La langue française

Saussurien

Sommaire

  • Définitions du mot saussurien
  • Étymologie de « saussurien »
  • Phonétique de « saussurien »
  • Citations contenant le mot « saussurien »
  • Traductions du mot « saussurien »

Définitions du mot « saussurien »

Trésor de la Langue Française informatisé

SAUSSURIEN, -IENNE, adj.

LING. De Saussure; relatif à ses théories linguistiques. Cette règle de méthode (...) inspire toute l'école saussurienne, qui n'établit jamais de types caractérisés sans sous-entendre qu'ils doivent être confrontés avec la réalité concrète (Bally,Lang. et vie, 1952, p. 76).Le principe saussurien du caractère arbitraire des signes linguistiques a certainement besoin d'être revu et corrigé; mais tous les linguistes seront d'accord pour reconnaître que, d'un point de vue historique, il a marqué une étape indispensable de la réflexion linguistique (Lévi-Strauss,Anthropol. struct., 1958, p. 230).
Prononc.: [sosyʀjε ̃], fém. [-jεn]. Étymol. et Hist. 1926 (Ch. Bally, Le Lang. et la vie, Paris, p. 142). Dér. du n. du linguiste suisse F. de Saussure (1857-1913); suff. -ien*.

Wiktionnaire

Adjectif

saussurien \so.sy.ʁjɛ̃\ masculin

  1. (Linguistique) Relatif à l'œuvre et la pensée du linguiste Ferdinand de Saussure.
    • Même si un certain nombre de spécialistes pensent que les concepts saussuriens existaient déjà dans les travaux antérieurs (comme l’arbitraire du signe qu'on rencontre dans Fénelon et dans Condillac), ils reconnaissent que le Cours de linguistique générale constitue un changement radical dans les conceptions linguistiques de l’époque et fonde pas son retentissement une nouvelle science. — (Jean-Louis Tritter, Initiation à l’histoire de la langue française, 2003, ellipse, page 117)
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Étymologie de « saussurien »

(début XXe siècle) Du patronyme de Ferdinand de Saussure avec le suffixe -ien.
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Phonétique du mot « saussurien »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
saussurien sosyrjɛ̃

Citations contenant le mot « saussurien »

  • Depuis lors, en sciences humaines, de nombreuses réflexions se nourrissent du structuralisme saussurien. Chaque année, des auteurs d'ouvrages, des animateurs de colloques, etc. revisitent la pensée de Ferdinand de Saussure. Au fil du temps, il en est résulté plusieurs orientations épistémologiques et, ipso facto, une plus grande ouverture du champ des sciences humaines. En d'autres termes, l'éclosion des voies nouvelles et la mise au point de nouvelles approches ont débouché sur de nouvelles manières de prendre en charge les langues et le langage. Dans la foulée, l'on pourrait citer le développement de l'énonciation (Emile Benveniste, Roman Jakobson, Catherine Kerbrat-Orrechioni, etc.), de la linguistique textuelle (Zellig Harris, Harald Weinrich), de la sociolinguistique (Jean Dubois, Jean-Baptiste Marcellesi, Louis Guespin, Jean Calvet, etc.), de la pragmatique (Mikhaïl Bakhtine, John Langshaw Austin, Paul Grice, John Searle, Emile Benveniste, Oswald Ducrot, Chaïm Perelman, Jean Michel Adam, etc.), de la narratologie (Claude Lévi-Strauss, Julia Kristeva, Philippe Sollers, Roland Barthes, Gerard Genette, Tzvetan Todorov, Dominique Maingueneau, etc.), de l'analyse conversationnelle, jusqu'aux sciences du langage. , Un siècle de structuralisme et de post-structuralisme saussurien: recherches et travaux dans le monde, en Afrique et au Congo (Lubumbashi, R.D.Congo)
  • 3Les travaux se donnent pour perspective l’utilité ou l’efficacité des concepts saussuriens pour « réfléchir à la littérarité ». L’avant‑propos évoque ainsi, comme contexte, la réduction des « concepts saussuriens » à « un certain nombre d’oppositions telles que diachronie/synchronie, ou paradigme/syntagme, ou encore langue/parole » qui déboucherait le plus souvent sur un clivage de l’œuvre de Saussure entre « ouvrage sérieux » et « recherches moins sérieuses » (p. 13). Cette présentation met en valeur l’influence de la pensée saussurienne sur les études linguistiques et littéraires d’aujourd’hui : non seulement les problèmes sont abordés dans un cadre que pose déjà l’œuvre de Saussure, mais ce que les théoriciens ou critiques font de Saussure montre aussi la façon dont ils conçoivent la poétique des textes : l’étude de leur littérarité. Ce qu’on fait à Saussure est indissociable de ce qu’on fait de Saussure, ou avec Saussure. , Saussure aujourd’hui, de l’écrit au discours (Acta Fabula)
  • « Toute linguistique est par définition saussurienne ». En effet Saussure ouvre la voie à la linguistique moderne en systématisant une pensée de la langue reposant sur la définition de « langue, langage, parole » et sur la construction d’une théorie du signe, posé à la fois comme double et arbitraire. Le Cours de linguistique générale, publié grâce aux notes de ses étudiants, s’est imposé comme un texte fondateur, dont la lecture a permis l’avènement entre autres du structuralisme et de la sémiotique. De nombreux écrits parallèles, également non publiés du vivant du linguiste, montrent que Saussure s’intéressait à la littérature et que sa lecture des textes classiques, notamment, influença et infléchit sa réflexion sur le langage, parfois à contre-courant du Cours. Se demander en quoi Saussure nous aide à penser la littérature, revient à interroger les écrits du « premier linguiste » comme « poétique interrompue », sur sa conception des deux disciplines « littérature » et « linguistique »,  sur ses propres lectures littéraires (poèmes saturniens, légendes germaniques ou poésie française), et à voir comment ses concepts permettent a posteriori de théoriser les principes de critique génétique, de réfléchir à la poétique mallarméenne ou même d’investir le champ de la littérature contemporaine. , S. Bédouret, G. Prignitz (dir.), En quoi Saussure peut-il nous aider à penser la littérature ?
  • Table des matières : Articles — E. BATTISTA, « Les (premières) réceptions du Cours de linguistique générale en Argentine » ; G. COSENZA, « Les projets de digital humanities relatifs à l’œuvre de Ferdinand de Saussure » ; C. KLIPPI, « Les mauvaises herbes ou les roses les plus belles. L’héritage du débat entre le linguiste et le philologue dans la dialectologie française » ; X. LUO, « La réception de Saussure en Chine : une étude en sociologie des sciences » ; L. MILANO, « Le statut du phonique dans le CLG » ; F. MURANO, « “La différence de langue n’est pas dans le sang”. Le cours de “Dialectologie grecque” de F. de Saussure entre géographie linguistique et linguistique historique » ; R. SALVERDA, « “Montrer au linguiste ce qu’il fait”: Revisiting Saussure from an experimental perspective on language play » — Résumés de thèses — E. COOPER, « The Flournoy Affair: an Inquiry into Ferdinand de Saussure’s Analyses of Glossolalia » ; Y. CHANTOVA, « Les valeurs archétypales en français : une perspective néo-saussurienne de la valeur linguistique » — Documents — M. P. MARCHESE, « Les Adieux de Ch. Bally au Collège de Genève (1913) » ; A.-M. FRYBA, E. SOFIA, « Cent ans de philologie saussurienne III. A. Riedlinger (1883-1978) et sa “collaboration” avec les Editeurs » ; F. ČERMÁK, « Notes on the czech translation of Saussure’s Course in general linguistics » ; F. ČERMÁK, « Ferdinand de Saussure et son Cours (1989) » — In memoriam — M. P. MARCHESE « Aldo Prosdocimi, 1941-2016 » ; D. GAMBARARA, « Tullio De Mauro, 1932-2017 » ; J.-Cl. COQUET, « Michel Arrivé, 1936-2017 » — Comptes rendus, chroniques de colloques — Index cumulatif des CFS 61-70. , Cahiers Ferdinand de Saussure, vol. 70
  • Selon sa définition saussurienne, la linguistique est la discipline qui s’occupe de l’étude scientifique des langues (Saussure, Meillet, Dubois, Mounin, etc.). Elle détermine les conditions générales du fonctionnement des langues comme systèmes sous leurs différents aspects phonétique, phonologie, syntaxique, morphologique, sémantique, lexicologique, pragmatique, etc. , La linguistique à la croisée des sciences: entre éclatement disciplinaire et dialogue interdisciplinaire (Marrakech)
  • 2Le propos du livre est clair, rappelé avec insistance de chapitre en chapitre : annihiler le schéma saussurien d’un signe à deux faces solidaires et indissociables, à l’image de la feuille de papier où se découpent conjointement le recto et le verso, séparer le signifiant du signifié, et, pour finir, se débarrasser de ce dernier pour présenter autrement la construction du sens. L’ouvrage se divise en deux parties relativement égales en longueur, le chapitre 6, sur les étymologies populaires, servant de transition, avec ce chapeau introducteur à l’ancienne, en guise d’exergue : « Où l’on voit, définitivement cette fois-ci, que signifiant et signifié sont dissociables » (p. 111). Ce chapitre se termine par l’exemple, sans rapport avec l’étymologie populaire, de la promotion par le chanteur Renaud, en 1978, du procédé argotique qui lancera la mode du verlan, avec sa chanson Laisse béton, caractéristique de la transformation du seul signifiant sans atteinte au signifié, même si L.-J. Calvet concède que quelque chose d’autre surgit, « à un autre niveau ». Mais la sentence tombe, « il faut décidément aborder la théorie du signe en d’autres termes que ceux des deux faces comparées au recto et au verso d’une feuille de papier » et « donc définitivement révoquer cette doxa saussurienne, cette conception du signe entrée dans le sens commun. » (p. 118) Autrement dit, laissons béton (expression qui marche beaucoup moins bien au pluriel). , Le champ du signe (Acta Fabula)
  • 4Afin de démêler l’amalgame consistant à simplifier la réflexion linguistique des représentants du Cercle Linguistique de Prague en l’assimilant à la pensée saussurienne, l’auteur de Structure et totalité relit avec une méticuleuse attention les nombreuses publications de Jakobson, Troubetzkoy et Savickij. Ce faisant, il observe que, malgré l’utilisation d’un vocabulaire scientifique similaire, les représentants du Cercle Linguistique de Prague et le fondateur de la sémiotique « ne parlent pas de la même chose, n’ont pas le même objet, […] et par conséquent ne trouvent pas les mêmes choses » (p. 252). Selon P. Sériot, la différence irréductible entre la théorie proposée par Ferdiand de Saussure (1857‑1913) et celle de l’école pragoise est due à leur conception radicalement différente de la notion de structure. En effet, P. Sériot souligne que la particularité de la démarche des Russes de Prague provient du fait que, pour eux, la notion de structure est intimement liée à l’idée de totalité et à la réflexion sur les limites impliquées par ce concept. Le questionnement sur les notions de limites et de totalité est indissociable de la doctrine eurasiste développée par Troubetzkoy et Savickij, penseurs qui influencèrent profondémment Jakobson. , Le Cercle Linguistique de Prague, entre questionnement idéologique & découverte scientifique (Acta Fabula)

Traductions du mot « saussurien »

Langue Traduction
Anglais saussurien
Espagnol saussurien
Italien saussurien
Allemand saussurien
Chinois 索绪尔
Arabe سوسورين
Portugais saussurien
Russe saussurien
Japonais saussurien
Basque saussurien
Corse saussurien
Source : Google Translate API
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