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Sterling

Définitions de « sterling »

Trésor de la Langue Française informatisé

STERLING, adj.

A. − Adj. inv.
1. Livre sterling ou, p. ell. (dans les milieux boursiers), sterling, subst. masc. Unité monétaire anglaise valant vingt shillings de douze pence jusqu'à l'adoption du système décimal en 1971 et valant depuis cent nouveaux pence. Synon. livre2.Qu'est-ce qu'une piastre, un ducat, un florin, une livre sterling, un franc? Peut-on voir autre chose en tout cela que des morceaux d'or ou d'argent ayant un certain poids et un certain titre? (Say, Écon. pol., 1832, p. 292).L'accord international de Gênes, en 1922, a décidé que le dollar et la livre seraient considérés comme valant de « l'or ». Le sterling est donc, théoriquement, une monnaie de réserve pour toutes les banques d'émission (L'Express, 22-28 mai 1967, p. 89, col. 3).
Zone sterling. Zone monétaire où la livre sterling sert d'étalon, et qui comprend la plupart des pays du Commonwealth. L'histoire de la zone sterling tantôt officieuse, tantôt armée d'institutions officielles et autoritaires, montre bien les interférences des plans d'organisation monétaire avec les pouvoirs propres d'attraction d'une place financière (Perroux, Écon. XXes., 1964, p. 134).
2. HIST. Shilling, sou, sol sterling. Vingtième de la livre sterling. Il y a dix ans que ce pays n'étoit guère connu et fréquenté que par les chasseurs; à peine les terres valoient-elles six sols sterling l'acre (Crevecœur, Voyage, t. 1, 1801, p. 57).Je revins à New-York, où, par l'entremise du même ami, j'achetai 1 850 acres, à raison de quatre shellings sterling l'acre (Crevecœur, Voyage, t. 1, 1801, p. 182).
B. − Adj. variable ou inv., au fig., vieilli, fam. Synon. de extraordinaire, remarquable.Il est d'une bêtise sterling (Ac. Compl.1842).Cardot ne veut pas se brouiller avec sa femme à cause d'un gendre. La dévote a fait une scène (...) une scène sterling! (Balzac, Muse départ., 1844, p. 201).Cette abominable gargote où l'on faisait des sabbats sterlings et où j'ai mangé comme un imbécile tout mon saint-frusquin! (Hugo, Misér., t. 1, 1862, p. 942).
Prononc. et Orth.: [stε ʀliŋ]. Vieilli [-lε ̃] ds Littré, DG et Barbeau-Rodhe 1930 (à côté de [-liŋ]). Voir G. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 no1 1981, p. 201, 202, et schilling. Att. ds Ac. dep. 1740. Adj. inv. selon les dict., v. Ac.: cinquante livres sterling. Prop. Catach-Golf. Orth. Lexicogr. 1971, p. 305: des livres sterlings. Au sens fam. et vx de « remarquable », variable ou inv., v. supra B. Étymol. et Hist. 1. a) 1576 sterlin « monnaie anglaise correspondant à l'origine au penny d'argent anglo-normand » (J. Bodin, Republique, I, 10 ds Hug.); 1653 livre sterlin « monnaie anglaise qui correspondait à l'origine au poids d'une livre de pièces d'argent de un penny anglo-normand » (La Boulaye Le Gouz, Voyages et observations, p. 538); 1656 shilling sterling (Un Subside accordé au roy, 3-4 ds Höfler Anglic.); 1685 livre sterling (Furetiere, Essais d'un dict. universel, p. 274); b) 1743 adj. « de monnaie anglaise » bon argent sterling (Aubert de La Chesnaye des Bois, Lettres amusantes et critiques sur les romans en général, p. 67); 1756 cinquante millions sterlings (Mirabeau, L'Ami des hommes, p. 480); c) 1951 zone sterling (Réalités, août, 29b ds Höfler Anglic.); 2. 1691 adj. « de la meilleure qualité, authentique, vrai » (J. Delosme de Montchenay, Le Phénix, 368, ibid.). Empr. à l'angl.sterling de même orig. que esterlin*, désignant la pièce de un penny d'argent de la dynastie normande (1297 ds NED), empl. dans le syntagme pound of sterlings pour désigner une valeur corresp. au poids d'une livre de ces pièces, puis d'autres unités monétaires corresp. à un nombre de ces pièces, et, p. ell. de of, les syntagmes mark sterling, shilling sterling et pound sterling (trad. en fr. livre sterling), d'où l'empl. de sterling pour qualifier une monnaie ainsi évaluée et plus gén. la monnaie anglaise (1565, ibid.), et l'empl. adj. au sens de « d'argent, de bon aloi » (fin xves., ibid.) et au fig. (fin xviies., ibid.). Zone sterling est la trad. de sterling area att. dep. 1932 ds NED Suppl.2. Fréq. abs. littér.: 146. Bbg. Bonn. 1920, p. 146. − Quem. DDL t. 30, 32.

Wiktionnaire

Nom commun - français

sterling \stɛʁ.liŋ\ masculin

  1. (Numismatique) Livre anglaise.
    • Je vois à ton discours que tu as déjà flairé les sterlings du roi d'Angleterre.

Adjectif - français

sterling \stɛʁ.liŋ\ masculin et féminin identiques, singulier et pluriel identiques

  1. Qualifie la livre anglaise.
    • Cinquante livres sterling.
  2. Relatif à la livre anglaise.
    • Zone sterling, zone monétaire où la livre sterling sert d'étalon, et qui comprend la plupart des pays du Commonwealth.
    • L'histoire de la zone sterling tantôt officieuse, tantôt armée d'institutions officielles et autoritaires, montre bien les interférences des plans d'organisation monétaire avec les pouvoirs propres d'attraction d'une place financière. — (Perroux, Économie du XXe siècle, 1964)
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

STERLING. (ING se prononce IGNE.) adj. des deux genres
. Il se dit d'une Monnaie de compte en Angleterre et ne s'emploie guère que comme épithète du mot Livre. Cinquante livres sterling.

Littré (1872-1877)

STERLING (stèr-lin) adj.
  • invar. Il se dit d'une monnaie de compte en Angleterre. La livre sterling vaut environ vingt-cinq francs. Cinquante livres sterling. Un sou sterling. Un denier sterling. Oui, oui, continuez [à traduire Homère en vers] ; la nation ne vous donnera pas quinze mille livres sterling, comme les Anglais les ont données à Pope [pour la traduction de l'Iliade], Voltaire, Dict. phil. Scoliaste.

    On l'a employé quelquefois comme substantif masculin. Je vois à ton discours que tu as déjà flairé les sterlings du roi d'Angleterre, Aug. Thierry, Conquête de l'Anglet. X.

HISTORIQUE

XIIe s. Dunc enveia li reis à lui ses chevaliers ; Or volt que il li rende ses acuntes pleniers De quanqu'ot en baillie, quant fu ses chanceliers, De trente mile livres de sterlins en deniers, Th. le mart. 43.

XIIIe s. Nus orfevres ne puet ouvrer à Paris, d'argent, que il ne soit aussi bons come estelins ou mieudres [meilleur], Liv. des mét. 38.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

STERLING, s. m. (Monn. de compte d’Angl.) nom de la monnoie idéale & de compte d’Angleterre ; quelques-uns croyent que ce mot vient de la ville Sterling en Ecosse, où ils prétendent qu’on battoit anciennement de la monnoie très-pure, avec fort peu d’alliage. D’autres disent avec bien plus d’apparence, que ce nom dérive du mot saxon stére, qui signifie regle ; ainsi, selon ce sentiment, une monnoie sterling, n’est autre chose qu’une monnoie faite selon la regle prescrite.

Enfin, Camden estime que le mot sterling est moderne, & qu’il a été vraissemblablement pris de certains ouvriers flamands, qui sous le regne de Jean-Santerre, furent attirés dans la grande-Bretagne pour y rafiner l’argent ; à quoi ils réussissoient bien mieux que les Anglois. Comme on appelloit communément les gens de ce pays là Esterlings, à cause de leur situation à l’est de l’Angleterre, il est arrivé que la monnoie qu’ils firent, sut nommée esterling, & par abréviation sterling, c’est-à-dire, faite par les Esterlings ou Flamands, & par conséquent plus pure que celle qu’on avoit battue jusqu’alors.

Quoi qu’il en soit, les négocians anglois tiennent leurs comptes par livres sterling, shillings, & farthings, en mettant la livre idéale sterling pour vingt shillings, le shilling pour douze sols, & le sol pour quatre farthings. (D. J.)

Sterling, (Géog. mod.) province d’Ecosse, dans la seconde presqu’île de ce royaume, au midi du Tay. Cette province est bornée à l’orient par l’Avon, qui la sépare de la Lothiane, & par le Forth, qui la sépare de la Fife. Au nord elle a la province de Menteith ; à l’occident, celle de Lénox, & au midi celle de Cluydesdale. Elle s’étend en longueur du nord-ouest au sud-est, l’espace de vingt milles, & sa largeur n’est que de douze milles. Mais si cette province est petite, elle est l’une des plus fertiles de l’Ecosse ; on y compte environ vingt paroisses ; les rivieres qui l’arrosent sont le Carron, le Kelwin, le Coutyr, le Bannok, & le Forth.

En passant de la Lothiane dans cette province, on voit les restes de la muraille des Romains, qui s’étendoit à-travers les provinces de Sterling & de Lénox, jusqu’à Kilpatrick, sur la Cluyd, dans un espace de trente à trente-cinq milles. Les vallées de la province de Sterling sont entrecoupées de prairies ; les montagnes du midi & de l’ouest, entretiennent de gros troupeaux de bêtes à cornes ; les habitans brûlent du bois, du charbon de pierre, ou une espece de tourbe, suivant les lieux. (D. J.)

Sterling, (Géog. mod.) ville de l’Ecosse méridionale, capitale de la province de même nom, sur la pente d’un rocher, dont le Forth mouille le pié, & qu’on passe sur un pont de pierre, à 12 lieues au nord-ouest d’Edimbourg. Elle a été la demeure de plusieurs rois d’Ecosse. On y voit un beau & fort château. Long. 13. 55. lat. 56. 5.

Les anciens appelloient cette ville Binobara ; mais Ptolomée l’appelle Vindovara. C’étoit une des bornes de l’empire romain dans la Grande-Bretagne, comme il paroît par une inscription qu’on trouve vers le pont au bas du château, & qui marque qu’une des aîles de l’armée romaine faisoit garde dans cette place. Du tems de la religion catholique, il y avoit près de cette ville une abbaye magnifique qui portoit le nom de Cambuskenneth.

A deux milles au nord de Sterling, est une terre nommée Arthrey ou Airthrey, dans laquelle on trouve une mine de cuivre au côté méridional d’une montagne. La matiere qu’on tire de la mine est couverte d’une croute métallique, & le reste est bigarré de couleurs vives, de verd, de violet, & de bleu. Un quintal de cette matiere rend trente livres de cuivre ; une fontaine sort de la même montagne ; & comme elle passe à-travers une terre minérale, elle en prend une légere teinture, & on la croit bonne pour guérir quelques maux externes.

Quoi qu’il en soit, la ville de Sterling est la patrie de Marie Lambrun, femme qui mérite d’occuper sa place dans l’histoire du xvj. siecle. Elle avoit épousé un françois nommé Lambrun, qui lui donna le nom sous lequel elle est connue ; tous les deux entrerent fort jeunes au service de Marie Stuart qu’ils adoroient. L’époux de mademoiselle Lambrun fut si touché de la fin tragique de cette princesse, qu’il en mourut de douleur au bout de quelques mois, & sa femme desespérée résolut aussi-tôt de venger l’un & l’autre par un terrible crime. Elle s’habille en homme, prend le nom d’Antoine Sparch, & se rend à Londres, portant sur elle deux pistolets chargés, l’un pour tuer la reine Elisabeth, & l’autre pour se tuer tout de suite, afin d’éviter l’échafaut.

En perçant la foule avec vivacité pour s’approcher de la reine qui se promenoit dans ses jardins, elle laisse tomber un de ses pistolets ; les gardes accourent, la saisissent, & ne songent qu’à la traîner en prison ; mais Elisabeth voulant sur le champ l’interroger elle-même, lui demanda son nom, sa patrie, & sa qualité.

Mademoiselle Lambrun répondit d’un ton ferme : « Madame, je suis écossoise & femme, quoique je porte cet habit : je m’appelle Marguerite Lambrun. J’ai vécu plusieurs années auprès de la reine Marie, que vous avez injustement fait périr ; & par sa mort, vous avez été cause de celle de mon mari, qui n’a pu survivre au trépas d’une reine innocente, à laquelle il étoit dévoué. De mon côté, aimant l’un & l’autre avec passion, j’avois résolu au péril de ma vie, de venger leur mort par la vôtre. Tous les efforts que j’ai faits pour abandonner ce dessein, n’ont abouti qu’à m’apprendre qu’il n’y a rien qui soit capable d’empêcher une femme irritée de se venger, lorsqu’un double amour enflamme sa haine & son ressentiment ».

Quoique la reine Elisabeth eût grand sujet d’être émue d’un tel discours, elle ne laissa pas de l’écouter de sens froid, & de repartir tranquillement : « Vous avez donc cru faire votre devoir, & rendre à l’amour que vous avez pour votre maîtresse & pour votre mari, ce qu’il exigeoit : mais quel pensez-vous que doit être maintenant mon devoir à votre égard » ?

Cette femme répondit à la reine avec grandeur : « Je dirai franchement à votre majesté mon avis, pourvu qu’il lui plaise de me dire premierement, si elle me fait cette question en qualité de reine, ou en qualité de juge ». Elisabeth lui déclara que c’étoit en qualité de reine. « Votre majesté doit m’accorder grace », repartit Marguerite Lambrun.

« Mais quelle assurance me donnerez-vous, répliqua la reine, que vous n’en abuserez pas, & que vous n’entreprendrez pas une seconde fois un attentat semblable ? » A quoi la Lambrun repartit encore : « Madame, la grace que l’on veut accorder avec tant de précaution, n’est plus, selon mon idée, une véritable grace : ainsi votre majesté peut agir contre moi comme juge ».

Alors la reine s’étant retournée vers quelques membres de son conseil qui étoient présens, leur dit : « Il y a trente ans que je regne ; mais je ne me souviens pas d’avoir trouvé personne qui m’ait jamais fait une pareille leçon. Allez (continua-telle, en s’adressant à mademoiselle Lambrun), je vous accorde la grace pure, entiere, & sans aucune condition ».

Marie Lambrun se prosterna aux genoux de la reine, en la priant d’avoir la générosité de la faire conduire sûrement hors des royaumes de la grande-Bretagne jusqu’aux côtes de France. Elisabeth le lui accorda volontiers ; & l’on regarda cette requête de Marie Lambrun, comme un trait singulier de prudence & de sagesse. (Le chevalier de Jaucourt.)

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Étymologie de « sterling »

Angl. sterling, nummi easterlingi, monnaie frappée par les Easterling ou marchands de l'est de l'Allemagne (par rapport à l'Angleterre), de east, est ; cet est de l'Allemagne était la Hanse, et, en particulier, Lubeck : Par ce coing sont les Saxons, Estrelins, Rabelais, Pant. IV, Prol.

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De l’anglais sterling, apparenté à esterlin.
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Phonétique du mot « sterling »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sterling stɛrling

Citations contenant le mot « sterling »

  • Après avoir chuté de 1,32 dollar à 1,14 dollar pendant la phase de stress intense liée au Covid-19 en mars, à la fois sur des craintes pour l’économie britannique mais aussi en raison de l’appétit pour le dollar devenu valeur refuge à ce moment-là, la livre sterling est parvenue à se redresser. Elle affiche même un résilience intéressante ces derniers jours alors même que Michel Barnier a jugé "peu probable" un accord avec le Royaume-Uni, si la position des britanniques ne changeait pas. BFM Bourse, Alexandre Baradez : La livre sterling peut-elle se redresser malgré le revers des négociations ? - BFM Bourse
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Traductions du mot « sterling »

Langue Traduction
Anglais sterling
Espagnol libra esterlina
Italien sterlina
Allemand sterling
Chinois 英镑
Arabe الاسترليني
Portugais libra esterlina
Russe стерлинг
Japonais スターリング
Basque esterlina
Corse sterlina
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Sterling

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