode d’existence de ces « êtres inexistants » – comme disent les logiciens –, que sont les entités collectives. Elles n’existent pas à la manière des êtres individuels, substantiels, mais elles existent diablement – si je puis dire –, bien que sous d’autres modalités d’existence. Le substantialisme, qui, dans les années 1970, avait été souvent invoqué pour défendre l’existence des classes, a servi ensuite à en argumenter l’inexistence. Donc, une espèce de nouveau « cela va de soi » s’est mis en place dans les années 1980-1990. Il avait pour base l’idée que l’on n’est plus dans une société de classe. On est dans une société de grande classe moyenne avec une petite frange d’exclus qu’il faut aider, par la charité, et puis une petite frange de gens tout à fait en haut, de gens très riches, trop riches, qui devraient être plus soucieux du bien commun, du « vivre ensemble », etc. bref, plus moraux, et qu’il faut essayer de moraliser. C’était le début de cette société morale dans laquelle nous sommes encore. Je n’ai rien contre la morale. J’ai appelé notre groupe le Groupe de Sociologie Politique et Morale en référence à Hirschman, mais je n’aime pas le moralisme. , Le pouvoir est de plus en plus savant - La Vie des idées
  • Partant de là, le livre est organisé en trois parties qui consistent à mettre en œuvre ce changement de perspective sur la valeur à trois niveaux du fonctionnement de l’économie : la définition de la rareté, l’institution de la monnaie et le fonctionnement des marchés financiers. André Orléan se livre à une déconstruction précise du paradigme substantialiste. Si la science économique n’est pas présentée de manière caricaturale comme constituée d’un seul bloc, c’est toutefois bien la même perspective qui se trouve identifiée à travers différents développements. Pour autant, l’auteur ne rejette pas complètement le modèle néoclassique mais il s’applique à délimiter le domaine de validité de ce cadre d’analyse : ce modèle décrit correctement le fonctionnement de l’économie sous certaines conditions ramenées au nombre de quatre : « un ensemble de biens connus de tous les acteurs ; une représentation commune de l’incertitude ; une reconnaissance collective de ce qu’est le mécanisme de prix ; l’adoption par tous les acteurs d’une conception strictement utilitaire des biens marchands » (p. 106). Le changement de ces conditions appelle un paradigme plus général susceptible d’englober le précédent. , Vers un changement de paradigme en économie ? - La Vie des idées

Traductions du mot « substantialiste »

Langue Traduction
Anglais substantialist
Espagnol sustancialista
Italien sostanzialista
Allemand substantialist
Chinois 实质主义者
Arabe متعصب
Portugais substancialista
Russe субстанциалистской
Japonais 実質主義者
Basque substantialist
Corse sostanziali
Source : Google Translate API

Substantialiste

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