La langue française

Sublunaire

Sommaire

  • Définitions du mot sublunaire
  • Étymologie de « sublunaire »
  • Phonétique de « sublunaire »
  • Citations contenant le mot « sublunaire »
  • Traductions du mot « sublunaire »

Définitions du mot « sublunaire »

Trésor de la Langue Française informatisé

SUBLUNAIRE, adj.

A. − Vx. Situé en dessous de la Lune; entre la Lune et la Terre. Je n'ai pu descendre aux régions sublunaires (Chateaubr., Natchez, 1826, p. 173).
B. − Littér., p. plaisant. D'ici-bas, terrestre. Végétation, matière sublunaire. Mais quittons, mon fils, la quintessence et revenons à des propos plus sublunaires (Arnoux, Rossignol napol., 1937, p. 224).
Les êtres sublunaires ou, absol., les sublunaires, subst. masc. plur. Synon. les humains, les terriens.Je vous entends, les sublunaires, bramer vos dédains pâles (H. Bazin, Mort pt cheval, 1949, p. 291).Des rayons « cosmiques » d'un nouveau genre qui exerceraient une influence physique sur les êtres sublunaires et les marqueraient ainsi de signes que l'astrologue déduirait de la position des astres dans le thème généthliaque (Amadou, Parapsychol., 1954, p. 297).
Le globe/le monde sublunaire. La Terre. Grâce à ses complexes théories sur la correspondance entre l'âme, le corps et le monde extérieur: selon lui l'esprit représentait Dieu, le corps le monde sublunaire et le « fluide » les astres (Caron, Hutin, Alchimistes, 1959, p. 37).
Prononc. et Orth.: [syblynε:ʀ]. att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1548 iron. (Rabelais, Quart livre, Anc. prologue, éd. R. Marichal, p. 290, ligne 135); 1680 (Rich.: Sublunaire. Qui est sous la Lune et dans la partie inférieure du monde). Empr. au b. lat.sublunaris [id.] iiie-ives. ds Blaise Lat. chrét., dér. de lunaris « lunaire », préf. sub- marquant la position inférieure; cf. la forme souslunaire au xvies. 1557, Tyard, 96 ds Hug. − 1587, Cholières, 8eAp.-disnée, p. 290, ibid. Fréq. abs. littér.: 33.

Wiktionnaire

Adjectif

sublunaire \syb.ly.nɛʁ\ masculin et féminin identiques

  1. (Didactique) Qui est entre la Terre et la Lune.
    • La région sublunaire.
  2. (Antiquité) (Philosophie) Qualifiait le monde de la Terre et de son espace proche.
    • Il semblait un esprit pur, qui aurait revêtu une forme humaine seulement pour être perceptible aux sens grossiers des êtres sublunaires. — (Jean Potocki, Manuscrit trouvé à Saragosse, Histoire du cabaliste, 1804-1810)
    • Ah ! c’est le plus exquis des êtres sublunaires ! — (Edmond Rostand, Cyrano de Bergerac (1897), I, 2.)
    • Les Péripatéticiens affirment la possibilité d’une science du monde sublunaire : ils fondent de véritables instituts scientifiques. — (Louis Rougier, Histoire d’une faillite philosophique : la Scolastique, 1966)
  3. (Histoire) Qui est relatif au vécu.
    • […] nous ne jurons plus que par l’opposition qu’il y a entre le « vécu » (nous l’avons appelé : le sublunaire), d’une part, et, de l’autre, le « formel », le caractère formalisable de toute science digne de ce nom — (Paul Veyne, Comment on écrit l’histoire, 1971, rééd. 1978, p. 107)
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SUBLUNAIRE. adj. des deux genres
. T. didactique. Qui est entre la terre et la lune. La région sublunaire. Le monde sublunaire, La terre. Il s'emploie surtout avec une nuance de plaisanterie.

Littré (1872-1877)

SUBLUNAIRE (sub-lu-nê-r') adj.
  • Terme didactique. Qui est entre la terre et l'orbite de la lune. Je me crois le plus malheureux Des individus sublunaires, Desmarets, Visionnaires, dans RICHELET. Aristote soutient que les cieux sont incorruptibles, quoique les choses sublunaires soient sujettes à se corrompre, Fénelon, Aristote. Il [Tycho] prouva que cette comète, bien loin d'être sublunaire, était dans une région très élevée, Bailly, Hist. astr. mod. t. I, p. 411.

    Le globe, le monde sublunaire, la terre et son atmosphère.

HISTORIQUE

XVIe s. Toutes choses sublunaires ont leur fin et periode, Rabelais, IV, Anc. prol.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

Encyclopédie, 1re édition (1751)

SUBLUNAIRE, adj. (Phys.) se dit de toutes les choses qui sont sur la terre ou dans son atmosphere, au-dessous de la lune : ainsi on dit les corps sublunaires, pour marquer tous les corps qui sont ici bas, tous les météores, &c. (O)

Wikisource - licence Creative Commons attribution partage dans les mêmes conditions 3.0

Étymologie de « sublunaire »

Lat. sub, sous, et luna, la lune.

Version électronique créée par François Gannaz - http://www.littre.org - licence Creative Commons Attribution

(Date à préciser) Du latin sublunarius. Référence nécessaire
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « sublunaire »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sublunaire syblynɛr

Citations contenant le mot « sublunaire »

  • Pendant ce temps, à l’autre bout de l’axe, aux antipodes, les grands travaux s’étendent et se poursuivent, qu’on finira un jour ou l’autre par confondre avec les chantiers de fouille qui les précédèrent. « Qui voit loin, voit tôt », vieil adage. Le processus du reste a déjà commencé. À mille lieues des faubourgs, bien après les murailles et les dernières redoutes de l’empire, hors même la bulle locale de cent années-lumière où trône la Voie lactée et au-delà du groupe de galaxies qui la comprend, au-delà encore du superamas Vierge-Hydre-Centaure dans lequel celui-ci occupe, faut-il le redire, une position rien moins que centrale, le Colosse continue son incompréhensible expansion. Tout ce que le monde compte de scrutateurs et de filateurs se tient prêt à bondir aux moindres déformations de la courbure. Rivés aux télécommandes, ils paraissent d’autant plus tendus que les infinitésimales variations qu’ils reçoivent leur parviennent à travers des distances irreprésentables, d’objets qui non seulement semblent vouloir échapper à leur emprise, mais dont la vitesse de fuite, contre toute attente, augmente à proportion de l’éloignement. Allez savoir… Une seule chose est sûre dans cet univers à la dérive : à l’instar du son, qui change de fréquence à mesure qu’il se déplace par rapport à l’auditeur, un signal lumineux passe au rouge ou au bleu selon que l’émetteur s’écarte ou se rapproche. Le bleu est rare ici, le rouge domine. Mais qu’en déduire ? Faut-il se résigner à l’idée que les attractions spectaculaires qui firent la renommée du lieu, tout au long de ce temps long où l’administration centrale accumula les archives, que toute cette imagerie de grands combats, de luttes à mort sont à terme condamnées à disparaître ? Et le Cygne, le Toucan à s’éteindre, avec la Mouche et le Serpent, la Girafe et le Petit Cheval ? Et l’époustouflant complexe de superamas dit « Poissons-Baleine » ? Que restera-t-il de cette structure macrocosmique dans laquelle tout récemment encore le monde sublunaire a été englobé, lorsque les lunettes n’auront plus dans leur viseur qu’une sorte de halo, une vague aura rappelant les anciens crépuscules ? Cependant n’anticipons pas : tout cela n’est encore que fiction. Pour l’heure, l’assaut est lancé vers l’agglomération nouvelle. Les miroirs au fluorure de magnésium, la septième et toute dernière génération d’objectifs fureteurs, tracent en direction d’un mur de dix mille milliards de milliards de kilomètres à tout casser d’enchevêtrement filamenteux, en formation permanente et toujours en catastrophe, avec force ruissellements de gaz et de poussières, effondrements et densités, vides intersidéraux et maelstroms. On parle d’une course contre la montre, de défi à relever. Certains proposent de passer le film à l’envers : si le cosmos se dilate, avancent-ils, s’il s’effiloche, ne serait-ce pas pour la raison qu’il est parti d’une maille unique, serrée à l’extrême ? D’un seul point jusqu’auquel il suffirait de rembobiner ? D’une tête d’épingle, d’un chas d’aiguille à partir duquel dévider le grand récit des mondes ? C’est alors qu’on reparle de l’éperlan, de l’esturgeon et de la grande alose, et de la lamproie fluviatile, ces énergumènes qui en leur temps (j’oubliais la truite de mer et le saumon royal), remontaient les fleuves après un séjour au large, à seule fin de s’épouser à l’endroit de leur naissance, loin des estuaires. Les anadromes qu’on les appelait. Retour amont, toujours… Et avec quelle ardeur… L’orient des sources… Les pulsars… Les trous noirs… La dure montaison se poursuit. Or les obstacles n’en sont pas sitôt surmontés, et moyennant d’extravagantes contorsions sur toute la longueur du parcours, que d’autres se dressent derrière ceux qu’on croyait indépassables : le Grand Mur Austral, les Grands Murs de Sloan et de Boss, et le Grand Mur d’Hercule-Couronne boréale, le plus éloigné dans l’espace-temps et par-là même le plus jeune de tous — pour un temps du moins car le dernier rempart en date, dans l’attente cela va sans dire du prochain bond en avant, vient d’être repéré par les spectrographes dans une pliure du Sextant, constellation aussi pâle que fruste. C’est pourtant un amas plein de vigueur juvénile : un million de milliards de fois la masse du Soleil — la fleur de l’âge du Colosse. Toute affaire cessante, et dans la liesse communicative, on le pare, on lui cherche un nom. Ce sera celui porté jadis par un des rejetons de la progéniture redoutable d’Ouranos et de Gaïa, divinités élémentaires au-delà desquelles nul ne put jamais risquer un œil sans le voir se dissoudre. Club de Mediapart, COLOSSE | Le Club de Mediapart
  • Depuis, les bruissements d’hier ont fait place à une clameur aux échos mortifères. Oui, on mange trop. On mange mal et notre motricité rivalise à peine avec celle de l’étoile de mer. La sédentarité nous liquéfie aussi sûrement que le tabac nous pulvérise. Il faut agir et, en marge du récent Marathon de Lausanne, une campagne d’encouragement au mouvement salutaire s’est proposée de décrocher la lune, en parcourant collectivement les 380 000 kilomètres séparant l’astre préféré de Cyrano de notre monde sublunaire. Un défi à tenter un poète. C’était surtout une invitation collective adressée aux Vaudois soucieux de santé publique: marchez, ramez, nagez, pédalez, unissez vos efforts, citoyens, et comme un seul homme, montrez votre détermination contre l’immobilité, ce fléau de niveau planétaire. Le Temps, La sédentarité très structurée de notre monde sublunaire - Le Temps
  •   Le piège politique terrible dans lequel notre pays est tombé — que d'autres ont déjà baptisé “macro-lepénisme” [17] — semble se refermer jour après jour. Plus le temps passe, moins on voit bien la différence entre les deux options qu'il nous propose. Pourtant Macron n'a pas tellement changé depuis que nous le connaissons: Jupiter fidèle quoi qu'il en coûte à son “cap” anachronique, reconnaissons-lui qu’il garde la constance des astres — à l’exception d’une poussée identitariste qui n’était que trop prévisible. C'est notre infortuné monde sublunaire qui change, et beaucoup trop vite (pour nous hélas comme pour lui) — au point d’avoir rendu ce “cap” éminemment réactionnaire (voire contre-révolutionnaire) au cours des trois années qui viennent de s’écouler. Car la société civile montre de plus en plus bruyamment qu'elle en a marre — et qu’on lui envoie systématiquement la police pour seule réponse. Car les conséquences multiples de la pandémie de coronavirus vont rapidement rendre explosive cette inflexibilité de principe dont le “grand remaniement” est la preuve ultime. Car la déplétion énergétique [18] et l’effondrement climatique finiront le travail en toute vraisemblance. Club de Mediapart, Le séparatisme en marche | Le Club de Mediapart
  • Mauvais Genres s'invite, ce soir, dans la soupente-atelier sublunaire et poétique, repaire de Brecht Evens, virtuose du récit graphique et leader de la nouvelle bande dessinée flamande. L'occasion pour nous d'apprécier le carrelage de sa douche, sa lucarne à corbeaux, sa vue sur Paris et, surtout, surtout, d'évoquer ces coups d'éclat chromatique et vertigineuse mise en scène que sont ses albums publiés chez Actes-Sud : Les Rigoles, Panthère, les Amateurs et les Noceurs. France Culture, En visite chez Brecht Evens
  • Les météores, ce sont tous les phénomènes aériens sublunaires, comme la neige, la pluie ou l’arc-en-ciel, mais c’est aussi le titre d’un texte trop peu connu de Descartes. À quoi ressemble sa philosophie des météores ? France Culture, "Les Météores" de René Descartes - Ép. 1/10 - #découvrirlesclassiques
  • Paysage sublunaire et atonal (1991) , J. Baudrillard, Entretiens

Traductions du mot « sublunaire »

Langue Traduction
Anglais sublunary
Espagnol sublunario
Italien sottolunare
Allemand sublunär
Chinois 下月
Arabe تحت القمر
Portugais sublunar
Russe подлунный
Japonais サブルナリー
Basque sublunary
Corse sublunariu
Source : Google Translate API
Partager