La langue française

Rubénien

Définitions du mot « rubénien »

Wiktionnaire

Adjectif

rubénien \ʁy.be.njɛ̃\

  1. (Arts) Relatif au peintre Rubens, son style, son école, ses successeurs.
    • Jehanne, je te présente Jean-Charles, me dit Françoise, épanouie dans un corsage vert pomme et un pantalon violet qui moulait ses reliefs rubéniens. — (Jean-Charles et Jehanne Jean-Charles, Ménage à deux, chapitre premier, Éditions Calmann-Lévy, collection Labiche, Paris, 1955, page 10)
    • Je tiens à témoigner que ces temps étaient encore rubéniens, archaïques quant à la conception de la lingerie fine. — (Jean Vautrin, « Pour solde de tout cœur », in Baby Boom, 1985, p. 148)
    • La touche rubénienne.
    • Entre influence maniériste et baroque rubénien, Theodoor van Thulden, originaire de Bois-le-Duc, fut l’élève puis le collaborateur de Rubens dans son florissant atelier d’Anvers.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Étymologie de « rubénien »

(Siècle à préciser) Du patronyme de Pierre Paul Rubens avec le suffixe adjectival -ien.
Wiktionnaire - licence Creative Commons attribution partage à l’identique 3.0

Phonétique du mot « rubénien »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
rubénien rybenjɛ̃

Citations contenant le mot « rubénien »

  • Restent alors la force et l’évidence des comparaisons qui s’affichent au premier chef avec l’incontestable toile calaisienne, parfaitement signée et datée. A lui seul, tel détail d’homme vu de profil avec barbe blanche et manteau bleu sombre (un saint Joseph ?), se retrouvant disposé pareillement à gauche dans les compositions de Bourg-la-Reine et de Calais, ferait office de signature parlante. Dans chaque toile, la structure clairement charpentée de la composition d’ensemble, la gesticulation brusquée de grandes figures latérales à l’avant-plan, la succession frontale de participants à l’arrière à la scène et se silhouettant sur un fond de ciel, comme des sculptures alignées en bas-relief, le goût insistant pour des drapés à plis saccadés et largement déployés, une colorisation répartie par grandes masses ponctuelles, sont autant de signes d’analogie vraiment convaincants, et l’on ferait autant de constatations équivalentes dans la toile de Limoges tenue quant à elle dans une harmonie plus claire. La prégnante dépendance du modèle rubénien - le thème de l’Assomption de la Vierge est on ne peut plus cher à Rubens avec une vingtaine d’exemples au moins dans son œuvre peint [13] - est flagrante mais avec une sourde puissance concentrée, comme massivement sculpturale et sombre, particulièrement nette à Bourg-la-Reine, parti qui rappelle en un sens, et cela confère plus de charme à Seghers, ses premières complaisances caravagesques et dépasse la simple correspondance rubénienne (la toile de Calais est relativement plus fidèle à l’esprit du maître). A Bourg-la-Reine, Seghers témoigne d’un style rubénien quelque peu insistant et indépendant, plus appuyé et heureusement monumental, lequel s’atténuera ensuite dans les œuvres un je ne sais quoi coulantes et apaisées, voire habilement tournées des années 1630-1640. On pourrait dater le tableau de Bourg-la-Reine de quelques années antérieures à celui de Calais, mettons vers 1625, non loin de l’Annonciation de Soleure signée et datée de 1624 ou de la Descente de croix de Liège [14]. La Tribune de l'Art, Une Assomption de Gerard Seghers à l’église de Bourg-la-Reine - La Tribune de l'Art
  • La restauration du salon d’Apollon, après celle du salon de Mercure et de l’Abondance, marque le terme des travaux programmés dans l’aile nord du Grand Appartement. Occupant l’étage des nouvelles constructions (1669-1672) de l’architecte Louis Le Vau, cet appartement avait été réceptionné par Louis XIV en 1673. Le salon d’Apollon, destiné à abriter la chambre du roi, devait en être le point focal. Terminé en 1679, son plafond à compartiments encadrés de fastueux stucs dorés des frères Gaspard et Balthazar Marsy, acteurs majeurs de la sculpture versaillaise, concentre la décoration peinte. Parvenue jusqu’à nos jours, elle glorifie Louis XIV à travers une composition centrale illustrant la course d’Apollon et, dans les voussures, des faits d’histoire romaine faisant allusion aux actions de Louis XIV. Aux écoinçons, des allégories des continents à la verve baroque assurent la transition avec l’étourdissante scène apollinienne. Peinte par Charles de La Fosse, cette composition introduisait à Versailles l’union du colorisme rubénien avec la lumière vénitienne. La Fosse brossa également, dans les voussures, les allégories de l’Amérique et de l’Asie ainsi qu’une évocation de la fondation du port de Misène par Auguste. Gabriel Blanchard, autre adepte de ce courant pictural novateur, réalisa le reste du programme. La pièce servit peu de temps de chambre et fut, dès 1680, par un chassé-croisé de distribution, aménagée en salle du trône. Après une première restauration générale des intérieurs versaillais en 1814, les travaux du règne de Louis-Philippe touchèrent peu le grand appartement qui dut attendre les années 1970 pour être regarni de tissus muraux remplaçant des décorations à jamais perdues. Effectuée entre le printemps 2014 et février 2015, la dernière restauration dut résoudre des problèmes touchant tant la structure que la couche picturale, fixée sur toile marouflée ou bien, dans les écoinçons, directement sur plâtre. Conduite sans volonté d’effacer toutes les traces d’interventions antérieures, elle stabilisa le décor et lui restitua lisibilité et cohérence. L’occasion fut donnée de regarnir les murs d’un damas cramoisi à palmes évoquant un tissu d’été posé sous le règne de Louis XV. Ainsi que le remarque Pierre-Xavier Hans, conservateur au château, la « reconquête de la vérité et d’harmonies justes doit, à Versailles, toujours tenir compte de l’évolution historique complète du palais ». Connaissance des Arts, La nouvelle course d'Apollon | Connaissance des Arts
  • «Cet autre Rubens», la formule est lâchée. Non sans une certaine emphase, Dumas dévoile un Delacroix sûr de la fulgurance de son génie. Pour l'écrivain, il ne fait aucun doute que son ami, fort d'une parfaite maîtrise de son art, incarne l'artiste rubénien par excellence. S'il est élogieux, ce rapprochement n'a rien de forcé, Delacroix en était déjà coutumier. Depuis sa première participation au Salon en 1822, cette parenté plastique était constamment soulignée par la critique. Achetée par l'État, La Barque de Dante avait fait sensation et suscité de très vifs commentaires, notamment pour ses largesses instinctives et proprement rubéniennes. Les figures apparaissaient comme jetées, regroupées, pliées à volonté, Thiers y vit à juste titre «la fécondité de Rubens», la «puissance sauvage, ardente mais naturelle, qui cède sans effort à son propre entraînement». Gros lui-même y alla de son compliment en percevant dans les coups de pinceau du jeune artiste du «Rubens châtié», c'est-à-dire du Rubens corrigé, sans faute, tout ce que Rubens a fait de meilleur et de plus pur. Pour Delacroix, qui idolâtrait l'auteur des Pestiférés de Jaffa, ce n'était alors rien de moins que «le plus grand des éloges». Par la suite, les performances de l'artiste au Salon furent presque systématiquement décryptées et perçues comme des hommages, voire des confrontations directes aux chefs-d'œuvre du maître flamand. La technique pleine de fougue, les coloris outrés des Massacres de Scio, les corps tordus qu'on égorge dans le Sardanapale, les mouvements des luttes passionnées et tragiques de la Chasse aux lions fournissent autant d'occasions à la critique de mettre en exergue ce que Delacroix doit à Rubens. Cette proximité avait même des allures de gémellité pour l'entourage du peintre, chacun y allant de sa formule: aux yeux de Liszt, Delacroix était «le Rubens du romantisme» ; pour Baudelaire et Théophile Gautier, rien de moins que «le Rubens français». Les deux génies semblent indissociables, pour le meilleur et pour le pire. Lorsqu'ils s'attaquent à Delacroix, ses détracteurs en profitent pour égratigner aussi le maître flamand, on raille leurs communs «balais ivres», on leur oppose à grand renfort de caricatures les manières plus lissées de Raphaël et d'Ingres. Ce dernier dénonçait lui-même en Rubens et Van Dyck cette «mauvaise école coloriste, (…) l'école du mensonge», contribuant indirectement à forger la si fantaisiste opposition des deux «écoles» françaises de la couleur et du dessin. Le Figaro.fr, Delacroix-Rubens : le choc des titans
  • Avant son départ, il montre le tableau à Held qui l'étudie et le rejette dans l'enfer des faux. Pis, pour le grand manitou rubénien, le modèle n'est pas la fille du maître. Or le portrait est dépouillé, intime. S'il s'agit de Maria Serena, seul son père peut l'avoir peint ainsi. Si ce n'est pas elle, un autre que Rubens peut l'avoir fait. CQFD. Mais qu'a écrit exactement Julius Held? L'Obs, Le faux Rubens était un vrai

Traductions du mot « rubénien »

Langue Traduction
Anglais rubenian
Espagnol rubeniano
Italien rubenian
Allemand rubenian
Chinois 红宝石
Arabe روبية
Portugais rubeniano
Russe рубенян
Japonais ルベニア語
Basque rubenian
Corse rubenianu
Source : Google Translate API

Rubénien

Retour au sommaire ➦

Partager