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Subjectivation, subjectivisation

Définitions du mot « subjectivation, subjectivisation »

Trésor de la Langue Française informatisé

Subjectivation, subjectivisation, subst. fém.,philos. Action de subjectiver, de subjectiviser (infra rem. 2). Bien souvent aussi un concept phénoménologique ne sera qu'une « subjectivisation » d'un concept beaucoup mieux connu par la voie empirique (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 16).Les techniques de recherche ont à subir une crise de subjectivation pour acquérir une plus grande objectivité dans ce domaine (Traité sociol., 1967, p. 147).

Wiktionnaire

Nom commun

subjectivation \syb.ʒɛk.ti.va.sjɔ̃\ féminin

  1. (Psychologie) (Néologisme) Travail psychique de transformation propre à l’adolescence.
    • L’impossibilité de constituer un tel espace psychique sera le signe même d’un défaut de subjectivation, de l’échec de la subjectivation. Selon B. Penot, (Penot, 1991) il manque une pièce nécessaire au processus de subjectivation, la forclusion du support paternel en étant le cas de figure le plus patent. — (Michèle Bertrand, Qu’est-ce que la subjectivation ?, Le Carnet PSY 2005/1, no 96, 2005)
    • Oui, nous sommes dans une « nubilisation » de la société, qui nous impose, de la pornographie à la publicité, le même modèle de la jeune fille nubile et disponible comme standard érotique. Sur Instagram, c’est le même continuum, et l’on voit des jeunes femmes reproduire ce standard en se mettant elles-mêmes en scène, dans un assujettissement autant qu’une subjectivation qui peut se résumer par : j’existe en tant que sujet puisque je rentre moi-même dans le standard. — (Julie Rambal, Bernard Andrieu sur Yann Moix: « Du porno à la pub, le modèle de la jeune fille nubile comme standard érotique » sur letemps.ch, 7 janvier 2019)
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Phonétique du mot « subjectivation »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
subjectivation sybʒɛktivasjɔ̃

Citations contenant le mot « subjectivation »

  • Une enquête ethnographique conduite par Frédérick Nadeau auprès de militants de l'extrême droite québécoise révèle des acteurs mus par un profond sentiment d'impuissance : ils se sentent humiliés et n'ont plus confiance envers les institutions démocratiques. Dans ce contexte, ils se détournent de l'État pour adopter des modes d'engagement « esthétiques », ancrés dans la vie quotidienne. L'engagement vise moins à revendiquer certaines conditions sociales qu'à les créer pour soi-même et par soi-même. Pour changer le monde, il faut d'abord se changer soi. L'engagement esthétique apparaît ainsi comme un mode de subjectivation : il permet aux acteurs de regagner une part d'agentivité dans un monde qui leur échappe. Réseau de l'Université du Québec, Frédérick Nadeau : lauréat du mois de juin du prix Relève étoile Paul-Gérin-Lajoie | Réseau de l'Université du Québec
  • En quoi les notions de "violence policière" et de "légalité" des actions policières ne sont pas suffisantes pour penser l'ordre policier. Peut-on élaborer une pensée critique de la police sans penser la justice? Du rapport à la police à la subjectivation, à la production de rapports à l'espace public et de manières d'être au monde : comment est ce que la police change la vie ? Club de Mediapart, Pour une théorie critique de l'ordre policier | Le Club de Mediapart
  • Quelles représentations et quels affects expliquent que l'on puisse avoir du plaisir à consommer autrement ? Quel processus de subjectivation permet de se sentir solidaire des autres vivants et d'acquérir les traits moraux indispensables à la transition écologique ? France Culture, Écopsychologie et écoféminisme
  • La vitalité de quelques groupes religieux ne saurait masquer les difficultés que connaissent de nombreux autres, à l’heure de la subjectivisation des croyances et de l’individualisation des pratiques. Au sein de l’islam algérien de France, une partie de la jeunesse est désormais touchée par ce qu’Olivier Roy appelle la « perte d’évidence religieuse », tandis que sur le demi-million de juifs français, moins de la moitié fréquente un lieu de la communauté – ne serait-ce qu’une fois par an, et sans que ce soit forcément une synagogue. La Croix, ÉTUDE : Une vaste exploration des minorités religieuses en France
  • Dans la démocratie l’homme n’a plus les repères qui permettent de trouver sa place dans la société, la subjectivisation de l’homme lui fait perdre son appartenance à une humanité particulière. Blasting News, Politique : la démocratie moderne est en crise
  • Il est l’auteur, ces cinquante dernières années, d’une quarantaine d’ouvrages qui s’articulent autour de trois sujets majeurs : d’abord la sociologie du travail, qui l’a amené à réfléchir à l’évolution de la société industrielle. De là, il s’est intéressé à des mouvements sociaux comme Solidarnosc en Pologne ou d’autres en Amérique latine. Dans un troisième temps, Alain Touraine s’est orienté vers la notion de sujet, il développe une réflexion sur l’opposition entre subjectivisation et désubjectivisation développée dans sa Critique de la modernité (publié en 1992).  France Culture, Repenser la modernité
  • Le problème de fond était ici que le Code civil ne définissait pas la notion de cause, que celle-ci était difficilement appréhendée et qu’il en a donc résulté une grande diversité d’options. Dans un certain nombre de ses décisions, la jurisprudence chercha néanmoins à réduire l’insécurité juridique qui pouvait en résulter. Pour ce faire, elle s’engagea dans un processus de subjectivisation de la cause à partir des arrêts Point-Club Video du 3 juillet 1996 et Chronopost du 22 octobre 1996 dont il résulta une redéfinition de la fonction de cause au contrat. L’option classique était de nature objective et visait essentiellement la préservation contre les engagements souscrits sans contrepartie. Dans une conception davantage subjective et concrète, la Cour s’engagea alors dans l’option du contrôle de la cohérence du contrat en fonction des cas d’espèce. Village de la Justice, Le projet de réforme du droit français des contrats : rénovation ou révolution ? Par François Campagnola, Juriste.
  • Mais l’essentiel du livre n’est pas là. Son objet principal est de tenter d’identifier les causes ayant pu conduire à la montée du populisme (ou de la radicalité dans son versant gauche). Pour le faire, les auteurs manient avec dextérité tout un ensemble de données, extraites essentiellement des enquêtes du CEVIPOF. Ils le font en maniant des variables peu souvent utilisées dans les analyses politiques classiques : la confiance dans les autres, le sentiment de bien-être, les sentiments de peur et de colère. Ces analyses livrent des résultats passionnants ; elles montrent ce qu’on pourrait appeler (l’expression n’est pas employée par les auteurs eux-mêmes) une subjectivisation de la vie politique. À les lire on est en effet conduit à penser qu’à côté des facteurs « objectifs » (ce que les auteurs appellent « l’insécurité économique », j’y reviendrai), les sentiments et les valeurs ont pris une importance grandissante dans ces manifestations de radicalité politique ou infra-politique que les auteurs étudient. Une section saisissante du livre montre ainsi l’affaiblissement du vote de classe : une fois prises en compte les caractéristiques individuelles, la classe sociale n’a plus qu’un impact très limité sur l’orientation du vote. En revanche, dans l’analyse statistique du second tour de l’élection présidentielle de 2017, les variables subjectives prises en compte (confiance et bien-être) permettent de doubler le pouvoir explicatif du modèle. Telos, Aux origines du populisme - Telos

Traductions du mot « subjectivation »

Langue Traduction
Anglais subjectivation
Espagnol subjetivación
Italien soggettivazione
Allemand subjektivierung
Chinois 主观化
Arabe ذاتية
Portugais subjetivação
Russe субъективация
Japonais 主観化
Basque subjektibazioko
Corse subjectivazione
Source : Google Translate API

Subjectivation

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