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Sept

Définitions de « sept »

Trésor de la Langue Française informatisé

SEPT, adj. et subst. masc. inv.

I. − Adjectif
A. − Adj. numéral cardinal. Six plus un. Les noms populaires [des jours de la semaine], les mêmes que ceux des sept planètes connues des Chaldéo-Assyriens (Chauve-Bertrand,Question calendrier, 1920, p. 74).V. an ex. 12, apocalypse ex. 1, branche ex. 13, chandelier2A ex. de Dupuis, côté1ex. 1, couleur I A 1 ex. de Banville, douleur B ex. de Montalembert, étoile II A 2 ex. de Tharaud, pénitence A 1 ex. de Barante:
... Étéocle et Polynice (...) se sont battus et entre-tués sous les murs de la ville (...). Sept grands princes étrangers que Polynice avait gagnés à sa cause ont été défaits devant les sept portes de Thèbes. Anouilh,Antig., 1946, prol., p. 137.
SYNT. Cent* sept ans; les sept arts libéraux (v. art III A 2); les sept collines de Rome; les sept électeurs de l'Empereur d'Allemagne; les sept étoiles de la Grande-Ourse, de la Pléiade; les sept jours de la semaine; bottes de sept lieues (v. botte2A 3 b); les sept merveilles du monde (v. merveille II A); les sept notes de la gamme diatonique; les sept péchés capitaux (v. capital1B 2 c); les sept sacrements; les sept sages de la Grèce; les sept vaches grasses et les sept vaches maigres (v. vache).
HIST. Guerre de sept ans. ,,Lutte européenne de 1756 à 1763 provenant de l'antagonisme entre la Prusse et l'Autriche et du désir de l'Angleterre d'anéantir l'empire colonial français`` (Lep. 1948). À la suite de la guerre de sept ans, le prestige moral de l'Allemagne s'accroît de son prestige militaire (Civilis. écr., 1939, p. 30-6).
[Avec ell. du subst. déterminé] Les sept [chefs] contre Thèbes; hand-ball à sept [joueurs]. Et qui payera les déficits? Les sept [membres] du Conseil fédéral? (Gobineau,Corresp.[avec Tocqueville], 1850, p. 146).Prix maximum de sept [francs] cinquante [centimes] (Hamp,Champagne, 1909, p. 179).
P. ext. [Souvent en assoc. avec septante; v. Matth. XVIII, 22, Gen. IV, 24] Un grand nombre. Je l'ai promené [le DrPierre] dans tout le parc; (...) rien n'a fondu les sept sceaux dont sa langue est scellée (Feuillet,Scènes et prov., 1851, p. 77).
Loc. proverbiale. (Il faut) tourner sept fois sa langue* dans sa bouche avant de parler, de répondre, de dire qqc.
B. − Adj. numéral ordinal. Qui occupe le rang marqué par le nombre sept. Synon. septième.
1. [Détermin. postposé d'un élément d'un ensemble numéroté] Chapitre, numéro, page sept; Charles VII, Pie VII. Arrivée le 23 février vers midi [à Chinon], elle [Jeanne d'Arc] attendit deux jours que le roi Charles VII consentît à la recevoir (Lar. encyclop., s.v. Jeanne d'Arc).
Arg. (Numéro) sept. Crochet de chiffonnier. [P. ell. de numéro] Un chiffonnier sans le sept traditionnel, c'est rare. Les plus misérables (...) ont au moins le bâton avec un clou (Richepin,Pavé, 1883, p. 263).
2. [Détermin. antéposé d'un subst. désignant un espace de temps] À deux heures sept minutes. Nous soupons dès avant sept heures, souvent à six heures et demie (Gide,Journal, 1943, p. 171).V. cinquante I A ex. de Martin du Gard.
[Avec ell. du subst. déterminé] Train de neuf heures sept [minutes]. Buvons les cocktails, de sept [heures] à neuf [heures] (Blanche,Modèles, 1928, p. 95).
En compos. Cinq(-)à(-)sept*.
II. − Subst. masc.
A. − [Sans art.] Le nombre sept. Sept en chiffres arabes (7); sept en chiffres romains (VII); sept est un nombre premier; caractère sacré du nombre sept. Associant le nombre quatre, qui symbolise la terre (avec ses quatre points cardinaux) et le nombre trois, qui symbolise le ciel, sept représente la totalité de l'univers en mouvement (Symboles1969).V. apocalyptique ex. 2, apotélesmatique ex. 1, douze II A ex. de Saint-Exupéry, huit II A ex. de Duhamel.
B. − P. méton.
1. Le chiffre sept. Un sept arabe (7); un sept romain (VII). Il faut mettre deux sept ensemble (...), soixante-dix-sept signifie l'abolition de tous les péchés par le baptême, comme saint Augustin l'a démontré aux académies d'Afrique (Senancour,Obermann, t. 2, 1840, p. 10).
2. JEUX. Carte portant sept marques. Un roi de pique ou un sept de carreau particulièrement chargés d'avenir ce jour-là (Fargue,Piéton Paris, 1939, p. 218).
3. ARM. 7,65. Pistolet, revolver de 7,65 mm de calibre. Un sexagénaire blesse son agresseur d'une balle de 7,65 (L'Est Républicain, 23 mars 1986, p. 411).
C. − [À valeur ordinale; désigne un élément d'un ensemble numéroté] Miser sur le sept; sa lettre est datée du sept; habiter au sept de la rue. On était au sept mars, et la ville pressentait l'approche du printemps (Miomandre,Écrit sur eau, 1908, p. 223).
Prononc. et Orth.: [sεt]. Homon. cet, cette, set. [sε] devant cons. et h aspiré encore ds Littré, DG, Barbeau-Rodhe 1930 (qui juge [sεtfʀ ɑ ̃] vulg.). Contrairement à dix et six t final s'impose dans sept pour éviter la confusion avec ses et ces (v. G. Straka ds Trav. Ling. Litt. Strasbourg t. 19 n o1 1981, p. 237). P prononcé dans les mots n'étant plus sentis comme dér. de sept, sav. ou d'empr. récent: septante, septénaire, septembre; Pt Rob. 1967(comme Littré): septain [sεtε ̃] mais Rob. 1985 (et Martinet-Walter 1973) [sεptε ̃]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. a) α) Fin xes. cardinal (Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 420: sep); β) ca 1050 dis e set (anz) (Alexis, éd. Chr. Storey, 271); b) 1718 ordinal (Ac.: Charles sept); 2. a) 1580 subst. masc. (Palissy, Discours admirables de la nature des eaux et fontaines, éd. A. France, p. 281: le nombre de sept); b) α) 1663-64 jeu de dés (Boileau, Satire, IV, éd. A. Cahen, p. 68); β) 1694 jeu de cartes (Ac.); c) 1718 le sept du mois (ibid.). Du lat. septem « id. », la graph. sept est étymologique. Fréq. abs. littér.: 8 016. Fréq. rel. littér.: xixes.: a)13 355, b) 15 590; xxes.: a) 10 849, b) 8 887.
DÉR.
Septain, subst. masc.a) Technol. Corde formée par l'assemblage de sept torons, utilisée en particulier pour soutenir les poids des horloges. L'assemblage de sept torons forme un septain (Champly,Nouv. encyclop. prat., t. 2, 1927, p. 6).b) Versif. Poème, strophe de sept vers. Le septain est composé d'un quatrain et d'un tercet, ou, plus rarement, d'un tercet et d'un quatrain. Il est construit sur deux ou trois rimes, et le vers employé est l'alexandrin ou l'octosyllabe (Quillet1965). [sεptε ̃], [sεtε ̃]. Supra prononc. Att. ds Ac. 1935. 1resattest. a) ca 1175 setain « septième » (Benoît de Ste-Maure, Ducs Normandie, 42016 ds T.-L.), b) α) 1317 « quantité de sept » (doc. ds Gdf.), β) 1521 versif. (Fabri, Grand et vrai art de pleine rhétorique, fac-sim., Genève, Slatkine reprints, f o33 r o), γ) 1832 technol. (Raymond); de sept, suff. -ain2*.
BBG. Durand (M.). Note sur la prononc. de sept. Fr. mod. 1940, t. 8, pp. 153-156. − Manćzak (W.). Die Herkunft der romanischen Sprachen. Mél. Hubschmid (J.). Bern, 1982, pp. 175-188. − Nies (F.). Textarten-Appellative. Z. rom. Philol. 1982, t. 98, p. 328 (s.v. septain).

Wiktionnaire

Nom commun 2 - français

sept \sɛpt\[1] masculin

  1. (Rare) (Ethnologie) Partie d’un clan, d’une famille ou d’une tribu d’Irlande.
    • Dans ces pays celtiques, le régime du clan s’est en effet conservé jusqu’aux temps modernes. Le clan irlandais, le sept, était un groupe de cinquante à soixante personnes, soi-disant issues d’un ancêtre commun et entre lesquelles existait une solidarité plus ou moins étroite. — (Charles Létourneau, L’Évolution politique dans les diverses races humaines, tome 11, Lecrosnier et Babé, libraires-éditeurs, Paris, 1890)

Nom commun 1 - français

sept \sɛt\ masculin et féminin identiques invariable

  1. (Au masculin) Nombre 7, entier naturel après six.
    • Sept est un nombre premier.
  2. (Au masculin) 7, chiffre utilisé dans la numérotation.
    • Soixante-dix-sept s’écrit par deux sept.
  3. (Par métonymie) Chose portant le numéro sept.
  4. (Au masculin) (Avec le) Septième jour du mois.
    • Le sept juin dernier.
    • 23 décembre, Joyeux Noël Monsieur Côté
      Salut ti-cul, on se r’verra le sept janvier.
      — (Beau Dommage, chanson 23 décembre, album Beau Dommage, 1974)

Adjectif numéral - français

sept \sɛt\ pluriel

  1. (Antéposé) Six plus un, adjectif numéral cardinal correspondant au nombre 7.
    • Toutes les fois que je vais voir le grand vizir je suis accompagné par Si Mohammed Ben El-Kaâb, qui a passé sept ans en Europe, dont trois à Paris et quatre en Belgique. — (Frédéric Weisgerber, Trois mois de campagne au Maroc : étude géographique de la région parcourue, Paris : Ernest Leroux, 1904, page 96)
    • « Où vas-tu ? Tu n’as pas honte de rester enfermé pendant que ta pauvre mère travaille ? À sept ans passés, un enfant doit aider ses parents. » — (Marcel Arland, Terre natale, 1938, réédition Le Livre de Poche, page 13)
    • Il y avait quarante chevaux dans les écuries, sept éléphants sous une tente spéciale et les roulottes-cages de deux groupes de fauves –tigres et lions– abritées sous la tente ménagerie. — (Guy des Cars, Le Château du clown , éditions Plon, 1977)
    • En science physique, il existe sept grandeurs fondamentales permettant de mesurer toutes les autres : le mètre, le gramme, la seconde, l’ampère, le kelvin, la candela et la mole.
    • Les sept sacrements.
    • Les sept péchés capitaux.
    • Les sept psaumes de la Pénitence.
    • La danse des sept voiles.
    • Les bottes de sept lieues.
    • Blanche-Neige et les Sept Nains.
  2. (Postposé) Septième.
    • Tome sept.
    • Page sept.
    • Charles VII.
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Dictionnaire de l’Académie française, huitième édition (1932-1935)

SEPT. (On ne prononce pas le P dans Sept ni dans ses composés Septième et Septièmement; mais on le prononce dans tous les autres, Septante, septénaire, etc. Le T ne se prononce que lorsque le mot est pris à part ou lorsqu'il est suivi d'une voyelle ou d'une h non aspirée. Le nombre sept. Sept amis. Sept hommes.) adj. numéral cardinal des deux genres
. Six plus un. Il y a sept jours dans la semaine. Sept cents hommes. Les sept psaumes de la Pénitence. Les sept sacrements. Les sept péchés capitaux.

SEPT s'emploie aussi comme adjectif numéral ordinal pour Septième. Page sept. Tome sept. Charles sept. On écrit ordinairement Charles VII.

SEPT est aussi nom masculin. Sept multiplié par trois donne vingt et un. Le sept du mois, Le septième jour du mois. Sa lettre est datée du sept, est du sept. Le sept juin dernier. Le sept de cette rue, La maison de cette rue qui porte le numéro sept.

SEPT se dit aussi, comme nom masculin, du Chiffre qui sert à représenter le nombre sept. Le chiffre sept (7). Un sept en chiffre. Soixante-dix-sept s'écrit par deux sept (77). Il désigne encore, en termes de jeux de Cartes, une Carte marquée de sept cœurs, de sept trèfles, etc. Le sept de cœur manque à ce jeu. Il lui est rentré le sept de trèfle.

Littré (1872-1877)

SEPT (sè ; le p ne se prononce jamais ; le t se lie : sè-t hommes ; le t se prononce lorsque le mot est pris à part : le nombre sèt', ils étaient sèt', dix-sept, trente-sept, etc. ; on prononce aussi le sèt' du mois, le sèt' de cœur) adj. numéral
  • 1Nombre impair qui suit immédiatement le nombre six. Je trouve étrange… qu'un homme aime ainsi sept personnes à la fois ; car, pour moi, je n'en ai jamais aimé que six lorsque j'en aime le plus ; et il faut être bien infâme pour en aimer sept, Voiture, Lett. 132. Les sept vaches si belles et les sept épis si pleins de grain que le roi a vus en songe, marquent la même chose, et signifient sept années d'abondance, Sacy, Bible, Genèse, XLI, 26. Mme de Montespan a eu sept enfants du roi, Mme de Caylus, Souvenirs, p. 55, dans POUGENS. Voyez la Caroline, dont le sage Locke fut le législateur ; il suffit de sept pères de famille pour établir un culte public approuvé par la loi, Voltaire, Pol. et lég. Tolérance, si elle est dangereuse. Toute l'Asie comptait par semaine de sept jours ; on distinguait la vie de l'homme en sept âges ; que de raisons en faveur de ce nombre ! Voltaire, Dict. phil. Nombre. On peut parier 12015 contre 240, ou un peu plus de 50 contre 1, qu'un enfant de sept ans vivra un an de plus, Buffon, Probab. de la vie, Œuvr. t. X, p. 276.

    Terme de médecine. Mal de sept jours, affection épileptique de l'Amérique du Sud, qui, dit-on, saisit les enfants de sept jours, et qu'on suppose semblable au trismus des enfants dans les Indes occidentales.

    Les sept mers, nom que les anciens donnaient aux sept embouchures du Pô.

    La ville aux sept collines ou aux sept montagnes, Rome.

    Les sept électeurs, princes qui avaient le privilége d'élire l'empereur d'Allemagne.

  • 2Septième. Chapitre sept. Page sept. Charles sept.

    On écrit ordinairement en chiffres romains les noms de princes : Charles VII.

  • 3 S. m. Sept multiplié par deux donne quatorze.

    On dit de même : le nombre sept.

  • 4Le sept du mois, le septième jour du mois.

    Le sept d'une maladie, le septième jour d'une maladie. Il est [le duc de Rohan] dans le sept d'une fièvre très mortelle, Sévigné, 114.

    Le sept se dit aussi du septième mois d'une grossesse. Cette femme est dans son sept.

  • 5Le caractère qui marque en chiffres le nombre sept. Le chiffre sept (7). Un sept de chiffre, ou, simplement un sept. Soixante-dix-sept s'écrit par deux sept (77).

    On dit de même : le numéro sept.

  • 6 Terme de jeux de cartes. Carte marquée de sept points. Le sept de cœur, de pique, d'atout. J'ai tous les sept dans mon jeu. Attendant son destin d'un quatorze ou d'un sept, Voit sa vie ou sa mort sortir de son cornet, Boileau, Sat. IV.

HISTORIQUE

XIe s. Et li apeleur jurra [jurera] par set homes només que…Lois de Guill. 16. Set anz tuz pleins ad ested en Espaigne, Ch. de Rol. I.

XIIIe s. Et sont en sa compaigne plus de mil et sept cent, Berte, IX.

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Étymologie de « sept »

(Nom commun 1, Adjectif numéral) Du latin sĕptem (même sens), de l’indo-européen commun *septḿ̥.
(Nom commun 2) De l’anglais sept.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Provenç. set ; espagn. siete ; portug. sete ; ital. sette ; du lat. septem ; comparez le grec ἑπτὰ, le sanscr. saptan, le gaél. seachd ; le goth. sibun, l'allem. sieben, l'angl. seven.

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Phonétique du mot « sept »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
sept sɛt

Fréquence d'apparition du mot « sept » dans le journal Le Monde

Source : Gallicagram. Créé par Benjamin Azoulay et Benoît de Courson, Gallicagram représente graphiquement l’évolution au cours du temps de la fréquence d’apparition d’un ou plusieurs syntagmes dans les corpus numérisés de Gallica et de beaucoup d’autres bibliothèques.

Évolution historique de l’usage du mot « sept »

Source : Google Books Ngram Viewer, application linguistique permettant d’observer l’évolution au fil du temps du nombre d'occurrences d’un ou de plusieurs mots dans les textes publiés.

Citations contenant le mot « sept »

  • Comment obtenir la béatitude ? En disant Dada. Comment devenir célèbre ? En disant Dada. D’un geste noble et avec des manières raffinées. Jusqu’à la folie. Jusqu’à l’évanouissement. Comment en finir avec tout ce qui est journalisticaille, anguille, tout ce qui est gentil et propret, borné, vermoulu de morale, européanisé, énervé ? En disant Dada. Dada c’est l’âme du monde, Dada c’est le grand truc. Dada c’est le meilleur savon au lait de lys du monde. Dada Monsieur Rubiner, Dada Monsieur Korrodi, Dada Monsieur Anastasius Lilienstein. Cela veut dire en allemand : l’hospitalité de la Suisse est infiniment appréciable. Et en esthétique, ce qui compte, c’est la qualité. Je lis des vers qui n’ont d’autre but que de renoncer au langage conventionnel, de s’en défaire. Dada Johann Fuchsgang Goethe. Dada Stendhal, Dada Dalaï-lama, Bouddha, Bible et Nietzsche. Dada m’Dada. Dada mhm Dada da. Ce qui importe, c’est la liaison et que, tout d’abord, elle soit quelque peu interrompue.Je ne veux pas de mots inventés par quelqu’un d’autre. Tous les mots ont été inventés par les autres. Je revendique mes propres bêtises, mon propre rythme et des voyelles et des consonnes qui vont avec, qui y correspondent, qui soient les miens. Si une vibration mesure sept aunes, je veux, bien entendu, des mots qui mesurent sept aunes. Les mots de Monsieur Dupont ne mesurent que deux centimètres et demi. On voit alors parfaitement bien comment se produit le langage articulé. Je laisse galipetter les voyelles, je laisse tout simplement tomber les sons, à peu près comme miaule un chat… Des mots surgissent, des épaules de mots, des jambes, des bras, des mains de mots. AU. OI. U. Il ne faut pas laisser venir trop de mots. Un vers c’est l’occasion de se défaire de toute la saleté. Je voulais laisser tomber le langage lui-même, ce sacré langage, tout souillé, comme les pièces de monnaie usées par des marchands. Je veux le mot là où il s’arrête et là où il commence. Dada, c’est le coeur des mots. Toute chose a son mot, mais le mot est devenu une chose en soi. Pourquoi ne le trouverais-je pas, moi ? Pourquoi l’arbre ne pourrait-il pas s’appeler Plouplouche et Plouploubache quand il a plu ? Le mot, le mot, le mot à l’extérieur de votre sphère, de votre air méphitique, de cette ridicule impuissance, de votre sidérante satisfaction de vous-mêmes. Loin de tout ce radotage répétitif, de votre évidente stupidité.Le mot, messieurs, le mot est une affaire publique de tout premier ordre.
    Hugo Ball —  Manifeste littéraire
  • L'homme naît bon. Ca commence à se dégrader entre six et sept mois.
    Georges Perros
  • Voilà. Ces personnages vont vous jouer l’histoire d’Antigone. Antigone, c’est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu’elle va être Antigone tout à l’heure, qu’elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon, son oncle, qui est le roi. Elle pense qu’elle va mourir, qu’elle est jeune et qu’elle aussi, elle aurait bien aimé vivre. Mais il n’y a rien à faire. Elle s’appelle Antigone et il va falloir qu’elle joue son rôle jusqu’au bout… Et, depuis que ce rideau s’est levé, elle sent qu’elle s’éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n’avons pas à mourir ce soir.Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l’heureuse Ismène, c’est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d’Antigone. Tout le portait vers Ismène : son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car Ismène est bien plus belle qu’Antigone ; et puis un soir, un soir de bal où il n’avait dansé qu’avec Ismène, un soir où Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe, il a été trouver Antigone qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et il lui a demandé d’être sa femme. Personne n’a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit « oui » avec un petit sourire triste… L’orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d’Antigone. Il ne savait pas qu’il ne devait jamais exister de mari d’Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c’est Créon. C’est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d’Œdipe, quand il n’était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Œdipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches, et il a pris leur place.Quelquefois, le soir, il est fatigué, et il se demande s’il n’est pas vain de conduire les hommes. Si cela n’est pas un office sordide qu’on doit laisser à d’autres, plus frustes… Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu’il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée.La vieille dame qui tricote, à côté de la nourrice qui a élevé les deux petites, c’est Eurydice, la femme de Créon. Elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu’à ce que son tour vienne de se lever et de mourir. Elle est bonne, digne, aimante. Elle ne lui est d’aucun secours. Créon est seul. Seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui.Ce garçon pâle, là-bas, au fond, qui rêve adossé au mur, solitaire, c’est le Messager. C’est lui qui viendra annoncer la mort d’Hémon tout à l’heure. C’est pour cela qu’il n’a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres. Il sait déjà…Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leurs chapeaux sur la nuque, ce sont les gardes. Ce ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l’heure. Ils sentent l’ail, le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et toujours satisfaits d’eux-mêmes, de la justice. Pour le moment, jusqu’à ce qu’un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l’arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon.Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire. Elle commence au moment où les deux fils d’Œdipe, Étéocle et Polynice, qui devaient régner sur Thèbes un an chacun à tour de rôle, se sont battus et entre-tués sous les murs de la ville, Étéocle l’aîné, au terme de la première année de pouvoir, ayant refusé de céder la place à son frère. Sept grands princes étrangers que Polynice avait gagnés à sa cause ont été défaits devant les sept portes de Thèbes. Maintenant la ville est sauvée, les deux frères ennemis sont morts et Créon, le roi, a ordonné qu’à Étéocle, le bon frère, il serait fait d’imposantes funérailles, mais que Polynice, le vaurien, le révolté, le voyou, serait laissé sans pleurs et sans sépulture, la proie des corbeaux et des chacals… Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres sera impitoyablement puni de mort.Pendant que le Prologue parlait, les personnages sont sortis un à un. Le Prologue disparaît aussi. L’éclairage s’est modifié sur la scène. C’est maintenant une aube grise et livide dans une maison qui dort. Antigone entr’ouvre la porte et rentre de l’extérieur sur la pointe de ses pieds nus, ses souliers à la main. Elle reste un instant immobile à écouter. La nourrice surgit.
    Jean Anouilh —  Antigone
  • On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
    Arthur Rimbaud — Poésies, Roman
  • Quand il y a sept timoniers sur huit marins, le navire sombre.
    Proverbe chinois
  • La semaine du travailleur a sept jours, la semaine du paresseux a sept demains.
    Proverbe français
  • Il reste à savoir si le mariage est un des sept sacrements ou un des sept péchés capitaux.
    John Dryden
  • La femme tombe sept fois et toujours se relève.
    Proverbe martiniquais
  • Relis-toi sept fois avant d'écrire.
    Alain Bosquet
  • Pour réaliser le beau, le peintre emploie la gamme des couleurs, le musicien celle des sons, le cuisinier celle des saveurs, et il est très remarquable qu'il existe sept couleurs, sept sons, sept saveurs.
    Lucien Tendret — La Table au pays de Brillat-Savarin
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Traductions du mot « sept »

Langue Traduction
Anglais seven
Espagnol siete
Italien sette
Allemand sieben
Chinois
Arabe سبعة
Portugais sete
Russe семь
Japonais セブン
Basque zazpi
Corse sette
Source : Google Translate API

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Nombre de points du mot sept au scrabble : 6 points

Sept

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