La langue française

Préposition

Définitions du mot « préposition »

Trésor de la Langue Française informatisé

PRÉPOSITION, subst. fém.

GRAMM. Partie du discours invariable qui, placée devant un élément à valeur nominale (subst. pour Pierre; pron. pour lui; adv. pour aujourd'hui, syntagme inf. pour le retrouver; prop. conj. pour qu'elle retrouve), le lie dans un rapport sémantique donné (approche, éloignement, intériorité, privation...) en le subordonnant à un autre élément de la phrase (subst. le livre de Pierre; adj. capable de réussir; adv. loin de vous; verbe rêver de qqc.) ou à la phrase entière (à vrai dire, il...); mot ou locution qui appartient à cette partie du discours. V. à, après, attendu, avant, avec, chez, contre, dans, de, depuis, derrière, dès, devant, durant, en, entre, envers, excepté, hormis, hors, malgré, moyennant, outre, par, parmi, passé, pendant, plein, pour, près, sans, sauf, selon, sous, suivant, sur, vers, vu.L'anglais, dans le type syntagmatique gooseberry wine «vin de groseilles», gold watch «montre en or», etc., exprime par l'ordre pur et simple des termes des rapports que le français moderne marque par des prépositions (Sauss.1916, p.191).Les prépositions, comme les conjonctions, n'assument pas de fonction. Elles ne jouent dans la phrase qu'un rôle de struments, pour reprendre le mot de Damourette et Pichon (lat. struo. «je construis, j'édifie»), c'est-à-dire qu'elles explicitent le rapport syntaxique de deux termes qui, eux, assument une fonction. Les prépositions se distinguent des conjonctions de coordination. Ces dernières, en effet, unissent des termes ou des groupes parallèles (Wagner-Pinchon1976, § 511):
. ... chaque préposition d'un idiome donné dessine, dans ses emplois divers, une certaine figure où se coordonnent son sens et ses fonctions et qu'il importe de restituer si l'on veut donner de l'ensemble de ses particularités sémantiques et grammaticales une définition cohérente. Cette figure est commandée par le même système sublogique qui gouverne les fonctions casuelles. Il va de soi qu'une description guidée par ce principe doit embrasser, pour prendre sa force démonstrative, la totalité des prépositions et la totalité des relations casuelles d'un état de langue. E.Benveniste, Probl. de ling. gén., 1966, p.132.
Prononc. et Orth.: [pʀepozisjɔ ̃]. Ac. 1694 et 1718: pre-; dep. 1740: pré-. Étymol. et Hist. xives. [ms.] gramm. (Traité élém. des parties du discours en fr., fo8 vods Thurot, Extraits de divers mss lat., p.51: la coniunction, la preposition); cf. 1380 (Roques t.2, 3239: E une preposicion qui sert a l'ablattis et signifie de). Empr. au lat. class. praepositio «action de mettre en avant», en partic. terme de gramm. (Cicéron, Orateur, 158: Insuavissima praepositio est «af» quae nunc tantum in accepti tabulis manet ... in reliquo sermone mutata est), formé sur le supin praepositum, de praeponere, v. préposer. Fréq. abs. littér.: 106.
DÉR.
Prépositionnel, -elle, adj.a) Vx. Qui se place devant (un mot, une lettre...). Synon. prépositif (v. ce mot A).Il faut compter dans ce nombre [des notes semi-vocales sur d] les mots composés commençant par la particule prépositionnelle ad (Bénédictins, Paléogr. mus., t.2, 1889, p.48).b) Relatif à la préposition, de la nature de la préposition. Emploi prépositionnel; fonction prépositionnelle. c) Qui est introduit par une préposition. Syntagme prépositionnel; complément, régime prépositionnel; construction prépositionnelle. La règle de réécriture du syntagme prépositionnel (abréviation SP) est la suivante: SP → Prép. P + SN ce qui signifie que SP est formé de deux constituants obligatoires dont l'un est Prépp(abréviation de préposition principale) et l'autre SN (syntagme nominal) (J. Dubois, F. Dubois-Charlier, Élém. de ling. fr.: Syntaxe, 1970, p.113). [pʀepozisjɔnεl]. 1reattest. 1819 (Boiste); de préposition, suff. -el, v. -al.
BBG.Brøndal (V.) L'Originalité des prépositions du fr. mod. In: [Mél. Bally (Ch.)]. Genève, 1939, pp.337-346; Théorie des prépositions. Copenhague, 1950, 145 p._Colloque franco-allemand de ling. théor. 3. 1981. Constance. Analyse des prépositions. Tübingen, 1981, 295 p._Delattre (P.). Le Jeu des prépositions ds l'enchaînement des verbes en fr. Fr. R. 1964/65, t.38, pp.67-81. _Glättli (H.). Obs. sur l'emploi des prépositions devant les n. de pays. In: [Mél. Grevisse (M.)]. Gembloux, 1966, pp.131-141. _Gougenheim (G.). Prépositions et conj. de subordination en fr. B. Soc. Ling. 1961, t.56, pp.96-103; Y a-t-il des prépositions vides en fr.? Fr. mod. 1959, t.27, pp.1-25. _Grevisse (M.). Quelle préposition? Paris-Gembloux, 1977, 88 p._Pottier (B.). Sur le syst. des prépositions. Fr. mod. 1961, t.29, pp.1-6. _Ruwet (N.). À propos des prépositions de lieu en fr. In: [Mél. Fohalle (R.)]. Gembloux, 1969, pp.115-135.

Wiktionnaire

Nom commun

préposition \pʁe.pɔ.zi.sjɔ̃\ féminin

  1. (Grammaire) Adposition antéposée. Mot-outil qui se place immédiatement devant un syntagme et qui indique la relation syntaxique ou sémantique de ce syntagme dans la phrase.
    • Il est encore un cas où l'on peut « majusculiser », si j'ose dire, la particule, c'est quand elle redouble la préposition de; on peut écrire : « le discours de De Gaulle », mais il est préférable d'écrire, ne serait-ce que pour éviter le redoublement de la préposition : « le discours du général de Gaulle », la courtoisie et l'élégance du style y gagneront. — (Vie et Langage, n° 166 à 177, Larousse, 1966, p. 113)
    • Préposition de temps, de lieu, etc. — Le complément d’une préposition. — Cette préposition régit l’accusatif, le génitif, le datif.
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Littré (1872-1877)

PRÉPOSITION (pré-pô-zi-sion ; en vers, de cinq syllabes) s. f.
  • Terme de grammaire. Mot invariable qui sert à marquer le rapport d'un mot avec un autre. L'emploi des prépositions demande une attention infinie, D'Olivet, Rem. sur Racine, § 46. Plus on étudiera notre langue, plus on admirera l'usage qu'elle sait faire de ses prépositions ; entre lesquelles distinguons-en deux, à et de, qui soutiennent presque tout l'édifice du langage français, D'Olivet, ib. § 48. Ainsi les prépositions suppléent au défaut des cas, et les cas emportent la valeur des prépositions, Dumarsais, Œuvr. t. III, p. 346.

    Préposition inséparable, celle qui ne peut être employée dans la langue dont elle fait partie, que réunie à un radical (comme ad, pré, per, en français).

    Préposition composée s'est dit d'une préposition composée de deux autres, comme dessus formé de de et sus, dedans formé de de et dans. On a rendu la langue française si pure, qu'il n'est pas permis aux poëtes, non plus qu'à ceux qui écrivent en prose, de mettre des prépositions composées pour les simples, Vaugelas, Rem. not. Th. Corn. t. I, p. 201, dans POUGENS.

HISTORIQUE

XVIe s. La locution seroit impropre, si on adjoustoit cette preposition en, Calvin, Inst. 811.

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Encyclopédie, 1re édition (1751)

PRÉPOSITION, s. f. (Gram.) les prépositions sont des mots qui désignent des rapports généraux, avec abstraction de tout terme antécédent & conséquent. Voyez Mot, article 2.

Cette abstraction de tout terme ne suppose point que cette espece de mot doive conserver dans le discours l’indétermination qui en fait le caractere ; ce n’est qu’un moyen d’en rendre l’usage plus général, par la liberté d’appliquer l’idée de chaque rapport à tel terme, soit antécédent, soit conséquent, qui peut convenir aux différentes vûes de l’énonciation : du-reste, nulle préposition ne peut entrer dans la structure d’une phrase, sans être appliquée actuellement à un terme antécédent, dont elle restraint le sens général par l’idée nécessaire du rapport dont elle est le signe, & sans être suivie d’un terme conséquent qui acheve d’individualiser le rapport indiqué d’une maniere vague & indéfinie dans la préposition.

Le terme antécédent est donc nécessairement un mot dont le sens, général par lui-même, est susceptible de différens degrés de détermination & de restriction ; & tels sont les noms appellatifs, les adjectifs, les verbes & les adverbes.

Le terme conséquent devant énoncer le terme du rapport dont la préposition est le signe, ne peut être qu’un mot qui présente à l’esprit l’idée d’un être déterminé ; & tels sont les noms, les pronoms, & les infinitifs qui sont une espece de nom.

Le terme conséquent servant à completter l’idée totale du rapport individuel que l’on se propose d’énoncer, est appellé dans le langage grammatical le complément de la préposition.

Il suit donc de tout ce que l’on vient de dire, 1°. que toute préposition a nécessairement pour complément un nom, un prénom, & un infinitif ; 2°. que la préposition avec son complément forme un complément total déterminatif, d’un nom appellatif, d’un adjectif, d’un verbe, ou d’un adverbe, qui est le terme antécédent du rapport. Je travaille pour vous ; le pronom vous est complément de la préposition pour, & pour vous est le complément déterminatif du verbe travaille. La nécessité de mourir ; l’infinitif mourir est le complément de la préposition de, & de mourir est le complément déterminatif du nom appellatif nécessité. Utile a la santé ; le nom appellatif la santé est le complément de la préposition a, & a la santé est le complément déterminatif de l’adjectif utile. Prudemment sans anxiété, courageusement sans témérité, noblement sans hauteur, &c. les noms appellatifs anxiété, témérité, hauteur, sont les complémens des trois prépositions sans, & sans anxiété, sans témérité, sans hauteur, sont les complémens déterminatifs des adverbes prudemment, courageusement, noblement.

Il y a des langues, comme le grec, le latin, l’allemand, l’arménien, &c. dont les noms & les autres especes de mots analogues ont reçu des cas, c’est-à-dire des terminaisons différentes qui servent à présenter les mots comme termes de certains rapports : en latin, par exemple, le cas nommé génitif présente le nom qui en est revêtu comme terme conséquent d’un rapport quelconque, dont le terme antécédent est un nom appellatif ; fortitudo regis, rapport d’une qualité au sujet qui en est revêtu ; puer egregiæ indolis, rapport du sujet à sa qualité ; creator, rapport de la cause à l’effet ; Ciceronis opera, rapport de l’effet à la cause, &c. V. Génitif, Cas, & chacun des cas en particulier. Il y a d’autres langues, comme l’hébreu, le françois, l’italien, l’espagnol, &c. qui n’ont point admis cette variété de terminaisons, & qui ne peuvent exprimer les différens rapports des êtres, des idées, & des mots, que par la place qu’ils occupent dans la construction usuelle, ou par des prépositions. Mais dans les langues mêmes qui ont admis des cas, on est forcé de recourir aux prépositions pour exprimer quantité de rapports dont l’expression n’a point été comprise dans le système des cas ; cependant comme nous venons à bout par les prépositions ou par la construction de rendre avec fidélité tous les rapports désignés par des cas dans les autres langues ; d’autres idiomes auroient pu adopter quelque système, au moyen duquel ils auroient exprimé par des cas les rapports que nous exprimons par la construction ou par des prépositions : de maniere que comme nos langues modernes de l’Europe sont sans cas, celles-là auroient été sans prépositions. Il n’auroit fallu pour cela, que donner aux mots déclinables un plus grand nombre de cas ; ce qui étoit possible, nonobstant l’avis de Sanctius, qui prétend que la division des cas latins en six est naturelle & doit être la même dans toutes les langues : quoniam hæc casuum partitio naturalis est, in omni item idiomate tot casus reperiri suit necesse. Minerv. j. 6. Sans rien repeter ici des excellentes preuves du contraire, déduites par Perizonius dans sa note sur ce texte, qu’il appelle falsa & inanis disputatio, il suffit d’observer que la dialectique de Sanctius est démentie par l’usage des Arméniens qui ont dix cas ; comme nous le certifie le pere Galenus, théatin ; & parmi les grammairiens qui ont écrit de la langue lappone, il y en a qui y comptent jusqu’à quatorze cas, comme on peut le voir au ch. iij. d’une description historique de la Lapponie suedoise, traduite par M. de Kéralio de Gourlay ; l’original est intitulé en allemand : M. Peterhœgstrœms, Beschreibung des Lapplandes. Léipsik. 1748, in-12.

Il n’est pas question, sur une hypothèse sans réalité, de discuter ici les avantages respectifs des langues, selon qu’elles seroient ou sans cas ou sans prépositions, ou qu’elles participeroient plus ou moins aux deux systèmes. Mais j’ai dû remarquer la possibilité d’une langue sans prépositions, afin de faire connoître jusqu’à quel point cette classe de mots est nécessaire dans le système de la parole. On le sentira mieux encore, si l’on fait une réflexion que j’aurois peut-être dû rappeller plutôt : c’est que la plûpart de nos expressions composées d’une préposition avec son complément, peuvent être remplacées par des adverbes qui en seroient les équivalens. Selon M. Batteux (cours de Belles-Lettres, part. III. sect. iv. §. 2.), « on peut regarder les prépositions comme des caracteres séparés, pour ajouter aux substantifs la maniere de signifier qui convient à l’adverbe… Vous dites justement ; c’est la derniere syllabe qui est le caractere adverbial : placez la préposition avant le nom justice, elle donnera la même maniere de signifier au nom substantif justice, que la syllabe ment a donnée au nom adjectif juste. Ainsi les prépositions rentrent dans l’adverbe : on les a inventées pour en tenir lieu, pour en exercer la fonction avec le secours du substantif ; parce qu’on y a trouvé l’avantage de la variété ».

Cette observation est vraie jusqu’à un certain point, & elle a pour fondement l’analogie réelle qu’il y a entre la nature de la préposition & celle de l’adverbe. L’une désigne, comme je l’ai dit dès le commencement, un rapport général, avec abstraction de tout terme antécédent & conséquent ; l’autre exprime un rapport déterminé par la désignation du terme conséquent, mais avec abstraction du terme antécédent : c’est pourquoi toute locution qui renferme une préposition avec son complément, est appellée en Grammaire une phrase adverbiale ou équivalente à un adverbe. Il ne faut pourtant pas croire que les deux locutions soient absolument synonymes, & que la variété ne consiste que dans les sons : l’éloignement que toutes les Langues ont naturellement pour une synonymie entiere, qui n’enrichiroit un idiome que de sons inutiles à la justesse & à la clarté de l’expression ; cet éloignement, dis-je, donne lieu de présumer que la phrase adverbiale & l’adverbe doivent différer par quelques idées accessoires. Par exemple, je serois assez porté à croire que quand il s’agit de mettre un acte en opposition avec l’habitude, l’adverbe est plus propre à marquer l’habitude, & la phrase adverbiale à indiquer l’acte ; & je dirois : un homme qui se conduit sagement ne peut pas se promettre que toutes ses actions seront faites avec sagesse.

La plûpart de nos grammairiens distinguent deux sortes de prépositions par rapport à la forme : de simples, qui sont exprimées par un seul mot ; & de composées, qui comprennent plusieurs mots pour l’expression du rapport. Telle est à cet égard la doctrine de l’abbé Régnier (Gramm. fr. pag. 565. in-12. & pag. 595. in-4°.) ; celle de M. Restaut (ch. ix.) ; celle du pere Buffier (n°. 647-651.). Ainsi, dit-on, dans, avec, pour, après, sont des prépositions simples ; vis-à-vis de, à l’égard de, à la réserve de, sont des prépositions composées.

Mais ce que j’ai dit ailleurs des conjonctions prétendues composées (Voyez Mot, art. II. n. 2.), je le dis ici des prépositions : c’est une sorte de mot ; & chacun de ceux qui entrent dans la structure des phrases que l’on prend pour des prépositions, doit être rapporté à la classe qui lui est propre. Ainsi vis-à-vis, que l’on devroit, ce me semble, écrire visavis sans division, est un adverbe, & de qui le suit est la seule préposition qui exige un complément : dans à l’égard de il y a quatre mots ; à qui est préposition ; le, article ; égard, nom appellatif, qui est le complément grammatical de à, & le terme antécédent d’un autre rapport exprimé par de ; enfin de, autre préposition. C’est confondre les idées les plus claires & les plus fondamentales, que de prendre des phrases pour des sortes de mots ; & si l’on ne veut avancer que des principes qui se puissent justifier, on ne doit reconnoître que des prépositions simples.

Nous en avons en françois quarante-huit, que je vais rapporter dans l’ordre alphabétique, en y joignant quelques exemples qui en justifieront la nature.

A. A midi, à Paris, à l’office, à la maniere des Grecs, à nous, à nos amis, difficile à concevoir, destiné à être brûlé.

Après. Après le roi, après vous, après midi, après avoir pris conseil.

Attenant. L’église est attenant le château.

Attendu. On a differé le jugement attendu vos prétentions.

Avant. Avant le tems, avant trois heures, avant moi, avant l’examen. Quand un infinitif est complément de cette préposition, il faut mettre que de entre deux (Voyez Vaugelas, rem. 274. & l’art. Avant) : ainsi il faut dire, avant que de mourir, & non pas avant de mourir, comme quelques-uns se le permettent abusivement, & encore moins avant mourir, dont personne ne s’avise plus aujourd’hui. Quelquefois avant est un adverbe qui marque une suite considérable de progrès dans la durée, dans l’étendue, ou dans toute autre chose susceptible de progression : bien avant dans la nuit, fort avant dans la terre, il a été assez avant dans la Géométrie.

Avec. Avec serment, avec les précautions requises, avec un bâton, avec lui, avec sa troupe.

Chez. Chez soi, chez vous, chez les Grecs, chez les Romains.

Concernant. J’ai lû plusieurs écrits concernant cette dispute.

Contre. Plaider contre quelqu’un, écrire contre les Philosophes, il est parti contre mon avis ; dans tous ces exemples, contre a un sens d’opposition : dans les suivans ce mot exprime un rapport de voisinage ; sa maison est contre la mienne, contre l’église ; cela est collé contre la muraille.

Dans. Dans trois jours, dans l’année, dans la ville, dans la chambre, dans nos affaires, dans les SS. Peres, dans l’Ecriture sainte.

De. De grand matin, de bonne heure, l’heure de midi, la ville de Paris, la riviere de Seine, loin de mot, parler de ce que l’on sait, l’obligation de se taire, la crainte d’avoir déplû.

De-ça. De çà la riviere. Dict. de l’acad.

Dedans. Ce mot est quelquefois nom, comme quand on dit, le dedans de la maison, les dedans d’un château, au-dedans de nous-mêmes. Il est préposition, quand il est suivi d’un complément immédiat qui est un nom ou un pronom ; & cela arrive en deux occurrences seulement : la premiere, est quand les deux prépositions contraires sont réunies par une conjonction copulative avec rapport à un même & unique complément, comme quand on dit, ni dedans ni dehors la ville, dedans & dehors l’enceinte du temple : la seconde, est quand cette préposition est immédiatement précédée d’une autre, comme, cette statue est pour dedans la grande cour, ils sortirent de dedans les retranchemens, ils passerent par dedans la ville. On se sert encore du mot dedans d’une maniere absolue, comme quand on dit, vous le croyez sorti de la maison, & il est dedans : la plûpart des grammairiens prétendent que dedans est alors adverbe ; & M. l’abbé Régnier (Gramm. fr. in-12. pag. 590. in-4°. pag. 622.) dit que c’est l’usage ordinaire depuis cinquante ans, & que l’usage est ou un maître ou un tyran auquel il faut toujours obéir en matiere de langue. Je crois que cette maxime n’est pas vraie sans restriction ; & s’il falloit s’y conformer sans appel, il faudroit continuer de dire que nos noms ont des cas, puisque c’étoit un usage de tems immémorial dans notre Grammaire. C’est que l’usage n’a véritablement autorité que sur le langage national, & que c’est à la raison éclairée de diriger le langage didactique : dès que l’on remarque qu’un terme technique présente une idée fausse ou obscure, on peut & on doit l’abandonner & en substituer un autre plus convenable. D’ailleurs il n’est pas ici question de nommer simplement, mais de décider la nature d’un mot ; ce qui est une affaire, non d’usage, mais de raisonnement. Au reste Th. Corneille (note sur la rem. 128. de Vaugelas), nous apprend que l’avis de M. Chapelain étoit que dedans, lorsqu’il terminoit une période & un sens, ainsi que dessous, dessus, dehors, demeurent toujours prépositions, & régissent tacitement la chose sous-entendue dont il a été parlé auparavant. Cet avis est assurément le plus sage, & il doit en être de ces mots en pareil cas, comme de devant & après, quand on dit, par exemple, partez devant, j’irai après : si quand il y a ellipse du complément on emploie plutôt dedans, dehors, dessous, dessus, que dans, hors, sous, sur, c’est que l’oreille a jugé que ces monosyllabes termineroient mal la période ou le sens.

Dehors. C’est la même chose de ce mot que du précédent. Il est nom dans ces phrases, le dehors ne répond pas au-dedans, les dehors de la place. Il est préposition dans les trois occurrences marquées ci-dessus : 1°. ni dedans ni dehors la ville, comme dans l’article précédent ; 2°. cette autre statue est pour dehors l’enceinte, je viens de dehors la ville, par dehors le jardin ; 3°. vous le croyez dans la maison, & il est dehors.

De-la. De-là la riviere, de-là les monts, de-là la mer, de-là l’eau. Dict. de l’acad.

Depuis. Depuis la création du monde, depuis Pâque, depuis deux heures, depuis quel tems, depuis le premier jusqu’au dernier, depuis moi.

Derriere. Ce mot est comme dedans & dehors. Il est nom quand on dit, le derriere de la tête, les derrieres de l’armée. Il est préposition quand on dit, restez derriere moi, derriere l’autel ; & même quand on dit avec ellipse, l’un marchoit devant & l’autre derriere.

Dès. Dès le commencement, dès les premiers tems, à prendre cette riviere dès sa source. M. l’abbé Girard a fait de ce mot une conjonction : mais, je le demande, est-ce une conjonction dans les phrases que je viens de rapporter ? & quand on les rend littéralement en latin, ab initio, à primis temporibus, ab origine, peut-on dire que à & ab soient des conjonctions ? Dès n’est pas plus conjonction dans les phrases de l’académicien, dès qu’elles entrent sous le pouvoir d’un mari, dès que les dames s’en mêlent, dès que le prince demande ; la vraie conjonction dans ces phrases, c’est que, qui lie les propositions incidentes dont il est suivi à son antécédent sous-entendu, par exemple, le moment, qui est le complément immédiat & grammatical de dès ; ainsi dès est toujours préposition, & c’est comme si l’on disoit, ainsi qu’on le dit assez souvent, dès le moment qu’elles entrent sous le pouvoir d’un mari, dès le moment que les dames s’en mêlent, dès le moment que le prince demande.

Dessous, dessus. Ces deux mots sont absolument dans le même cas que dedans. Ce sont des noms dans ces phrases, le dessous ou le dessus de la table, le dessous des cartes, le dessus d’une lettre, donner du dessous à quelqu’un, prendre le dessus. Ce sont des prépositions dans les trois occurrences que j’ai assignées pour dedans : 1°. il n’est ni dessus ni dessous la table : 2°. on gardoit cette poële pour dessous la table, & ces fleurs pour dessus le buffet ; passer par dessous la porte, par dessus la muraille ; sortir de dessous la table, tombé de dessus la voûte : 3°. ce livre n’étoit point sur la table, il étoit dessous ; ou bien ce livre n’étoit point sous la table, il étoit dessus.

Devant. Il en est de devant comme de derriere qui en est l’opposé. C’est un nom quand on dit, le devant de la maison, prendre les devans. C’est une préposition quand on dit, marchez devant moi, se prosterner devant l’autel, humilions-nous devant Dieu ; & même quand on dit avec ellipse, Enée marchoit devant, & Creüse alloit derriere.

Devers. Cette préposition s’emploie rarement sans être précédée d’une autre, quoique l’on trouve ces deux exemples dans le Dictionnaire de l’académie, il est allé quelque part devers Lyon, il est devers Toulouse ; je crois que l’on feroit mieux de dire aux environs de Lyon, de Toulouse. Mais on doit dire devers & non pas vers à la suite des prépositions de & par : il vient de devers ces pays-là, de devers les princes d’Allemagne, & non pas de vers ; il a passé par devers votre château, il en a les titres par devers lui, ils ont par devers soi beaucoup de bonnes actions, & non pas par vers.

Durant. Durant la paix, durant la guerre, durant les troubles domestiques.

En. En paix, en guerre, en combattant, en roi, en anglois, en tems & lieu, en dix ans, en plaine, en France.

Entre. Entre la vie & la mort, entre vos bras, entre mes livres, entre promettre & tenir, entre nous.

Envers. Envers Dieu, envers le prochain, envers nous, envers qui, envers & contre tous.

Excepté, hormis, hors. Je joins ensemble ces trois prépositions, parce qu’elles sont à-peu près synonymes : excepté cela, il est d’un très-bon commerce ; il eut tous les suffrages hormis deux ou trois ; la loi de Mahomet permet tout hors le vin. Quand on dit, hors du royaume, hors de la ville, hors de saison, ce n’est point une préposition, c’est un adverbe général de tems ou de lieu, que l’on détermine ensuite par la préposition de, suivie de son complément ; & M. l’abbé Régnier s’est trompé, en ne donnant sur hors que des exemples de cette façon. Hors, quand il est préposition, est synonyme d’excepté & d’hormis.

Joignant ne s’emploie que dans le discours familier, & communément cette préposition est précédée de l’adverbe tout ; comme sa maison est tout joignant la mienne.

Malgré. Malgré moi, malgré l’hiver, malgré son pere, malgré mes avis, malgré tout ce que j’ai pu dire.

Moyennant. Moyennant la grace de Dieu, moyennant cinquante pistoles, moyennant ceci, moyennant quoi.

Nonobstant. Nonobstant toute opposition, nonobstant l’appel, nonobstant ses craintes.

Outre. Outre cela, outre les mauvais ouvrages qu’il a faits, outre mesure, outre mer.

Par. Passer par la ville, passer par les épreuves les plus rudes, prouver par témoignage, par écriture, avoir mille écus par an, plaire par son esprit, commencer par réfléchir.

Parmi. Parmi les hommes, parmi les animaux, parmi nous.

Pendant. Pendant le sermon, pendant le carême, pendant les vacances, pendant la guerre, pendant la paix.

Pour. Il combat pour la patrie, il est parti pour Rome, vous oubliez tout pour la chasse, il passe pour habile, j’ai eu ce livre pour quarante sols, donner de mauvaises pointes pour des traits d’esprit, j’étois allé pour vous voir, on n’est jamais puni pour avoir bien fait.

Proche. Proche le temple, proche le palais. Quand proche est suivi de de, c’est un adverbe général de lieu, dont le sens est déterminé par la préposition de, suivie de son complément ; & il en est de même d’auprès & de près qui en sont à-peu-près synonymes : proche du temple, ou auprès du temple, ou près du temple ; proche du palais, ou auprès du palais, ou près du palais.

Sans. Sans faute, sans secours, sans la violence, sans les menaces, sans nous, sans elles, sans parler, sans avoir entendu.

Sauf. Sauf le respect que je vous dois, sauf votre meilleur avis, sauf correction, sauf toute erreur de calcul.

Selon. Selon l’occasion, selon l’histoire, selon vous, selon S. Augustin, selon l’issue.

Sous. Sous le consulat de Cicéron, sous Louis le Bien-Aimé, sous vingt-quatre heures, sous le ciel, sous le manteau, enfermé sous la clé, retiré sous le canon de la place, sous condition, sous la protection du ciel, sous la conduite de Socrate.

Suivant. Suivant la loi, suivant mes conseils, suivant les maximes de la sagesse.

Sur. Sur le midi, sur les trois heures, sur le point de partir, sur le déclin de l’âge, sur le champ, sur votre parole, je compte sur vous, dominer sur les foibles, une ville située sur la Seine, un appartement sur la rue, mettez cela sur la table, notes sur l’Encyclopédie.

Touchant. Un traité touchant les bornes de la critique, des observations touchant l’indécence & l’injustice des satyres personnelles.

Vers. Vers l’orient, vers midi, vers Toulouse, vers Pâques, se tourner vers Dieu.

Vu. Vu l’état de affaires, vu les mesures que vous prenez, vu les détails où je suis entré.

Dans ce tableau des prépositions, que je viens de mettre sous les yeux du lecteur, & qui est ici plus complet que dans aucun de nos grammairiens, je n’ai pas cru devoir m’occuper de la distinction de tous les rapports que chaque préposition peut exprimer en vertu de l’usage de notre langue. Ce détail ne peut convenir qu’à une grammaire françoise, & ne doit pas plus grossir cet ouvrage que le dénombrement des prépositions latines, grecques, hébraïques, chinoises, ou autres : l’énumération que j’ai faite des nôtres est moins un hommage rendu à notre langue, qu’un essai sur la maniere de reconnoître la nature des prépositions dans quelque idiome que ce soit, un exemple de l’attention scrupuleuse que cette étude exige, & un cannevas de prépositions bien connues pour servir de fondement à quelques remarques didactiques sur cet objet.

1°. Je crois, comme M. l’abbé Regnier, qu’il ne faut pas trop s’attacher à réduire toutes les prépositions à des classes générales ; une même préposition a reçu trop de significations différentes pour se prêter sans obstacle à des classifications régulieres. « Non seulement une même préposition marque des rapports différens, ce qui est déja un défaut dans une langue ; mais elle en marque d’opposés, ce qui est un vice ». C’est une remarque de M. Duclos. Gram. gén. part. II. ch. ij. Si l’on prétendoit donc réduire en classes le système des prépositions, on s’exposeroit à la nécessité de tomber souvent dans des redites, & de dépecer sous différens titres les divers usages de la même préposition.

Ne vaudroit-il pas mieux penser à réduire sous un point de vue unique & général tous les usages d’une même préposition ? Quelque difficile que paroisse au premier aspect la solution de ce problème, je ne laisse pas d’être persuadé qu’elle est très-possible : de quelque bisarrerie qu’on accuse l’usage, ce prétendu tyran des langues, j’ai reconnu dans un si grand nombre de ses décisions, taxées trop légerement d’irrégularité, l’empreinte d’une raison éclairée, fine, & en quelque sorte infaillible, que je ne puis croire le système des prépositions aussi inconséquent qu’on l’imagine dans notre langue, & qu’il le seroit en effet dans toutes, si la maniere commune d’envisager les choses est conforme à la droite raison. En tout cas, il est certain que si la réduction que je propose étoit exécutée, la syntaxe de cette partie d’oraison, qui a dans tous les idiomes de grandes difficultés, deviendroit très-simple & très-facile ; les connoisseurs doivent le sentir, & conséquemment entrer dans mes vues de tout leur pouvoir.

A quoi reconnoît-on, par exemple, que vers est préposition de lieu dans cette phrase, aller vers la citadelle ; de tems dans celle-ci, il est mort vers midi ; de terme dans cette troisieme, se tourner vers Dieu ? Disons-le de bonne foi : ces différentes significations ne sont point dans le mot vers : les rapports sont compris dans la signification des termes antécédens, & c’est l’ordre ; les termes conséquens de ces rapports sont les complémens de la préposition ; & la préposition ne fait qu’indiquer que son complément est le terme conséquent du rapport renfermé dans la signification du terme antécédent. Nous disons rapport de tems, quand le complément est un nom de tems ; rapport de lieu, quand c’est un nom de lieu, &c. Dans le fait, vers indique un rapport d’approximation, & l’approximation se mesure ou par la durée, ou par l’espace, ou par l’inclination de la volonté. Ce que je dis ici sur vers est un essai pour développer ma pensée, & pour diriger les vues des Grammairiens sur les autres prépositions.

2°. Ce n’est pas au reste que je prétende faire abandonner la considération des idées qui peuvent être communes à plusieurs prépositions, & de celles qui les différencient entre elles. Il me semble au contraire que ce que je propose a pour but de généraliser encore plus les idées communes : & je crois qu’il ne peut être que très-avantageux pour cette fin, de comparer entre elle & les prépositions synonymes, & de les grouper en autant d’articles dans le traité général.

Le P. Bouhours a comparé sous cet aspect à & dans. Rem. neuv. t. I. pag. 113. & 433.

Le même écrivain (Ibid. p. 67.) a discuté la synonymie des deux prépositions en & dans. M. l’abbé Girard a traité le même sujet dans ses synonimes françois, 3. édit. p. 123.

Contre, malgré, nonobstant ont un fond commun & des différences caractéristiques, que ce même académicien expose avec netteté dans ses vrais princip. l. II. p. 193. & il approfondit encore davantage les différences de contre & de malgré, dans son livre des synonymes, p. 115. M. l’abbé Regnier en a aussi touché quelque chose. p. 626. in-12. p. 658. in-4°.

M. l’abbé Girard, syn. p. 39. a comparé les synonymes avant & devant, sur quoi l’on peut voir ce que M. du Marsais y a ajouté dans l’Encyclopédie, art. Avant, & ce qu’en a dit M. l’abbé Regnier, in-12. p. 585. & in 4. p. 617. Les prépositions opposées après & derriere sont analogues, & les différences en sont à-peu-près les mêmes.

On trouvera dans les vrais principes, p. 190. & dans la grammaire de l’abbé Regnier, in-12. p. 607. in-4. p. 639. en quoi conviennent & en quoi différent les deux prépositions synonimes durant & pendant. Il seroit bon d’examiner aussi jusqu’à quel point de peut être synonyme de ces mots quand on dit, par exemple, de jour, de nuit.

On lira aussi dans les vrais principes de l’abbé Girard, tom. II. pag. 189. ce qu’il a écrit sur les synonymes selon & suivant ; & p. 192. ce qu’il a dit d’excepté, hormis & hors.

Cet écrivain doit servir de modele à ceux qui voudront tenter la comparaison & l’explication des autres prépositions synonymes, telles que attenant, joignant, contre ; après & depuis ; avec, moyennant, & par ; attendu & vu ; entre & parmi ; envers & pour ; sur, touchant, concernant, & de, &c.

Il ne peut être que très-utile aussi d’insister sur les prépositions opposées, comme avant & après, deça & de-là, devant & derriere, sans & avec, sous & sur, pour & contre, &c. L’opposition suppose toujours un fonds commun ; & rien n’est plus propre à faire bien sortir les différences des synonymes, que celles de leurs opposés.

3°. M. du Marsais (au mot Accident) avance que les prépositions sont toutes primitives & simples. C’est une erreur évidente. Concernant, durant, joignant, moyennant, pendant, suivant, touchant, sont originairement des gérondifs : concernant de concerner ; durant de durer ; joignant de joindre ; moyennant de moyenner ; pendant de pendre, pris dans le sens de durer ou de n’être par terminé, comme quand on dit un procès pendant au parlement ; suivant du verbe suivre pris dans le sens d’obéir, comme quand on dit, je suivrai vos ordres ; touchant du verbe toucher : attendu, excepté, vu, sont dans l’origine les supins des verbes attendre, excepter, voir. Voilà donc des prépositions dérivées ; en voici de composées. Attenant (tenant à), de ad & de tenir ; hormis, qui s’écrivoit il n’y a pas long-tems horsmis, est composé de la préposition simple hors & du supin mis du verbe mettre ; malgré vient de mal pour mauvais & de gré ; nonobstant des deux mots latins non obstans. Sur quoi il est bon d’observer que ces prépositions composées le sont dans un autre sens que celui dont j’ai parlé plus haut ; chacune d’elles n’est qu’un mot, mais ce mot résulte de l’union de plusieurs radicaux.

4°. « L’usage, dit M. l’abbé Girard, tom. II. pag. 242. a accordé à quelques prépositions la permission d’en régir d’autres en certaines occasions ; c’est-à-dire de les souffrir dans les complémens dont elles indiquent le rapport ; de façon qu’il se trouve alors un rapport particulier compris dans le général : celui-ci est énoncé par la préposition, qui est la premiere en place ; celui-là par la préposition qui ne marche qu’en second, & qui par conséquent se trouve conjointement avec son propre complément sous le régime de la premiere. Cette permission, ajoute-t-il, n’est accordée qu’à ces quatre, de, pour, excepté, hors. Leur droit ne s’étend pas même sur toutes les prépositions indifféremment, mais seulement sur quelques-unes d’elles… De peut régir ces six, entre, après, chez, avec, en & par… Pour ne sauroit avoir droit que sur ces cinq, après, dans, devant, à, & derriere… Excepté & hors admettent dans leur complément & sous leur régime dix-neuf des autres prépositions ; savoir, chez, dans, sous, sus, devant, derriere, parmi, vers, avant, après, entre, depuis, avec, par, devant, pendant, à, de, & en ».

Premierement, de, pour me servir des termes de l’auteur, & pour parler conformément à son hypothèse, que j’examinerai plus bas, de peut régir encore neuf autres prépositions ; savoir, derriere, dessous, dessus, devant, devers, delà, deçà, dedans, dehors ; comme on le voit dans ces phrases : il sortit de derriere l’autel, de dessous la table, de dessus la voûte ; disparoissez de devant moi ; il revient de devers les princes d’Allemagne, de delà les Alpes ; ils ont été repoussés de deçà le Rhin ; je viens de dehors la ville, de dedans le jardin.

En second lieu, pour a encore droit sur avant, chez, de, deçà, delà, dessous, dessus, & l’on dit très-communément : le sermon est pour avant vêpres ; ces meubles sont pour chez moi ; on en peut avoir pour de l’argent ; cette division est pour deçà la Meuse, & l’autre pour delà le Rhin ; cette poële est pour dessous la table ; ces fleurs sont pour dessus la fenêtre.

En troisieme lieu, excepté & hors admettent dans leur complément & sous leur régime bien d’autres prépositions que celles dont parle l’académicien. Ils se sont tous déclarés contre les philosophes excepté contre Platon ; les ministres sages s’intéressent pour les gens de lettres, excepté pour ceux qui deshonorent leur état par leurs écarts, &c.

En quatrieme lieu, il y a d’autres prépositions que les quatre citées par l’abbé Girard, auxquelles il est permis par l’usage d’avoir d’autres prépositions dans leur complément. Et d’abord il est évident que la préposition de se trouve très-fréquemment, non-seulement après à, comme l’a remarqué M. l’abbé Froment, supplement au ch. xj. de la II. part. de la Gram. gén. mais encore après un grand nombre d’autres. On dit, se livrer à des faux amis ; après de si bons avis ; avec de bon vin ; chez de bonnes gets, on ne tient pas contre de telles avances ; dans de l’eau ; derriere de la paille ; devant de bons juges ; jetter de la défiance entre des amis ; envers des étrangers ; malgré de si grands obstacles ; moyennant de l’argent ; prouver par des faits ; sans de bons appuis ; selon des témoignages respectables ; sous de belles apparences ; suivant des principes dangereux ; sur de bons garants ; touchant des affaires sérieuses ; vers des jardins spacieux, &c. D’ailleurs la préposition par est assez souvent suivie d’une autre, & l’on dit fort bien, j’ai passé par chez vous, par-dessus tout cela, par-dessous la jambe, par-dedans la ville, par-dehors l’enceinte. Ajoutez que l’on pouvoit remarquer jusqu’à trois prépositions consécutives & subordonnées les unes aux autres : par devers chez vous, par-dessus de bons titres, en deçà de la riviere : & ne pourroit-on pas en accumuler jusqu’à quatre, & dire dans quelques occurrences, pour en-deçà de la riviere ?

5°. J’ai prouvé dès le commencement que toute préposition a nécessairement pour complément un nom, un pronom, ou un infinitif ; & que la préposition avec son complément, forme un complément total déterminatif d’un nom appellatif, d’un adjectif, d’un verbe ou d’un adverbe. C’est donc présenter à l’esprit des idées fausses, que de dire, comme M. l’abbé Girard « que l’usage a accordé à quelques prépositions la permission d’en régir d’autres en certaines occasions ». Dans les exemples allégués par cet académicien, & dans ceux que j’y ai ajoutés, il y a nécessairement ellipse entre les prépositions consécutives ; & si l’on veut rendre une raison analytique de la phrase, il faut suppléer entre deux le terme qui doit servir tout-à-la fois de complément à la premiere préposition, & d’antécédent à la seconde. Ainsi de par le roi, signifie par exemple, de l’ordre donné par le roi ; il sortit de derriere l’autel, c’est-à-dire de l’espace situé derriere l’autel ; ces fleurs sont pour dessus la fenêtre, c’est-à-dire pour être placées dessus la fenêtre, ou sur la fenêtre, &c.

S’il y a de suite plus de deux prépositions, il faut également suppléer les complémens intermédiaires : cette garde est pour en-deçà de la riviere, c’est-à-dire cette garde est destinée pour servir en un poste situé deçà le lit de la riviere.

On voit dans cette derniere phrase ramenée à la plénitude analytique, que l’adjectif destinée est le terme antécédent de pour ; que l’infinitif servir est le complément grammatical de pour & l’antécédent de en ; que un poste est le complément grammatical de en ; que l’adjectif situé est l’antécédent de deçà ; & que le lit, qui est le complément grammatical de deçà, est en même tems l’antécédent du de qui vient après. Reprenons le tout synthétiquement : la riviere est le complément total de la préposition de ; de la riviere est le complément déterminatif total du nom appellatif lit ; le lit de la riviere est le complément logique de deçà ; deçà le lit de la riviere est la totalité du complément déterminatif de l’adjectif situé ; situé deçà le lit de la riviere est le complément déterminatif logique du nom appellatif poste ; un poste situé deçà le lit de la riviere est le complément logique de la préposition en ; en un poste situé deçà le lit de la riviere est la totalité du complément déterminatif du verbe servir ; servir en un poste situé deçà le lit de la riviere est le complément logique de la préposition pour ; enfin, pour servir en un poste situé deçà le lit de la riviere, est la totalité du complément déterminatif de l’adjectif destinée.

Il y a particulierement ellipse dans les phrases où une préposition est suivie immédiatement d’un que : par exemple, après qu’il fut parti, depuis que le monde existe, attendu que vous le voulez, dès que le soleil paroit, moyennant que vous donniez caution, malgré qu’il en ait, nonobstant que je l’en eusse prié, outre que je l’ai lû, pendant qu’on y pense, sans qu’il s’y opposât, selon que vous voudrez, suivant que vous le souhaitez, vu qu’il n’est pas possible ; c’est-à-dire après le moment qu’il fut parti, depuis le tems que le monde existe, attendu la raison que vous le voulez, dès l’instant que le soleil paroît, moyennant la condition que vous donniez caution, malgré le dépit qu’il en ait, nonobstant ce que je l’en eusse prié, outre ce que je l’ai la, pendant le tems qu’on y pense, sans ce qu’il s’y opposât, selon ce que vous voudrez, suivant ce que vous le souhaitez, vû la raison qu’il n’est pas possible.

On ne tournera pas apparemment en objection contre cette doctrine des ellipses, la longueur, le ridicule, ou si l’on veut, l’espece de barbarisme qu’introduiroit dans la phrase la plénitude analytique. L’usage n’a autorisé ces ellipses que pour donner en effet plus de vivacité à l’élocution ; & il est constant qu’on ne peut les suppléer sans jetter dans la phrase une langueur d’autant plus insupportable, que l’on est accoutumé à l’énergique briéveté de la phrase usuelle ; la plénitude analytique présente un tour insolite qui sent le barbarisme, & qui en seroit un réel si l’on prétendoit parler de la sorte. Mais ces tours analytiques ne sont point proposés ici comme des modeles à suivre dans l’usage ; ce sont des développemens pour rendre raison du véritable esprit de l’usage, & non pour en altérer les décisions.

6°. « Quoiqu’on puisse mettre quelquefois en & dans indifféremment devant un mot, dit le P. Bouhours (Rem. nouv. tom. I. pag. 73.) ; s’il y a plusieurs mots semblables dans la même période, & que ce soit le même sens, le même ordre & la même suite de discours, ayant mis dans au premier mot, il ne faut pas mettre en au second : l’uniformité demande que dans regne par-tout… C’est au Dieu fidele dans ses promesses : inépuisable dans ses bienfaits, juste dans ses jugemens… J’ai dit quand c’est le même ordre & le même sens ; car autrement on peut varier, & on doit le faire en certains endroits. Il passa un jour & une nuit entiere en une si profonde méditation, qu’il se tint toujours dans une même posture.

« C’est une négligence vicieuse, dit-il ailleurs (ib. p. 177.), de mettre deux avec qui se suivent & qui ont des rapports différens, dont l’un regarde la personne & l’autre la chose. Par exemple, elle vécut avec lui, avec la même bonté qu’elle avoit accoutumé… J’ai dit quand ils se suivent, car quand ils ne sont pas si près l’un de l’autre, cela choque moins, parce que cela se sent moins… On voit bien que ce prédicateur n’a guere de familiarité avec les peres, puisqu’il les traite avec tant de cérémonie… Pour moi, j’avoue que deux avec bien qu’un peu éloignés, ne me plaisent point dans une même période, quand ils ont divers rapports ; je dis quand ils ont divers rapports ; car si l’un & l’autre se rapportent ou à la personne ou à la chose, bien loin que ce soit un défaut, c’est quelquefois une beauté.

« C’est une négligence vicieuse, dit encore le même auteur (pag. 461.), d’entasser dans le discours plusieurs comme les uns sur les autres, quand ils ne sont pas dans le même ordre. Exemple : Ne considérons plus la mort comme des payens, mais comme des chrétiens ; c’est-à-dire avec l’espérance, comme saint Paul l’ordonne… Les deux premiers comme sont dans le même ordre, & n’ont rien d’irrégulier ni de choquant ; mais le troisieme est pour ainsi dire, d’une autre espece, & fait un effet desagréable… On pourroit mettre ainsi que au lieu de comme : ainsi que saint Paul l’ordonne ».

Toutes ces remarques séparées & fort éloignées les unes des autres dans le P. Bouhours, ont pourtant un lien commun, qu’il n’a pas assez nettement fait sentir. Ce sont des suites d’une même regle générale fondée sur une raison très-plausible. La voici :

On ne doit pas employer dans une même proposition, avec des complémens de différente espece ou dans des sens différens, un même mot qui annonce vaguement quelque rapport. C’est que l’esprit ayant été déterminé par le premier complément à prendre ce mot dans un certain sens, est choqué de le trouver tout de suite employé dans un autre, quoiqu’il s’agisse encore de l’expression de la même pensée individuelle. C’est dans l’élocution un vice à-peu-près semblable à celui où l’on tomberoit dans le raisonnement, si l’on donnoit à un terme dans la conclusion, un autre sens qu’il n’a dans les prémisses ; d’ailleurs cette disparate ne peut que nuire à la clarté de la proposition, parce qu’elle fait sur l’esprit une impression desagréable, dont l’effet immanquable est de le distraire.

Dans deux propositions qui se suivent, & dont l’une n’est pas subordonnée à l’autre, la raison de la regle n’existant plus, il n’y a plus de nécessité de s’y assujettir ; & c’est pour cela qu’on ne peut improuver l’exemple rapporté par le P. Bouhours : On voit bien que ce prédicateur n’a guere de familiarité avec les Peres (premiere proposition), puisqu’il les traite avec tant de cérémonie (seconde proposition). La marche de l’une est indépendante de celle de l’autre.

Toutes les prépositions désignent un rapport vague qui n’est bien déterminé que par l’application qu’on en fait à deux termes, l’un antécédent & l’autre conséquent. C’est précisément pour cette raison que j’ai cru devoir établir ici cette regle générale de Grammaire. Mais les conjonctions de comparaison, telles que comme, & les expressions adverbiales qui ont la même signification, de même que, aussi-bien que, de la maniere que, &c. sont encore dans le même cas, parce qu’elles désignent des rapports généraux. Notre on doit suivre la même regle, parce qu’il est vaguement relatif à des personnes qui ne sont déterminées que par le sens du discours ; & c’est là le fondement de la remarque du P. Bouhours sur ce mot (pag. 240.), où il dit : « Ce n’est pas écrire nettement que de mettre ainsi deux on qui ne se rapportent pas à la même personne ». C’est à la suite de cette phrase : On peut à-peu-près tirer le même avantage d’un livre… où on a gravé ce qui nous reste des antiquités de, &c. (E. R. M. B.)

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Étymologie de « préposition »

Du latin praepositio.
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Lat. præpositionem, de præ, en avant, et positionem, position.

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Phonétique du mot « préposition »

Mot Phonétique (Alphabet Phonétique International) Prononciation
préposition prepɔsisjɔ̃

Citations contenant le mot « préposition »

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  • - Pourquoi dans « Avant de partir le facteur distribue le courrier » le groupe « avant de partir » est considéré comme un « groupe infinitif prépositionnel »(p. 195) alors que dans « Elle parle de réussir » le groupe « de réussir » est considéré comme un « infinitif » et non comme un « groupe infinitif prépositionnel » (p. 198) ? Si l’on considère que la notion de préposition ne s’applique qu’aux termes qui introduisent un complément circonstanciel (il y aurait des arguments pour cela), que les prépositions qui sont liées à un verbe n’en sont pas vraiment, il faudrait au moins le dire. Mais il est douteux que telle ait été l’intention, puisque « de mon facteur » dans « Elle parle de mon facteur » est bel et bien présenté sous la vedette « groupe nominal prépositionnel » (p. 194). , Pierre Sève : Une « Grammaire du français » trop peu rigoureuse
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  • « C’est pas fini avec l’hiver pour encore ! », prévenait un correspondant météo de France Bleu Breizh Izel, fin mars. Sa phrase se comprend sans problème, et n’a pas dû étonner beaucoup d’auditeurs. Elle est pourtant construite selon la syntaxe bretonne. On y trouve l’élément le plus important (ou la réponse à la question) placé en début de phrase, à la différence du français qui le place plutôt à la fin, ainsi que l’emploi de la forme passive, omniprésente en breton, nécessitant l’emploi de la préposition « avec » - dont on reparlera. La locution adverbiale « pour encore », calque du breton « evit c’hoazh », est d’un emploi courant chez nous, sans que l’on se doute un seul instant qu’il s’agit d’une tournure bretonne, pur beurre salé. Tout comme, dans le même registre : « pour maintenant », traduction directe de « a-benn bremañ », en parlant du moment présent ; et « pour alors », traduction de « a-benn neuze », en parlant au futur. Voici deux exemples : « Pour maintenant, il doit être arrivé à la maison » et « Pour alors, il sera arrivé à la maison ». Le Telegramme, Vous parlez breton sans le savoir. « Comment que c’est ? » - Spered ar vro - Le Télégramme
  • 1- Autant que possible, je me lève chaque jour, ou (autant que possible) je me lève à chaque jour ? À moins d’un empêchement majeur — la paresse ne compte pas —, il est préférable de se lever chaque jour. Chaque jour, sans le « à ». Mon voisin mange de la poutine tous les jours. Tous les jours, sans le « à ». Heureusement, puisque la préposition « à » n’est généralement pas la bienvenue devant les adjectifs indéfinis chaque, tous et toutes quand ils marquent la périodicité. Ex. : Paul prend l’autobus chaque matin, mais sa conjointe fait du covoiturage tous les jours. Il en va différemment des expressions à tout moment, à tout instant (à chaque moment, à chaque instant) qui ne sauraient se passer de la préposition « à ». Information vitale : le premier plat de poutine aurait été préparé par un certain Ti-Pout.    Le Journal de Montréal, Les mots dits du samedi | Le Journal de Montréal
  • Le recours abusif à la préposition « avec » peut conduire à des quiproquos à faire rougir Bécassine. Par exemple, « Elle est allée au lit avec le docteur » signifie, en réalité, que le docteur lui a prescrit de rester couchée. Au chapitre des malentendus, la confusion entre « derrière » et « arrière », qui correspondent au même mot en breton, amuse la galerie. Quand un chauffeur de bus demande si « tout le monde a son ticket dans le derrière? », il faut comprendre « à l'arrière » du car. Le verbe « envoyer » signifiant en breton tout aussi bien « apporter », « emmener » ou « conduire » fait aussi beaucoup de bruit dans le Landerneau. Pourtant, « j'ai envoyé ma belle-mère à l'hôpital » n'a absolument rien de méchant. leparisien.fr, Partir en riboul, grignous, pok… en Bretagne, sur la route des mots bien de chez nous - Le Parisien

Traductions du mot « préposition »

Langue Traduction
Anglais preposition
Espagnol preposición
Italien preposizione
Allemand präposition
Chinois 介词
Arabe حرف جر
Portugais preposição
Russe предлог
Japonais 前置詞
Basque preposizioa
Corse preposizione
Source : Google Translate API

Synonymes de « préposition »

Source : synonymes de préposition sur lebonsynonyme.fr

Préposition

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